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J 0 U R N A J
DES ^
SÇAVANS
POUR
VANNÉE M. DCC. IXXXf.
JUILLET.
appris; ™
Au Bureau du Journal ie Paris, rue ie Gren
S. Honoré, prés celle du Pélican.
M. DCC. LXXXI.
AVEC FRiyiLl.QE DU B.OU
\ '\ •■ t^
AVIS.
C/iir ^abonne four le Journal
DES SçAVÀks au Bureau du Jour^
9^14$ Pam 3 me de, Crénelle S.
^, "jToiîofi;'^ \\fi à thdrejfe du Di^
re3çur de ci'Joiir^l qu^il faut en^
^ ^t^tr Us ebfUs relatifs à celui des
.t* Sfavans^ Le prix de la Soufcription
' '" 4e tannin efide i^ liv^ pwr Paris ,
&de zo liv. /^f pour la Province ,
foit in-i X jou i|i-4^* te JourNaz
DES SçAKM^S ififiùmpofé de qua^
ior^e Cahiers | il #9 parait un cha^.
que mois , 6* deu?f en Juin ^ en 27^
nmbre.
. \ . » .
y*^ A^y AW ^w y ^n ^r. ^'" »* ^^
LE
J O U B ISP A L
DES
SÇ AV ANS.
JUILLET. M. DCC LXXXI.
Histoire de V Académie RoyaU
. des Infcripiions & Belles^ LeUHt^
: avec les Mémoires de Lictéxatui^
k tirés des Regiftres de cette Ac&m
demie 9 depuis Tannée 1773 î^^-
ques & comfrs Tannée iyjf.
Tom. XL & XLL A Paris, éc
. l'Imprimerie Royale. 1780. Deux!
Troisième ExtraiXi.
. »••
Remarques fur quelques Médailles de l
t Empereur Antonin , frappées en
Juillet. LIU\
I
d*0* ^* «Vc i'W»»*' , un foc ^'*
^'^^i- nue , a^^^f ? Se aivin«^ ^
les-teû»**^ , u tète ûi ïP'^ . ^ jt,
, JuiUee lyit. i|49
friande quel peut être le motif qui a
déterminé à les frapper toutes à la
huitième année d*Ântonin ; rel eft
jTobjet de fon Mémoire dont nous
allons donner un court extraité
M. TAbbé B. obferve que , fUH
vant Firmicus , qui compofa un
Traité d*Aftrologie d'après les prin-
cipes des Egyptiens & des Œal-,
deens , chaque Agne du Zodiaque
étoi< c^nfé être dans la dépendance
particulière de Tune des fept plané*
tes ; que chaque planète y avoit fou
domicile naturel , & qu ellcy exet«
çoit fon empire. Ainii le domicile
du Soleil étoit le Lion ; celui de la
Lune , TEcreviffe ; celui de Saturne j
le Capricorne & le Verfeau ; Jupi-
ter , le Sagittaire & les Poiffons ;
Mars, le Bélier & le Scorpion; Vé-
nus, la Balance & le Taureau; Mer-
cure , les Gémeaux Se la Vierge,
Cette diftribution étoit relative à la
naiiTance du Monde; on iuppofoic
que la Lune , qui fe leva la pre-
mière^ ctoit alors dans TEcreviiTe ^
»P?*V ««« ^^'"icc Vais àotnv
cône dc^H^ on GS'^*. T u t»a^^^
^S Son iifc^*''**
ccuruty isoiidfenirspccsV avec lit
îour aimivnfimt lia mobeie^ pUcè
fat les £ey*pcicBS aa là mt 11 île
juilke ; elle cooeonfoic encore a?ec
la fin d'un cf de qui anriaiiç^t phis
{^attkltyèrealent te RtfoovcUement
dtt monde; c*eft k gtande mmét
égyptienne de 1461 , oui étoix
fur le point d^eacpirer lorfqa Amonin
monta fin le uotat le. to JuiUet Jk
lan 138. L'aiffîér d'après^ le 10
JuiUer i39i^on vit coonnencer nà
nouveau cyck > une noixveUE^ sévo«'
lucton > iKDc renatâaoce du monde ^
dans laquelle chaque plaaète tevc*
noit à (ba anôenne fie pcemièfc
pofitîoo»
Un règne conMOcncè feus: de jpap
teils aufpkes diofi firapper/les Ro^
mains , & ceft ce <}ui les détermina
à rappcUtr lut des Médailles des
rapports fi fenfibies» Ils voulurent
encore exprimer pàr-U les vceiiz
u*ils fatfoient pour la confervarion
e l'Empereur. M. TAbbé Barthe*'
Icmy développe Ici routes les i
LUW
3
335^ Joutnàt des» Sçw^MS i
fiipetflitieufes des Romains reltdTCs
à TAflrologie > & y joint des exem-
ples DU! plutôt des faits qui prou-
vent ce qu'il avance. Ceft d après
oes idës qu'on a repréfcnté fur une
foule de monumeni ks planètes &
conftcUations ou féparément ou
combinées entre elles.
Les Médailles d'Antonin reprfî-
fentent les planètes dans leurs domi-
ciles, c'eft-^à-dire dans le lieu de
leur plus grande puiflknce & où elles
ont plus de force. Comme on^ étoit *
peiriuadé qu'où pouvoit adoucir la
rigueur de leurs décrets par des
hommages 9 on fc propofa d'implo-
rer leur affifiance , & d'exprimer ,
par ces Médailles, la même prière
que Firmicus leur adreffa depuis en
faveur de Conftantin y & que M'«
l'Abbé Barthélémy rapporte. Faute
d'avoir remonté à ces principes , 1er
Antiquaires n'ont point entendu plu»
£eurs Médailles Ù plufîeurs monu-
^nens cliax^és de quel^ques (ignés d
:^odiaqùe. .
JuîlUi 1781. 135}
. Ce Mémoire » fur lequel nous ne
pouvons nous étendre autant que
nous le deHrerions , cfl: terminé pas
Texplication d'un monunient pré<^
cieujç, découvert autrefois dans U
ville de Milet , & publié par Spon ,
Whelcr & Chandlcr. Ccft une inf-
çription divifée originairement en
fcpt colonnes^ dont la 7^ a difpa*
ru. Elle commence fur chaque co-
lotme par une double combinaifoa
des fepc voyelles de Talphabet grec »
& finit par ces mots : Saine , con*
fcrvt la ville dt Miltt & iousjis hom
piians. Il efl évident que te .mot
Saine le rapporte à quelque puî(*
fance célcftc dont on implore la pro-
teâion j & qui eft désignée pat les
voyelles dont il eft précédé. Autfi
Spon & "Wheler avoient - ils (bup-r
çonné qu'elles]contén oient une invo-
cation ; mais aucun Antiquaire n*a-
voit entrepris jufqu'à pré(enc d'eâ
pénétrer le fens. ,
Pour y. parvenir « il fallait déter?
miner U valeur qu*aflignoient à chat
i J Ç 4 Journal des Sfavans J
^uc voyelle ceux qui admcrtoicnf le
culte des aftres. Il eft certain qu'ils
dilignoient Saturne par ïomega ,
Jupiter i^^xYupJilon , Mars par Vomi*
tîon , le Soleil par ïiota. Les An-
ciens ne s*accordenr pas fur le rap«
port des autres planâtes aVcc les trois
autres voyelles* M. l'Abbé fiarthe-^
lemy , d'après de fortes raifons ,
montre que la lettre caraâériftique
de Vénus étoit \!heîa * celle de Mer-
cure ïtpfilon , celle de \k Lune IW-
pha. Ainfi la fuite des voyelles y à
comnfiencer par ï alpha ^ correfpond
à laTûitedes planètes ^ à commen-
cer j>ar la Lutie.
Ubfervons maintenant que dans
les prières qu'on adreflbit aux Dieux ,
on fubftituoit fouvent > par rcfpeél
aux noms des planètes j les lettres
qui leur étoient confacrées. Pronon*
cer a', E , H , &c. c'étoit dire tacite-
ment : ô Lune , 6 Mercure , o Vénus*
Nous en avons la preuve dans TOu*
vrage d'un ancien Médecin , nommé
Nicolaus Mirepfos» It rear que la
tbmpofition des remèdes ^ dont il
donne les formules ^ fôit accdttipa*
gnée de cenaibes prières ^ & qiie (va
un certain médicament oh prononce
les fcpt voyellei^ cc^f, ty 9 ^'v y mi
C*cft en effet comme s*il avoir prêt»
crit d'implorer fucceffivement les
fept planètes^
Dt*li naît Texplication d'une ef*
pèçe d'Abraxas^ au revers duquel on
voit les féj^t voyelles combinées de
fept façons difi^entes^ La première
combinaifon préfente les voyelles
dans leur ordre naturel : a £ H l O T a»
Dans la dctncième, on commence
»ar la féconde voyelle 9'en rejenant
[a première après^ toutes les autres:
E H I o Y n* Dans la troifiènre com*
btnaifon , - on commence par la troi*
£ème voyelle » & ain(r de (bite/
D'après les pri tidpes établis ci«def«
fus, il eft vifrblcqae chaque ordre
de lettres s*adre(Ibit fpécialement à
la planète dé%née par fa première
de ces IttSrfef ,* *ê qu'il ch réfnltoit
différentes* ^foimàm ^ d'iBVocatioiK '
c
135^ Journal des Sçavans J
Par exemple , les voyelles de la prc-^
iniére ligne flgnifioieq^ : ô Lune ,
fui êtes À la tête des. autfes planhes ,
Mercure , Vénus , Soleil , &c. Celles
de ia féconde ligne : 6 Mercure , qtd
marches à la tête de Venus ^ du So*
leilj &c C'eft ainfi .qu'en aflignanc
à chacune tour à tour le premier
rang , on leur décernoic:à toutes les
mêmes honneurs.
Revenons à Tinfcription de Miler»
Chaque colonne offre deux combU
naifons de voyelles. On parlera tan-
tôt de la première. La féconde pré-
fenreie même arrangement de ?oyel«
les que la pierre gravée de Spon , &
Ton en doit conclure que dans çha*
que colonne on .imploroie en parti-
ticulier une des planètes, & voilà
pourquoi ces voyelles font fuivies
du inot/aint Se du mot con/irve,
tous deux au (ingulier. Nous lirons
en conféquence fur la première co-
lonne : ô Lune y qui êtes à la tête de
Mercure ^ de Venus ^ du^ Soleil, &c^
ajlre/aint ^ conferyç la vUU d^Milet
Juiltet 178 1. 1357
& fis habhans : (ur la féconde > ^
Mercure , &c.
Il lefte maintenant à expliquer la
première combinaifon des voyelles
tracées fUr chaque colonne* Elle eft
plus difficile à pénétrer que la fe«
conde ^ parce qu'elle ne préfente pas
un ordre régulier. M.rAbbé Barth6r
lemy prouve clairement que les
Egyptiens ôc les Pythagoriciens^
dont les Auteurs du monument de
Milet avpient emprunté Jes idées,
prétendoient que chaque planète
rendoit uu foû» que toutes enfenw
ble formoient un heptaçorde y & que
Us voyelles deftinées i défiener les
planètes étoient atfèâées des mê-
mes fons eue la lyre célefte. Sui-
vant ce fyfteme , la Lune & fa lettre
caraâériftique A , répondoient au
y^;: Mercure dt la voyelle £ 5 à l'utj
a^n(i des autres planètes & des au-
tres voyelles,
Dç4K. remarques eflentielles mon-^
treront que dans la pratique on fai«
foie ûfiigc de CCS deux notons : i^«
1)5^ Journal dts Sçavans i
ftiivatot Démccrius de Phalcrc , les
Prêtres égyptiens > dans leurs bym^
ftcs 3 empioyoienc les fept Toyelles
& les faifpient téfonner (ucceflive-^
ment; &^ (uivant le Muficien Ni-*
convaque^ les Theniniens învo'f
quoient la Divinité par des fons inar^
tkul^s : 1^. dans les cérémonies re-^
ligieufes des Grecs, après que les
inftrumens avoienr préludé > les voix
faifoient entendre les louanges des
Dieux & les vœux qu^ls leur adreC-
Ibient ; enfuite les inftrumens &'les
▼oix ferépondoientaltemarivemenr.
Chez les Egyptiens , o« les noms des
Divinités étoient ineffables, lésions
des voyelles étant lubftitués à ceux
des inftrumens , ils dévoient formet'
une certaine mélodie.
Arrêtons • nous à la première co*
lonne de Tinfcription de Milef. La
prenûèf^ ligne eft compoiée dès fepe-
voyclIcsl^E, G, r, A,H,n*îleii
rét'ultoic cette modulation , /^^Înt ^
fiiyfoly fi, H^ la. Ce rfétoft kl
qu^in prélude j qu*on luHÎi^agt'
JuitUt 1781 1359
tendu en général à toutes les planè-
tes. La deuxième & la croifième
ligne nous oflFrcnt les fept Yojrcllcs
& les fepc tons de Theptarorde dans
leur ordre naturel , A, £, H, l, O, T, n«
Ici Tinvocarion sadreflc fpécialc-
inent à la Lune , (uffifamment dé*
fîgnéc par la ptcmière vx>yeUc. Cette
invocation étoit fuivre de la prière :
aftrc faint , conftrvc la ville dt Mi^
Ut i &e. La féconde colonne 8c les
fui vantes préfentent de même un pré-
lude 9 une invocation & la mçme
formule de prières*
M. TAbbé B. obferve que parmi
les modulations qu'il croit appçrce*
voir dans lapremière ligne de chaque
colonne > il en eft qui ne âattero^ent
pas nos oreilles y mais il prie cens
' qui lui feroient cette objedion^ ^ dt
fcttet les yènx fur les firagmens qot
M. Burette a publiés fur la Mnfique
des Grecs.
M. FAbbé B. remarque i la fin de
fon Mémoire que le mot i An , iao -,
quWaroitprisjttfqu'à préfent'poot
VJ^O Journal des s ç avant j
une altération du mot Jchova , pouf*
roic bien ne x!é(igner que la puiC*
fance du Soleil. £n effet, TI dé(î«
gnanc cet aftre ^ Ta étant la pre-
mière des voyelles & Tn la dernière »
il eft très-probable que le mot entier
fignifioit , SoUii , fin & principe de
toutes chofes.
Mémoire concernant la Religion &
la Philofophie des Chinois. Par
. M. de Guignes.
L*examen que M. de Guigpes a
fait des anciens caraâères chinois &
de leur rçflèmblance avec ceux àc%
Egyptiens 9 Ta conduit à croire que
ia Chine a voit été policée par quel*
aue Colonie égyptienne. Il a fait
epuis beaucoup d'autres recher*
ches, non-feulement fur ces mêmes
caraâères , mais encore fur la Reli-
gion & fur les mœurs des Chinois ^
&c toutes tendent à confirmer fon
fentiment* Celles qu il préfente dans
ce Mémoire ont pour objet la Plu-
Juiltee ijZi. 130
fSïofophic & la Religion de Tan & de
"^l'autre peuple : nous allons eflayer
d*en donner une idée.
I. La Religion chinoife y en gé-
néral , diffère peu des autres Reli-
gions païennes ; les Chinois rccon-.
noifTent des Divinités qui président
au ciel, à la terre ^ aux clé mens, au
tonnerre 9 aux vents , aux pluies, aux
montagnes & à routes Its parties de
Ja nature. Telle étôit également la
Religion égyptienne ; mais comme
des rapports de cette efpèce neprou«
vent rien , M. de Guignes ne s'atta-
che y dans ce Mémoire , qu'à des
traits fînguliets.
II. Le nombre des élémens a été
réduit à quatre aflez généralement*
Les Egyptiens & les Chinois en ad«
mettent auflî quatre ; mais ce qui
eft abfplument particuliet à ces deux
nations 9 c'efl; que dans une autre
difpofition de ces mêmes élémens ,
ï\% en comptent cinq» & enfin huiti
& par une fingularitc qu'on ne trouve
que chez ces deux peuples, c'cft
-3
t}€i Joli mai des Sçavans ,
qu'ils les font mâles & femelles >
que ce €^\ eft mâle chez Tun Teft
également chez Tautre ; c*eft ce qu'il
prouve d'après un paflàge de Sene*
que qu'il ezamine,
m. Quel que foie TAuteur de la
Nature ^ ces peuples y dVprès leur
Y king y prétendent qtie le premier
Principe de Tunivers dHtrtbaa )a ma*
tière fuivant des proportions expri*
mées par de^^ rrombres. On erttrc»
voit déjà le fyftême que Pyth^ore
emprunta Ats Egyptiens.
Il 7 a deux fyftèmes à la Chine
lur l'ordre que doivent tenir en-
rre eux les iiuit élémens Le plus
ancien eft attribué à Fo bf , qui
fégnoit 9 dit-on , 3461 ans av. J, C«
Le fécond eft celui de Veii*vang ^
Prince qui flociffbit , à ce que Ton
peniê^ vers le 12*. fîécle avant l'Ere
ehrétie^nne.
'Dans ces deux fyftèmes les nomt-
bres qui les accompagnent font im«
portans. Confucius a dit que lef
nombres impairs i, 3^ 5, 7dc9
JuitUt l'jtl. 13^3
étoient îles nombres céUfiis; qu'ils
écoicnt les fymboies des élémens
émanés du premier principe fecon*
da^rc maie. Les Chinois les nom«
ment encore des nombres//fii»i. Les
nombres femelles 2,496&8)
font des nombres ternfires 8c vuiJiS.
Voilà des idées qui doivent paroirre
fingiiliêres ; & il faut avouer que fi ,
{>ar hazard , deux Philofophes vou-
oient appliquer \z% nombres ï U
Phyfique , il feroit difficile , qu'en
partant de ces mêmes principes , ils
le renconcraflent exaâement dans
les dévcloppemens. Pourquoi , chez
les Chinois , les nombres impairs
font ils céUftei & pleins? Rien ne
détermine à donner de telles qualités
à ]*impaîr plutôt qu'au pair. J'ajoure
encore que , dans leur fyflême , lc%
nombres impairs font mMes , éc les
•nombres p^ltsfimeUts.
Ici les Egyptiens & Pythagore (e
réunifient aux Chinois : c'eft Pla«
tarque qui nous en inftruit , en di«
faut que ^ f uivant les Egyptiens Si
13^4 Journal des Sçavans j
les Pythagoriciens ^ le monde éroic
compofé des quatre premiers nom-
bres pairs & des quatre premiers
nombres impairs : voilà donc huit
élémens comme chez les Chinois ^
& ces élémens (ont également déH-
gnés par les nombres 1,1,3» 4 1
5 > 6 , 7 , 8 , parrrii lefqucls il y en
a néceiTairement quatre pairs & qua*
tre impairs ; & pour completter le
rapport « Plurarque ajoute que les
impairs font uUJitSymdUs èc pleins ;
c^e les pairs font terrcjlrcs yftmtlUs
6 vuidiS y qualités qui lont les
mêmes que celles que les Chinois
ont. attribuées à ces nombres^ Après
ces obfèrvations générales il patoïc
prouvé que l'une des deux nations a
emprunté (on fyftême de l'autte.
Mais M. de Guignes va plus loin.
Piutarque dit encore que le ^nar-
ttnairt , chez les Pythagoriciens ,
étoic 369 compoié des quatre pre-
miers nombres pairs & des quatre
premiers nombres impairs : que ce
nombre 36 repréfentoic le monde y
Juillet 1781. 136J
Se que le plus grand ferincnr que
l^>n pue faire écoit de jurer par ce
nombre. Que veut dire tour ce lan-
gage myftérieux ) Pourquoi ce noni<-
bre 36) Et pourquoi le monde
écoît-il com'poie des quatre premiers
nombres pairs & des quatre premiers
nombres impairs ? Aucun autre peu-
pie que les Egyptiens n'a imaginé un
tel langage. Mais dans le cas où le
bazard auroit produit cette première
reflemblance, il e(l peut-être impof*
fible que l'on fe rencontre dans Ici
réfultats. Or , les Chinois font par*
ftitement d'accord avec le lèçic de'
Plurarque.
Dans U table du fyftème attribué
à Fo-hi 9 lès huit élëmens marchent
avec les nombres qui en font les
fymboies : Us impairs ou \ç% ciUfies
Se malcs^ font i » 3 > 5 & 7 9 qui ,
additionnés, produifent i^. Lés
pairs y qui font les temflns ou /i-
melUs i font x , 4 , 6 & 8 , qui pro-
duifent 10. Ot.^ zo & 16 font 36 :
nombre qui y foivant les Egyptiens
13^8 Journal des Sçavans^
nois & les Egyptiens , un concert
perpétuel qui changeoic de modukr
tion à chaque mois & de ton ï cha*
que jour*
V. Toute TAntiquité atrefte que,
chez les Egyptiens , Ofirîs étoit le
premier principe mâle, le ciel^ le
foUil y le pin f &Cy qu'Ifis étoit le-
{>remier principe femelle , la terre ,
a lune ^ la mire^ &e. Ces attributs
& plufieurs autres font donnés par
les Chinois à leurs deux premiers
principes Yang & Yn , qui devien«
lient les mêmes qu'OHris. & I(is«
Mais M. de Guignes n'infifte pas fuip
ce premier rapport , parce que ce^
fyftemë de deux premier^ principes
a été affez généralement adopté.
Pour qu'un tel rapport puifle fervic
de preuve , il faut qu'il loit (butenu
par des circonftances plus marquées*
• Suivant Macrobe, les ËgypticnV
λrétendoient qu Ofiris renaiUoit tôUS ;
es ans & parcouroit dans le c'aura
de Tannée les différens âges delà vie
humaine i enforte qu'au tolftice d'hi- :
ver
#
y
Juillet 1781. i}69
Ter il étoit comme un enfant /^or-
vulus y à Kéqùinoxe du printcms
comme un jeune homme adot€jun$\
au folftice d'érè comme un homme
fait y pieniffimd effigie barba ; à Té*
ouinoxe d'automne il devenoit vieux»
finefcens ; enfin il mouroit coupé en
morceaux par Typhon.
Les Chinois nous offircnt le mê-
me fyftême encore plus développé»
Us font naître 9 comme \zs Egyp*
tiens 9 leur premier principe maie
nommé Yang au foiftice d*hiver. Ils
lui font prendre fucceflivemenc di-
vers accrpiflèmens jufqu'au foiftice
d'été qu'il eft dans fa plus grande
force. Après ce terme ils le repté»
fentent comme un homme qui tombe
dans la v\A\\ç& y fenejans ^ 8c enfin
ils le font mourir vers ia fin de No*
vembre.
Cette allégorie du cours du foleil
ou du premier principe maie figuré
chez les deiu nations pat la vie aun
homme y mérite d'autant plus d'^c*
tentîon » quelle fournit à M. îc
JuilUu M m m
IJ7^ Journal diS Sçavans ^
les Egyptiens, celui du premier prin-
cipe; à: comme les Chinois onc ttdr
bli fur la terre le même ordre que
dans le ciel ; que l'Empereur , nom^
mé fils du ciel \ eft (on repréfentanc
fur la.terre , le fymbolc diftinâif de
ce Prince eft le d.agon ou le lerpenc.
Ce même animal étoic auffi le ca»
raâère diftinâif du Roi d'Egypte »
& c'eft pour cela qu'Ezécbiel ap-
pelle ce Prince le grand Dragon.
Nous voyons fur les mônumens
égyptiens différens perfonnages, rous
diftingués par des ngures d animaux
qu'ils portent fur leurs têtes. Com»
xne le Roi l'étoit par celle du dra*
gon 9 fes Miniftrcs & les Prêtres dei»
voient avoir également leurs fymbo->
les. Les Ecrivains facrés portoient
fur leur tête une bande de pourpre
&(, la figure d'un faucon. Les Minif<»
rres te tous les Officiers de l'Empire
cfamois lontdivilés en neuf claflès,
& chaque clafTe eft diftinguée pas
une figure d'animal. Ceux de la pre«
miàre claflTc , qui lont les Grands
êc rEmjDireonty poiu marque di(*
tindive , une cfpècc de faucon , (ym-
bolc des Ecrivains facrés de TEgyprc :
ceux de la quatrième çlafTe ont pour
fymbole une giue , autre marque
diftin^tive d'une efpèce d'Officiers
en Fgvpre. En général , à la Chine
les Officiers de guerre portent des
quadiupèdes; ceux de Lettres, des
oifcaux ; enfin quelques- uns > qui
fervent dans les temples, portent des
plantes, & particulièrement la mau-
ve , £ vantée par les Anciens. Tout
ces ufages refTemblent (ingulière-
ment à ceux de l'Egypte»
Mémoire dans lequel on ejfaye de
concilier Us Auteurs grecs y &
principalement Hérodote & Çtè»
Jias , fur le commencement & la
durée de t Empire Ajfyrien^ &
ces Ecrivains avec les Perfes yfitr
les^ Règnes qui forment ce que les
Ofientaux appellent la DynaJHe
M m m iij
r\
X 3 74 Journal des Sçavans ,
Us PifchdadUns. Purilf. Anquecîi
du Perron.
Cerre partie de Tancienne hiftoire
du monde eft fort ob(cure , peu con^
nue & remplie de difEcultcs , faute
d'avoir un aflfcz grand nombre de
monumens. Il ne nous refte que quel*
3ues padages & quelques traits épars
ans les Ecrits des Grecs ic des La«
tins , & l'Ecriture eft difficile à con*
cilier dans ce qu'elle en lapporte]
en conféquence» M. Anquetil fepro»
poCc d'employer \z% Ecrivains orien-
taux ; & en les rapprochant de ceui
des Grecs & des Latins, jetter quel*
que |Our lur la durée de l'Empire
Aiïyrien & fur la fuite de fes Rois ,
entreprifc d.fficile & laborieufe dans
laquelle on eft fouvent obligé de
n'employer que des conjedures, com-
me M. Anquetil Tavoue lui-même.
Ce Mémoire eft tort étendu & rem-
pli de recherches. M. Anquetil a mis
a contribution tous les Auteurs grecs,
latins^ & les Hiftoriens orientaux
. JuiUu 1781.^ 1375
qu^il a confultés par lui - même.
Hérodote donne 500 ans à TEm*-
fire d' Aifjrrie ; Créfias plus de 1 5 60 1
>iodore de Sicile 1400. Les Mo-
dernes f d'après ces Auteurs , le font
partagés , & ont propoie des fyft£«
mes differens : telle eft la difficulté
que M. Anquetil entreprend d'é*
daircir.
Son Mémoire eft divMi en deux
parties. La première prêiènte» dans
un grand détail , & le plus fouvenc
félon le tems auquel elles ont pani^
les difiîrences opinions des Scavans
modernes fur la durée de cet Empire
& fur les Ecrivains qui en ont parlé*
Dans la (econde > il fe propofe de
faire voir qu'Hérodote n'eft poinc
oppofe à Ctefias y 8c que l'un 8c
J'aurre concourent ^ avec les Orient
taux , à nous faire connoitre, d'une
manière plus exaâe, qu'on ne l'a
cru jufqu'à préfenr, Thiftoire de ces
anciennes Monarchies.
Nous ne nous arrêreroDS point fur
la première partie ^ nous dirons feo-
M m m iv
137^ Journal dis S car ans ^
lement que \L Ânquetil , CQ cxpo^
(knc le lyftême des diff^rens An*
teurs 9 Ëiit fouvent des obrervations
qui ne (ont pas ï négliger , mais qoc
nous omerrons ici parce qu'elles noua
cngageroient dans dç trop longs
dérails.
M. Anquetil commence par exa-
miner, dans la féconde partie, le
ttxit d'Hérodote , & en conclut que
cet Hiftorien , en donnfant 500 ani
à l'Empire des AfTyriens , ne dit pas
que ces peuples u'euffent pas aupap^
irdvent une Monarchie dont la do^
mination , à la vérité » pouvoir être
plus bornée & peur être fous la dé*
fendance d'une puiflance érrangère*
1 admet tout entier le Catalogue
des Rois d'Aflyrie, de Jules Afri-
cain, avec les Dynadies chaldéenne
& arabe , en fe conformant pour les
Aflyriens , à celui d'Eufèbe. Ainfi il
place la Dynadie des Chaldéeiis à la
tête dcfquels eft Evechous ou Nem-
brod^ & celle des Arabes à Baby-
lone dans le même tems que les Rois
JuilUt 1781; IJ77
d'AflryricrégnpicntàNinîvc.Enruîtff,
pour concilier ces Mes avec celles
qui nous font données par les His-
toriens orientaux , comme celles-ci
ne préfencenc pas un aflez grand
nombre de règnes , il prend le règne
de Djemfcliid, que l'on fait durer
{va à fept cens ans , celui de Zohak
mille, celui de Fetidoun cinq ccns^
pour autant de Dynafties auxquelles^
répondent chez Us Grecs celle des
Chaldéens y celle des Arabes & celle
de fieletaras que Ton trouve dans Is
fuite des Rois de Nînive ou d'Afly-
rie. Mais les moyens que M. Anquç*
til allègue, pour établir font fenti-
mène » font de nature à ne pou*
voir être expofés dans un extrait ;
ce ne font que des comparaifons.
de dattes , de règnes éc d'Aii*
teurs qu'il faut voir dans l'Our
vragc mèçie^ Il réfulte de cette Ion-
guc te. fçâv'antc difcuflion; i*. que
Cte(îas a pu donner 1 3 00 ans à TEin-
pire AlTyricii , depuis Belus, 3L17Ç
ans avan^ l'Ere chrétienne ^jufqu'à
M m m V
Tcur jnc r-nifenc ^saifcB , c'eft*
•3 f jc?=£(eseEr, don-
^w Du» k même Ras ks ^n>
ï Rots fjci rfg»oJeeTcn Af
e , étoîau toniût miicRs abfo-
lus 9 tantôt avec dipcncîattcc, tart*
*dis qiicBabylone 6b€i(roicau]tChàl'«
déens'ou aux Antbcf ,' «ui compro*
noient quelquefois TAiTyrie même
fous leur tmpirc. M. Auquetil «
joint t ce Mémoire un canon chro-
nologique dreflé avec bbàucourp d'are
ic d intclirgence , dans lequel on
trouve le développement de tout (on
'fyftêtne.* Nou^ indiquons (eulemetfc
le Mémoire (ûivant , iqui concerne
l'Empire des Medes'Sc Celui des Per«
Tes comparés avec la Dyoaftie des
Keaniensv conmie;patles Ecrivartif
orientaux; Ce Mémoire eflf une côdh
tinuation du'précédent. *
Vingt'-troîjiïmt Mémoire fur la Li»
gion Romaine. De ta nourritiift
du Soldat légionnaire. Par M%
le Beau,
Après avoir fait cûnnoStre dans
difTérens Mémoires précédons tout
ce qui concerne la légion & le foldac
Icgionnairfe ,^M. 'le Wau'frpropofc
M m m vj
4 3 s o JournêU des Sçavans l
d'examiner dans celuf-ct commenc
on ks nourrinbic. La fînipliçicé pri«
jnicive , dir il, &e(ly dans ^q^ les
érats & dans tous les teins , mcrveil-
leufcment coofervée dans cette poc«
f ion de rhumanîré , & mcnft mili*
. taris ^ mcnfa cqfinnjis ^ ont toujours
lignifie i)nçta.ble fiugale^ parce c|ue
.Xa. çuinne du foldat oe fi|t jamais ^
duitcen art» mais il s'en forma.un
très- lucratif, quoique très-j^çile,
qui confiftoit à la (burtiir impuné-
ment k plus mal qu'il étoit poflible»
■^)Xf.- Ic/defpotifme impérijâl il, s e-
j^va • 4ic M. le beau, àf la pouuîère
des villes un effaim d'infeifles qi^
s'attachèrent à la nourriture des
camps & des armées. C'étoient des
hommes avides qui, fous le nom de
Primipilans ^ opinatorcs , fufupto^
res , optiones , aSuarii , numerarii ,
employèrent tous leurs talens à fouf^
traire , diminuer , altérer \c% fubftan-
ccs , à vexer les provinces obligées
de fournir les vivres , à compter bien
^^^ jl VEuc ce qu'ils «yoieac acheté
JaîUct 1781. • 15A1
à bon marché , à ruppofcr de ^u/Tcs
fournitures, en un mot à s'enrichir
aux dépens de la Ginté , de Ja vigucm
& de la vie même dû foldar.
Le blé fut toujours fa principale
nourriture'; on le diftribua d'abord
en nature , parce que le (bldat étant
obligé de porter fa fubfidance pour
pluheurs jours ^' un boifïeau de blé
qu'on lui,. dbnnoitjpour' huit jours ,
{^efànt un peu plus de quinze de nos
. ivre$> éroit,ieloh Pline, d'un tiers
plus léger que n'auroit été le pain
,&it de ce boilfeaû. Les foidats
broyoient eux«niênaés« leur blé fi^
une pierre^ ^près ravoir fait rôtir, &
ils en fâifoiént îiné Souiliie. Lorfquie
dans la fuite ils firent ufage du pain',
ils étoient chargés de le moudre \ ils
faifoient cuire le pain (bus la cendre,
& on pdrtoir une meule à bras pour
chaque chambré e«
Depuis Julien jufqu'à la fin de
l'Empire, le bifcuit, buccdlatum\
fut la nourriture ordinaire des ar-
mées. Cétoic là coutume de le mec«
c
13S1 Journal des Sçavans i
ttc deux fois au four , tRn qu'il (e
gardât plus long tcms fans fe cor-
rompre. M. le Beau rappone à ce
iujer une friponnerie de Jeanj Préfet
du Prétoire , qui éroit alors charge
de cette fourniture ; ahn de gagner
les frais d'une fccbnoe cuiilbh 9 &
le quart qu'elle emponoit 9 ce Pré-
fet imagina > après la première ciiiiP
fon , de porter ce pain au bain pu-
blic & de le mettre fur la platine de
cuivre fous laquelle brûloir le feu
qui fervpit à chauffer le pain. Par
cette opération il pàroifToit faire du
bifcuit fans en diminuer le poids. Ce
bifcuit fut bientôt nioi 11 & réduit
en mauvaife' farine qu'on ne latiTa
pas de diftrlbuerj ce qui fit périr en
peu de jours cinq cens foldats. BéJî-
(aire fit faire d*aurre. pain; mais le
Préfet ne fut pas puni.
Outre le blé on donhoit au Sol-
dât du fel , dfe la chair de porc ^ de
l'huile j du fromage , quelquefois des
légumes & même W^la chair de
mouton , dii foin ; dé iVge & de la
r,
Juillet 178 1. Ijg^
aille. La chair de porc falée étoic
c mecs le plus ordinaire. jLorfque
Scipion arriva devant Numàncc > il
y trouva la difcipline militàîire coi^
rompue par la mollefle ; tnais pôut
ne pas revolrer les troupes par une
réforme trop audère 9 il pçrmit à
fouper l'ufage de la viande bouillie
ou rode (ans aucun apprêt ; à dîner
il falloit fe contenter de nourriture
lèche.
La boiflbn * ôfdinairc?' du foIda[t
croit de l'eau mêlée d'un peu de vi-
'nàigre. Caton ^ dan^ Tes expéditiôhs
militaires , ne buvoit que de Teau;
& fi U chaleur étoit excedive, il y
mêloit du vinaigre , & ne fe pt^rmet-
toit que très peu de vin lorfque fes
forces étoicntrout à-fait épuifécs. M»
le Maréchal de Saxe attribue au vi«
maigrc la fanté des armées romaines.
Le .vin ne s'introduifit qu'avec le
luxe : .les (bldàts s'enivrèrent lorf-
àrt'ils virent boire' du vin à leurs
officiers^ ' ;
'Quant à la méfure dé la ration >
Il 3^4 Journal dts Sçavans ^
le fancaflîn recevoir par mois quatre
boifTeauxy (foixantc livres) de fro-
ipcnt; le cavalier» douze boiflcaux^
(cent quatre- vingt livres) parce qu'il
iij9U/riflbit deux valets : chaque che«
val avoit par jour fept livres d'orge.
Dans U luite on a augmenté la rar
.tion. Il paroit que lo Centuiion avoic
le double de celle du foldat , & le
Tribun le double de celle du Centu-
rion , proportion qu'on obfcrvoit
pour la paie & pour les gratifica-
tions. La ration double étoit une ré-
compenfè. Au milieu de ces détails^
.M. le Beau ne néglige pas ceux qui
nous font connoître comment le luxe
s'introduifit dans les armées & mina
fourdement les fondemens de TEtar*
Il comparele^ems où Scipion devanc
Numance ne pcrmcttoit d'autres ut
tencile de cui(ine qu'une marmite^
une broche & une taffe 9 avec celui
de Vàlerien , qui ordonna au Pro*
curateur de Svrie de fournir à Clau*
de , Tribun de la 5*. Légion Mar*
tia , pour ialaire annuel , trois n^Ue
^
• Juillet 178 !• 1385
boifleaux de blé, (ix mille d'orge ,
deu mille livres de porc falé » trois
mille cinq censfctiers de vin vieux',
cent cinquante feciers dliuile de la
première qualité , Hx cens fetiers de
la féconde , vingt boifleaux de fel ,
du foin, delà paille, du vinaigre,
des légumes, des herbes autant qu'il
en voudra, citiquante livres aar-
genterie pour fa vaiflelle , onze livres
G «urre argenterie pour vafcs a boire ^
tous les jours mille livres de bois &
quatre pelletées de charbon. Vale-
rien , Prince peu judicieux , fem-
bloit , dit M. le Beau , travailler
lui-même à corrompre ce Tribun.
M. le Beau indique enfuitela po-
lice établie pour la diftribution &c
pour les repas des légionnaires. Ceux
d'une chambrée mangeoient enfcm-
blc , & le gazon fer voit de t^ble.
On dînok ordinairement debout;
mais à fouper on pouvoir s'afleoir &
fe coucher. M. le Beau recherche
encore aux dépens de qui les vivres
étoient fournis , quels furent l'cta^
1386 JownalJes Sçavafis ^
bliflèmcnr & la manutention des
magafns, la multiplication & les
fraudes des commis , & les loix par
lefqucUes on s'efforça envtin cl ai-
rêrer leurs malvcrfations. Ces recher-
ches lui foumiflent Toccafion de
dilcuter & d'éclaircir plufieurs tex-
tes des anciens Auteurs 9 mais il fe*
roit trop long d'entrer ici dans cous
ces dérails. Ce fçavant Mémoire
mérite d'être lu en enriec II eft tcr^
iriné par une notice des commis des
vivres : « c'étoit , dit M. le Beau ^
9» un monde d'employés , dont les
•> cheB dévoroient l'Etat même , 8c
••les fubalternes rongeoient la por*
rtion du foldat. On les vit éclore
»> par milliers fous \ts Empereurs : il
i» en fallut pour contraindre les pro«
•> vinces , pour éprouver la qualité
•> des fournitures ^ pour les faire voi-
•>turer, pour garder & maintenir
» lès magalins > pour diftribuer : il
*« fallut à tous ces gens-là des fur-
»» veillans qui en avoient befuin eux-,
» mêmes :
Juillet 1781* 1387
Sed quis cufiodiei ipfos -
Cufiodes?
»> ii fallut des procès-vctbaux , des
»> rôles , des regiftres de routé cf»
» pèce ; & malgFc tanr de précau<*
*> tions > on vie de' grandes armées
»» où tout mouroit de faim , excepté
«* fans doute les fourniifeurs. »
Mémoire fur les Différends de ta
France avec ia Cajiille , fous Us
Règnes des Rois de France Phi*
lippe III & Pkilippe.iy.Par M.
de Brequigny.
Les différends de la France avec
la Caftillé fous les règnes des Rois
de France Philippe IH & Philippe
IV » {bntà peine indiqués dans nos
hidoires , quoiqu'ils occupèrent pen*
dant près de ttente ans les cabinets
de la plupart des Cours de l'Europe.
M. de Brequigny entreprend de aé-
veloppcr les négociations fucccflîvcs
que ces longs différends occafionnè*
1 3 s 8 Journal des Sçavans ;
rcnt , de difcurer les droits refpe<flifî
qui en furent l*objer , de les appré-
cier > & avec le fecours des pièces
originales y d*en prc(ènterle tablcan
/idèle & détaillé. Quoique la tna*
tière n'offre aotun de ces évcnetncns
éclarans^ dit il ^ que les biftoriens
aiment à mettre fous les yeux 5 elle
n'eft pas pour cela dépourvue d'in*
rérêts *, (\ on cft ému par le récic des
révolutions & des guerres cjui n'a- .
boutifTcnr qu'à dcfoler les Etats »
on ne fuit pas fans plaifir la marche
paiHble d'une politique bicnfaifanre
qui en établit le repos. Voici le mo*
tif de la querelle.
Alphonfe IX, Roi de Caftille,
mourut en 1214, laiiTant un fils 8c
plu(ieurs filles. Le fils, nommé Henri^
lui fuccéda. Berangere, l'une des
£lles , fut mariée au Roi de Léon >
aufiî nommée Alphonfe , & une
autre fille appellée Blanche , qui
époufa Louis, fils de Philippe Au**
gufte ou Louis VIII. La couronne de
Cafiille devoit appartenir à Beran-
<
JuiUa 1781. 1389
gerc raînée fi Henri fon frère mou-
roir fans enfans. Mais le Roi de CaG
tille , méconcenc de celui de Léon ,
avoit fubftitué dans ce cas (es Etats
à Louis 9 Êls aîné de Blanche. Henri
mourut en efitt fans enfans en 1 2 14;
ainfi la fubftiturion fut ouverte au
proBr de Louis, pour lequel quel-*
ques Seigneurs de Caftilie fe décla-
rèrent ; mais la plupart des autres
Seigneurs prirent parti pour Beran*
gcre & fon fils, Ferdinand fut pro-
clamé le 13 Août 1217. Philippe
Augufte » trop occupé d'ailleurs ,
craignit de s'eneagcr dans une nou-
vclft guerre. Il mourut en 1223 ,
& Louis VIII, fon fucceflfeur, qui
ne régna que crois ans , ne fongea
point aux droits de fon fils fur la
Cadille. La Reine Blanche , mère
de Louis IX , & ce Prince lui-mê-
me y ne les firent point valoir ; en-
forte que la poftérité de Berangere
eut tout le loifir de s'affermir fur le
trône qu'Alphonfe IX avoit voulu
tranfporter a la poftérité de Blanr
y
139^ Journal dts Sçavans ^
che. Si nous en croyons \t% Hino«
riens , Louis IX y renonça dans la
fuite en faveur du mariage de Blan-
che 9 Tune de fes filles 9 avec Ferdi-
nand , fils aîné & préfomptif héri*
tier d'Alphonfe X. Ce mariage fut
conclu en 1266 9 & les Hiftoriens
alTurent que la renonciation y fut
ftipulée aux conditions que ce
Royaume paiTcroi^ au fils aîné (brci
de ce mariage comme uu bien ma-
ternel. Cette ciaufe ed rapportée pat
Guillaume de Nangis » & elle a été
répétée depuis fans autre garant par
tous les Hilloriens. M. de Brequigny
obfervequ il n'en exifte pas la mbin*
dre trace , ni dans le contrat de ma*
riage , ni dans ïts pouvoirs donnés
à ceux qui furent chargés de le né-
gocier y que S. Louis traita toujours
avec Alphonfe comme avec le légi-
time Souverain de la Caftille.
11 entre ici dans des détails hiflo-
Tiques qu'il eft difficile d'abréger ^
& pour lesquels nous renvoyons au
Mémoire même. Les différends lut*
Julllzt 1781. i}9t
venus entre Philippe III, Roi de
France > & Alphonfe X , viennçnc
de ce que Ferdinand , fils aîné de
cet Alphonfe , & qui avoir époufé
la foenr de Philippe III , donc il
avoir eu deux fils ^ éroic mort avant
ion père. Alphonfe alfura la cou*
ronne, non à Tàiné de (es perles-
fils » mais à fon fécond fils nommé
Sanche ^ comme plus près du degré
félon les loix de Camille ; ce qui
éroie différent des loix de France.
Philippe voulut prendre la défcnfe
de fon neveu* Dans toutes les di&
cudlons qui intervinrent alors ,11 ne
fut jamais queftion de la iubftitu-
tion faite à Louis IX.
Ce Mémoire , uniquement a{^
payé fur des titres & fur des cbarrcs ,
fert à détruire des récits avancés
trop légèrement par un Hiflorien Sc
adoptés paf rous ceux qui l'ont fuivi ,
& répand un nouveau jour fur cette
patrie de notre hiflxïire.
Dans le titre de ce Mémoire ,
<;omine dans la table de ce volume j^
^
1391 Joiitnal des Sçavans ,
il s*eft glifl^ une faure d'imprcffion ,
qui mérite d'être remarquée , 6c <}ue
M. de Brequigny a déjà relevée
daas. une lettre inHhrée dans un de
ces Journaux. On lit dans ce titre:
Mémoire fur Us Difiircnds de la
France avec la CaJlUle fous les Ré-
gences des Rois de France Philippe
III ^ &c. Il faut lire fous les Règnes.
Observations fur fEdie
des Hypothèques du mois de Juin
tyju Par M, Brohardj Avocat
en Parlement , Doyen & Premier
Profeflcur de ITJnivcrfité de Va-
lence en Dauptiiné. A Lyon , chez
J» S. Grabir, Libraire , rue Mer*
cîere ; & à Paris ^ chez Leclerc^
Libraire au Palais. lySo. Avec
Approbation & Privilège du Roi«
Un volume in\i. de 280 pages*
Prix» 36 f. broché.
L* O U V K ▲ G E que nous annotw
çons aujourd'hui au Public n'é-
tant que des Obfervations fur diffé-
rens
A
Juillet 1781. IJ9}
> rens articles de TEdit des Hypothê*
ques 9 n'eft pas fuGceptiblc d*ezcrair»
Le fiège de la matière eft abiblumenc
& foncièrement difcutè dans les
Loix romaines-, c'eft*là où il (auc
Euifcr les principes. L*Edir n'a pouc
ur que de donner des Loix iur
quelques articles que le Droit ro*
main n'a pas traité, ou que la dif-
férence des tcms & de oorrc Gou-
vernement a rendu néccffairts. Au
moyen de quoi l'Auteur de cet Ou-
vrage n a pas pu ni dû faire un tra-
vail fuivi 9 il a été contraint de fe
borner à faire fur pUifieurs articles
fie cet Edic des Obiervations déta-
chées 9 mais cependant très^nécef-
faires , & quM taut chercher dans
l'Ouvrage même. Il cft au fond très-
bon & nous croyons que le Public
en letirera une grande utilité par
la folution de plufieurs difficultés
auxquelles cet Edit peut donner lieu
lorfqu'on ne (è pénétre pas de fon
efprit & de Tenfemble de tous fes ar*
iicles.
JmlUi. N n a
t)94 Journal des Sçàvans^
' Cet Ouvmge «ft précédé d^aae
Préface fore courte , mais pleine de
fens & de clarté » & qui donne une
idée très- chiite du deUein dei'Au*
teut en compofànt fon Ouvragé , 8t
des raîfons oui Vy ont engagé. « La
»plus grande patrie des citoyens^
»dit41t poilèaent des dettes aâi*
#vcsi dont rHypothèqne eft U (û*
n reté ils font întèreflles à tonooîcrà
• une- toi de b({uelle leur fercone
ifdépend.
ML» mariérc des oUigatioi» ft
• dws Hypothèques eft une des plus
Il étendues du Droit romain ^ (br le(i j
M: quelles nous n'avons pâfr-, à pr9*
• premenc parler , d'airres Loii^ 9 ks
w Ordonnances ne contiennent à cet
• égard ^ que dueiques r^gleoMié
• de forme ; TEoit des Hypo'thàquel
• de 1771 , embraiie cette vafteniai^
• tièce dans vingt»cin<^ articles mScè
• fuccinâs ; les nutt es article^ ne cM*
• cernent que les Droits ^tabbs ^
•cette nouvelle Loi, ,
• J'ai été cooTulté pluficun Ibip
^
JuilUt, 1781 1 t3^(
i»fttfles difficultés naiiTanres de cet
wf Edit , donc il ne fournir poiiic it
^folation ; }'ai toujours eré con-
M traint de me replier (ut les Ordon*
n nances ant^ieures ou fur les pria>-
m cîpes du Droit romain t pour les
firéibudre*
. 9»^ Ces confîdérations yn^ont (àk
I» penfer que le Public verroit avec
m plaifir queioties Obfenrations que
9tfai faites uir cet Edit^ par k
M moyen deiquelles il pourra s*^
«épargner bien des frais inutiles. •»
I/Âuteur , plein de Tes Loix ro«
ipaines par état & par goût , le plaint
avec force & avec rai Ion du peu de
cas & d'ufage qu'on en firit en r rance;
Elles font confacrées 9 dit*il » jut^
que dani Its fanâuatres de la lufttce
par ceux même qui^ peavrat exet^
cer leur miniftère jnins une connbif^
fimce exaâe de ces mêmes Lbit.
Oeft en confluence de cette rê«
flexion qu'il blâme ceux qui s*écar«
rent de ces Loix > dans les Pays o&
eAles font le Droit commun ,
Nnnij
1
1 19^ Journal des Sçai^ns ,
ue dans les coutumes on eft obligé
*y recourir fur toutes les qucftions
que ces coutumes ne décident ni di«
reâement ni par voie de con|é-
quence. Il finit cette Préface ea
s excufant , en quelque façon , d'y
avoir rappelle quelques anecdotes
qui concernent le Dauphiné , fa
patrie, ^ le lieu de fa réfidence)
ce n'cft pas ^ dit-il , qu'elle ait plus
4e droit à ma gtacitude que les aut
très Pays, 'mais on ne peut rendre
raifpq de tout ce qu'on fent.
^efflo ^i/a aaialfjolum dulcedlnt çànâoi
Dùcît & Immçmores nçn fi^u cjjefyi
. La qi^Aion préliminaire qui fuît
immé^iatemçnt la Préface nous a
paru ititérelTante & très-bien difcu-
tée ; elle a pout objet de fçavoir iî
l'on peut vendre un.immemhie en
mettant à la vente la . condition
quelle- ne fera pas expofêç aux affi«
ches \ ç'eft dans l'Ouvrage même
qu'il faut voir la difcu/fion des fai«
ijpns qui ont déterminé l'Âuceur à.
iuilUï 1*781. . tJ97
décider pour Taflirnirivry un
craie leur ôceroi^ leur enfemble
par conféquent toute leur force»-
rlous oblervcrons que l'Auteur
rcide, pages 77 & 85 , d'après
ireiclc 7 de l'Edir des Hypotbè-
les, que \ç% Propriétaires ,. cçux
li onr des Droits réels , comme
ntes foncières, &c. ne'font point ce*
is de former des oppoficions aux
intes expofées aux affiches , comme
le falloir aux formes d'Edir de.
enri II. Il fe fonde fur ce que Wi'
i des Lettres de rarificacion n'eft
le d'éteindre les Privilèges & les
ypotbèques , & que ces Lettres
ittribuent point d'autres Droits de
opriété aux acquéreurs , que ceux
\ leurs vendeurs. Cependant nous
oyons devoir obferver , contre
tte décifion de l'Auteur, que par
rrêt de la Grand-Cbambre du
irlemcnt de Paris , du vetidredi 6
vril 178!. Il vient d'être jugé , en
ande connoifTance de caufe , que
I Lettres de raciffication purgeoient
N n n iij
^
€398 JowrmmUiS Sfévâns ^
les Droits réels ^ tels qu'une tente
foncière, & le Cbâceicc a jugé la
oiême cbo(è.
Une dernière remarque que bous
croyons pouvoir nous permettre ^ à
raifon même de la bonté de TOup-
vrage, c*eft qu'il feroit à defîrer
qu'on eut appotté plus de foin \ Ton
impreflton , dans laquelle il fe trouve
beaucoup de faures qui nuifent au
icns » pa' exemple à la page f \ on
a laide fubtifter un point /& dans
un autre endroit de la même page
une lettre mujufcule qui rendent le
fens prefqu'inintcUigible. On pour*
f oit i dans une féconde édition qui ne
manquera pas de devenir bicntoc
néccirairc , mettre plus de correc-
tion dans Timpredion & quelque-
fois même un peu plus de clarté
dans Tcxponrion. On deHreroit auflî
que l'Auteur voulut bien mettre \ la
nn de Ton Ouvrage , une table des
matières par ordre alphabétique qui
leroit d*un grand fecours dans un
Ouvrage tel que celui-ci ^ qui ne
Jmllet i7Slf t3ff
confîfte qu'en notes épâffc$ Air dt&
itirens articles (épatés & qui don*
nent Jieu à un grand nombre de
queflioos donc la fotufion fe trou*
yeroit fur le champ à l'aide de la
tablé des madères.
[ Extrait Ji M. Coqutl^ Je
Ckauffcpierre. ]
HlsroiRB naiunlk de ta Ffona
Méridionale , on Recherches fur 1«
Minéralogie du Vivarais» du
Viennois , du Valentinois , du
Forez 9 de l'Auvergne , du Vêlai >
de rUfégcois , du Comtat Vé*
naiffin , de la Provence s des Dir*
cèfes de Nifmes > Montpellier »
Agde i &c. lur la Phyfique de it
Mer Méditerianée 9 fur les Mér
téores, ks Arbres , les An maty
& l'Homme de ces contrces.Tom.
I & II. Avec cinq Planches dou*
blés par volume, & une Carte
géographique dçs trois Règnes de
la Nature fur la furfacc eu Viva--
rais, où leur diftributioo natiw
N n n iv
I4OC Journal dts SçaPd/is^
relie cft rcpréfcntéc. Ouvrage df*
die au Roi , imprimé fous le Pri-
vilège & avec 1 Approbation de
' rAcadémie Ro;^ale des Scîences.r
Par M» YAhhé Giraud^SoulavU.
A Nifnies> de rimptimetie de
Belle } & fe trouve à Paris , hôccl
. de Venife , cloître S. Benoit ; chez
Quillau , Libraire , rue Chrif-
' tinc, au MagafinLittérairc; chez
: Mérigot l'aîné, quai des Auguf*
tins , près le Ponr-Neuf } & fielin ^
rue S. Jacques. 1780.
Nous avons déjà annoncé le
preniier volume decct Ouvrage
que l'Académie a approuvé ' avec
éloge comme renfermant dcsobïcYva-
rions neuves fur pluiieurs montajghes
qui n'avoient point encore été exa-
minées par les Naruraliftes. Le fécond
volume a fuivi de près 5 & le 3 ^« ne
tardera pas de paroitre. Cet Ouvrage
a le mérite d'avoir été écrit fur le lieu
même, à la vu:: des objets dont il
contient la defcription; ce qui doie
Juillet 1781. 1401
le rendre, précieux pour les Natura*
liftes.
Le fécond volume contient l'hif*
tpire du Bafaltc, desiaves, de U
pouzolane , la delcription de fcpt à
huit volcans du bas Vivarais, qui
ont brûlé depuis que la mer ne couvre
plus les montagnes; de quatre vol-
cans qui paroiflent avoir brûlé fous.
\ts eaux de la mer , parce qu'ils font
couverts de couches calcaires éla-
borées fous les eaux. On y trouve
en luire des conHdérations fur le ca-
raâère des habitans de ces p^ys vol«
canifes qui font plus fougueux que
les autres. Le volume finie par Tin-
dication des choies les plus remar*
quablcs, des Cabinets, & des Sçavans
que Ton peut voir dans un voyage du
Yivarais* On y trouve des Oblerva-
tions curieufes fur les gaz ou exha^.
laifons volcaniques ^ fur tes fontaineis
minérales, & tur les autres fingula«
tirés qu'on remarque dans ces grands
laboratoires de la Mature.
Dès ranncc 177^, M, l'Abbi^
IS n a V
1 40 1 Journal des Sçùva ns j
Giraud, pendant les vacances du
Séminaire 9 s'occupa à contempler
les montagnes du Vivarats. Il fut
frappé d*y trouver des pierres rou-
ges & bourfoufflées fur des carrières
de granit, des montagnes conifor«
mes , des éboulemens vers leur fom*
ihet, des neiges qni fondoienc à Ten-'
tour de quelques petits foupiraux ^
fine reflcmblance frappante avec la
late du Véfuve , une fufibilité pa*"
reille dans celle-ci & dans celle du
Vi varais ; des émanations de vapeurs
3ui donnoient la mort aux animaux,
es eaux chaudes & fuldireufès , &c.
il ne tardera pas à être perfuadé que
ces montagnes avoient brûlé.
Il apprit bientôt que M, Guettard
avoit découvert des volcans en Au-;
vergne , & que M. Monter en avoir
rrouvé dans les environs de la Nfê-
diterrannée. Il s'y rendit pendant les
vacances de 1774; il compara les
laves d*Agde à celles du Vivarais,
H il fe perfuada de plus en plus de
f exiftence des anciens volcans long*
MlU 1781. 1401
tems avant que d'avoir pu faifir Tcn-
fcmble général de ces montagnes ni
ta charpente d*un volcan en parti**
culict , ce qui n*eft que le réfulrat de
pluHcurs conibinaKons ; cnBn » dic«
iJ , i< j'en fus convaincu , malgré lef
» clameurs de nos Scholadiques^
ftiorfque j'apperçus le courant des
>f iavesl j les formes géométriques de
>» lar bouche faillancc dc^ volcans ^
94'la fufibUité de toutes les matièrcf
»^bfulées, la ruperpolîtion relative
^ des courans , &c. & je crus mci
>» bbfervations appuyées de toutes les
>»^ preuves néceflaires, lorfquc i'eus
1^ fait parc de mes découvertes , ou:
>» env6yé des laves à M. le Comte de
HBufFon 9 aux Cabincfts des Acadi<^
#mies de Nîmes & dti Dijon. Fixé ,
n alofs i Antraigues vers le centre
M^ des légions volcani fées , je décri***
»vi$> (ans crainte cl'illufion , les
i^reftes de ces antiques iricc^diçs
n pendanc les années 1 777 K < 778. >>
UAuteur cite d'abord tous cei|X^
^ oac uaVaillé fur cette maçièïo^
N n n v\
f
1404 Journal dis S^avans ^
avant lui^ MM. Guerrard> Mon
Dcfmarcft, Scguier, de Gcnfan
après quoi il aoonc un coup- d
général fur rhifloire & Tancicn
du globe ; fes dégradations , &
cbangcmens ; il fait voir que la p
zolane du Vivarais a été connue
Romains 9 quoi que M. Gueti
Tait découverte le premier en f rar
découverte importance 9. parce. <
la pouzolanc fait le meilleur ciir
quil foie poflible de trouvier^
cauie de fa nature vitrifornie &
pirante. Elle réunit les avantages
quartz, de la brique & du pla
Comme le plâtre , elle afpir< d
peu de tems toXite rhMmidirc qu*i
fi3(ç dans fa maife ; & comrpç
quartz fabloneux » elle forme
pur ingrédient qui ne fouiFrç .
cune décompofition dans (e^ pan
par fadion cauflique de la chaux
Pami ces obfervarions ^n en troi
une forf (înguliàre fur les commu
cations fau.rerraines : à l'époque
iKiablcment de terre qui reny,e
-71
Juillet 178 1. 1405
Lisbonne ^ les concavités d*où fortenc
les eaux de la foncaine de Malheur,
furent (ingulièrenienc agîrécs^ for-
tirent toutes troubles, quoi quil n'eût
pas tombé de la pluie* M; Baraticr
père 9 homme forr éclairé 9 & à
qui l'on peut ajourer foi , lui a af-
liiré les avoir vues fortir toutes rou-
ges & fort épaifles. Le lendemain,
les payfan^ annoncèrent des, dépla«
cçmcns de -ferre, & Ton apperçuc^
une. fente verticale dé la largeur
de. deux pouces au voifinage de la
montagne de Co;ipc*
'Ce n'cft pas 1^ première obferva»
tjon d*on trcfpblcment de terre pro-
pagé jwfqv à i.dfis jiégionfi trcs-éloi-
gnées du grand foy«r d«i tremble-j
mçùx^ Il n6us2|ifrurei]qu*pn obfe^va
à. U même, époque & à une lieue. '
d*Angoulême , une crevafle d'où lor-
tji.t.un torrcm (l'caur.rougp '& bour-,
biRufe, qui.étptt. Uçgé par les fc-
couflcs propagéçs j\irqiifcs-là > ,&î
q»k>n obfcrva epcpre en Languedoc^
4^. phénqmè^ef 9Mi4;>^^,^tt%.)9
{
1406 Journal des Sçavans f
même cems, L'Auccur parie beau*
coup de la fomiation au charbon
de rerre : le voyanr placé enrre le
bafalce 9c le fol granitique fonda*'
mental, il le regarde comme formé
par des émanations volcaniqueSk On
demandera d'abotd comment ce mU
néral fi combnftible n'a point été
confunié par le courant de fe» qui'
a repofé fur le charbon. Mais l'An*
teur répond que , pour la combuf«
tion, il faut le concours de l'air
0ui dut manquer dans le cas donc il
8 agit ; d'ailleurs la houillç , fuivanc
kl! f étoit fortie elle mcmc de Tit^
térieur de la terre, pu te feu aâîf
an a^ moins la chatcnr de la cenc
Favoit préparée»
L'Auteuf obièrve que ks vapMif
volcaniques nuiienc a la fanti its
faabitans. Les payfans 8c les payfai
ncs qui travaillent par état dans las
environs du Cratère? , ou dans U'
Cratère même de S. Legcr^ paroh^-
lent exténués : des couleurs ploin-
bé«5^ des châifs livides 9 }auocf^'
JuilUe 1781. 1407
tremblantes, font d&rourner les yeux
de CCS Rgures dcfagréablesv mais à
l'exception de ceux qai travaillent
trop près de ces gas dangêitux , it
paroît qûe.n'éleiftricité des volcans
donne de {'aâiviré aux corps ic aux'
cfprics.
En tfl^ » il eft démontré que 1e^
refies dés voIAms , leurs laves ^ quel^f
ques froides S^inaâives qu'elles m^'
roîflfent, rehfertrfent encore en ellè^
même une force particulière d'aAt^
viré occafîonnée par leur érat élec^
trique prefque continuel qui infiUcf
(ingulièrement (br les végétaux ^ le^
animaux & les hommes des contréet
Yolcanifées. L'Aoteor parle à cette
occafîon de Tétonnante quantité d^
ffuide éleâriqoe fournie par les vol*
jCans en .aâion ; Ic^ Chanoine Récn^
fero 9 Oblervateu^ zélé des feux dé
Etna , perfécuté par les ennemis it
la Phyhque, a nbfcrvé les éclaiti
qui fortoicnt de là fumée des vol»
cans. Cette fiiinée produifoit Irf
câtts les plus terribles ; cUc ^ ^^^
1418 Journal des SçavdnSf
périr, & cent milles de didancc, let
bergers & les troupeaux fui les mou'
tagnes , firacalloit les arbres £c mcc-
toit le feu aux maifons.
Les volcani , pendant leurs érup"
tions, donnent des éclairt & des
globes de feu i des-tonneircs fe font
entendre de tous côtés > on éprouve
des tremblemens de tcirc & tous les
phénomènes de l'éleâricité.dans tout
le voilînage i leurs laves fondues font
puilTamm^nt éleâriques ; & l'Aurcui
prouve l'abondance du fluide éicârl*
, même dans les volcans éteins:
1 l'on peut juger de leur înBuence
fur les nerfs, S< pat confcquent fut
les forces 6c fur ie caraâère des
hommes.
. JVl.G. S. fait voir que les volcans les
plus élevés font les plus anciens &
que les plus bas font les plus réccns*
Aucun de ces volcans élevés ne pa^
toK avoir été tous- marie à l'époque
de fon éruption; c*eft ce que f Au-
teur 'établit ItiT plulîcurs raifoonc-
î
7i
Juillet î7fi, 1409
'^ Les fubftanccs vitrifiablcs qapn
trouve fous les couches de balalcâ
& fous les autres fortes de lavcf
vdlcaniqbcs ne paroiflenc point avoir
été fubnitrgces pat les raux de la.
mer.' La coulée de bafalte qu.oa
trouve 'depuis MîlW jufqu'À Antrai«
eues, qu'eft la plus baflfc des coulées
des volcans de la zone viciifiable,
rcpofe fut des amas de cailloux gra«
nfciques & fur des fables de tivicrei
on n*y trouve aucune fubftance caU
Caire fondamentale. Or, fi les lits
de laves fondues euffenc été jadis
le lit de la mer^ ils auroicnt au
xpoins quelqu'une des qualités de la
pierre calcaire qu'on tegarde comme
ayant été la vafe des eaux maritimes.
Les volcans les plus anciens du
Vivarais n'ont pas même brûlé fous
la met. Les volcans fupéricurs éta-
blis fur les hauts plateaux graniri-,
qucs du fommct des montagnes,"
attifés par les eaux maritimes , pa-
roiflcnt avoir brûlé lorfquc la met
inondoit toute la zone de marbre».
t« le Journal Jts S f avons ,
f que les laves d'Aubenu Se. de Ro>
r- etiMUic Croient des cou aos fout
manni.
Les eaux ayant enfuîte diminua ,
leur niveau ayant ttaiflc davantage
H les rivièf es ayant excavé les vallées
profondes , les volcans de la der-'
nicre époque percèrent à treveis ces
déchirures & foinnèrcnt les vol»
cans de lavanc dernière époque.
Enfin , vers le commencement et
l'Ere chrétienne, les trembJenien»
de terre, les feux de ta terre & da
ciel 1 les fommeis des moniagner
culbutés 1 & les autres phénomènei-
décrits par les Hiflorietis du tcmsi-
annoncent que les yolcans qui brù*;
loient, & qui brûlent encore cnc'er»
tains endroits d'un feux couvée fu>
rem capables de produire divers'
lavages, quoi qu'en difcnt ceux qui
penfent qu'un volcan éloigné de la
nier ne peut brûler.
L'Auteur donne auffî l'HiUoire
natuielle des volcans qui ont brûié
fous les eaux de la hki comme ceux
Juillet ijîl. 1411
(fAuhenas. Il fait voir que rexiftcnoe
des mers fubmergeanT autrefois les
tontîncns » eft confirmé par toucet
fortes do preuves. Les Umilles de»
divers coauillages incruftés dans la
Toc^he vive calcaires comme dans
la roche rendre de date poftérieure »
là nature de cette roche , les corps
incruftés dails la lave bafalte qui ne
doit Tes crj^ftaux fpatbiques qu'au
/luide maritime imprégné , félon le
fenriment de tous les Chimifles»
d*uae grande quantité de molécules
calcaires dilToutes, Toutes ces ob«
fervations donnent le plus grand
Kids a cette opinion , de même que .
orizontalité des volcans fous>ma«
rins , les bornes que ces mers ne
paroiifent point avoir franchies ; It
prcfence descryftaiix fpatbiquesqu 00
obfcrve jufqu'i une certaine éléva-
tion; tout Tappareil extérieur des
volcans de cette claflc ; il confirme
cette aflertion par les couche» cal-
caires que les eaux de la mer ont
formé pat deflus & qu'elles ont eu*
(141 1 Journal dts Sçavans f
fuirc abandonnées. Ces deux Vola?
mes font remplis d'obfervacions faU
tes avec courage & rapprochées avec
Cagacicé » & doivent uire dtficer U
luite de cet Ouvrage.
. [ Exiraii de Mk de U Lande^ ]
LettAES de U^illiam Cùxt à W^
. Mtlmoth , Jur Citât politique t
. civil & naturel de la Suijfi, ; tra«
\ duires de Tanglois & augmentées
des Obfervations faires dans le
même pays , par le Traduilcutè.
A Paris, chez Belin , Libraitc»
rue S. Jac<}ues , vis-à-vis celle du
Piârre. Un vol.//3-^^. de 316 pag.
, Prix , 3 iiv.
L£s Lettres dont M, Ramond
publie la traduâicn ^ ont été
écrites par un anglois, pendant un
voyage fait en Suifle y clans le cou-
rant de Tannée 1776. Eilçs ont été
fort accueillies en Angleterre,, où
Ton manquoit d*une defcriptioa
fuivie de ce pays intéreilant , fie M*
JuilUt 1781. 141$
Raniond , traduâeur , a cru , avec
raifon y. qu'elle feroic plaifir en
France > quoi que nous ayons plu*
fleurs Ouvraees relarifs à la Suide ^
furtouc les deux volumes in 4^^ des
tableaux de la Suiflè » qui ont para
depuis peu ( à Paris y chez Née &
Mafqueiier ) ^ les Lettres de M. dt
Luc 9 le Livre de M. de SaufTure , icck
Mais on peut dire que le Livre dt
M. Coxc acquiert un nouveau mérite
par le nombre confidérable de notes y
& les Supplémens dont il 'eft enri*
chi , & qui font le (irnit d*un voyage
de M, Ramond , fait dans le même
pays 9 avec T intelligence de la lan-
gue , & tout le courage néceflaite
. pour parcourir à pied les hautes Al-
Ees & vivre avec les bergers qui les
âbitenr, « J*ai. voyagé dans les mon*
Mtagnes, dit il-, ou pour mieux dire »
>» )*ai erré £ids tenir do écoute déter-*
>» minée , à pied , avec un feul corn*
ft» pagnon , né dans la région que
I» nous parcourions : comme lui )*en-
9» tcndois les différens diale^es en
1414 tournât des Sçavans i
0 ufage dans ces contrées : tous deux»
H nous fçavions facrificr nos gifances
nau but de notre voyage , nous
>» cherchions rhofpitalité dans les
» cabanes les plus retirées y & nous
I* avons vécu en égaux avec les ber*
I» gers que nous vifitions , dérobant
valeurs yeux tout ce qui aurofc pft
m filtre foupçonner que nous étions
» de fimples curieux. » De pareilles
cifconftanccs donnent un mérite
ure à la relation d'un voyage ; les
connoiilmcef de M« Ramond en
plus d*un genre f esi auginemoùt
•Kore le prix.
Le voyageur angliÀ entre, dant
Il SuifTe par la Souabe • donne un
soup^'œil aifx iburces du Danube,
qui jatllifTcnt^ns l'enceinte du cha«
'Seau du Prince de Fuffientcrg^ k
Domfihingen , & arrive à Sdiaf^
fhoufu Ici t jettant un premier re«
gard fur la conftitution républicaine t
il cfquiirc rapidement celle qui ioî^
(te ï lui pour palTcr à des objets d'un
ancre genre êc fixe latcencioo duleç*
?
JttttUi I781. i4ff
ttùt ' fui les deux merveilles de
SchaflFhoufe, Tuneed la Cataradle
du Rhin » qui tombe perpendiculai*
remem d'une hauteur qu'il eftime
d'environ cinquante pieds avec ua
bruit effroyable ; l'autre eft un ponc
de boit de crois cens quarante piedf
de long fcttè fur ce même fleuve^
<k qui n'eft coupé que par une feule
pile 9 donc la fituarion mê/ne 9 s'é»
carre de la direâion des deux calées»
Cet édifice éconuatit e(t Touvragt
d un Charpentier » obfcur y d'un ùsa^
pie pay fan d'Appen2clL
M* Côxc quitte Schaffhottfc pour
aller voir le beau lac de Conftinte»
Tune des bornes de la Suifle i & le
ville mâme de Confiance , autretoia
confidérable 8c qui n'a maintenant
[dus rien de remarquable t fi ce n'cft
a raaifon ott habiroit J^an lius #
8c la falic oà fe tenoit le Concile
qui le livra aux flammes.
De^U il entre dans le cafiton d'Ap<
pcnzell» l'une des démarcations luiiS^
lès ks plus reauc^wbks ^ pas li
C
141 6 Journal its Sçavans y
flmpliciré patriarchalc de fcs habî-
tatis. Rien de plus peuplé, rien de
plus délicieux que ce pays. «Je
» n'aurois jamais pu croire, fî je ne
H l'avois vu , die M. Cote , qu'une
;h furface quelconque de terre pût
^ nourrir une telle population dans
•» une fi petite étendue. Les collines
»•& les vallons font également ^/è«
H mes de cabanes placées à la plus
#» petite diftance polfîbleJes unes des
>ai|rtes, & dittribuées d'une ma*
>»nière fi: agréable que chacune
>» d'elle occupe précifément le lieu.
>» qu'une homme de goût lui auroit
#>dcftiné. ^ En approchant du chef
lieu du canton, il rencontre iin bon
vieillard dont les cheveux blancs
flottent fur fes épaules , & qui lui
rappelle les riches Fermier&^c l'An*
gleterrc. Cet homme étoic le Lan^
^damman , le Chef de \i République,
M. Coxo arriva par la belle val*
lée du Rhin à Sargans^ l'nn des
Bailiaees communs qui lui fournie
l'occahoii dé parler de ces Pro^ow^
fulois
JuilUt 1781. Ï417
fuïats Se de la manière dont les Ré-
publicains fuifTes gouvernent leurs
lujccs.
Il décrit le lac de Waleftadt,
baflSn efirayanCy encaifle entre des
rochers perpendiculaires qui ne four-
nifTcnc que deux iffues oppofées 9c
qui , forçant l'air à fuivre la direc-
cijQn de leur chaîne , offrent fur ce
lac le Singulier phénomène des vents
alifSs ou réguliers.
A cette defcription fuccède celle
du canton de Claris : un coup-
d'œil fur fon hiftoire rappelle la ba«
taille de NctfclSj origine de fa li-
berté. Dans ce combat mémorable
crois cens cinquante Glarois renfor-
cés d'uri fecours de trcnu hommes
que les fiers habitans de Schwirs
leur avoient envoyés avec une
confiance digne d'admiration, défi-
rent quinze mille Autrichiens & en
firent un horrible carnage. Dans les
obfervations que le Voyageur an«
elois fait fur la conftitution civile de
ce canton ^ on trouve des traites qui^
Juillet O o Q
14 18 Journal des Sçavans i
achèvent de donner une jufte idé
des démarcations 3 déjà efquiflee
par la defcription de l'Appenzell
Ce tableau politique eft fuivi d'an<
peinture intéreflante de cette chaîm
de montagnes qui y pour employé
les expremons du tradu(£^eur ,' ion
à-la-fois, le boulevard , le- tcéfe
te rornement du pays. « Les pâta
» rages de la Suifle 5 les plus* élevés
» dit-il, tapifTcnt les plates»formc
I* de ces montagnes , & l'œil y chei
H che avec intérêt les habitations l
9f les troupaux qui font les colonie
H du canton ; tout vient de ces Al
» pcs 9 puifque c'eft là que le béta'
H le multiplie; les établifTemens t
1» la politique ne font rien , ici .
H côté de leurs prairies. Qu*eft-c
» en efFet , que ces petites manuf
M tures y qui , naiiTent d'un pro;
H meurent d'utie concurrence,
^qui , fe jouant de Texift
H des hommes, fe plaifent un
f>ment à augmenter la po
# tion pour livrer enfuite à la
^
Juillet 1781. 1419
r qu'elles ont promis de noiir-
ir ? Tout ce qui tient à la mocJc
:hange comme elle, & tous les
produits de TinduArie peuvent
manquer aux babitans des Alpes :
leurs montagnes feules ne les trom-
»eronc pas; elles font les garants
sicmels de leurs richeifes & de
leur liberté; mais elles marquent
:n même- rems à leur population
an terme qu'il leur fcroit funefte
le franchir; les moyens de Taug-
ntnter en dépit de leur fol , font
inrre leurs mains ^ mais ils feront
^îs de les avoir employés > pat
le luxe , la perte des mœurs ^ Tinc*
;altté des fortunes & peut-être Top»
>teffion. H
M* Coxe paiTe par Notre-Dame
$ ff ermites , pèlerinage depuis
ng-tcms célèbre 3 & la Loretta
\ ces contrées. Il paiTe le beau lac
; Zuric , & remarque un pont de
x-fcpt cens pas, qui lé traverfc
ms fa moindre largeur. Ce pont
k fans doute Tun ^des plus longs
O 00 ij
r
1410 Journal diS Sçavans ,
(]u*il 7 ait ; il arrive enfin à Zuriç i
capitale du premier des XIII Can«
tonSy. ^ aufli remarquable par Tin^*
fluence qu'elle a fur la politique de
b confédération que par la place
qu*çlle occupe dans la littérature al-
lemande. C'eft , dit M, Rampnd •
ta pa():ie 4u célçbre Auteur des meil-
leures Idylles qui ayent été faites
depuis Théoçrite ; celle^de M. Lava*
ter. Auteur fameux d'un Syftêmç
de phi(ionomie que la France con-
noîtra qn jour, $c enfin du Patriar*
çhe de la {littérature allemande ,
JSodmfir, vieillard fi cher à (a patrie «
fy qùiaviroit quelque droit a nous
intérefler , ne fût-cç que par la ret
femblancç frappante qu'il a avec
Voltaire. Ce qui doit furtout frap-
per dans rhîftoire civile de Zuric ,
ç'eft 1^ manière dont cette ville a
adopté la réformation. Ses çitçyços
ije fîirent au'un moment divifés d'o-
binions ; ndèlçs à leurs Ipix répu^i.
bliçaines ^ ils transformèrent en un
procès civil h queftion dq^chs^ngc-».
ni
JuilUt ijSi. 141 1
ment de croyance^ & le Confeil
fouverain ayanr décidé à la pluralicé
des VOIX « en faveur de là réforma-
tion 9 les autres fe fournirent fans
murmure à la majoriré.
Le Voyageur anglois donne uns
petite defcription de Zug & s'arrête
plus à Luccrne ; nous ne le fuivrons
point dans fcs détails politiques,
mais nous indiquerons avec lui ,
comme Tobjet le plus digne de lad*
mttaiion des curieux , un magnifi-
que modèle en relief qui repréfenre
au naturel une portion de la Sujile
extrêmement montueufe dont le lac
de Luccrne eft le centre. Cette belle
copie de la nature réduit à une efpace
de douze pieds fur neuf, une éten-
due de tcrrein de plus de 60 lieues
quarrées. Ce n'eft qu*avcc éronnc-
ment que Ton cohfidêre la patience
incroyable de M. PfifFer , Auteur
de cet Ouvrage. Nous invitons à lire
dans rOuvrage même la defcription
du lac de Lucerne & des quatre
Cantons qui l'environnent ; c'eft là
O o o il)
r
ij^ix Journal des Sçavàns 9
le berceau de la liberté , & le théH*
tre de fcs précieux triomphes : on y
foule une terre facree.
M. Coxe quitte le lac de Lucerne
pour palTcr au mont S. Gotbard. Le
paflfage que l'on a pratiqué fur cette
montagne, eft, dit le traduâeuf^
a une de ces créations étonnantes
»qui prouvent jufqu*à quel point
Mies efforts de Thomme peuvent
» triompher de la nature •••• Le^
» chemin fufpendu fur les plus at*.
M freux précipices & ne fc détour*
n nant pour aucun obftacle , eft (qih.
f^ vent foutenu en faillie par des vou*.
»>tes lèches, quand les rochers preG-
»que perpendiculaires lui rcfufènt
M un double appui ; franchit Tabîme
» quand il ne peut plus le côtoyer,
» au moyen des ponts les plus hardi.'
» & les plus légers que l'on ait )a
M mais conftruirs ; traverfe un roc d
» granit de quatre- vingt pas d*épa)
>» feur , lorfque les montagnes fer
M blent lui oppofcc un rempart iî
^ pénétrable. n
Juillet 1781. 1413
. Au {ommcc du S. Gotbard on
trouve les fourres de Tefin & celicf
de la Reuflf, ablolument voifines»
La première àc ces rivières eft le
plus puiflknt auxiliaire du Pô & va
nvec lui fe jetcer dans la Médirerran-
tiée 9 tandis que l'autre groiliffant le
]R.hin roule avec lui vers l'occrn fep-
tentrional. Il s'en fauc.de beaucoup 9
'cependant que ce fommec foie le
plus ébvé À^s Alpes , il n'eft qu'à
peuf nulle foixante-quinze pieds aoi-
deflu$ du niveau de la mer»
' « C'eft une cbofe nouvelle j dit
t»M. Ramond , pour un habitant de
»la plaioe» que le filence abfolu qui
f^ règne à ce fommec ; on n entend
I» pas le moindre murmure-, le venc
tf ne. rencontre pas un feuillage donc
>»ragication bruyante trahiife fon
j»pa(Iàge*^ {culementt lorfquil eil
» impétueux il gémit d'une manière
» lugubre contrie les pointes de ro*
lâchers qui le divifçnr. Ce feroic
H en vain qu'en graviiTaqt les fom-
n mets abordables qui environtienc ce
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BKMCrs cLu £1 bcaocs la fcoi Û0*
Tagc Ab fcmmff ds Foorois» co
tnmfc knr glaiia , « c câ , d:r ir
:££ de glace q^Ji s'êiczc :s !b?«
» ac d'ampluxhcarrs rcrr: «î;&x p»
I» les de todftes. Ccc «x.rhinaézrre
«qui remplir ecdèrmert le pteô-
»pkc qui les (èpare, s'ê.ère p^
«dueUânece depuis Imr pied jsf-
i»qa*2 nne pcxire ditîacce ce km
» icMiiiiicts. Le foi»! qai dardoir
«perpendîciilaiTemrsc îcs raTcas îar
]»oe glacier, lai donsos: i'cdar 8c
»la nanlparaDce da cirrral , candis
s»qiie les ombres de Tes vanes îng*
j» mens , admirablemenr colorées ^
» coupoîcnr (a blancheur , par rca-
I» tes les teinres d'un bl» vra'rscoc
» célefte. n C*cit à ce g'.acîer que M.
Coxc attribue î'or.gine da Rhône.
Il avoir été mal înitmit , fuivanr le
craduâeur ; celui-ci place 1rs :car-
ccsJc ce grand dmve dar:« îc lieu
que la tradition & î*opinion leur
ont affigoc^. Elles font nès-voifjirs
Oo ov
SLUffc Jr "UCT
jjjUuK dÊiS^oc^
" 9es sT^ocs ée âi Suîlic la plot
KT? 9K A beaKc de les al<-
la hu-'ii'aK cSes ohms ^oi
1 fnTÎT^csdET • & E^ar le canâcrc <zc
ftf hahirap^f^ Un îcoç fbppEcaicot da
tra^oâtoir a cocnpiecxc Je cabicasa.
Les gLkdtfS da Grin^waU^ font
'1j$ connus , parce qa*ils font de
^aV>ord le plus ëkiIc. M. Coxc n'co
hit qa'un médiocre clogc ; ils pré-
Untcnt cependant le fîngulicr pbé*
noniine ^ aun énorme naonceau de
glacei , confervé pat fon volume »
•4(1 milieu d'une vallée chaude &
^ile, en forte que rhiycr j doaM
r
Juillet tjîi. i^if
pour ainfî dire la main à Vltéf & que
les Bruits 8c tes moifTons mûriilcnc
à côté des frimats. éternels.
• A LoMUcrtronncn M. Coxe voie
encore des glaciers qui ne répon*
dent point a l'idée qu'il s'en étoit
formée ; il s'en prend avec raifon à
l'ignorance de les guides ; & , en
emt, le Traduâeur annonce que la
féconde Partie de cer Ouvrage con*
cicndra une retradation formelle de
M* Coxe f & une defcription corn-
pJerce de ce magnifique phénomène.
L'objet le plus remarquable dé la
vallée de Lauurbronmn eft un tor*
tentfM tombe perpendiculairement
de neuf cens pieds de haut & fe difr
perfe en nuage & en pluies.
Le volume eft terminé par la def-
cription des bains de Loiche, Htués
au fond d'un précipe du Valais ,^5^
de l'étonnante route qu'on a prati-
quée le long de la pente perpcndiciv*
laite du Gcmmi^ pour y defcendrei.
On fe formera une idée de Tapreté
de ce pajT). quand on fçauta qu'un
O o o v\
142 1 JntmÀL au Sçx^mas i
village bâti fur me plaitc-fiiniie des
montagnes ooi cnviromicu C3es baiBSf
ji*a cTaurre fcmîer pour commanL»
quer avec la vallée qa'mie fmcs d'é-
chelles qui joignent les pointes des
rocherf.
Dans le coius de ces Lettres le
Voyageur anglois décrit avec loin &
{iréciuon l'état civil & politique de
a région qu'il parcoort. Les fupplé-
mens du Traduâeur portent d'avan*
tage fur leur état phiuqae & moral ,
ils font nombreux. Celui qui a pour
objet TAppenzell & la formation
du falpêrre , celui où il décrir le
canton de Glarus , (8c celui <|lv ftip-^
Elce à la defcripcioh du pajrs de
lafly , (ont les plus confidérables.
Dans rarcide du canton de Glarus ,
il donne une relation curienfe d'une
aifcmblce générale tenue pour con-
clure l'alliance projettée avec la
France, affemblée à laquelle il étoic
prcfenc; elle doit donner une idée
oien fatisfaifante de 1 état des dé-
aties fuifles > « on y apprend «
Julllt 178 1. 1429
» die le Traduâeur , à ne pas juger
s» d'un payfan libre par le payfan
1» ^ue Telclavage avilir. Il n*en a ni
>fle caraâèrfij ni la figure;^! eft
n auffi loin de lui par la fierté de
n fon efpric que par celle de fa dé-
y> marche. >» M. Ramond converfe
avec un berger fur Talliance .projet*
tée • • • • 4< Je ne détaillera point >
^ dit-il , ce que cet homme j ce ber-
M eer me die fur la confiitution repu-
>» blicaîne , fur fes défauts & fes avan-
» rages , (ur les droits des hommes »
j» comme tels & comme citoyens y
» fur les rapports & l'origine des dif-
j# féren^ gouvernemens • ... Je crain-
M drois de défigurer des vérités fim-
» plement énoncées par Tapparcil de
^ nos mots techniques , & de faire
» parler comme un Pbilofophe, que
Mie raifonnement approche des vrais
>» principes 9 un homme qui les a
>»dans fon cœur, écrits de la main
» de la Nature, en caraûères que Té-
>» ducation & les loix n ont jamais
I» altérés. >>
143^ Journal des S fovans ^
Dans le ùippUmenc à U clc(crip« .
tion du Haflj, oa refnan|uc une
fiiire dobfenridoBs fur féconoaiie
paftorale , ainfi que for les habim^
dons, fa nourrirure 6c les mœuré
des bergers (les Alpes. Ce cablcatt
appelle toutes les idées que nous
avons, des peuples nomades. En Iw»
iànt la courte énuroération des alH
mens de ces bons pafteurs , on - ne
peut que s'écrier avec TAutcur ,
4<qni croirott qu'il exifte cnEuiope
i»& à coté de nous des habitation»
i> où il n'entre pour ainfi dire ni pain ,
n ni vin , ni eau } n A ces détails:
fuccède u le efquiffe rapide des monts
qui entourent le pays de Hafly.
¥ Oeft une longue fuite de rochers:
n coniques d'une épouvantable bau«<
» teur , qui font les degrés les plus
i^élevés de l'énorme amas de mon*
I» tagncs qui forme Je centre des Al«
» pes fuiiTes. Autour d'elles tout def-
>» cend juiqu'aux plaines de l'Aile^
» magne ^ de la France & de Tlta-
>» lie. La Savoie feule oppofc à cette
fuiUa 17S1. 14)1
H tnàflê 5 une aum maiTe auffi rcf-
5» pcâable 9 qui arrête fubircment k
»» diminution que je viens de tracer;
9» Le Mont-Blanc cft le centre de en
n amas j comme le Schreckhoài eft
9» celui de l'autre ; & c*eft dans ces
i¥ monts que Ton trouve le Lotmrmr
n Gtytr^ le Vautour àt;^ agneaux , le
>» plus grand des oifeàux. il a iufqu'à
i^feize pieds d'envergure. Il fontauffi
I» la patrie & l'azile du Chamois &
>9du Bouquetin, les plus agiles des
>» quadrupèdes. Les détails de la
H chafle de cet animal font à-la-fois
H curieux & eflrayans. »
' Cet article eft terminé par un
coup d'œil fur l'hiftoire des habi*
cans de ces montagnes qui , placés
£ar la Nature fur les terres les plus
auccs de l'Europe, doivent être un
des peuples les plus anciens de notre
continent. M. R. le reptéfcnte com-
me réfiftant alternativement aux lé«
gions romaines & aux hordes (ep-
tentrionales , & penfc trouver che«
eux de grands rcftes des mceurs des
143* /<?ï^r/2Â/ des Sçavans i
Crémiers polTeiTcurs de nos cotitréès.
'outes les delcripcions font atta-*
diantcs , & fés réflexions pleines de
fenfibdicé ou de fçavoir.
[ Extrait de M. de la Lande. ]
EXTRAITS DIFE RS.
LES BçUes Lettres ,'c'cft*à*dîre
l'Éloquence, la Poéfie 3 l'HiG-
toire, furtout rHilloire moderne^
Font de toutes les parties de ia Lirté-
rature la plus féconde & la plus cul-
tivée. Les Journaux ne peuventTuffire
à faire connoîrre avec quelque détail
les produdions de ce genre qui pa-
roifTent chaque année. On dira peut-
être qu'il faudroic faire un choix ^
n'accorder un extrait un peu étendu
qu'aux Ouvrages qui mérircroienc
u'on en prît la peine , fe contenter
e donner des autres une courre no-
tice, .oud*en taire favoir i^'cxiftence
par une (impie annonce; mais ce
choix n'eft pas toujours poflible.
Quand un Livre paroiti fftit*on de
1
Juillet I78r« 1433
quels autres Livres il pourra être
fuivi ? On s*en occupe , & il prend
une place qui auroic dû être rél'ervée
^ de meilleures produâions. Cet in*
convénient 9 au refte 9 eft beaucoup
moindre qu*il ne paroûrêcre. Les
bons Livres fe font toujours con-
noître par eux - mêmes 9 (ans
le fecours des Journaux , & des Ou-
Yrages médiocres peuvent , par les
séflezions de critique ou de goûc
auxquelles ils donnent lieu , com«
penfer dans un Jounial l'utilité des
{crémiers. Il arrive quelquefois que
es Livres les plus importans, ionc
ceux qu'on fe contente d'annoncer
par leur t\tre & dont en renvoie Tex-
trait.à uif tems plus éloigné , parce.
que cet Extrait demande plus de foin
& de travail. D'autres Ouvrages fuc-
cèdent rapidement ; on eft entraîné
par la multitude , & les premiers ret
rent en arrière. Ces différentes cau-
fcs, ou réparées ou réunies, font que
nous avons aâbeUement fous les
ycMx plufîcurs Ouvrages très-impor*
î43^ Journal dis s çàvhrm
tans y donc les titres fculs ont para
dans nos Nouvelles LutéraireSj &c
dont cependant le Journal des Sça^
vans doit un compte à fes Leâeurs»
D*un autre tocé , il efl: nécelTaire de
nous remettre promptement au cou*
Kint. Pour remplir & concilier ces
difFércns devoirs, nous allons raf*
icmbler ici, dans un même extrait^
tous les Ouvrages un peaconfidéra*
blcsquioBt paru dans le cours deSi
années précédentes ^ c*eft • à - dite;
ceux de ces Ouvrages qui nous font:
parvenus & dont nous n'avons pas
rendu compte* Nous n*en pourrons
donner qu'une notice abrégée ; maiSi
cette notice contiendra le ^ugcmenC;
du Public*
Les MoiSf Poëme en douze
Chants« Par M. Roucher.
Pirduodcna regii mundumfol aureus AprSm
V I K G.
A Paris , de rimprimerie de Quillau»
Imprimeur de S* A. S. Monfetgneut
JuîlUt î7Jî# ' I4JJ
le Prince deConti^ rue du Fouare,
à rAnnoncîation. 177^. Avec Ap-
probation & Privilège du Roi. Belle
tfC riche Edition, in-/^^. 1 voi. L un
de 36) pages, Tautre de 380. 11 y «
aulfî une Edition i/s- 1 1.
L'importance de ce Poëme , la
célébrité dont il jouilToir même
mvant fa publication, prouvent aflTca
que ce n*eft point par indifférence
que nous avons paru le négliger juf*
qu*à préfent : nous le réfervions pour
un tems où un plus grand loifir nous
permettroic d*en développer avec
foin la plupart des beautés & de^
débuts. Ooligés de nous borner k
une courte notice , nous dirons feu-
lement qu'on ne peut trop encoura-^
ger l'énergique Auteur de ces vers :
Qa*nii aatre des Guerriets ëcbauât le dé*
lire;
QVn autre mariant de coupables couleurs ,
Soie le peintre du vice , & le pare de fleurs...*
Sur la roche (kuyage od le chêne a vieilli
71
1440 Joumftl dû Sçavans ^
monument de notre Littérature ^-tci^
jquel on aura, fouvent occafion de
recoudr au moins pour le confulter ,
& pour y trouver ou de l'inAïuâiott
ou de fort beaux tableaux,
Fab lia Uf ou Cou TES du i x^;
& du 13®. fiècle»..nadttiia;ou ex«
traits d'après divers Manûfciits dii
-- tems ; avec des Notes btftoriques &
critiques ^ & les Imitations qui ont
été faites* de ces Coptes depuis Icus
origine jufqu'à nos jours«
Su apud te honor antiquitatl &fabulis quê^
que. Pj^iMB^Epift. t .'
A Paris , cbez Eugène Onfiroy.» Li-^
braire, quai des Auguftins^ 1779,
Avec Approbation & Privilège du
Roi. 4 vol. i/2-8*. de 400a 500 pag,
chacun.
»
Voici encore une preuve que ce
ne font pas les Livres les moins im«
portans ni les moins accueillis du
Public que nous allons renfermer
dans
JtiîUee lyttm 1441
dans cet unique Extrait. Cet Où-
yrage , de M, le Grand , a eu beau*
coup de fuccès & en méritoit beau*-
coup. Les Fabliaux qui en forment
le fond 9 font bien choifls 9 racontées
Se abrégés avec goût ; les Préfaces
& les Notes de l'Auteur font fça^
vantes te ne le font pas trop. Ce
livre eft un fort beau pendant i
l'hiftoire des Troubadours de M.
TAbbé Millot > Ouvrage compofè
comme celui-ci d*après les fçavantes
Ce profondes redierches de M. de
SaintcPalaye. M. le Grand s'attache
dans la Préface du premier volume
des Fabliaux i établir la fupériorité
des Poètes & des Auteurs fepteiH
trionaux de la France fur les Ecri*
yains d'au-delà de la Loire , connus
fous le nom de Troubadours ; le ?•
Papon^ dans fon Voyage littéraire
di Provence ^ a eflayé de le réfuter.
M« le Grand j dont le quatrième
volumç a para depuis le Voya^ lit*
ieraire de Provence , s'eft expliqué
fur cette ré&atation ; il ne (e tienc
/uiUa. Ppp;
144^ Journal dts Sçavans f
pas pour battu ; il fc propofe ds
■Kpotidre aux ot^eâions , foit Aa P.
Papoit j' {bit de quelques Joumatiftcs.
Il demande en attendant ( & cela eft
juAe) f{ue Ici' Leâcuts ne fe pref<
fent point de prononcer contre lui f
& qu'ils fufpendent leur jugement
jufqu'i te qu'Ut l'aie&tcQtcAdu.
Il VcH gliffé dàtis laPrifaccdii
Jrcniiet volume ti'ne cncur qijf n'cft
aucune çonf^quencc. L'Auteur at«
tribiïc à Horace ces 7ér$ de Juvfcnal
dans fa première Satyre :
Çuld^uid agunt hemïn» , votum, simor^
. iea,,yoiuptai ,
CMuUa, difiar^uf , ttbfir{ eft fan»go li^
btUi. . :
Le quatrièdie volume eft un Sup«
plémcnt qui n'a paru que cette an-
née ; il Contient doi Concet dévots,
des Eables te iJLomans anciens ;
l'Aureut çroyoit pouvoii Kbfêtmei
ces Romans dans çc quatrième vo*
lume v ne IVyaQt.pas pu' , il anoonca
une fuite > qu'on l'cxtuiitciB Iùfqt
JuilUt 1781. 144J
fnenc \ faire paroître , & dont nous
rendrons compte quand ilparoîtra^
& peut-être avec plus de détail^ n'étant
plus dans la même néceffité de nous
reflèrrer pour nous remettre au 'cou-
faut. Ce cinquième volume contien-
dra vraifèmblablement Ja Réponfe de
TAuteur aux Défenfeurs des Trouba«
dours. Le quatrième , dont nous par-
lons 9 fè trouve y pour Paris , chez
TAoteur , quai de TEcole , maifoQ
de M. Juliot; & pour les Pays
étrangers , chez Dufour , Libraire à
Maftricht.
Ce quatrième volume offre d a«
bord le ProfptBus d un Ouvrage
intitulé : Hijloirc de la Vit privée des
François , depuis l'origine de la
Nation jufqu a nos jours » fujet donc
on fait que M»le Marquis de Pauimy
revendique la première idée & la
principale dividon \ ce qui ne jparoîc
pas ^iic poncefté p^ M. le Grand.
Voyage pittoresque de
LA Grèce. Chez Tilliard , Cu^
P p p ii
T^m: ingct xsain^ cuuhc tjoe
c: i~^ 31. k -âétwc Jîiwpnniicc ni
fe itâucÂ: .iaiii'.r> oBsles Ottvii*
^ çn. 3EIBI oEÇi^à m icflêncE
àc .'■muncCs amn »lli— * bùe nn
«cnyie ^me âsfbsbdksf ro-
VCUS 3C âSOBt 03B UUU CCttE foÙ
aie =rt«l & rL^oEis Aanar . drait
■cuBdCcs ârÀaufSeloîsScaTec
ccciegJfcàraLX-gaMPosLcQtutu
BOIS 30(3 bcczcmes à ôuliqnci le
Bccacc: & ie i^y^z éa PbndKS. Le
7*. C^isss ts. o&f dix. depois la
t}=. ^^-zï ia -ï*i h6j<. offrcle
f Ue du Golffae iz Uacii , anden-*
Bcmear Gi^au jSiu i la 64' , la
Vu? d'un dûtna 2c fie pluilîam
tombeaux près des xaînâ de Td-
nûlTusî les dsQx {uiTanta , desSar>
cophagcs antiques trourés pfâs de
Tctmifllu ; la tj'-, une Vue de la
MoDugne des Xombeiuz pièt ds
Juillet 178 1; 144^
TclmîfTus; la ^8®, donne 1 éléva-
tion d un de CCS Tombeaux ; la 6^* ,
des dérails géométriques de ce mê*
sne Tombeau ; la 70^ eft une fuite
des Antiquités de ThelmilTus; la
71 • eft une Vue d'un Théâtre de
TelmiiTus, dont la 71® oflFre des
détails; le Cul*de-lampe delà fin
rappelle les effets dèftrudeurs du
Tems pris dans fes ce différens ma*
«» des ; le Paifé 9 (ous la figure d*un
» vieillard appuyé fur des ruines &c
«>des tombeaux ; le Prêtent, fous
a» celle d'un jeune homme qui détruit
m tout par fon vol rapide ; & TÂve*
••nir, fous Temblême d'un enfant
«• aîlé , qui aiguife fa faulx. >»
Huitième Cahier. La 75® planche
eft une Carte détaillée de la route de
TAuteur 9 depuis le Golpbe de Ma-
cri jufqu'au Méandre. La 74^ 9 re*
préfente une Halte de Voyageurs près
deDourlach, dans la Carie. La 75^,
la Réception de l'Auteur chez Haf-
fan TcbaoufchiOglou. La 76* , le
Palais de i'Aga d^Eski- Hilfar. La
Pppii,
t44f Journal dts Sçavans f
77', une Fête turque. La 78% le
'Tombeau de 'Philecus j les quatre
fuivantes, des Ruines; le Cul>de-
Ismpe , diverfcs Médailles ; en tout
dix planches encore , fans le Cul-de*
lampe , comme dans le Cahier pré-
cèdent.
Le $^ Cahier en contient onze,
depuis 83 compris , jufqu'à 93 autlî
compris. La'83^ planche reprcfcntc
un Temple d'AuguLte qui cft à M^»
lafa , & la fuivancc ofrre le plan 8c
les détails du même Temple. La 8 j%
un Tombeau dont les détails rem-
ElifTcnt les cinq planches faivantes.
a go* cft une Vue d'une Porte de
Mylafa , dont les détails fuperbes oc*
cupcnr les deux planches fuivantes.
La 9]', divifeeen quatre tableaux,
repréfentc des habitans de U Carie.
La Femme de Mylafa , rcpiél(:nt£e
dans le quatrième tableau , nous pa-
loît d'une beauté parfaite. Le Cul-
de-lampc offre beaucoup de Mé-
daiUes.
' Quant au fond de l'Ouvrage , U
JuUUi 1781. i44*|f
Joint partout ruciliré à ragrcmcnc ;
ccft toujours TéTudition mifc ca
isaste par le talent , & rendue auflf
amufante qu'infhuftive. D^ailleurs,
0icme corceâion dans le deflein^
même perfeâioii dans la gravure ic
dans l'exécution typographique*
L'Esprit DES Croisades^
pu Hiftoixe Politique & Milirairel
des Guerres entreprifès par les Chré*
tiens. contre les Mahométans , pour
Je recouvrement de la Terre Sainte ,
pendant les 11^ I1®&13^ fiècles.
A Amfterdam \ Se fe trouve à Paris j
chez Moutard, Imprimeur- Libraire
dcU Reine i de Madame, & de Ma^
dame la Comtéfle d'Artois , rue des
Matburtns h6tel de Cluny. lySo. 4
yal. i/t-i£ d'environ 500 pages
chaciin.
L'Efprît des Croifades remonte
beaucoup plus haut & s*étend beau-
coup plus loin que les Croifades ;
Gfaarlemagne faifant toujours la
guerre , par picfércncê , à des peu**
Pp piv
144^ Jounud iu Sça¥âM$ i
pics idolâtres , mahoméciDS cm au
moins cDiieinis des Papes, & fe lo-
fiiCttit à toutes les occanoDS de goem
contre FEmpire grec » paice qiie cet
Empire £coit Chrécicn , ic redevint
Orthodoxe (bus Irine , Charlema»
S ne ^oit animé du véritable efpric
es Croifadcs; auffi tous les Roman*
ciers ont-ils fuppoll qd*il avcMt &it
le voyage de Jérufalem , 8c qu^
«voit délivré les lieux faims. L Ao«
tcur qui vient aujourd'hui » après le
P. Maimbourg , donner lliiftoirc des
Croifadcs , & qui a raifon de ne s'en
{»as juftifier , eft le même , qui après
*Efprit de ta Ligue de M. Anqnctil
le Génovéfatn , & à ion imitation ,
nous a donné ÏEfprit de la Frènde^
Son nouvel Ouvrage eft plein de re^
cherches & mérite foco d'être lu. Ses
Notes hiftoriques & critiques (iirles
Auteurs cités dans ce Livre ^ Notes
qu*ii a placées à la tête de fon pre^
mier volume j à l'exemple de M*
Anquetil » font curieufes & ahnon*
cent un grand travail* Une fçavante
JuilUi 1781. 1449
Inttodudion remplit \qs deux pre«
miers volumes. Le quatrième volu^
me finie à la mort de Godefroy de
Bouillon 5 & rOuvrage ne contienc
par conféquenc aue Thiftoire de la
première Crolfaae ; auffi n'eft - ce
qu'une première Panie. L'Auteur
nous fait cfpérer de voir les fuivantes
fe luccéder aflèz rapidement , & le
Leâcur ne peut que i!y inviter.
Les vrais Principes dit
Gouvernement François^
éimomris par ta . raifon & par Ut
faits. Par un François. Nouvelle
Edition, revue ^ corrigée & aug«
mentée.
Efi«ild^aatre paétî que celai de vos Roisf
VoxTAiae.
A Genève; 8c fe trouve à Paris»
chez tous les I. ibraires qui vendene
les Nouveautés. 1780. /»-8®. 417
pages.
On Ctiitc dans ce Livre des qucG$
I
it4^i Journal dts Sçavans ,
tions impoitantes 8c délicarei t on
y léflire M. de Montcfquicu Bc M.
l'Abbé de Mably ; des Auteurs beau-
coup moins confidcrés du Public y
reçoivent de grands éloges; il faut
écouter tout Je monde , pefer tous
les r^ftcmes fie n'en adopter aucun
Ugdfemenr , n'en foutenir aucun
obftinément, mais -avoir toujouii
l'oreille ouveite à Ja vtiiti-
De LJ1tstiGi«N.Vir\m
Homme du Monde ; contenant une
Réfutation fommairc du Livre de
r£jpritàc}A. Helvétius; un Exa-
men du Syftême de M. de BufiFon >
dans les tomes IX & X de fes Sup-
pliimcns, incitulés : dtt Eppquts de
la Natiin ; avec deux Difcours in-
téiclTans.
Nous ôe iewoaa pii nier des iétaés ilï.
noiiti^s, parce au'ii en réfulte des diffi-
cultés infolubles i la raifoa IiumaJae.
Descautcs..
'JuUUâijBi ' 1451
Moumrd 9 Imprimeur > Libraire de
la . 'Reine > tue des ' Mathurins , 1
rh&tel de Cluny. tySo. Avec Âpr
probation& Privilège du Roi.
On lie peut pas dire que TAuteuc
dè'cet Ouvrage, qui left auflli de
rOuvrage précédent , en atraquanc
MM« de Montefquieu 9 de Mabljr »
Helvétius , de Bumin , tous hommes
illuftres 3 mais tous d'opinions dif*
firêntes fur les objets les plus impor-
cans , i^it voulu magnis inimicitii^,
cUnfcere , puirqu'il ne fe fait pas
connoîcre , du moins au Public. On
ne peut pas non plus te fôupçonnet
de mauvais motifs ; le ton de mo-
dération & de douceur qui règne
dans (es Ecrits, annonce un Ecri-
vain fans paflîon & qui eft dans les
difpofitions où il faut être pour eita-
• jniner & pour difcutcr. Nous ne pror
Doncerons rien fur les objcdions , le
Public en jugera , ou s'il en a déjà
jugé, ce que nous voyons de plus
clair dans ce jugement , c eft que
1* Auteur a du paroître à tous\fi% V*«.*
Pppv\
14 Jt Journai dts SçavMoil
tetirs un «rprit tage Se infttuit avec
lc(]Ucl on peut raifonDet ; ce qui
n'cft pas commun chez les Ectiwua*
Poiimiqucs. Ce volume eu rnmini
par deux Difcours oratoires . qui
tous les deux ont du mcrîce ( l'uQ
eft l'Eloge de feu M. le Dauphin ,
Père du Roi ; l'autre , celui de 1 Abbi
Sugcr.
Histoire de COrdre Royal fi-
Militaire de S. Louis. Par M. d'Af-
fi3t HiAoriographe dudlt Ordre.
Dieam & Âkidtn , putrofytte Leda ^
Kune iqm* , illumfuptran pugau
NotUtm.
HoK A T. Ode is. ' '
A Paris , chez la Veuve Duchefne ,
l^ibrairc, rue 5. Jacques ; C^èoy ,
?uai des Auguftins ; & Lefdaparc y
ont Nocie-Dame. 1780. Avec Ap*
probation Se Privilège du Roi, m-S%
3 volumes d'eoviioD 4 â 500 pagef
Les plus grands ennemis de J«
guerre (oufcrironc ians peine à la
proportion fuivance de 1 Auteur de
cet Ouvrage.
« On a beau raifbnner » le menée
ti-des armes fera toujours le plus no-
a» ble & le plus beau des métiers : ce
«•^ui ne veut pas dire que Térat de
«• guerre eft le meilleur où f e pùif-
Mlent trouver les hommes. Mais
«•comme l'ambition des Princes ^
« rinquiétude ou la jaloufie des peu«
9» pies entre eux y rendent cet état
■i prefque contimiel , malgré les ré«
«»clamjitions de la faine raifon , je
m dis qu'il lera toujours infinimedc
«glorieux de s'armer pour la défenfe
met fon pafi 9 ccft-à-dire de
« couvrir de fon bouclier le Labou*
m rem, le Magiftrat , le Miniftre du
m Seigneur » qui j dans Tenceinte de
M nos cités , le livrent paiiîblemenc
M aux diverfes fondions de leur état, vf
Nous trouvons encore que TAu*
tcur répond avec beaucoup d'avan*
tagc i ceux gni onc demandé ^\tt«
1454 Joarnal'dtsSçavam ,
quoi une hiftoire cîc'TOfdrc'dc S.
Louis ? « Pourquoi ï&i-il, pbûr la
il» même raifoti q'us dans l'ancienne
«Athènes on gravoir Tur liffc* coi
•>lonnc qui étoit au milieu de la
B place publique les noms des géné^
H reux Cicoycns , qui , par de noblel
••exploits, s'écoietii ugnat^ d^nS
«lcscOmbars,-.ou ccoient morts'en
••détendant ta Patrie, •• -' '" -■
C'cft à M. d'A^efïcaù , Coo-
lêillcr d'Etat, père du célèbre Chan-
celier, qu'efl due l'Inflilucion de
rOrdrc Militaire de S. Loiiis. M.
de Louvois avoir difttibué icvCorn*
ïnanderies de l'Ordre de S. Lazare
aux Militaires qui avoienr mérké
des récompenfeS. Voici un 'arride
tiré d'un Mémoîrc^écrit de la miSil
de M. le Chahcclrer d'Agueffeati ,
& qui eft ïntre tes mains de Mi
d'Agucfleau , fdn fils , ■ Doyen da
Confeil. ' ;
' - Après la 'mpftdïr'M. de Lt»u-
» vois , Louis XIV voulw porter foti
Juillet 178 1. 14^^
ta cet Ordre (de S.Lazare) pure^^
9> ment hofpiralier dans fon origine*
9> Il trouva que Tes f:ond$ étoient ap-
•• cliques à des objets totalement
» étrangers à fa fondation. Ce Prince,
m dont la Confcience écoit naturelle^
» ment délicate , choifit ce qu'il y
«• avoit de plus fage & de plus éclaire
» dans le ConfeU pour examiner ri-
•• gourcufement le paflS^ & pour-
M voir encore plus utilement à l'ave*
» nir , en donnant une forme à un
9» Ordre qui n'en avoit ptefque plus
» aue le nom ^ & furtout en réglant
» 1 ufage qu'on feroit des biens dont
••il étoit en poflTeflîon. M, d'Aguct
» (eau (ut un des CommifTaires nom-
a» mes par le Roi dans cette affaire^
» & il en devint bientôt le maître
» par la déférence que Tes Confrères
*• eurent pour lui. Il penfa qu'il étoit
» de la juftice & de la piété du Roi
9» de s'approcher 9 autant qu'il étoit
•» poffible^ de l'intention des Fonda*
•> teurs , en fe conformant du moinSs
» l ïohjct géaéîâl de leux chwvtty
•i
$4fi Journal Jts Sf avons i
fSc il ctut quCi il la maladie de la
wléprepoutliquclleaToictuccé tnf'
I* tituées les Maladierics de cet Oi-
« dre j avoic difparu , leurs fondi
•■ deTOtent rcfter dcllin£s au foula-
* gementdes pauvres. SonfcntimeDC
M hit donc qu'il ^Itoit réunir lc<
m Maladreiies de l'Oidre de S. 1^-
*zare, aux Horels-Dieu les ploi
«• proches & aux Hôpitaux des hcui
' ■• où il n') auroit point d'HôteU-
•• Dieu. Il leftoit un obllacle 1 vaîu*
Mcre; c'étoît l'înconvénicnrâe.'pit»
M ver les Oflîcieis-Milicaires du ic-
'•• cours de quelques Commanderies
nderOidie de S. Lazare. M. d'A-
*> guefTeau étoit bienéloign£ d'etivici
M aux gens deguerie des tfcompenlès
'" qu'ils achètent aux dépens de leiit
» lang : mais il lui paioiiToit itijuftc
* déliés prendre fur le patrimoine des
M pauvres \ Se entre deux objets qui
w mifitoient 'également la protcc-
■> rioo du Roi , le feul parti qu'il
m trouvoit convenable à la Maiellé
Juillet ijtù 14 j7
«9 deux vues^ au lieu de les faire
«•combattre Tune contre l'autre.
M Ainfi s pendant qu'il étoit occupé
09 i Êùre rendre aux pauvres la ju&
«»rice qui leur étoic due, fuivant
m refpric de la fondation , il vou«
■tf ioic, d*un autre côté , faire éclater
•• la magnificence du Roi à Tégard
« Se ceux ' qui le fervent dans fcs
« troupes » par l'InAicution d*un Or«
^«» dte Militaire , qu'il feroit aifé d'é-
m tablir par un retranchement in(ec%
•• /îble fur les dépehfes de la guerre »
•> 6c dont la Croix feroic une diftinc-
«• tion honorable 3 & les Comman*
> deries une récompenfe utile pour
*• Les Officiers que le Roi voudroit
#*>en favorifer. Tous les CommilTai-
#• tes entrèrent dans des vues dont la
••nobleife égaloit la juftice. M* d'A«
•• gueifeau tue chargé , lorfque le
«•Koi eût approuvé. fon avis, de
• drefler les kdits & les Arrêts qu'il
^ falloir donner pourconfommèr ce
»• projet. Il eut l'honneur de les pré«
l4tS Journal des Sçavata ,
•> fenter au Roi , qui fe les âr lire
M avec piaiftr , trouvant fa confcience
•• aufli loulagée , par Tufage auquel
•»on deflinoit I« biens- de l'Ordre
» de S, Lazare , que fen amour pour
«•la gloire flatté par ririftiiutioii
nd'un Otdre Militaire, dont il it*
» loic 1: Maître & le Chef comme
•» le Fondateur, «
Ces trois volumes contiennent
l'hiltoire del'Ordie de S Louis fous
4t tègnc de Louis XIV feulement ;
on ient bien qu'une telle hiftoitB
^oic ofirir le tableau des principaux
évèncmcns miliraiiès du règne de ce
grand Prince. Les Mémoires gêné»'
laux du tems-, les Mémoires partir
culiers foutnis par les familles 6; ap-
puyés de preuves , ont été les' maié-
ïiaux de cet Ouvrage. L'Auteur a
trouvé auffi de grandes reflburccs
dans le Dép6t de la Guerre. Avec
tous ces fecours i! a rompoft- un"
Livre utile , honorable à la Na*
tion , & dont on atrendra les volu-
mes fuivans avec emprciîement.
Juillet 1781; 1459
Discours Oratoire; con-
tenant l'Eloge de Guftavc III , Roi
de Suède. A Cologne ; & fe trouve à
Pans , chez Baftien > Lib. , rue du Pe-
tit-Lion, fauxb. S. Germain, l-jio.
Broch. i/2-8^ 70 pag. Prix , i 1. 4 C
¥ Un ufage barbare , dit l'Auteur,
i¥ défend de louer ks vertus des Rois
>» qui font nos contemporains. Où
>fexi(le cet ufage? La flatterie n'a-
ttelle pas plutôt établi Tufage de
louer jufqu'aux vices des Rois con-
teniporains ? Nous ferons plus aife-
ment de Tavis de TAuteur, lorfqu'il
dit :
« I^ vertu n*a point de rems dé-
W terminé; le moment où cllej)a-
0 roît , eft toujours celui où nous
n devons lui rendre nos hommages, n
Le mélange des ftyles dans cet
.Ouvrage eft tout à-fait remarqua-
ble. L'Auteur annonce un Pifcours
oratoire \ il débute en effet d'un ton
affez pompeux 5 mais bientôt ou-
bliant le genre qu'il annonce ^ il
t4fo Journal dis Sçm>ans i
caufe , poui ainlî dire, avec foo
Leâeur & prend le ton d'un Mé-
moire. «Jefupplie, dit- il» qu'on
M me permette ici de &ïre une r6>
»> Scsion piéliminaire. *»Piits entrant
en matière , il cnipiunte le ftyle d«
l'Hifloire , lorfqu'elte a quelque ex-
pofîtion à faire, « Le Royaume de
t> Suède > dit-il t cft plus grand qiu
» la France ; mais il s'en fàuc bien
« qu'il foii aufli peuplé. Dans tour*
«ou prefquc tout le pays du Nord,
»* il y a plus d'habitations que d'ha*
nbitans. M
En parlant de l'Arcbcvê que dl/p^
ial fous Chiiftiem , le Néron dtt
Nord , il t'appelle «< un Piêtie aulH
m Cruel que barèare. m Ces deux mon
qui ont une /îgnilîcation commune,
quoique tartan, en ait une autre
qui lui eft propre , ne dévoient pal
Stre ainS rappiocbcs Se inîs en pa-
rallèle.
TRJITà DES NèGATIOSS oi
ju Langub Frasçoiss.
JuitUt 1781. 1461
€omvtnt€t verho cui apponîtur
Ififi aUquid tffieUur » rtdundat.
Qdiiitil. L» 8. Cap. ^,
A Pacis , chez Cuillot ^ à rancien
Collège èA Bayeux > rue de la Harpe.
9780. Avec ApprobarioD & Per-
mifljon. Brochure in- 1 1 defoixaotc-
^uatrepage^.
L'aiagc des négations dans la
Langue françoife , cft , avec la df*
cUnâ>ilicé des participes ^ ce qu'il 7
à de plus difficile dans cette Langue»
& ce qui admet le plus de variations
& d'incertitude. IDans le Pié^ion-
nàire de l'Académie » l'article nt ^
Ouvrage (car c'en eft un) de l'Abbé
d'Oliver» eft certainement un des
meilleurs articles du Didionnaire.
La Brochure que nou$ annonçons eft
âufli d'un Grammairien » homme de
pût; elle eft propre à répandre la
.jimière fur plufieurs des qiieftions
les plus délicates de la Langue*
L'Auteur part d un principe fait pour
fimpUfior tes idées & pour réfôudr»
t
c
poin '• , Mous"'"' ,.M ie '"
tion i"ir
ï\
rr:----
JuîlUi Î781; 14^1
cVft pouffer trop loin le refpeél pour
Hacine. Il y a une faiire fèn(ible dana
ces detui: vers , aio6 ^uc dans cec
autre ;
^ ■ ',
Eft&er» que craigne»- vous? Suis^jepas to«
. cre béit }
Ce recranchetncnc de la négadon ed;
encore foufièrt dans la Comédie «
3ui permet plus de négligence » mais
ne neut plus avoir lieu dans la
Tragédie,
A. propos de ce vers de Quinault','
irers que l'Auteur appelle charmant ^
qui peut Têtrç par le lens & qui fait
nu moins partie d'une phrafe char*
mante:
t-.,
j V J^^^^ î^^^ ^^ verroîc votre cqear dégagé,
L'Auteur dit que fi 6n y fubftituoit
çelui-çi :
:Avant qtfon vU jamais votre ccpar dégagé)
il n*y autoit plus de faute contre 1%
i
14^^ Journal des S ç avans j
vaifc. Le Catilina de Crébill
en donner quelque idée , à
douze vers près qui ont delà
- Les exemples que i'Autei
I>ore^ font en général bien adc
ujer, & font bien fencir lep
la queftion ; nous defirerions
dànc t|u'il n'en eue jamais |
qui ne put feprcfenter nature,
a l'eCprity fait dans la convei
foit en écrivant. Qui eft-c
exemple , qui aura jamais o
dé s*exprimer ainfi : Tant s^
que Brutus ne vainquit pas A
€*ejl quau contraire Augujl^ ^
fait par Brutus.
L'Auteur demande fi on
dire : a La Fortune ne tra
p,mïtnx Brutus à Philippes^
» /i*avoît traité Pompée à P!
>f Céfai n'éprouva pas moins d
^qii'ilVen avoit Faits, Arift
m Çûit pas ^oins (gavant qu*il
iii' jiffte.- Cet homme n*a pas i
^iprdbité qu il /le Êiut.H L
«felanie la fecondç négatioi
Juillet 178 1. 1467
toutes ces phrafes ; il nous femble
cependant que l'ufage rautorife ,
quo^u'il en autoiife la fupprcffion.
L'Auteur fe permet un peu de
néologiTme , langue ^r/^c//;/Vepout
dire (ondée en principes , gazette en»
dofmiffanu. Il fait plus s il déclare
quii croit ces mots en ufage. Nous
croyons qu'il fe, trompe. Nous prcn-
^ton^ encore la liberté de lui repro-
cher tine in verfion qu'il nous paroic
ie pei;niettre fréquemment & fans
oéceffité dans de la profe. « Ces mors
j» De pçuvent jamais à l'Ecrivain of^
nfrir aucune difficulté. Avoir fait
H avec luifoçiéU. h La négation n'a
îamals avec elle fait fociiti.
: Malgré ces petites taches , l'Ou*
fragc eft bon 9 & c'eft- ce qui nous
a engagés à le critiquer.
Œdipe che^ Ad met e:^ Tra^
gUU. Pat \A.DuciSj Secrétaire Or^
dinaire:de Monsieur , l'un des
Quarante de T Académie Françoifc ,
Rcpréfentée ^ pour la première fois^
é
146S Journal des Sçavans ,
par les Comédiens François (
naires d« Roi , le Vendredi 4
cembre 1778. A Paris , chci F
Gueffiery Libraire- Imprimeûi
bas de la rue de la Harpe > à li
berré* 1780. //? 8®. $8 pages.
Cette Tragédie n'a point de
face; il n*en faut point pour
Pièce fi bien accueillie du Pu
Toute la Poétique < du mondi
^dans fon fuccèsvLa Motte ne ft
ndefi ingénieufes Pi^ëriquclïy
parce quSl ne fàifoir f^as de
Poëmes. On n'a pa^ m¥f)qu& d
procher ï la Tragédie à^Œdipe
AdmUc y comme à la Tra^
ai Andromaqut y une <iuplieité '1
tion. On a dit qu^ lé Tta^
à: Œdipe étouffait ' celle àiAk
comme on pourroit dire que la '
gcdie ixOnftt & à*Hcrmionc ét<
celle ^Anaroniaqut&i de Pyrrt
il faut conveifit' cepictkknt' <(lie
mour 'd'HcYmldAé^ {i(bOr l^yri>bus
plus inrimemctir les <ieux <'aâ
4'Andr6ina(}ue ^uç totit 4'att'^(
•)
JulUii 17S1; 1469
Ducis n*a pu lier Je fujet à'A/cefic à
celui d' Œdipe à Colonne ; mais il*
n'en eft pas moins vrai que rintcrêc
d*Orefte & d'Hermione dans ^;2«
dromaquCy éclipfe tellement dans
les deux derniers aâes celui d*An«
dromaque & de Pyrrhus qui a prc*
valu dans les trois premiers^ que
Bacine , pour conferver l'unité d*ac«
Ôon & pour completter le fujct^
«yanc fait revenir Andromaque à la
fioL^u cinquième aâe 9 le fpeâateur
qui s*étoit détaché d'elle, accueillie
fort mal ce retour , tant Androma-
f^z devenue toute puifTante & ayanc
ceifé d'être malheureufe avoir celle
d'êrre intéreflante ! Racine tut obligé
de fupprimer cette fcène & de laifTcr
Andromaque dans Toubli où il Ta-
Toit plongée lui-même par l'intérêc
nouveau & tranfcendant qu'il avoic
lépandu fur Orefte & IurHermione«
Re(peâons au refte ces heureufes
fautes ^ n ce font des fautes. C'eft le-
cas de dire avec Madame de Sévigné ,
donnci^nous f^uUmcnt leurs défauts.
Qqqiij
tÂjo Journal des Sçavaits 9
M. Ducis a eu 9 puur joindre en»
iemSIe les deux lujers àiŒdipt À
Colonc & à'Alufit^ une raifon
qui Texcufe au moin< , â elle ne le-
juiliâe pas entièr*m:nr. (BJiptàCo^
loru avoir pour la Grèce 9 lurrout*
pour TArtique , un dénouement in«'
réreflant dans la morr même d*(S«
dipe & le dépoc de fes cendres qui
devcncienc pour ce pays un gage de*
gloire & de^bonheur. C'eft ainu qœ-
\t% idées patriotiques annoncées par
ce vers :
Tantœ molîs erat Romanam eonderegenttmt
faifoient vraifemblablement^ difpa*'*
îoîrre aux yeux des Romains les*
nombreux défauts de la Fable de^
TEnéïde , où l'intérêt des fix der-
niers Livres , s'ils ont de Fintérêt »
eft tout à contre-fens. Mais pour
nous^ François, nous ne pouvons-
voir dans la mort d'(Sdipe ou'da
vieillard qui fuccombe à fa demnéc
& qui paye le tribut à la nature ^ce^
JuïlUt 1781. l47f
qui ne fuffir pas pour former un dé-
nouement tragique. Il falloit donc
trouver un dénouement qui fût in*
téiefTant pour rous'lej pay< & pour
tous les fiècles ; c'eft Tobjet que M*
Ducis a heureufement rempli ^ en
teignant qu'QEdipe arrive en ThefTa-
lie y au moment qu'Alcefle eft me-
nacée de perdre Admète ou Admèce
de perdre Alcefte 9 & qu'il fe dévoue
pour eux. Par là M. Ducis embellie
encore le perfonnage d'CSdipe, qui
termine ain(î, par un traie ahcroïf*
me 9 fa refpedable carrière & Tes il-
lufttes malheurs. Les perfonnages
qu il fauve , les Souverains qu'il rend
a leurs peuples , quoiqu'ils ne rem«
pliflent pas afiez la fcène pour at-
tirer à eux rintérêt principal , font,
cependant cbers au fpeâateur pat
leur amour 3 par leur jeuneffe & par
leurs vertus aimables. A la vérité >
le fujet àLAlctJle eft néceflairement
facrifié ; on ne peut pas dire que le
dévouement d'Alcefte fafle le mêmâi
effet dans la Pièce de M Ducis qua
Qqqiv
1472- Journal des Sçavans ^
dans celle d'Euripide. Mais qu'on
nous donne encore beaucoup de
Tragédies auffi inrérefTantcsquereft
dans Œdipe ce feul Epifodc d'Ad-
inère & d'Alccfte , des Tragédies qui
nous offrent des caractères d*une dou-
ceur auflî touchante que le caraélère
d'Admète , d'une tendrefle auffi at-
înable que celui d'AIccfte, des Trff*
gédies enfin qui nous préfenccnt»
incme dans les endroks indifFércnSi
des vers utiles^ tels que ceux-ci :
» Fr^mîs , a-t'elle dit , impitoyable Roi f
V» Le fàng de tes Gi jets va retomber (ar coî.
» Quel bien leur a produit la (plendeur cle
» tes armes ?
o Chacun de tes ezplolcs fut payé pat des
«larmes.
» Force ailleurs tes drapeaux , tes chants
» victorieux ;
» Les foupirs de ton peuple ont monté ju&
- » qu'aux Cieux .•••••»
Aux dépens de Con peuple on n'eft poiat
j] généreux •••• •
Juillu 178 1; 147J
Je ne veux poioc. Seigneur , par de nou-
veaux cofnbatSy
A reicmple d'un pire aSbiblic mes Ecats»
Voilà Ce qu*un bon Roi doit dire ï
. ceux qui lui coBfeillent la guerre ;
.iroilà ce qu'un hon Citoyen, un
Ecrivain vertueux doit fans ceiTc rc«
;diire aux Rois.
;Nous ne parlons pas des perfon-
. nages d'CSdipe , d'Antigone ^ de
Polinice , où refpirenc partout le
. caraâère antique,, la fimplicité grec-
que f l'éloquence de Tame , & qui ,
•dépouillés même du pathétique qu'y
a;bute le fpeâacle > font; encore d^un
û grand câFct. Quelques perfonnes ,
3ui CToyent que tout doit être imité
ans les Anciens , .& qui n*ont pas
■un fentimcnt aflez fin des conve-
nances théâtrales chez les di^Fér entes
nations , auroient voulu qu'(Bdipe »
•chez M* Ducis 9. comme dans So-
phocle , ne révoquât point la malé-*
diâion quil prononce contre fes
'fils; d autres 9 accordant trop à là
1^474 Jourrldldis Sçavansi
âbuceuf firançoife , auroient voulu y
aU contraire > que les*I>ieux pardon*
nàflènt 1 Pollnrce comme (Bdipe ^
ç'eft-à-dirç que M. Ducis renverfat
toute la fable. M. Ducis feut a fenti
&'obfervé la jufte mefure de toute
chofe ; il à fenti que dans nos mœurs
il £illott qu'Œdipe pardonn&r , mais
que danslçs mœurs grecque^ & dans
lé principe delà fàtalué; il falloir
que les Dieux ne ratifiaflènt pas fon
pardon ; que le Grand^Prêtre , leur
Imerprere » dît à Polinice ce mot
impofknt & terrible î •
r :
Ton Père eft appsdfë^ lès-Dieux^ ne le (ont
pas.
f •
II a (ênti , en un mot , qu'il falloit
t]U*un père fût tendre , & qu» les
Dieux ieuis fufTent d*une jufticc irn
flexible. Nous ne trouvons pas ce-
pendant qu'(Bdipeait le droit de dise
-a Polinice ce. vers ii paternel :
Crois-tu qu'à pardonner un Père aie tant Je
peine? ' . • . •
l
Juilkt 1781. * T479
Il a réfidé affez long-tems au repco?
tir de Polinice , aux inftances d'An-
tigoae y pour qu'il ne foit peur êtic
pas adroit âe lappeller ain(î ^ par lua
contraftc trop marqué , cette longue
xéfiftancç. Npus trouvons encore
u'ÇEdipe ell trop agité dans le cour;i
e la Pièce 9 trop fcpfibje à Tes mal-
heurs préfens, trop tourmenté des fou-
vcnirs du pafle, pour avoir le drpit de
dire ce vers qui ne convieridroit qu'à
Socrate :
Œdipe eft malheureux , mais Œdipe eft
tranquille*
S*^ rétoit, îlfcroît bien moins in'-
térefTant & bien moins tragique.
Mais qu'il lui fied de dire aux Dieux
en leur rendant Ton ame :
Soixante ans de malheurs 00c paré la vie-'
•__
nmc •-••••.
I
te «laos un aatie endroit : /
147^ Journal des Sçàvans;
Ceft un de vos bienfaics , que , né pour la
• doùlear,
Je n'aie au moins jamais prûÊUié mon ma!-
■ Heur. *
Et fans parler ici dé tant de tirades
pathétiques & fublimes , qui pour*
roit oublier cette foule de vers fi
leauz par cux-if)êmes Se plus beaux
par la ut uatioti ?
Tant qu'il eziflera des pères maldeoreux y
Ton nom confolateur fera (àcré pour cux.m
C'eft vous qui, me voyant > vous jugez mal*
heureux ! . • • .
Je rends grâce â ces mains , ^ui , dmis moo
défefpoir.
M'ont d'avance affranchi de l'horreur de ce
voir**...
Que le jour un moment rentre encor dans
mes yeux ,
Pour embrafTer mon fils â. la clarté des
Cicux .....
CeA tafœux.tf** c'eftlanodémie.*... .
» f
f
I
«- 1477
. coavie en ttw»
inï^«- /fl Ri'
^''i/*Be-^\'ifI Pouffe;
9 47^ Journal des Sçavians f
Henriade) le détail des bonneuri
Tendus dans Paris au Chantre de
Ijenri I V ^ & plofieurs autres morr
ceaux curieux , relatifs à. Voltaire »
xeçueiliis 8c rédigés par M . D * * de
C**. A Berlin ; & fe trouve à Paris ,
chez J« Fr. Bafticn, Libraire, rue
^uPeti^Lion^ fauxbourg S. Ger-
main. 1 780. i/z- 1 !• 4S0. pag.
Ce titre détaillé nous difpenfe de
faire Ténumération des divers Opui^
cules ralTemblés dans ce Recueil »
<iont le principal objet cd la réfor
tation de la Critique fi bazardée
^ue M. de la Beaumelle avoic faite
-de la Hcnriade. Cette Critique étoic
Touvrage de la padion & de la bcuoc 1
Se en jporroit bien le caraâcre ; M:.
de la Beaumelle avoir même pouffi
le ridicule jufqu'à refaire à (a ma*
nière pluHeurs morceaux de la Henr
•riade, & jufqu'à tracer en pluHeurs
endroits un plan contraire à celui de
l'Auteur. Cen'cftpas que quelques»
unes de fes idées n'euflent quelque
chofe de plauiible; par es» aipie.> M*
Juîlia i7$r^ 1479
<3e Voltaire auroir pu tirer parti de la
-propofîtion faite par M. cle la Beatf«
inelie ^ d*in(roduire Marguerite de
Valois dans ce Poème , de la placer
entre Ton mari & fon firère 5 & d'aug-
menter pat là l'horreur de la S. Bar-
thelcmi & l'inrcrêt de ce beau &
tHfte tableau; mais les vers fubfti-
tués par M. de la Beaumelle à ceux
de M. de Voltaire gâteroicnt les
meilleures idées, ic celles de l'Au-
teur font rarement juftes , comme le
démontre l'Apologifte de M. de Vol-
taire. On (ent d'ailleurs que le mot*
xeau dePoéfie le plus parfait, ne
peut tenir contre une Critique févè-
rement minutieufe, & qu'en gé-
néral la Critique eft ce qui demande
' le plus de bonne foi. C'eft pourquoi
' il ne faudroir jamais critiquer {es en-
■ nemis , & ce font prefque toujours
les fculs qu'on eft porté à critiquiïr.
Les chicanes de M. de la Beau-
melle (car c'eft le nom qu'elles mé-
" ritent ) font oubliées depuis long-
• tcms I & nous n'en rappellerons ici
{
Ji ce: oaiaTCi siz. r.'ui: i
j» :;£•: > .-u jour ;a =cn .■;■ j*.:
» ic5 maux 2c ^ ^lûfic , ai
y» .i:» arrcrcï rous p*r u jcc:»^
)»»u lieu ilu moLCî d'arr^nc
[ l'anivée d: la |
Jdtttt I7«»- ^, vo\-
«c. Voyons Va «P
»ma.à-ptoP°V'„ac«'0'^^*'ttc„rt
^ maw ce vou ^ ^^ ; \v i »
j» &£ ne le na«^^, .
>* X\ V«vett\tà'=<i°«*^\, ccft ap
>» ».V Vaveï"^ Vaitio**^',, , djti
-> ^cctatn^^\„^*aif. '^^^'^
J481 Journal des Sçavàns ^
» reffembU , &c, c'cft- à-dite , qui fait
HCC que Dieu cooimande. Voilà le
n feul fens de ce vers. >»
. Qùoiqu'en dift l'Apologifle , ce
vers ^ dans rincention du Poëte ^
nous paroit un éloge ; il fîgnifie :
Roi , quireffcmblc[ à la Divinité pan
la bienfaifance & Us venus , comp^.
êe{ fur fon appui. Cet éloge éra^c
Xttcriré & n'étant point déplacé , leS'
farcafmes de M. de la BeaunicUcf*
font très^peu convenables *, & quacid^
H les fait tomber fur Henri IV lui^
même*, quand il va rechercher pc^
nihltmcnt les fautes de ce bon Roi ^
iàns dire un mot de fes grandes &
çxcellentes. qualités, ces mêmes rar<«
^tTmes devienneat indépbns.
A propos de c^ deux vers :
Sur ce fanglam théâtre , où cent Héro&pérH
. rcnt,
Sur ce trône glillànc d'où cent Rois defceii«
•«Urenr*
M. de la Beaumelle obfèrve que les
JuîlUt 1781; i4Sy
bons Poërcs cmployent rarement les-
troidènies perfonnes des verbes au
{»luriel. L'Âpologifte lui répond par
'exemple même de M. de Voirairc
& par la beauté de ces vers. M. de
VcHtairea employé afTez fouvenr eei
troifiènfies perfonnes des verbes au
pluriel à la fin des vers. Dans \û
récit du maflacre de la S. Barthe*
lemi , il emploie encore la même
sirae:
O combien de H^ros indignement périrent I
nefiiel & Pardaillan chez les moits detceiH
dirent*
nid: ,
Les AiTaffins fanglans vers mon Ut s*avan^
cêrent ,
Lears parricides mains devant moi fe lev^
* renr.
Chant 8* :
De quels cris douloureux vos temples re*
ternirent 2
w- '
,ww^
.ï-rïSgSA
L
■ï
"°!;So'«»''
i.
Juillet 1781. 1487
P LAN et un Ouvrage fur PHifioire
Littéraire.
ON nous a communiqué un rap-
port fait \ TAcadémie Royale
des Sciences y Belles- Lettres & Arts
de Rouen , le 16 Février 1780 , fur
ie Plan détaillé » (manufcrit) d'un
Ouvrage qui pourra avoir pour titre
'EUmens éCHifioire Littéraire univer*
felle 9 ou Bibliothèque raifonnée ^
ghoîfie & méthodique des meilleurs
Livres en ce genre & furtout des Li^
vres latins & françois. Ce rapport
•nous a paru iacérelTant & pour le
fond &'pour la forme ; c'eft ce qui
-nou^ a déterminés à en faire part au
Public, du moins par extrait. Les
Amateurs deTHiftoire littéraire qui,
parmi nous, fe multiplient tous les
jours ' lèrènt charmés d*apprendre
qu'on tifavaille \ tin Ouvrage de
cette efpèce , & ils pourront y con-
trîbuet, s'ils le ïtigcnt à propos , en
•drêflant leurs Remarquesr & leQM
)urft'»^ *^ ,. port , * *„-ïic
lut-
«*^ tnat<ï»^'*J yon ^
^iisVv-
des CK
ra
'""irSE^is^^
Juitlit 1781, 148^
à-peu-prcs de Ja manière fuivancs
dans le rapport donc il eft qucflion.
Ce travail cft le réfultac de pon-
noiflànces philofophiques &. liccé-
ssisrcs d'uB Membre de rAcadémie.
Son intention n'étoic point de le
rendre public. U le regardpit & le
teg^rde encore comme un fimple e{«
iflt que le cems , la réflexion y 1 étude
& la communication .réciproque (i
utile aux Giqs de Lettres , pour-:
soient jperfedlionncr. . U ne vouloit
que le ioumeccre aux avis de Tamitié ;
mais l'amitié ne jugeant que TOu-
vrage a oublié l'Auteur, & elle a
obtenu qu'il fût préfeuté àU'Âcadé-
mie même.
Il ne s'agit pas ici d'un Plan fu*
perficiel ^ tel qn'on en annonce fré-
ouemment pour attirer ou féduire :
e eft un Plan raifonné approfondi ^
I détaillé , méthodique qu'on doic
I legarder comme un véritable Ou«
I vrage» quand même il ne dcvrbic
f pas être fuivi de l'exécution. On y
1 {rouve l'accord heureux de l'erpidc
f JuilUt.' Rrt
49^ Journsi des Sçavans ,
ihilofophiquc & de l'Hiftoire ïittc^
faire. 11 peut donc inrércllcr ^ale-
ment & l'homme étudie qui n'aime
que les (kirs , & i'bommc pcnlant qui
en tire des réfûltats généraux. Nousr
ne croyons pas qu'il ait encore para '
d'Ouvrage en ce genre, oik Ion
trouve la fuire < l'encbainemenc » la
géncration'd'idées Se de connolllàii-
ces qui tbrraent le caraâère diftioc-C
tif du Plan* qiH nous^occupe* Une
courre anaJy le • fuflSra f peuc-étre »
pour juftifier ce que nous avançons»
Kcuf livres partagent Ce Pian & fe^
nieront la divifîon de l'Ouvrage me*
me qui aura plufieugcs Volumes*
Dans le premier il eft quoftion dcï
tHiJioire Uiiérairc en' généra/, li eft
divife en deu}& parties, La première
comprend cous \q% Auteurs générait,
éf/ntrodu^n ^ de Prolégomènes <
antres , & la (ëconde> les Méiangi
tels que les Ana , 6» Livna femb
Hes j Us Bpiflofairts ancUna &
derncs , hs Voyages relueifs aux
ires^ aux Sciences & aux- Ans ^
Juillet 178 1. 1491"
Le {ccoiid ]-ivrc cft deftiné aux'
Ecrivains de i Hiftoire littéraire ea
particulier dans Tordre des Sciencts ,
des> Lettres & des Arts , & foivant
tme nouvelle difiribution qui nous
a para très-naturelle, la Religion
forme la première partie de ce Li«*
vre & là première clafTe générale de»
Sdences : c'eft une diftinâion y une
préemiaence que luldonn: fon ob-
jet. Les Sciences nàturelleç forment
la féconde partie de ce Livre j le
plus étendu de tous.
Le troifième Livre cft propremene
une ' Géographie littéraire . Dans la
première parcie fe trouve tHiftoirç
Ueeérain des nations anciennes j danf
la féconde 9 celle àt^ nations mot^
demeSm Partout Tordre géographie
queeft exaâement fuivi.
L'icfluencc de Tétat fut les idées'
êc^ hommes a fourni à TÂutenr 1«.
divifion du quatrième Livre. Il y\
parle d'abord des Auteurs conf actes.
au fervice de la Religion y enfuito
du Autturs jiculiers , qui ^ par état ^
R S I i)
1 49 ^ Journal des Sçavdns ^
(bnc livres aux fondions civiles , ïdc
quelque efpcce qu'elles foienr.
. Le cinquième Livre , deftiné aux
Sçavans en général , abftraâion faite
Ac leurs pays , de leur état, des corps*
auxquels ils appartiennent , &c. ren-i
ferme trois parties. La première traite
de ceux qui ont écrit fur Us Sçavans
en général critiquerrunt & .hifioriquc»
ment , la féconde de ceux qui ont
donné des Ruutils généraux des vies
des Sçavans ^ & la troi(îème de ceux
qui ont écrit CUifioire des femmes j
illufires &fçavantes.
Le (îxième Livre , diftribué en
quatre parties., fait connoitre les
Ouvrages qu'on peut regarder com-
me Caujts auxiliaires morales dans
la connoifTance des Sciences, des
Lettres & des Arts ! 8r ici fe rap^
portent les Livres fur t Education ^
Jur la Mémoire artificielle y fur le rapr
port des Sciences entre elles ^ fur les
Méthodes ^étudier générales & par^ j
siculièrcs.
Ces Caufcs auxiliaire morales | i
SuîUtt i^8i. I49J
totït fuiyies des Caufes auxiliaires
phyjiqucs^ qui (z réduifent à TArc
de rMcraure &c à celui de Clmpri^
mtiit. Ces deux inventions fublimei
ibr ment les deux parties du fcptième
•Livre*
Dans le huitième > qui en com-
prend trois ) on traite des Scavans
en Corps ^ c'eft à-dire >d(sColléges»
des UniverHcés & des Académies ,
fuivant l'ordre géographique. A cet
ordre plus difficile , mais plus utile >
l'Auteur doit ajouter l'exérution
d'une idée qui paroît lui appartenir
•entièrement 9 ceft celle d'une hiap^
pcmonde littéraire^ qui prcfentera
Séographiquement tous les endroits
c l'Univers ^ où il y a des Collèges >
des UniverCtés & des Académies ,
avec des marques particulières qui
. .dillingueronc ces différentes efpcces
de Corps.
Le neuvième & dernier Livre
traite des Dépôts des Sciences , des
. ÂAttres £* des Arts^ & comprend
; quatre parties. Ces Dépôts font les
R I r iij
;1494 Journal des Sçavans f
Eibliothcqucs & les Cabinets. On
en traite, (uivaiit l'ordre des lîciu
& des fk.ins, la première partie offre
Jes Auteurs qui ont écrit fur Us Bi-
iUothiquts en générai; Ufcconde,
ctux qui ont écrit fur les Bihiiathi'
^uts anciennes qui ont péri; ia troi-
iième traire des Bibliothèques mo^
derneSf publiques ou paniculiirtS^ .
£iifin, la quatriècne fait connoître
/ts Hifloires ou Catalogues des êur
^ riofités de la Nature 6- de l'Art.
Telles lont les divilîons géncrap
les du Plan Bibliographique de M.
l'Abbé-D^s-HoufTaycs. Les ramifica-
tions en ionr (Impies, mais délicates,
Se il faut une certaine attention pout
en fuivre les détailS' L'Auteur a fuivï
la tnarcbc de la Nature ^ qui , par-
tant d'un point unicjuc y arrive a ce
qu'il y a de plus coniparé par d^
nuances inienlîbles qui exclucnr Ut
fauts brufques. Si , pour fc confor-
mer à l'ordre naturel , il a cru devoir
quelquefois s'écarter de celui qu'oR
fuit commusément > U donne fçt
Juillet i7Si« 1495
taifonSy & Ton eft forcé d'être de
(on avis. Tous les obiers y paroif-
iènt clalTés avec unè^jufteiTc qui fup-
Sofir un jugemenc fain , une longue
tudcs des méditations profondes fut
l*«ncha:nement &c le développement
ides connbilTances humaines. On peuc
'dire que ce Plan ejineufy non-fèule-
«Menc en France 9 mais même dans
ies pays où lliiftoire littéraire eft
^us parrîculièrement cultivée ; non-«
lèdiemcnc dans ion enfemble mais
même dans un certain nombre de
^détails. Il a pro^Tté des efforts de
iès prédécefleurs ; mais il paroît qu'fl
m été plus loiti qu'eux.- Ces Hi(^'
nensco refpiit humain font en gé-
nérai aflfez peu connus de no^ Litro-
Tateurs françois qui, prefque tous ,
réfèrent l'étude de i'Hifloire civile
celle de l'Hiftoire littéraire. M.
TAbbé D. fans blâmer leur goûr»
fait en un mot l'Apologie du fien
tians la concinfion de fon 'Plan.
tt VJiifioin littéraire , dit-il 9 mon"
Rrr iv
il49^ Journal des Sçavans ,
» tri [homme par ce quil a de plus
•i grand ^ par l:s efforts ^ quelquefois
-yf^par les fuccïs de -fon efprit , fou*
n vent admirables , toujours intiref*
-fans. Un telfpiBaclt ne peut man*
« quer d^aggrandir Camt , de Cenno*
» blir , tandis que celui de CHiftoirt
«> civile & politique , théâtre ordinaire
9* de la. méchanceté , ainfi que de U
mfoibleffe de [homme civiliji y flétrit
« le cœur de. t homme fenfiblt o* hu^
9t main qui voudrait rerutnc heuHux
» tout ce qui refpircm »
Cette cout£c citation peut donnet
une idée du (Ivie & de la manière de
^. r Abbç Dés-HoufTayes.
hzs GommifTaires de TAcadéniie
•de Rouen terminent leur rapporr par
,un fouhair que nous partageons avec
eux, c*cft.que TAuteur puifle **o€-
cupcr effemiellemenc de cet Ou«
vrage, le plus' général, le plus ré-
gulier qui ait été encore entrepris
en ce gensre. Ce n^eft ni à la fantaifie
ni à la cupidité qu il eft .confacrcy
Juillet 1781. 1457
n'cft qu'aux vrais Gens de Lettres;
n'cft-il pas rems de leur préfèncci^
enfin leur Hiftoire générale ?
MOUFELLES LITTÉRAIRES.
DE Lima, au Péjiou^
MDoMBRY^ habile Bota-
• nifte de Mâcon , parti en
1777 pour aller herborifer au Pé-
rou j y a découvert une laine végé-
tale produite par une eipéce de cierge
épineux, cette laine» qui ed.plqs
counç. que celle de Tanimal que les
Péiuviens appellent Llamàs , a la
même couleur, cfl très fine, SfC peut
très-bien fc filer.
Il a été faire l'analyfe des Eaux
thermales de Ccuchin, fituées près
de la Cordillère Royale.
Il eft parti en 1779 > P°"^ ^'^^"^
boranifer vers la fourcc du fleuve des
-Amazones, où il fe promet de faixc
R r r V
c
}49^ JournalJes Sçavans ,
une ample moifTon de plantes nou«
vclles y 8c furrout de connoîcre Tar*
bre de la gomme éladique.
Il a envoyé de la platine à l'Âca-
démit des Sciences; mais on n'a
point reçu les plantes fèchcs & les
graines qu'il envoyoic au Jardin du
Kbi à Paris.
lia fait faire pour le Roi d'Efpagne
300 deffins enluminés, rien que fur
les plantes des environs de Lima-,
3uoi qu'ils foient fecs & arides faute
e pluie. *
M. le Marquis de Cafa-Concba
a.oivoyé enmême tems à M« delisi
Lande , une. vingtaine dé vKfcs de
tctic qui fe rencontrent dans les
tombeaux des anciens Péruviens; Sc
lA. de la Lande fe propofe d'en en-
richir les divers cabinets de Paris.
Ces vafes font bruns, blancs ou
rouges, il y en a qui ont dc^ fistu-
les humaines , d*aiitre5 des figures
d animaux , mais grofliércment inai-
téds.
ii^.
JuilUt lySr* ' 14JJ
D* A N E M A R C K.
9£ COPBHHAGUE.
Mhandlungen dit von dtn Koni*
glichcM Danijthen GcJcUchafi dtn
Puis' trhalttn ' habtn. G*e(l-à*dire ,
Pièces qQÎ ont remporté le Prix de
TAcadémie des Sciences de Copen-
hague. 1781. i/x 4^..
On trouve dam ce Recueil deux
Pièces de M. Branders Se de M.
Helfcnzrider, iur la manière de me-
surer les diftances inacceffibles patr
-f obfctvation faite dans utie ieule fta-
tion. M. Brandeis^ habile Artide
d*Augsbourg, y décrit un inlhu-
ment oui porte un micromètre, &
une baie dont la petitefTe efl: conv-
'perlée par Texaûrtude des mcfurcs
-^ut donne le micromètre > &'ii a
-temporté le Prix. L'autre pièce en-
voyée pour le concours , contient
auffi un moyen àpeu près feinr^
blabk. .,
R 1 1 Vy
J5oe Journal des S^kv ans 9
Kort ovcr Siœlland, ScCm C'eft-
3l-»dire , Cartes de i'ific de Sêelande ,
eu eft fîtuée ia ville de Copenha-
gue , en une grande feuille « & en
quatre feuilles ; dans le même for-
mat que les grandes Carres de France»
& fur une échelle de 3.4 potices pat
: degré, ou d'une ligne pour 140
foifes. Le Roi Chriftian V. avoir or-
' donné dès 1 1^ 8 z 9 que. Ton levât une
Carte exaâe du royaume de Dane-
marck«'Frédécic V., Refiaurateur des
Sciences dansfon pays, fit travailler
i des opérations géométriques, qui
fe continuent encore en Jutland; les
Ifles font déjà levées, il y aura en-
core 16 Cartes, M. Bugge., Profef-
feur d'Aftronomie , a déterminé pat
des obfcrvarions , les longitudes
& les latitudes des principaux ii.tux«
La latitude de Copenhague êfl de
54^ 41 'a/' de fa diflance^ au mé-
ridien de Paris» 41' 5 ''^ detems.
M. Bugge rend compte des moyens
qu'on a employés pour lever ces Car-
Xcs^ datis uu (Aémovtt vov^tUni . ca
JuiUet 1781. lyoi
, Danois en 1779 , intitulé Bcskrivtljc
. over dcn, Opmaalings Maade , &c.
.132 pages in^Af^. avec le détail des
triangles & \z^ figures des indru*
,incns dont on.s*eft fervi pour ces
opérations.
Ces Cartes trcs-bien gravées proi:*
vent que les Sciences & les Arcs
font très- cultivés en Danemarck;
filais que nous fommes rarement inf*
truits de ce qui s'y fait , parce que
la langue danoife cft très-peu connue
en France.
r
Cart . Friderîch IFeniels Jer Chî-»
.mît ^ &c. C'ed à-dire, EfTais de
Chimie fur ks métaux traités au feu
de réverbère , pour connoitre leurs
.principes confliruans. Par M. Wen^
•[tl. 178^1. i/2-4*^.
-^ Dans un livre imprimé en 1773 >
ï'Autcur donna, un Traité fingu-
^ier fur la nature de Tor & de quel*
ques- autres métaux; mais il ne don*
jooit pas fcs procédés. M, Cappel
.{butinr que J or ne donnoit |^o'mt.Vt%
I ;oi Journal des Sçavans ,
réfultats de M. Wctizcl ; celui ci a
. donc publié fcs moyens dans la pièce
dont il s'agit , elle a rcmporré le
Prix de TAcadémic, qui avort in-
vité fpécialemenc l'Auteur à con«
courir.
I T A L I E V
Prix de PAcadlnde des Sciences de
Padoue.
Les Sénateurs de Vénift , qui pré-
fident au gouvernement, des études ,
par une décifion du i8 Mars* X779,
ont fondé à Padoue une Académie
des Sciences, Belles-Lettres & Arts,
Cette Ville, célèbre depuis long-
tems par une Univerfité diftinguec
dès le X3^fîècle, avoit îjuffi deux
■Académies, celle des Ricovratiipçfyàt
les Belles-Lettres , qui eft ancienne ,
& celle d'Agriculture , donriïi fort-
dation eft plus recehte-, mais l»
-Profe/Teûrs habiles qui s*y trouvent
deijroient d'cut afittcJùVt^ Iw.'^ ^olûc
Juillet l'jtl. 150^
forme académique pour le travail
àts Sciences, & ils méritoienc d ctrie
encouragés à cet effet par un établie*
femenc utile 9 par des honneurs , des
privilèges, des penHons. En confia
quence > on a fupprimè les deux an*
cicnnes Académies , & Ton en a
formé une nouvelle ; il 7 a 24 Pen-
fionnaires. Les pendons font de cenc
ducats d'argent, chacun de 4 liv.
5 f. de France. 11 y a audi de Hon-
Horaires, des AiTociés & des Elèves.
La preinière (éance s'eft tenue au
mois de Novembre 1779.
Lts fujets des Prix propofes pour
178* / font, 1^. de démontrer ri-
goCireufemtnt Timpodibilité de dé*
gager les équations du rroifième de-
gré de la forme imaginaire dans le
:as irrédudlible:
1^, De trouver un fyftcme de len-
ilics objeâives & oculaires d'une
:ule matière qui fupplée autant
}£ï\. cft po(fible aux lunettes acro-
ariques :
3*^. VEloge de Pétrarque j cot^îv.
1 5 04 Journal dis Sçavans i
déié comme Reftauratcur de la La-
tinité & des Belles-lettres ,. comme
Poëtç origin<»l & plein de fenci-
.ment» comnrie Philofophe diftingué
par. la morale 8c l'amour du bien
fublic, & qui fait la gloire de
Italie.
On pourra écrire en italien ^ en
latin ou en François *, les Pièces fe-
ront reçues jufqu'à la fin de Tannée
178 1 f & envoyées franc dj port à
M. Franzoia ou à M. Cefarotci , Se-
crétaires de l'Académie. Le Prix fera
proclamé dat)s l'afTemblée publique
• du mois de Juin i78z. Les Auteurs
.ne fe feront point connoitre. Les
Prix font de 50 fequins de Vénifc.
Un ami de l'humanité a dépofé
.un Prix de ^100 fequins ou lioo
livres de France, pour ceiui qui aura
.le mieux (atisfait à cette queftion :
. Trouver les moyens les plus propres
à allumer la p&Jfion du bien de Chu^
maniti y & à la cênfcrver dans le
cœur des jeunes gens qui font defii^
Fiés à influtî par leur fîàtrunc ou par
JuilUi 1781. 1505
leur rang. Les Pièces feront reçues
iulqu'à la fin de Mars 1783, & le
Prix fera adjugé au mois de Dé-
cciqbrç.
Giornalt jifiro^McUorotogîco per
tanné lySt. Con una racoltadi Of»
Jtrva:^oni particulari intorno ai fuU
mini. In Fent^iaptr Gafpare Storti^
alla ForU{ia, 9 5 pages //z- 1 2.
. . M* Toaldoy n connu par fon excel«
ienif Traité de Météorologie , de-
firant contribuer au progrès des Ob«
Jctvarions ^ publie chaque année ^
^depuis I777> un Calendrier aftro-
^Qoniique dans lequel il marque les
^(làges de la lune par Téquaceur Ôc
«pad^ les luniftices , comme pouvant
.ièrvjc à la Météorologie ; on. y
^^trbuve TÉxtrait des ObfervationS
Météorologiques faites pendant Tan-
née 1780 à Padoue & dans cinq
autres villes d^Italie , & uneTelation
Js pluficurs coups de tonnerre, 6c
Ipécialemcnt d'un qui prouve par-
faitement l'utilité dôs conduâeurs
1506 Journal des s çavans i
pour préfcrver les édifices* I
avons déjà annoncé TOuvrag
'M. Toaido fur* cette matière ; 0
a fait une édition en françois^
des notes de M. Barbier de Ti
ï Strasbourg. 1780.
Efperimtnti Jopra ilfcrro en
fopra ilftrro malleaUle atti a rci
pik facile la cogni^ione délia l
detle ghife pegli ufi delt arûg
Del Comte Marco Carburi P. I
Chîmtca nelC Univerfita di Pàa
Membro di qutjia Accadtmia , >
cio dette Académie Reali délit Se
diStokolm & dUpfal. In Pad
A. S. Fermo lySo. A SpefeM G
batifia Pafquali, ton Lîeen^a di
periori. Brochure in-i^^. de yi
ges , & une grande Table gén
des réfulcats des expériences.
FRANCE.
P E P A ]^ I S.
DïSionnaire des Mervcillis
ljo6 Journal des Sçavans f
poiii préfenrcr les édifices. Nous
avons déjà annoncé l'Ouvrage de
M. Toaldo fur* cette matière » on en
a fait une édition en fian^ois, avec
des notes de M. Batbier de Tinan ,
i Strasbourg. 1780.
Efptrimtnù Jopra ilftm crudo t
fopra ilfirro matUaHU atii à nndtn
pik facile la cogni^îone délia bontà
delU gkifi pegli ufi dtlP artiglitra.
Dtl Cornu Marco Carburi P. Pi di
Cbimlca nelC Univerjîta diPadovd^
Membro di qutjia Accadtmia , e j*»-
cio délit AcadtmU Realt délit Seienip
diSiokolm & d'Upfal. InPadova',
A. S. Ferma lySo. A Spefcdi Giatit-'
Ratifia Pafquali, zon Liêen^^a de Sif
periori. Brochure in-^^'. de $6-^é-
ges , & une grande Table générale
des tcfultats des expériences.
FRANCE.
DE Paris.
DiSionaaiie des Merveilles de U
JuiUct 1781. ÎJ07
'Nature. Par M- A. /. S. Z>. A Pa-
ris, rue & hôrel Serpente. 178 1 1
voLi/2 8**. Prix, 7 liv. 10 f broché.
L'idée de raflembler dans un feul
Ouvrage tout ce que la Narure âc la-
Phyfique offrent de plus fingulier,
cft une idée que Ton a eue plusieurs
'fois , encre autres Jonflon , dans fa
Thaumatographie ; mais un pareil
Ouvrage ne pouvoir être entrepris
que par un vrai Phyficien. Pline avoic
*^à déjà cette intention dans fon Hif«
'toire naturelle ^ mais il y a raflem-
'blé fans choix des chofes quelque*
"fois abfurdes, ic de fon tems on ne
connoiflbic point encore alTcz ni
'la Nature ni la Phyfique. L'Auteur du
' nouveau Diâionnaire a fait un choix
éclairé ; il cite fes autorités quand
"^cela eft néceffaire ; il rapporte à la
'vérité des choies difficiles à croire^
-mais , mais c'eft quand elles lui pa«
toiflcnc aflcz prouvées & qu'elles
ne paflent pas les forces de la Nature,
Le premier article de ce Diâionnaire
-eft le mot Abjiintnu *, on y voit des
^r } ' groucuc ae quaranre-iix ans,
pH. '^ «' Enfin il n'y a aucun arricle dan
j8' '; i Ouvrage qui ne contienne des
' '. 1-^ finguliers , inftrudifs & amu
L'Auteur paroîc avoir autant à
. ditioiT que de (<;avoir en Phyl
Les Mémoires des Académies
ijl nationales qu'étrangères; les •
^ naux des Sçavans & autres ; les
vrages des Médecins ^ des P
ciens , des Naturalises ; tout ;
employé par le fçavant Auteur <
Diâionnaire & forme le Re
le plus intérefTant pour rHiftoii
la Nature. Ce tableau fera utile
me aux Phyficiens pour leur de
des idées de ce qu'il y a de
JttillU l'jtl. 1509
Par M. le Comte de la Ctpïdt^ Co-
lonel au Cercle de Weftphalie ; des
Académies & Sociétés Royales de
Rome> Srockolm , HeiTe-Hom-
bourg , Munich , Dijon. A Paris ,
de rimprimerie de Monsieur.
1781.IV0I. iV8^.de375& 390 p.
Cet Ouvrage, d'un Phyficicn
liabile^ contient feize Mémoires fur
tes tSizl^ & les mouvemens de la
matière éleârique^^les tremblemens
de terre » la grcle , les feux follets y
Tinfluence de Téleâricité & du ma-
gnétifme fur les animaux & Tin-
fluence de Téleâricité fur la végé-
tation; enfin 9 fur Téleâricitc de la
lumière & des aurores boréales. Il
donne une théorie de Téleârophorc
de Voira , avec lequel il a fait des
expériences curieufes , de même que
dans d'autres parties de la Phyd^uo
relatives à l'cleâricité.
Atlas portatifs pour fcrvir à l'in-
telligence des Auteurs clafliques^
par M. Gnntt ^ ProfefTeur de TUnir
X 5 1 o Journal des Sçavàns ,
verfité de Paris ^ au Collège de L!»
fieux.
: Cet Atlas y coxnpofé dVnviron xo
Cartes, faites par M Bonne ^habile
Çéograplie., fera fuivi dHine defcrîp-
tjon géogrsipbiqtie adaptée à ces Car*
tes , & qui eft aâucllemenc fou9
prellie ; les Cartes font très-bien gra-
vées 9 elles font d'un format porta-
tif, & cependant aiStz grsuid pour
que les écoliers y trouvent tous les
endroits dont il eft parlé: dans leurs
Auteuris claffîques. Chaque Carte eft.
double,, une pour l'état ancien > une^
pour le moderne ; elles ne coûtent
que 1 1 C chacune , & dans» chaque*
année on n'en voir qu'uo certain*
nombr-e , ce. qui augmente peu la
dépenfe desrclailèsi enfortc qu'clJes
(ont à la portée de tout le monde».
Cet Ouvrage ne peut manquer de
donner dans l'Uni verfité pUis d'aâi-t
vite à rétude delà Géographie , qui
eft une des plus importantes, pour la
îeunelTe ; auSi ce projet déjà adopter
par les Profeflcurs de laFaMté deti
Juillet l'jii. ifLt
Arts j a été approuve par le Tribu-
nal jnême de rUniveificé » !• prp-
jnict Mai 1C779-»
> Poriraii de M. Dorai ^ en Mé-
daillon^ environné des amours , 6c
foutenu par une Mufe, au milieu
de Cyprès. A Paris, .chez Fcflard,.
âraveur^ rue & ifle S. Louis ; 8c
chez Née, rue des Francs - Bour-
geois ^ Porte S». Michel* Ce Portrait
eft crçs-ceiTenihlant & les ornemens.
çonljpofés d'une manière trè$-agréa«
ble ; on y lit ces vers dç M. le £bc*
y^liex de Cubières.
Pleiuès Grâces, ArnoorsT çxbalez vos rc«»
. Et; vcHis^ Mofes, dans ces rçcraice^
Vnez â Çfs criftçs Cyprès
Surpeadre* vos Lyres muettes
Q n eft plus» rOvîde françoiSf
J^Umtns dfja. SçUnce du Navi^
gaicur.V^i M. j* Abbé Garra di sor'
'fagpity f Pj^iftiicur d'Hydrographie ,
^ iiayonpe , Çôrefpon4anc des Aça«
1 5 1 1 Journal des Sçavam i
démies Royales de Touloufe ,
Bordeaux , &c. A Paris , rue d*à
pbine^ la féconde porte cocher
droite par le Pont-Neuf, de Tl
primerie de L. Cellot, gendre
luccefTeur de Ch. Ant. Jombc
Libraire du Roi , pour rArtiU(
& le Génie. 1781. 2 voL in»
d'environ 100 pages chacun.
Comme cet Ouvrage eft deft
aux Elèves de la'Marine niarchanc
lé mérite qu'il doit avoir eft
clarté & la brièveté , en ralTembl
d'ailleurs ce qui eft indifpenfal;
M. l'Abbé Garra di Salagoïty m
a para avoir fatisfaic à ces corn
tions. Je publie ce traité > dit 1'^
teur , avec d^àutant plus de confiai
Îiue je l'ai déjà éprouvé m'en en
ervi pour inftruire des jeunes gi
qui ne connoiffoient pas les prem
rcs règles de l'Arithmétique ^ & (
après neuf mois d'étude dans ;
clafte publique , fe Kbnt trouvés
état de foutenir des examens fur
difiSrentes parties- de la tiavigacic
Juillet I78I. 15^3
•ÏVous devons cependant avertir nos
•'c'éècurs que ces Elémens ne com-
Pf^Hnent point la méthode des lon-
^'^Udes en mer , par le moyen de la
~^^ qui fait feule la matière d'un
^^Vragc confidérable que nous
^^^ns annoncé & qui a pour titre
^ ^uide du Navigateur , par M. Li»
Nouvelle Topographie de la Francel
^^x M. Robert de Hefeln ; N^. III.
Carte de la région de l'oueft* Dis-
cours fur tous les objets intéreffans
qui lui (ont propres , ou précis de la
delaiption générale des pays qu'elle!
contient.
M. Robert ayant publié une Carte
de France divifée en neuf régions ^
pour commencer l'exécution de fa
nouvelle Topographie , a donné une
Carte de la région du nord-oueft,
que nous avons annoncée > & qui
contenoît une partie de la Bretagne*
Celle ci contient le refte de cette
Province. Dans Texplication qui
JuiUci. Sf f
- .. . iUUC Ull<^ IClliaïUU^ lllipUIlttULC
1 , cft peur-crrc utile de remettre
j' les yeux des trançois.
jj; ; Le p^us fameux Enticpôt \
time pour le commerce du f<
f Brouage ; rnais on a la if
porc ide cette ville dans un ét<
dégradation depuis nos guerre
viles , & Tair y eft devenu pcl^
^ i.^ bre p^ la nature du Col marées
qui l'environne. On voit da
Diiftiônnaire du Commerce j
Sttvari 9 la Pancarcç des taxes n
pliçesjqueijpîE^yc cette denrée pti£
fous IcS'Oaofis de droit du Roi
cieos droits domaniaux .& droi
divers pacciculi^r^ A oiefure (
Juillet 1781. îjrç
Loiire jujqu'à la Scudrc , actefle par
des mooUmeos encpre fubÇftans ^
Jupvcecce diminution; des Talincs cft
éjà de près des deux riers \ d'apcres
nations en ont profité pour débiter
des fels d'une qualité beaucoup infé*
fleure à ceux de cette contrée 9 que la
Nature avoit favorifée au-denus de
tputes. les autres.
Le» célèbre Cardinal de Richelieu
(poitcnçit avec raifon que nos fels &
nos yi3\s de ce^ pays fqrmoient deus
ipi^rce; de richelfes plus réelles &
£lus vaftes ique les mines du PctoG.
l fçdvoit auûi par quelles obftruc-
itQW Tune & 1 autre étoient mal-
heureufetnent dégradées , fon génie
pénétrant lui faifoit prévoir que ce
saal iroit fans ceffe en s'augmen-
tant jufqu à ce que l'excès du mal
fit enfin naître une volonté abfolucf
d'7 remédier.
Le Guide dc^ ceux qui veulent hâ^
ùr ; Ouvrage dans lequel on donne-
les enfeiaiemens néccfTaires pouc
Sffii
1 5 1 ^ Journal des Sçavans j
réuflir dans cet art , & prévenir les
£siures qui pourroienr s*y gliflett Un
é\é au Roi , pdr ta Camus- de Mé^
{lires 9 ArcbiccAc.
Si quîd nevijli reÛius ijlis
Candidus impirû^ fi non , kîs uttre mccuMU
Hof. Ep. Vl.LiwL.. .
A Paris, chez Jl' Auteur^ rue du Foiiti-
Saint-Jacques , au collège de Maître
Gervais; chez Bcnoh Morin» à là
Vérité. 178 1. 1 vpL f«-8^. le pre^
itiier, de }xo P^gcS) \^ fccond^
de 374.
Un Arçhiteûc habile* définté-
rcflf^, a cru qu'il éroiç de (on devoir
d'éclairer les honnêtes gens qui font
dans le cas de faire bâtir, cVft lob^
Jet du Livre de M. le Camus. H lève
le bandeau de Terreur qui couvroit.
les yeux du Public; pour cela il
parle de tous les gentes d^ouvrages
qpi fe rencontrent dans un bâtiment,
tels que la maçoiierié 3 la charpente 9
la ferrurerie , là couverture 9 la pforn*^
^cricj I4 mequiferie a la peinture^*
JuîlUt 1781. 1517
la fdulpture ^ la miroiterie ^ la vitre*
lie, la marbrerie, le carrelage 9 le
pavé; & il entre dans les détails
de CCS arts. II a tâché de faire con-
noktc les différentes natures des
matériaux 9 les façons de les em-
ployer , & les manières d'opérer : il
a donné tous les cnfeignemens pof-
fibles pour diftinguer le bon & le
çiauvais ouvrage vil a expofé les re«
tours &.les fraudes d'une partie dr$
ouvriers^ & \t% divers moyens donc
jls (è fervent pour furprendre les
Propriétaires & \ts Architeâies. Il a
laie voir les dangers de bâtir par
économie ^ les inConvéniens des
Biarchés en tâche & en bloc y ain(t
ÎYâi ceux des tpifés , avec les dcve-
oppcmens & ufages qui fe prati«
queht aujourd'hui \ il a donné \t:s
méthodes pour connoître préci*
fément ce que coûtera un bâti-
ment conftruit. Enfin, il a terminé
fou Ouvrage par dei ihodèles dé de-
vis des marchés pour tous les genres
d'ouvrages : un ^rchireâe ne pou-
S f r iij
i
1^19 journal aes ^çavans f
voif faire un Ouvrage plus uti
Public , & il étoic difficile d
éàire. mieux que M; le Camuk.
Oraifon Funitre Je MtJJin P
jiugufiin - Bernardin de RoJJ
Fleury ^ Evêque deChartres^ £
Aumônier de la Reine , Corn:
deur de l'Ordre du Sainc-El
&c. &c. Par M. le Boucq , E
de TEglife de Saint- André de <
très , & ancien Prof^fliur de R
rique au Collège de là même
A Chartres , chez Michel Dèsh
Imprimeur Libraire de Monfci
l'Evcque , du C ergc & du Çoi
^ rue des Changes , à la Provid
& fe trouve à Paris^ -chez Bal
Libraire^ rue du Petit-Lyon ,
.,y. bourg Saint-Germain ; & C
|;- Libraire 9 place Sorbonne. ]
* ■ w 8^. '91 pages.
• Miianges' tirés d'une grana
hliothique. ''LctPTt R. De la ^
des Livtes frmqoU. Neùvièm
y
Juillet 1781. 1519
tre. Livres de Politique du fcizième
iîècle. A Paris, chez Moutard ^ Im»
primeur- Libraire de la Reine, de
Madame & de Madame la Corn-
teflc d'Airtois, rue des Mathurins,
hôtel de Cluny. 178 1. in-%^. Avec
Approbation & Privilège du Roi.
Ce nouveau volume qui traite de
la Politique^ eft plus intéreflant cn-
£6xc & par l'objet & par la^manicre
donc il eft traité , que tous les autres
^ui compofenc cette précieufc col-
IcéUon , où Tinftruâion n'eft jamais
lëparée de l'agrément , & il répan-
dra daDS le monde beaucoup At
connoiiTances ^ de lumières.
' "' Lt nouveau Monde , Poème. Pat
fi/l.leSuire, deTAcadémiedesScicn*
CCS , Belles-Lettres & Arts de Rouen*
jlu fplegherai , Colombo , pcr l'alto OctanQ
Lontanc ii le fortunate Antenne • •
• • •••• Lunga mcmoria
Degnijffîma di Poema t d'ifloria !
T.Tasso, Gerus.
Sffiv
,1 5 20 Journal des Sçavans ,
A Eleuthéropolis ; & fe trouve à
Paris, chez Quillau Taîné, lue
CbriRine ; la veuve Dachefne» rUe
S. Jacques; la veuve Tiilîard^ rue
de la Harpe ^Efprit, au Palais Royal.
1781. 1 vol. £71-12. Le premier, de
149 pages & les Préliminaires 31.
Le fécond ^ de 209. Prix , 3 liv«
1 2 r. broché.
Effai JCun Eloge hiporique de Ma*
rie Tkérèje^ ÂrchiduchefTe d'Autri-
che , Impétattice- Douairière, Reine
Apoftolique de Hongrie & de Bo«
hême , PrincefTe Souveraine des
Pays-Bas. ParM. Ai *****.
-1^ O Deacene! ViKG.
A Bruxelles , chez J. Vanden Ber<^
ghen , Imprimeur de feue Son Al«
teflc Royale , rue de la Magdclaine.
178 1. Avec Privilège de Sa Majefté.
Et fe trouve à Paris , chez Mérigot
ic jcnne. //2-4®. 39 pages. Prix , i
liv. 4 f.
Loxocofme^ ou Injlrument propre
71
Juillet 178 1. 15 XI
^ démontrer les phénomènes qui
opèrent les ifairons & l'inégalité des
jours 9 par toute la terre ; le levet
• & le coucher du ioleil *, par M»
FUthtux.
Le plan de cette Machine eft un
parallélogramme obliqu'angle^ qui,
par fa forme feule ^ indique l'obli-
quité qu'il doft repréunter. Se
qui Ta fait . nommer Loxocofme ;
deux planches verticales qui fonc
élevées fur la* bafe à la diftance de
15 ou 1 6 pouces , fe préfentent à
l'œil fous un angle de 23 degrés \ ^
{sortent deux cercles qui repréfentenc
'écliptiquc, & font diviles en 3^5
jours ; un axe qui le traverCb porte
le foleil au milieu ^ & tourne par
le moyen d'une manivelle : cet axe
porte un chaûis mobile fur les quatre
angles > afTujetti par \zs deux mon*
tans 9 & qui 9 par conféquent> fé
trouve redanglc en haut & en bas ^
mais les angles deviennent de ^^ de-
grés^, quand il eft horizontaU en
avant ou en arrière \ les petits côtés
SfU
Sda SçmwiSf
ma dmx ponces & &(•
i appliq'Jci fct
rs , pat coofiqncoi
» 1 Rcltpriqoe.
' d:i diillB pofx le
e as ia rcCTc , IkjocI p»rcon(é-
c «« »ns la iottc oa »cts ï»
be. à mrfurc que roWiqoitédi»
î; fî rrrr: z .iz cô:c oa d: l'au-
te =;:i r3 aa muJi dans I«
.-: . 5; l':Ti r:jr fa rt toutnCï
-: . ."j-: .= ;>:; i.; cbaiÏÏs qui I*^
.-.-;.: T5--. c: aus dtux mon*
._rirr"ii-î.:rr,ili:ud=UMa-
-, . îi. i^r-;l U TîîTC tcpol"*
,---■ . ~---^î fi :::uanon daii'
- .- --.: - .;;-;..: :ft a'Jili-maf
-,- .,: .rr "^^Tsr? rarirtcÔKiilu
ï^ r-.- -■-;;* . -Ï-: iî? i;jbna.foi«
■7 -'-;.■;->".- i:::i CUartsdcctt-
— î ■>.-.;:.;>- en voit cga-
-r; i: t»i côrés & dans
Juillet 17S1. 15 1|
'^s les fens , la corrcfpondancc de
^ tme aux difFércns points de Té-
^iptique. On fait rourner avec une
manivelle l'axe .du milieu; celui-ci
<ct en mouvement un chaflis qui
^'te la terre ^ & par le moyen d'un
cfect » il eft arrêté à telle pofirion
c Ton veut ; & de x]uelque côté
I Ton foit 9 on voie aifémcnt \cs
liions de récliptiqne> la (kuation
■-^ terre par rapport à l'équateur j
fait toute la aivertité des faifoiis
inégalité des jouts. Et comme la
^ eft mobile aulH autour do Ton
\ on peut eh dirigeant veri la
^te qui exprime le rayon folâiré^
méridien de Paris, voir quelle
are il eft dans tous les autres pays
la terre..
On a fait déjà beaucoup de Ma-
ines deftinées au mcmé onjct , ( il
*n a fpécialement chez M. Fortin. 9
: de la Harpe ) ; l'explication de
légalité des faifons, par le moyen
paraliélifmc de Taxe de la terre-,
: ce que l'on a le plqs de peine à
Sffv\
1 514 Journal des Sçavàns ,
faire entendre aux commehçans.
jVIais il n'y en a pas de mieux dif-
pofée & de plus commode 9 où Tef-
ter foit repréfenré aufli direébcment
& aufli completrement que celle
de M. FUcheux. Il eft déjà connu
par un Planifphcre mobile , où il a
réuni toutes les propriétés qu'on
peut defîrer dans un inftrument de
cette efpèce : Tun & 1 autre de ces
jnftrumens ont été approuvés par
TAcadémie des Sciences « & Ton en
.trouve la defcription imprimée chez
l'Auteur. .
Le prix de ce Loxocofme eft de
iix louis 9 tout encaiflfé pour la Pro*
vince , & fe vend chez l'Auteur , rue
du Sentier , à THôtel de Madame
la Pré/idente de Meilay.^
Précis hifloriqm & expérimental
des phénomènes électriques ^ depuis
r origine de cette découverte juj'qu'à
ce jour. Par M. Sigaud de la Fond^
Profcfleur de Phyfiquc expérimen-
tale^ Membre des Académies de Po-
Juillet 1781. 151Ç
tcrsbourg , de Florence , de Bavière »
de Valladolid 9 de Montpellier f
d'Angers ,' &c, A Paris, rue & hô^
tel Serpente. 741 pages 1/2-8®. avec
neuf Planches en taille- douce. Prix »
ê \\y. broché.
; Nous annonçâmes , dans notre
Journal de Janvier 1771 9 un Traici
de l'Elei^icité, par M. de la Fond 9
en 413 pages ^ ce fçavant Phyfîcien
a vu 9 par le grand nombre d'Ama*
teurs qui fe font adrcflés à lui
' pour avoir les machines néceffaires
a CCS expériences 9 & par la manière
dont l'Ouvrage a été accueilli y que
cette partie de la PhyHque étoit des
plus recherchées, & qu'il falloir la
traiter avec plus d*étcndue: \ts le-
çons que donne chaque année M.
de la Fond , le mettent à portée de
fuivre fans interruption , les progrès
de la fcience , de repéter toutes les
expériences nouvelles., de faire exécu^
ter tous les nouveaux infttumcns , d'é-
claircir chaque jour les difficultés
des curieux ; c'eft ^fi que Ton çajcp^
^lâ Journal Jts Sçavans y
ricDt à faire des ouvrages aiiffi corn*
plets & aufC clairs qu'il eft |ioQibie
de les efpércr , & celui de M. de la
Fond a ce double m^rKe. Il a rouM
l'étcodue que l'on peut dcfîicr; on
y trouve l'hiftoire de rEIedricité-,
depuis Thaïes , qui connoilToit déjà
l'atrTaâion de l'ambre jaune (Suc-
dn Katabé. £/e(7rH/R } jufqu'a M.
Voira , qui a découvcir en 1777 une
machine iiitérclTante nommée clec~
trophore^ dont on fait grand ufage
aâucUcmcnr. La théorie de M, Fran-
llin, pour l'cxpUcation du coup
foudroyant y cft préfentée dans Is
plus qrand jour , & portée au dcp»
nier degré d'évidence. Les avantages
de l'éleflricité pour la guÉiifon des
diifcrenies maladies y font détaillées
fans cvagérarion , & d'après les ex*
périenccs de M. de la Fond lui-mê-
me, qui a la gloire de pouvoir join-
dre dans fon Livre « à l'explicarion
de tout ce qui s'eft fait avant lui^
les perféâions qui font le fruic <lf
ion cravaii 6c de Cbn habileté.
Juillet lygi. 1517
HiRoîn du BaS'Empîre , en corn*
tritnçAnt à Conjlantîn le Grand, Par
M. ie Beau^ Profcfleur-Emcritc en
rUniverfuc de Paris, Profcffèur d'E-
ïoquence au Collège Royal ^ Secré-
taire ordinaire de M. le Duc d'Or^
iéans ,' 9c ancien Secrétaire Pcrpé»-
■tucl de TAcadémic Royale des In(-
Wptions k Belles-Lettres. Conti-
nuée par M. Ame'flhon , de la mêmb
Académie 9 Bibliothécaire & Hifto-
riographe de la ville de Paris. Tomes
XXI & XXII. A Paris, chtz la veuve
Defàint, rue. du Foin S. Jacques';
"Nyon Taîné , Libraire , rue du Jar-
dinet, quartier S. André-des-Arci.
lySi, Avec Approbation & Privi>»
lége du Roi. 1 vol. in^M. Le pr6-
itiier , de 496 pages ; le fécond , de
532 pages.
Hijloire unïverfclle depuis U com»
tneneement du monde jufqu*à pri^
fent\ compoféc en anglois par uric
Société de Gens de Lettres ; nouvel*
lemenc traduire eh frafiçois p^t ucit
f ^iS Journal des Sçavans ^
Société de Gens de Letrres, enrrthie
de figures & de cartes. T.pmes XX V-,
XXVI & XX VIL Contenant laioicc
de THiftoire Romaine , îufqo'à la
deftrudion de l'Empire par les Turc?,
ic le commencement de THiftorre
des Carthaginois. A Paris y chez
Moutard , Imprimeur- Libraire de la
Reine > &c. rue des Mathurins^ hô-
tel de CIuny.'3 vol. //2-8^. 178 1.
'Avec Approb & Privil. du Roi.
Invention utile aux Arts î^unt
Compofition ^propre au poli d*s mi^
taux & de r ivoire j par lefieurPel^
letier , Ingénieur « Machihijle Pen*
Jionni de S. A» R. Don Gabriel^
Infant dEfpagne.
Il manquoit à nos découvertes celle
d'une compofirion par le moyen de
laquelle on pût donner aux métaiu^ ,
.& particulièrement au fer & à l'acier,
.ce poli parfait qui en augmente infi-
niment la valeur. L*Anglctetxe s*cft
flattée de pofléder feule ce fecret »
ôc ayant accrédité cette idée » elle
Juillet 1781. 1519
efl: parvenue à vendre en France une
quanrifc prodigîeufe d'ouvrages dV
cier. Exciré du defir d'enlever aux
Anglois une branche de commerce
qa ils font fraâifier de plus en plus ;
jaloux de cot4tribuer^ auranc ou'il
' eft en lui , au progrès des Arcs de (a
Pacrre, le heur Pelletier ^ déjà connu
par rinvtntion de plufieurs ouvrages
de méchanique qui ont reçu le fuf-
frage de TAcadcmie des Sciences de
Paris » s'eft appliqué à découvrir le
moyen de procurer atix métaux , ic
iurtout au fer & à Tacier ^ ce poli
parfait fi defiré 6c fi recherché ; il a
été aflcz heureux pour parvenir «1 (on
but, & le fuccès à même paile fcs
cipérances.
Il a inventé une Compofition ^
qui 5 par un procédé fimple, fore
prompt & peu difpendieux commu-
nique à ces difFérens métaux un poli
parfait ; elle fert aufld à nétoyer Ce
entretenir les ouvrages fairs avec les
mêmes matières. Enfin y lorfqu'on
retend fur un cuir ordinaire, elle
193^ Journal des Sçovans^
donne aux Tafoirs le tranchant le
plus vif.
: Elle eft donc de la plus grande
milice aux Orfêvres , Horlogers ^
Planeurs 9 Serruriers ^ Arquebufiers^
Couteliers & autres y qui tabritjuenc
des ouvrages auxquels ii eft nécef-
faire de donner le poli & le tran*
chant. Elle n'cft pas moins utile à
ceux qui, ayant de ces ouvrages quels
qu'ils foicnt, défirent les confcrver
£c les remettre dans leur premier
état.
Cette Composition eft fingulière-»
ment propte à Tentrctien des Armes
de Chaflfe \ de celles qui font dépo»
£ées dans les Arfenaux & de toutes
les Troupes en général. En un ins-
tant , & à bien peu de frais, le Sol-
dat aura la fatisfadlion , en Tem*-
ployanr pour nétoyer & éclaircir fon
armure, de lui donner tout le bril«
tant dont elle peut être fufceptible*
'. Telles font les principalesproprié*
tés de la Compolltion du (îeur Pel-.
letier. L'on peut ajouter à fcs auties
Juillet iySié 1531
avantages 3 qu'elle donne le poli à
ri voire, quelle lui rend Ion luftrè
& en efFace certaines caches.
* La' diftribation s*en fera à Ver«'
ikillei chez le Heur Langlois ^ Mafv
chand Quincaillier ^ rue de là
Pompe , au coin de la Place Dau«
phinc ; & à Sainr-Germain-en-Laye »
chez l'Auteur, tue de Poifly, vis-à«
vis celle de Noailies, maifon dit
ficur Aiffe, au Soleil d'Or.
Quant à la manière de fe fervir
de cette Compo(ition , elle eft fore
£mple. Il ne faut que la détremper
fivec de l'eau , & en étendre une
très-perire quantité avec un pinceau
fur la pièce que l'on veut polir èc
«étoyer ; après quoi , frotter cette
-fxhcé avec un petit morceau de boi^
l]e noyer pu boi$ blanc; coller fur
\t revers du même mbrcccTu de bois
un cuir doux légèrement enduit ,
«vçê^lequel on achève depcrfoâion»
ner le poli; 8c fi la Compofition'
éroir trop épailTe^ il ne faudroit
mettre qu'un peu d'eau»
3 1 Journal des Sçavans ,
L'on trouvera aux Entrepôts ces
outils préparés , pour la commo^
ité de ceux qui voudront s'épar^
rtitt la peine de les faire eux-mft^
mes. Quelque certains que foient
les effets de fa Compofition , le fieur
Pelletier a dcfiré d'en prouver ^ pat
Texpérience même , la grande uri*
lité. Ceft dans cette vue que y par
ïa voie du Journal de Paris, N^-«
92 , en la Feuille du Lundi x Avril
178 1 , il a invité les Amateurs des
-Arts, 8c en particulier Jes Syndic
& Dépurés des Communautés de
Méchaniciens , Hoilogers > Orfé
vrcs , Planeurs, Serruriers, Arque
bufiers , GDUceliers , Merciers , Fer
blantiers , Tabietiers , & des autre ^
Communautés qui fabriquent & â^^^
bitent des marchandifes de fer, d'a^«
cier 8c autres métaux , de lui proci-7<-
rer l'avantage de faire , devant eux 1
l'expérience des effets de fa compo-
fîrion«
Par un Avis public, imprimé &
affiché dans la ville de Verfailles , le
P Juilltt 1781. 153)
K ^S du même mois d*Avril^ il a fâic
F f^'fêoie invitation à Meneurs les
^^cierk^Militaires & Amateurs des
'^ti: en outre, il leur a préfenté
^ mirofrs d*acier poli avec fa Com«
r^^cion , principalement utiles pour
j[^* -télefcopes & microfcopcs ; un
M^i garni de deux grandes règles
^^iet à moulure 9 avct des équer*
^ ^" '"faits avec la nouvelle machine de
^ ^^ invention , approuvée & reçue
5 ^ TAçadémie Rx>yale des Sciences
Paris , pour perfcâionner les ca*^
^s des. lufils. Enfin 9 il leur a Biit
3r un nouveau fufîl aufli de fon in«
^tion 9 propre pour le fervicé des
^^upcs & pour la Chaffe , dont la
^^^^rinc fc démonte & le remonte
^^ns une féconde. Il a eu la fatisfac-
^^n de voir que le Public 9 tant à
*^aris cju*à Verfailles, s'eft empreflfé
^*âtre témoin de ks efforts , & les
Aifiàteurs les plus éclairés ont biea
>oulu applaudir à toutes fes découds
vertes* '■' r ■
X j 3 4 Journal dis Sçavans »
. Le fieur Pelletier , deiiranc fàcilt-
tCT Tacbat de Gi Compoikîon» pré*
vient qu^indépeodanunêtn:(les(bou«
teilles au prix de 6 livres^ on en
trouvera des paquets à Tes Entrepôts
au prix de 3 livres.^ qui contiens*
dronc la moirié de la quantité ren4
fermée dans chaque boucciUe»
• Le (leur Piclicti^r annonce: qu'afin
de prévenir tiuite espèce de contce<»
&âion> les ériquetes jcoUécs.fur cha*
ue bouteille & paquet £btont (ignés
e lui & empreints d'un cachet p;»2>
tant fon chifitp & fon nom«
2
^ Difcou^s puUU fur Uf Languei
in général &fur la iMngmfrançdft
en particulier ; fuivi de notes înÂruc-
tives» prononcé par M. de Villtrf
coutt , ci-devant Profeflcur à la Cour
de Bavière* A Paris, chez l'Auteur^
rue des Prouvaires , maifon du T«iii«
turier , au prehiier ; la veuve Du^
cbefne » rue S. Jacques ; Durand, ne*
veu ^ rue Galande ; Celldt .^ . rue
Juilltt 178 1. lyjj
Dauphînc. Avec Approbation & Pri-
vilège du Roi. Vol. i/i-8°. de 13Ï
pages.
M. de Villencourt tient tous les
JOUIS 9 gratuitement ou non , des
Cours aélocution & d orthographe
françoife 9 chez lui > rue des Prou-
vaires, malfon du Teinturier, au
cïremicr; & chez M. Rolland , Pein-
r'c, rue & porte STïïacqucs ^ niai«
fon de M. le Camus ^ AKhiteâe.
Il donne auffi des leçons en ville »
£c moB&re en peu de tems , aux
dames & aux dempifelles , une Ré^
tfaoridue frânçoiie 9 dont l'étude eft
««(fiiuniple qu'agféaible.
Les Elémens raifohnés de la lan*
'uc firançoife & le Traité complet
[*orcographe , de M. de Villencoutt»
foAC ibus prefle» -
IJJ<
TABLE
DES ARTICLES CONTENUS
dans le Journal du mois de
Juillet 17 8 1.
•
TTi ST o^iJtE de VAcaièmu
XJL RoyëJê dts Infcriptions & Bel*
Us-Lettres. ^347
Obfervations fur FEdit des Hy^
pothiques du mois de Juin ijjt*
Par Mm Brohard. ^39^^
ffijioire de la Franie MirlMonétU^
Par M. Giraud'Soutavie. 13 99
Lettres de William Coxt à W.
Melmath. 14 12
_ Extraits divers. 143 a
Plan d'un Ouvrage fur VHiftoin A
Littéraire. ^ • 1487
Nouvelles Littétiùres. ^497
Fin de la Table»
LE
JOURNAL
DES
SÇAVANS,
— POUR
VjîNNÈE m. dcc. lxxxu
A O U s T.
A P A R 1 Si
Bareau du Joarnal de Paris, tue de Grenella
• S. Honoré, prés celle da Pélican.
Il ^
M. DCC. LXXXI.
AViC PRIVILEGE J3U ROI,
— 1^— . Ml
AVIS.
C/jv s^aBonne pour le Jour
DES SçAVAVS au Bureau du j
nal de Pa^is , rut de GreneU
ffonori ; & c^efi à tadrejfe 4u
reBeur 4(^ ce Journal qt^il fau
voyer la objets relatifs à celu
SçavanSf Le prix de la Soufcrij
de Canniç efidc iS liv. pour Pi
& de 20 Uvb l^ff pour la Provl
foii int-i X ou ip-4^. Lf Jour,
DES S ç ÂV AK s (tjl compofc de
0or{e Cahiers ; U en paroît un
ftu mois j & deu^ en Juirz Çr fa
c •
3fi>« X* X* .<* A, w.i #/, *.», at.ij
J\\ «X #^ «> ^^ i(# t# x> [V
îll^ X» X» ># ^T^ #x »x *x ;^K
LE
JOURNAL
DES
S Ç A V A N S.
AOUST. M. DCC LXXXL
y'O TAG B dans les mers de [Inde ,
' fait par ordre du Roi , à focca*
fion du Pajfage de Vénus fur le
' Difqut du Soleil ^ le 6 Juin lyCi
f & le 2 du même mois iy€^. Par
M* le Gentilj de rAcadémic Royale
des Sciences. Imprimé par ordre
de Sa Majcfté. Tome fécond. A
Paris ^ de rimprimeric Royale,
lySi. I vol. lis- 4^« de 844 pages
f ec figures.
[LE Gentil a déjà oublié
• le premier volume ae fcs
i4/. Tttij
i
154^ Journal iti Sçavaas ,
Voyages , & nous en avons rendu
ctompce dans notre Journal de No-
vembre 1779. Celai que nous an-
norçons en cft la fuite; & renferme
les troilîème , quatiième ic cioijuiè-
me ou dernière Partie* Dans la tioî-
licmc, qui contient une hiftoire des
ifles Philippines, M- Iç Gentil s'if^
rend beaucoup fur ie phvfîqùe & fur
le moral de ce pays* Ce qu*il dit
enfuiie Az l'ille Madag^fcar n'efl pat
moins intttciranr. Il parle aufîî des
iilcs de Fiance & de Bourbon , qui
nous font plus connues. On fçait qu'il
a demeure long-tcms dans rourei ce!
iflc'. A ces détails , lemplis d'obfei
valions phyliques & aUronomiqci
il joint un Supplément qui rentêrn
tine partie de (a corrclbondance '
Içtirct avec M. de la Nux , Corr
pondant de l'Âcvidémie Royale
Sciences. • . ,
Les Philippines, fréquentées
puis bien des années par les £
pécns , n'en font pas plus conr
parce que k^ ECçaçpols en dén
Août 1781. t54t
iux autres nations. Ils n'en furent pas
plutôt les maîtres , qu'il y pafTa un
grand nombre de Religieux de dit
férens Ordres pour y prccher la Re-
iigion^riirctienne , & ces Religieux
continuent de s'y Rendre , ce qui cft
très-coûceux au Roi d'Efpagnc. On
artura à M. le Gentil que ce Prince
payoit pour le voyage de chacun
d'eux cinq cens piaftres (1615 liv,).
Chaque Ordre s'cft , pour ainfi dire ,
empare des Tliffcrentcs provinces de
Ces i fies , & y commande en quelque
forte. Ces Religieux ont app:is la
langue des différons peuples des Pui*
lippmes ; mais ils n'on: point çn.
feigne à ceux-ci le caftillan, ahn de
fc rendre les maîtres abfolus. Les
Religieux de ces difFcrens Ordres
ont fait l'hiftoirc de leur province t-tt
trois ou quatre volumes in-folio, iM.
le Gentil , dans ce qu'il dit des Phi-
lippines , s'cft attaché particulicre-
iTicnt à celle que les Francifcainsont
publiée à Manille en 1738 , parce
qu'c'lc palFe pour la plus exade,
T t t iij
1542 Journal des Sçavans 5
Cet Archipel a plus de 300 lieues
dti nord au fud , & environ 190 de
i'eft à l*outft ; il renferme une pro-
diî^jeufe quantité d*ifles , parmi Icf*
quelles il y en a quinze principales;
celle de Luçon , où eft Manille , eft
la pins conndérable. Le nombre de
ces ides varie à caufe des fréqucns
trcmbUmcns de terre qui y arrivent,
& qui font H violcns qu'i^ls englou-
tiffeni les plus hautes montagnes. En
1675 ' ^^"^ ^''^^ ^^ Mindanao , il
s'ouvrit une bouche effroyable à la
pente d'une des montagnes \t^ plus
élevées , & la mer envahit uneéten*
due immenfe de terrein. Il y a dans
CCS iflc une grande quantité de vol-
cans qui jettent des âammes; il fe
forme fouvent des ifles &C quelques-
fois la mer fe retire. De plus , les
pluies confidérables & Ics'ouragans •
fréqurns y occafionnent de grands
dcfoidres, 'loures ces caufes réunies
font croire à M. le Gentil que le
nombre de ces ifles eft plus grand
aduelkmeac qu'il ne Tctoic aucr>
ji^ûe 178 r« 154}
fois. Celles )ui font balTes ont été
vifibitmcnc formées aux dépens des
plus élevées. On prétend que les Chi-
nois & les Japonois y trafiquoienc
avant que les Èfpagnois les cuilcnt
découvertes.
M. le Gentil s*étend fur le climat
te la tempéiature des Philippines ,
fur leur fol, leurs volcans, leur ferr
f jlité , & lur la langue des babicans*
L'or fe trouve en abondance dans
toutes ces ides. M. le Gentil rap*
porte , d'après le témoignage des
gens du pays » que la quantité qu'on
tiroit , loit des mines , ioit des fa*
blés des rivières , motitoit à deux
cens mille piadres année commune.
Les Efpagnois j qui ne s'appliquent
Doint au travail des mines, fe con^
entent de recevoir Tor que leur ap-
ortcnt les naturels du pays.
Ceux des Indiens de l'ifle de Lu-
>n , qui r/ont point fubi le joug
"S Efpagnois, habitent dans le cen-
' des terres & vers les fources des
Jcrcs où ils fe mainricnncnc à Tiibri
l' 1 1 iv
1^44 Joutnai des Sçavans f
de leurs montagnes inacceflibleS.
Ccd là qu*ils gardent la plus grande
partie des piaftres que les Etpagnols
ont portées à Manille depuis plus de
deux cens ans. Ces Indiens, après
avoir raflTemblé l'or des rivières ^ det*
rendent de leurs montagnes, trafi*
auent cet or avec les Religieux des
ifférentes peuplades ou avec its
Alcades, puis s'en retournent dans
leurs retraites avec les piaftres quiis
ont rapportées. M. le Gentil dit
3u*ii fc trafique ainfi pour plus de
eux cens mille -piaftres.^ d'or; &
comme ce commerce dure depuis
plus de deux cens ans , il l'évalue
a plus de cent millions de livres ar-
gent de France , qui font englouties
dans ces retraites. On lera (ans doute
lurpris que c^s Indiens trafiquent de
Tor en poudre pour de Tor monnoyé
dont ils n'ont aucun befoin. Il fe^
loît plus naturel qu'ils échangcaf-
feht leur or pour des denrées & des
marchandifes qui fans doute leur fer
«•^•cnc plus utiles.
'/
^
Aàiu 1781 I54J
M. le Gentil parle auîlî des fruits
du pays, des oifeaui^ des poiflbns
& des autres animaux. Les Hiflo*
riens efpagnois diftinguent les nacu*
rcls de ces ifles en trois claflfes. La
première éroit compofce de ceux qui
gouvernoienc comme Seigneurs ab-
folus ; ils étoicnc policés jufqu'à un
certain point. La féconde claffc com-
prend les noirs montagnards qui vi-
voicnt comme des brutes fur le haut
des montagnes. La troifièmc , qui
n*étoit ni fi barbare ni fi policée ,
éroit occupée du commerce. On
préfume que ces peuples tirent leuc
origine de ceux qui les environnent ,
& on croit y voir des marques évi-
dentes de métis chinois & japonois»
On prétend qu*il y a parmi eux une
cafte d'hommes qui ont un^ petite
queue comme \^% finges , & on en
trouve une autre de Créoles bruns
que Ton croit être dçfcendue à.M%
Malabars qui commerçoient aux Phi-
lippines avant les Espagnols. Les
noirs paroiffe&t être les anciens na«
Tttv
\
1^46 Joantat des Sçavam ^
nirels du pt^i. A cet RMlitioDS va-
gues , rapportée) par M- le Genril ,
nous pouvons ajouter i^ue plufîcun
fîc>:les avant l'arnirée dcï Elpagnols
les Chinois Si i^s Indiens hréquLii-
toient CCS ifles , & que probiiblenicnt
pluusurs j font iclîés.
Sflon l'hiftoire d'un Religieux
Ft^ncifcain , citée pat M. le Gentil,
ces peuples foDC en mcme-rcms or-
gueilleux & humbles , hardis poui
cnncprendre les crimes , lachet &
poltrons pour route autre chofê ,
cruels &: compàtifTans , parcfTcux &
moits au travail, mais fotgncux &
vigilans à 1 égard de leurs affaîrcn.
Pour les obliger d'entendre la meflè
les jours de prcceptis, dit l'Hifto-
ricn fiancifcain , pour le conreflcr âc
communiei lorfquc ta faintc Eglife
rordonnc , il faur employer le fouet
Se les traiter comme des cnfans \
l'école : c'éft ce que les Religieux
obfeivenr, ajoute M. le Gentil* à
l'égard des ftltcs & des femmes,
rnéiiic en préfence de leur mari , luis
Août 178 1. 1547
M, le Gentil dit peu de chofc de
la langue & de I écriture de ces peu-
ples. On pcnfc que leurs langues ,
qui diffèrent peu entre elles y tirent
leur origine de la langue nialaye &>
de celle des Arabes. Ils n'ont que
treize confonnes , & un point ajouté
defTus ou deffous tient lieu de voyelle;
ce qui nous paroit emprunté des
Ar2A>es. On ailure que quelques-uns
de ces infulaires écrivoient ancien-
nement de haut en bas & de gauche
à droite ; mtthode employée par les
Chinois.
Ils itc connoiiToicnt point autre-
tois d*autre divifion du tems , que le
chant du coq , le tems que la poule
met bas fes œufs , le renouvellement
des feuilles» la maturité des fruits SC
une lune ou luna Ton. Il fcmble qu'il
refte chez eux quelques veftiges de la
circonciiion ; mais les Moines punif-
fent irès*(évèrement ceux qui ofcot
la pratiquer , quoiqu'elle ne.foit ac*
compagnée d'aucune cérémonie re-
ligieufe, M« le Gentil n'a pu aiYbU
T 1 1 v\
1 5^8 Journal des Sçavans ;
d'éclairciflcmens fur Tancicnnc Re-
ligion de ces peuples.
II traite dans un article particulier
des iiles de Mindanao & Solo , &
cnfuice donne une defcription éten- ,
dîie deia\ille de Manille. Un tiers
de cette ville » fans exagération y cft
occupée par des Moines; un tiers eft
défert & fans maifon ; dans l'autre
tiers on trouve des maifons cxtrAnc- .
jiient grandes , dans chacune dei-
quelles logent une ou deuxperfonncs .
ou une famille tout au plus. Quoi-
qu'il y eut alors dans cette ville deux/'
Univerfués, à peine j trouvoit-on . r
un Doâ:cur en Théologie. Tous les
anciens préjugés des Ecoles femblenc
s'ctre réfugiés à Manille. Le tribunal ,
de^ rinquifîtion en a banni les ex-
périences de réledficité ; & un Chi-
rurgien , pour en avoir fait , penfa
erre traîné à ce tribunal. Qn peut
dire que les Moines font les maîtres .
de Manille , puifque toutes les mai-
fons , fi on en excepte peut-être cinq
i fix , leur appartiennent Se ils fe font
Août i78r. Î549
toujours. oppofcs à ce que la Cour
d'Efpagnc fie de nouvelles fortinca-
tiens , fous prétexte qu'il falloir
abattre quelque églife. Les Ingé-
nieurs qu'on cnvoyoit étoicnc regar-
des comme des hérétiques & fur le
point d*ètre excommuniés. M. le
Gentil parle (ouvcnt de la trop grande '
influence des Religieux en ce pays 9
& des inconvéniens de leur grand
nombre. « Les abus , dit-il , qui
«» naiHcnt ou qui viennent de Thorn*
••me, doivent être réprimes pour
i^» rendre plus, refpedable un état ,
.» i|ui 3 faint par lui - même & bien
M entendu , ne peut que rendre les
«hommes meilleurs en Its rendant
v» plus fournis aux loix divines & hu-
a> maines.». Pans tout ce qu'il dit
du gouvernement de Manille » on
voit combieO'-ees ReWgicux font re-
fraâaire^ aux ordres de la Cour
d'Efpagne, & dans quelle fervitude ,
ils tiennent les habitans.
. M le Gentil entre dans de grande
détails fur le commerce de Manille)
1550 Journal des Sç^vatiS t
fuT le galioD d'Acapulco qui en part
tous les ans pour aller en Am^ritjue,
& fur dlAï^rcns autres objets très-
curieux, mais fur Idcjuels il feroic
trop long de noui arrêter.
Dans la quatrième Partie de ceC
Ouvrage , il parle de l'idc de Mada-
gafcar , qu'il dit être une des plus
belles iftes qu'il ait vues pendant ton
voyage, & très- iatéicfl'anre pour
nous par fa ticuaiJonr piefque aulll
avanTagcufement placée pour le
commerce que l'iflc de Luçon. Les
cens du pavï nomment cette iflc
Madecûffe^ Si on prétend que Pto-
lemée i a connue lous le nom de
Menutkias : elle a eAViron ilio
lieues en longueur fut environ 80
en largeur, EUccftà 70& lOO lieue*
de Sotala & de Mozambiqui- en
Afrique. Elit comprend pluGcurs
belles & grandes provinces» gou-
vernées par plufi^urs petits Piincef
qui font perpcrucllcment en guerre.
Nous y avons tU autrctbis des éts-
' Jiâcmens \ nuù U manicre doM
Août 178 1. lî^i
nous nous fommes conduits envers
les habirans nous en a fait chaflfer.
M» le Gentil a fait plufieurs voyages
de l'ifle de France à cette ifle , dont
•il rend compte ^ & il fait en même*
tems plufieurs obfervatipns impor-
tantes pour la navigation.
On trouve à Madagafcar deux ef-
pèces d'hommes, toutes les deut
.noires, qui diâFèrent feulement en
ce eue Tune , pareille à celle d'Afri»
que ou de Mozambique , eft très-
noire & a de la laine à la tcte ; cette
dpèce eft en général forte & vigou-
fcufe ; l'autre elpèce , qui habite le
centre ou le milieu de Tifle , n'eft
pas (\ noire ; (a couleur eft plus bron-
zée , & elle eft remarquable par de
grands cheveux long<; & plars. Ceux
de cetfc efpèce n'ont point le nex
écrafc s & ont une phylîonomie eu»
ropéennç ; ils lont délicats & fol«
blcs , & on ne Jes eftime point à
l'iflc de France s cependant ils font
beaucoup plus (pirituels & plus
^adroits que IcV autres» On Us hjcivOp
jj^t Journal Ju s çavant j
me Oves dans te pay« ; & ce qu'il y
a de remartjuablc , dit M. le Gentil ,
c'cft que CCS Ovet ont unc,cfpÈcc de
lefTcmbtancc avec les Egyptiens Se
les Chinois dans l'air & tes [laics du
vifage.
Scion M. deFlacouTti dont Ja
Bclarion cil impiimée cd i ^f i , on
trouvoit> de Ton tems, dans cette
iûe, deux cfpèccs d'hommis , les
blancs & les noirs; ces blancs,
les mêmes que les Tougcs ou bron-
zes , écoient divîfcs en trois cal^
tes. Quelques-uns les font defcen-
dre des Arabrs -, les deux premières
caRes paroilîVii: éteintes. M. le Gen-
til eft porté à croire que les Oves
dont il a parlé font, fuivant les ap-
parences , une race abâtardie & dé-
générÉe des Arabes, qui, depuis
tin tenis immcinoriat, fréquentent
cette illc.
Suivant M. Commerfbn , on
trouve dans les hautes montagnes de
l'intérieur de Madagafcar une ni<
rion dePygniécs appeilcesKimoircs:
Joui 178 1. 1553
maïs M, le Gentil atteftc qu'il cft
faux qu'il y ait au Fort Dauphin
aucune tradition de Pygniées adluel-
Icmenr exidans à Madagafcar ; il dit
n*en avoir jatiiais entendu parler, &
conclut que c*eft une hiftoire renou-
vellée, dont Flacourt, hiftoricn vé-
rjdique , avoir conftaté la faufTeté*
Quoique nous* ftéqucntions de-
puis long-tcms cette ifle , nous con-
noiflbns peu les mœurs & le génie
de fcs habirans , & t'efl: peut-ctrc
faute de les cônnoîrre aiTez que nous
n'ayons pu jufquà prcfent y conler-
vcr nos érabiifî'cmens. Dans ce pays ,
les propriétaires n'ont pas befoin de
ferrure, pcrfonne ne rouche au ma-
gafin de fon voifin. Il n'y a que la
guerre qui autorife les plus fortç. à
piller : il cft vrai qu'il taut peu de
chofc pour prendre les armes. Ces
noirs font fidèles & d'une exaditudc
fingulicre fur la configne qu'on leur
donne. Ils font à la vérité méfians,'
& ne vous laiflcnr point en repos
qu*ou ne ks aie payes dans le aïo*
§554 Jouriuu icsSçavatiS^
ment qu^ils livrent leurs cSkts. On
peur voyager (ans crainte parmi euZj
te Ton y trouve les (ccoors dont on a
bcfoin. M. le Gcmtii fe loue beau-
coup de ceux avec lefquels il a vécu.
Dans le rems que ies Forbans an-
glois infedoîentles mers des Indes ,
quelques-uns de ces Anglois s'éra*
blircnt à Madagascar » où ils formé*
; enr de petites principautés qui furent
long-rems redoutables aux Infulaires*
Infcnfiblement cc% principautés s*é«
teignirent par la mort de leurs chefs*
Comme ces brigands ne peuvent
s'allier qu'aux femmes du pays, leur
race s'abâtardit peu- à- peu j & à
peine en rcde-t'il aujourd'hui quel-
ques veftiges. La langue angloife y
eft totalement ignorée ; la nôtre a
tellement pris la place , que les chcft
& les femmes fe font très^bien en-
tendre. Les fils de ces Forbans font
retombés dans la barbarie , au point
qu'un d'entre eux qui, en 17x1,
joua un aflez grand rôle dans rifle ,
avoir été obligé de s'inftruirc des
ufagc dc^ Euroj'Ctvis.
Joue 1781* ijj^
"" Il cft impoflîblc & il feroit trop
long de fuivreM. le Gentil dans touc
ce qu'il dit des mœurs & des u-agcs
de CCS peuples, des démêlés qu'ils
ont eus avec nous^ de quelques-unes
de leitrs pratiques dans les arts qui
font fort hmples & affez ingénieufes ,
de leur religion 5 & furtout de la
citconci(ion qu'ils obfcrvent & qui
leur vient des Mufulmans.
^ M. le Gentil penfc que, fi on
peut juger de la douceur d un peu-
ple par la langue qu'il parle / on
pourroit affurcr que la langue Made-
caflTç étant fonorc & douce, les peu-
ples qui la parlent ne pcu/cnt erre
aufl] cruels qu'on les a repréientcs. Il
en citc,quelques mots que nous rc-
connoiffons être arabes. Tel eft Sa^
lama o\i falam y qui fignifie dans la
langue madecafle bonjour : c'eft en-
core à prélènt le mot dont les Ara-
bes fc fervent pour fouhaitcr le bon-
jour. De même les Madccafles em-
ployeur le mot cabar^ lorfqu'ils de-
fnandent s'il y a quelque choie de
15 s 6 Jourridt des SçavattSt
, nouveau : or « en arabe , éabat oU
khahar /îgnific une nouvcUe. Ces
mots piouvent le fcjour des Arabei
dans cette îfle. Mais avant le paflage
des Arabes , les habitatis avoient
leur langue qui ne tient point de
l'arabe. Une paTticularité de cette
langue des Madecafics, pour cjtprio
mer les fupcriatifs, connfte à alton*
' ger davaf:rage le mot ; ainfî^^, qUi
veut dire grand ^ prononcé bie ou
brèe <, (Ignifie f-ès grand, méthode
qu'on ne trouve piigtes dans ciiAnc
,Jan';;i'e policée. Il fcroit à dtfirer
qu'on pût rallVniUicr un alTcz grand
nombre de nio:s des liabitans des
i/lcs ; par la comparaîfon qu'on en
fftoit avec les langues uiiteeï dans
les corttinens les plus voifins , on
pourroit juger de l'origine de ces
infutaircs. Mais il faudroit, dans
un lemblable examen , ne pas trop
fe livrer aux principes de la fciencç
étymologique , à la faveur def^uels
on veut retrouver toutes les langues.
Dans la cinquième Parue il s'agit
Joàt 1781. i^^j
des ifics de France & de Bourbon ,
qui font aflcz connues pour quei^ous
nous croyons difpcnfés d'en parler
kii D'ailleurs il n*y a point d'an-
ciens peuples ; elles ne font habitées
que par des François ; auffi M. le
Gentil n cft-il occupé que du phyfî-
que de ces ifles , de leurs produc-*
tions , du commerce qu'on y fait &
dé celpï qu*on y peut faire. Il nous
fuffit d'indîquer ces objets. En gé-
néral , cette relation de M. le Gcniîl
contient, furies Manilles, fur Ma-*
dagafcar , fur les ifles de France &
de Bourbon, des détails qu'on ne
tfouve point ailleurs. Elle renferme
une multitude de recherches & d'ob«
fervations intéreiTaiites , que la plu*
part des Voyageurs ne font point en
état de faire par eux mêmes, faute
d'avoir les connoiifaiices & les lu-
mières fuffifantes pour bien voir 5c
pour bien juger» ' .
» Il nous refte à dire quelque chofe
de la partie aftconomique de ce vo^
lume.
I55S Journal dts Sçavans'i
M. le Gentil ayant It^outné l M».
nillc , en a dcccrminé la longitude
Se la larinidc. Il y a obfcTvé la lon-
gueur du pendule, 36 po. Tlig-p^^
14 ° 34' de laricude. Il a fait Yt m£*
me chofê à l'iflc de Madagafcar»
17 " 40' de latitude, où il a trouvÉ
trois ou cinq centièmes de ligne de
moins qu'à Manille.
M. le Gentil a fait \ llfle de
France, en 17^4» des obfcivationt
fur les réfradions «. & il en rapporte
les réfulracs , comme il avoit fait de
celles de Pondichéry dans fbn pre-
mier volume. A cette occalîon il rv
vient fur robfervation des Hollai>>
dois à la Nouvelle - Zcmblc , donc ■
on a beaucoup parlé depuis rannce
dernière ; M. Lemonnicr e(l pcr-
fuadé qu'elle prouve très - bien une
rétraâiorî de quane degrés. M. le-
Gentil , qui remarque plufîeurs&utct-
dans le Journal, & qui trouve que
leur latitude n*étoit pas certaine^,
croit pouvoir rcjetter cette obfèiTac
'U) utraoïdinaiie.
'Août 178 1; 15^9
Les obfcrvations de rinclinaifon
8c de la déclinailon de l'aiguille ai«
mantéc font en grand nombre dans
cet Ouvrage , aind que les obferva*
tions météorologiques , toujours in*
téreflkntes , furcout quand elles font
faites dans des pays (1 éloignés.
\ M. le Gentil a auflS enrichi fon
Ouvrage de pluHeurs Cartes géo-
graphiques , cies Philippines , d'une
vingtaine de ports ^ de la vi Ile deMa-
nille, des côtes de Madagafcar,
des ides de France & de Bourbon,
& d'une Carte générale pour Tiq-
clinaifon de ratguille. Tout cela
iuÂBt bien pour mettre le Voyage de
liif. ie Cc-ntil au nombre des plus
litiles & des plus întérefTans qu ; Iç
Couvernemcnr ait fait faire » & pouf
nous dédommager des PafTages dç
Vénus fur le Soleil qui en avoient
été Toccafion 9 & que TApteut a eu
|c chagrin de manquer.
|[ Extrait dç M. d€ Çfii^ms. ^
l^6o JjurrLilJes Sçswaas i
L£TTa.MS iJifiaiats & ammfts kn-
tes da Mijjtans itrangiru, Noo-
Tcli: E.:i;i ïo. Volâmes VII, VIII
& IX. A Puûi dm Mérigot le
jcuoe, LibiUTC, qiui des Augot
tins , au coin d« b me Pavée.
178 !• Avec Apprabatoo tcPtit
Tiiégc du Roi. 3 voL ùt-ii. Le
pTîmier de 456, le Hcood de
414 , Se le troiâcme de 416
pages.
ANS les volumes précèdent
on a vu les Miflîonnaîres oc*
cupés à dcilcrvir les ^lifei 9c à ea-
lèigccT les Chicticns du Levant.
Dans ceux-ci il s'agit des milHoai
de l'Amcnque , qui font bieo dif*
fcicnret de celles de la Tuiquîe;,
Les Mi Hîonoaires font obligés de
parcourir des pa?s inconnus , de
Vaftes campagnes couvertes de bois,
3ui font remplies de bctes féroces Se
e peuples , pour ainû dire , auSi
barbares ; & pour convertir ces pen-
^ çlei.
D
■
Août 1781. 15^1
les 9 il faut prendre leur manière de
ivre, courir dans ces bois & être
sncinuellemenc expofé à périr de
lim ou à iiiv)urir dans les derniers
jppliccs, parce que l'on tombe
>uvent chez des Antropc^bages. Le
«âeur trouvera dans ce Âlecueil des
elations de routes \t^ différentes
onrr^es de rAmériqpe.
Vne de ces Lettres concerne le
ays des Natchés vers le Midiûlpi ;
Vft un des plus beaux & des plus
nrtilcs climats de lUnivers ^ & les
euples qui l'habitent lont \t^ feuls
e ce continent qui paroifTent avoic
a culte 'églé. Ils ont la plus grande
éoération pour différentes figures
'hommes & d'animaux qu'on voit;
ans leurs temples. La forme de ces
rmples reifemble à un four de terre
ai auroit cent pieds de circonfé*
mce : on y entretient un feu per-?
6tuel« Outre les idoles on y con-^
Yve les offemens des chefs de la
ition 9 & à coté ceux des viâimes
ai fe font fait étrangler pour fuivre
Aoûi. Vyv
K
l^il Journal des Sfavaiu ,
leurs maîtres dtns l'autre monc
gTftnd chef palTe pour être M
' foieil & porte le nom de ceè
Cec peuples adoienent l'immoi
de 1 ame des técompenfts &
piinitioDS dans un autre mondi
prifonniers qu'ils îon* engncrn
btdifiaifemcnt brûlée. L* Mi
naice décrit fort ati Ibng tts R
& les urages de ces barbares, •
détails font ctlrieuz.
Dam d'autrei Leicres (và il
de S. Dominée , ce fout les N
que les M^IÎonnaires c'atttchi
ctJtivcttir. L'un d'tui is'tSprimt
à ce ïûjêr : « L'idée v^t jt viris
doRfler de en Nègres itt ttn
toiit>ir>rait conforme à celle- i\
forme quelques-uns d* hOs coni
çans qui croyant leur f^Jtc bewJ
d'honneur de les diftingact du
jïian iJés-bctesi-K qi4 one*
fcrinff 'à- s'imaginer qoe deip*
fl'ime tfoiiîrtir H diffi^HWc d«là .
puiflçnt êtte dt U Iftiftie efpèa
ici Ëatf)^Ci»t «• il «bfécvt -^t
Aoàz 1781. 1^63
enfans de ces Nègres^ nés dans la
religion 9 en apprennent de bonne
heure les principes & les maximes;
au ils n'ont prefque rien de la groC-
uereté de leurs pères; qu ils ont plus
d'efprit & parlent norre langue plus
purement & avec plus de faciliré
que la plupart des payfans & des
artiians de rrance \ que , quaud on
les a fixés par le a:ariage , il n'eft
pas rare de trouver parmi eux de
faintes familles ou règne la crainte
de Dieu, & rattachement conftanc
à leurs devoirs, l es Miflionnaircs fc
plaignent de ce que trop fouvenc ils
font occupés à adoucir la rigueur de
la captivité de ces malheureux ef«
claves.
Dans une Lettre du P. Margar on
trouve une DifTcrtacion fur la Pin*
tade 9 dans laquelle ce Millionnaire
(xaminc & rétute ce que M. Fonta-
nini en a dit, eneifpliquant une aga-
the antique qui repréfente IHs. L'Au-
teur examine d'abord ce que Varron
dit de cet oifeau originaire de
Vvvij
1564 Journal dtsSçavansi
née & porté en Amérique vers Taii
1508. Il conclue^ contre le fenti*
ment de M. Fontanini, que la Pin-
tade & la Meleagride font le mémo
oifcau. Cette petite Diflertation eft
très-curieufe.
Le même MîflSonnalre » dans une
autre Lettre , répond à une queftion
qui lui avoit été faite au fujec des
anciens habitans ou des Indiens na*
tureis de S, Domingue, On lui avoit
demandé s'il en reuoit encore quel*
quelques-uns. Il eft conftanc 9 dit*il f
que lorfque Chriftophe Colomb
aborda à l'ifle Héùti ^ c*eft Tanciez
nom de S. Domingue , cette ifle ^
qui a IQO lieues de longueur fur 60
ou 80 de largeur , étoif prodigieu-
fement peuplée. A en croire les Es-
pagnols 9 il n'y avoit pas moins d'un
million d'Indiens. Dans les guerres
que les Efpagnols leur firent ^ on
voit des armées de cent mille In-
diens qui marchent fous les tttv^
darts d'un feul Cacique , & il y en
avoit dans nflc^^q à (ix dont U
f
^Aout 1781; 1565
puiiTance étoir égale. De cette mut-
titude d'Indiens , il n*en refle pas
aujourd'hui un feul, au moins dans
la partie françoife de Tifle. Il n'y en
a pas plus dans la partie efpagnole ,
à la réferve d'un petit canton qui a
été long-rems inconnu & où quel-
ques-uns fe font maintenus. Après
beaucoup de troubles & de perfécu»
tions exercées fur ces malheureux
Indiens , après un dénombrement
qu'on en fit^ pour les réduire en fcr«
vitudcy il ne s'en trouva plus que
foixante milles les autres avoient
péri dans les combats ou étoient
morts de mifère. La fervitude à la-
quelle on les foumit , réduiiît ^ quel-
ques années après 9 ces foixante mille
à quatorze mille ^ nombre qui di-
minua encore au point qu'il n'en
f efte plus. L'ifle de S. Dominguç eft
partagée dans toute fa longueur pat
une chaîne de montagnes > dont
Quelques endroits font environnés
c précipices très-dangereux & d'un
accès dimcile. Ce fut-là. qu'une pcr
. Y V U j \
: i j6(î Journal des Sçova/ts ,
■ titc troupe d'Indiens alla chercher ufl
afîlc (fans les doubles montagnes de
Pitial, à feizc ou dix'fept lieues de
la Vega-Real. Ils y fublîftèrent in-
connus pendant pluiîcuis années , &
on cro\oit Jeur race éreinre, lort
qu'une bande de chalTeuis les dé-
couvrit. Leur petit nombre Sc le pi-
toyable état ou ils étoienc , ne cau-
fèrent pius d'ombrage. On les tiaita
avec douceur , & ils lépondircnE
parfaitement à toutes les avances
d'amitié qu'on leur fit. Ils embra^
icrcntla Religion chrétienne &s'ac-
coutumèrenc peul-pcu aux mtrun
6c aux ulages des Efpagnols, avec
lelqucls ils contraftèrent des ma-
riages. On leur permit d'ailleurs de
vivre félon leurs coutumes , qu'ils
gardent encore maintenant en partie*
rc vivant que de chaffc ou de pêche.
Quoique les mifCons foicnt le
rtincîpat objet de ces difFéicntes
.ertrcs, piudîeursMîffionnaires ce-
pendant , comme on le voit , fc font
occupin quclt^uefots de quelque
Août ij%ù 15^7
ints de Littérature ^ de Géogra*
ie y d*Hi(loire-naturclle , & prin-
alcmenc des maurs des naturels
ces pays nouvellement décou«
ts. On peut juger par la barbarie
is laquelle ces peuples font pion-
: , du courage & du zèle des Mi&
anaires. Le P. Staniilas Ârlct , qui
envoyé chez les Canifiens , peu*
; du Pérou ^ pour y fonder une
(fao^i, die que ces peuples fonc
; Sauvages peu différens des bctes
Jir la manière de fe conduire. Ils
it entièrement nuds hommes &ç
smes ; ils n*ont point dç demeure
; ) point de loix ^ nulle forme de
uvcrncmcnt & aucune idée de re*
ion. Leur couleur eft d'un bruri
icé ; leur regard eft farouche &
oaçant. Ils font continuellement
guerre avec leurs voifins j & quand
peuvent prendre de$ prifonniers »
ils its reduifent à un efclavage
pétuel , ou 9 après les avoir fait
ir fur les charbons 9 ils les man-
it dans leurs feftins, & fe fervenc
V vviv
\
1 J 6 s Journal Jis Sçavam ,~
au lieu de tafiès , des crânes de £cuX
qu'ils ont ainH dévoies.
Les Indims du Paraguay ont klï
amenés au ChriHidnirmc 8c civilités
par les foins des MifGonnaircs ; mais
ceux-ci ont eu l'attention , pour les
confervci dans la pureté destntrurs,
de ne point laiffer pénétrer chez eux
aucun Européen. On obfetve que ces
Indiens n'ont nul génie pour l'in-
veniionf mais beaucoup de talent
rour imirer toutes fortes d'ouvrages.
'ai vu de leur façon, dit un Mif>
iionnaiic,de très -beaux tableaux,
des livres imprimés corredlement ,
d'autres écrits à la main avec beau-
coup de délicatefTci les orguos &
toutes fortes d'indrumens de mulïque
y font communs , ils font des mon*
très , ils tirent des plans , ils gra-
vent des cartes de géographie; en-
£n , ils escellenc dans ions les Ou-
vrages pourvu qu'on leur en fouc?
nifTc des modèles. Tels font à pré*
fenc des peuples qui étoient aupara*
vant fauvages Se batbares.
j4oûe 1781. 1569
Dans une Lettre du P. Pierre Lo«
uno , on trouve une defcription du
rremblemenc de terre qui arriva à
Lima 9 au Pérou , le 28 Oâobre
1746. En moins de trois minutes
toute la ville futienverfée de fond en
Qomble , ï l'exception de vingt-cinq
maifons ; cependant de foixante mille
babitans il n'en a péri qu'un dou«
ztème. Au porc de Callao la mer
s'éleva à une hauteur prodigieufe 6c
retomba avec un fracas horrible fur
les terres , êngloutiilant tous les
gros navires y jetrant les plus petits
par deifus les murailles 9c les tours ,
jufqu'à l'autre extrémité de la ville ,
renverfanc toutes les maifons & le%
églifes 9 & fubmergeant tous les ba-
bitans y de forte que Callao ne fut
plus qu'un amas conRis de gravier
& de fable. Le nombre des morts
fur d'environ fept mille.
On a placé dans ce recueil trois
Lettres qui ne font point dans la
fremier édi'tion. La première , du
• Fcrccira y datée de Canany , dans
V VYV
f
1 5 7^ Journal des Sçavans f
laquelle il rend Compte en pea dç
mots de Térat de fa miflîon. La (t»
conde, du P. Padilla, du même
endroit^ & la troifième, du P. Vi«
vicf , qui croit au pays des Illinois.
Ce pays til (îrué par le trcnrc-neu*
vième degré de latitude reptenciio^
baie environ quarante-neuf de la nou-
velle Orléans. Le climat eft à-pêu-
prés comme celui de France , avec
cette diflFcrcncc que l*hiver y eft
moins long & moins ;continu. On
n'a que de faufles idées en Europe
de ces fauvages ; a peine les croit on
des hommes, mais on fe trompe
groflîèreracnt , (ûivant le récit dU
Miflionnaire. Les fauvages & furtout
les Illinois (qnt d*un caraâère For^
doux Se fort fociabie. Ils ont de Fef-
prit 8c même plus qu: la plupart de
nos payfansk Le rcfpeû ne les rend
jamais timides. Ils ont plufieurs des
qualités qui manquent aux peuples
civililcs , & vivent dans une grande
paix , mais en général ils font fort
parcfïcux fie auxvcnt V*t«x de vie. Le
jioût 178 1. I Ç7Ï
K®. volume cft terminé par une ta-
ble des matières contenues dans le^
tomes Vl^, VIP., VIa^ & IW
qui CDDccrnent rAmérique*
[ Exirait de AL d^ Guigrus. 3
SlfAKE SPEjêRS , Traduit dt
tûngiois , diSi au Roi. Par M«
U Tourntur.
Homo fum : Aumani nihil à nu alîtnum
putQ* Ter.
A Paris , cbcz rAurcur , ru« de
Tournoti ; & cbe% Mérigot jeune ^
Libraire ^ quai des Auguitips»
178 u kitQ Ap^obation 8: PrU
vilégc du RoL Tooies 7 ^ S > 9 f
CE S cinq volumes contiennent
les dfames hiftotiooes; ce n cft
pas ç^\\ n'y pn «ôc «uUi d'biftori*
ijtKS 8c de rrès-âdèlenKrit biûorit
CKics dan9 -les vol-um^s ftéxédensb
/sfes. Cifar'Sc CU^au^\ font id»
hiftotfo niifes «n a^ion & oà i'Aut
V V V v\
'Août 1781. 1573
S&akefpeare lavoic fait fur plufieurs
xcgnes célèbres de l'Angleterre.
Cette méthode de mettre l'hiftoire
enaâion avec fidélité, a un avan-
tage inconteftable, celui de la gra-
ver dans l'imagination & dans la
mémoire d'une manière ineffaçable 9
celui de donner aux caraâères plus
d: phyfionomie & plus d'énergie
par le rapprochement des traits; fans j
Tien ajouter , fans y rien changer. Cec
avantage , il faut l'avouer j e(l pro-
Ee \ TAngleterre , du moins dans
\ Pièces de Sakelpeare. Cet Auteur
a mérité Téloge qu'Horace donne à
quelques Poètes dramatiques ro«
mains qui ne nous font point par*
Tenus.
NiC minimum mifutre decus , vefligia grecd
Aufi difercn & ceUirare domcflica fa$am
Pour nous, un vieux préjugé nous
avoir long-tems empêchés de traitex
au théâtre, finon l'hiftoire en géné-
tat , au moins celle de notre pays;
Nous avions fort mal lairoont W
I
#574 Journal des Sçavàns y .
ce qui concerne l'imitation des An«
cicns. Les Grecs avoienc traité des
Sujets nationaux , & nous en avions
conclu que nous devions naitet
des fujets grecs *, Horace avoir loué
les Auteurs Romains qui avoienc
traité des fujets nationaux , & nous
cn|avions conclu feulement que nous
pouvions audi traiter des fujets ro-
mains. En jertant les yeux autour
de nous ^ nous vîmes que nos voifîns
traitoient des fujets nationaux , que
les Efpagnolsy par cxenople» avec
lefquels la politique nous donnoîc
alors le plus de liaiibn ^ traitoient
des (ujetf Efpagnols \ Se au Iltti d'cb
conclure que nous pouvions ^onç
audi traiter des fujets François, con-
féquence qu'il femble que nous
avons toujours rcjettée avec Cûin%
nous conclûmes feulement que nous
pouvions 9 d'après eux, traiter auflï
des fujets Efpagnols , méprite heu-
leufe qui nous a valu le Cid!
A cette erreur timide qui nou$
défcndoit de maicW Caas çuidcr 6t
joât 17S1. 157c
de travailler fans modèle , fe joignoic
une aurre fupcrftition, c'eft qu'il
fa'étoit pas permis de mettre au théâ*
trc un , événement récent. Racine
s'excuCe de produire fur la fcène
B.ajiazet & Àfhur,at, que des perfon*
fies alors vivantes avoient pu voir ;
il demande que l'éloignemcnt .de^
lieux lui foit compté pour Téiolgne-
tuent des tems, il cire en faveur dgi
premier éloignement comme dû dcr-
nier, ce proverbe latin trè^^-fiiperf-;
titieux y s'il n*a pas été Fait pour
condamner, ou pour peindre iTa
moins la fuperftition :
Major è longinquo reverentia,
Long-temç après Raciney-&^refT
2ue dç nos jours, nous avons vu
larhpiftron n'ôfcr expofer fur la
fcène la cruauté de Philippe II , de
les malheurs d'Eiifabeth delà Pai:i^
& 4e Dom Caiflos, qu'en les dé-
euifant fous les noms de Calo-Jean ^
d'Irène & d'Andronic. La Fofle crm
de même ne pouvoir traitait îâ\tx
157^ Journal des SfovaaSt
de ia Conjuration dt ftnife > qac
ious des noms d'aocjens Romains.
Avec de rcls fcupulcs on écoit bien
loin d'ofcr traiter des fujets frssçois.
Enfin t yoUaire vint y Voltaire
nourri du théâtre anglois & de Sba-
kelpearC] qu'il a bitconnoître le
Îiicmier en France ; il fit entendre
iirla fcâne trari^oife des noms fîan-
çois f comme Shakefpcare avoît mis
fur la fç^ne angloife des perfonna-
ges anglois. On a donné plus d'é-
tendue dans la fuite ï cène nou-
Tcauté hcureufe; mais il efl refté une
différence efTentielle entre la ma-
nière donc les François & les An-
Elois ont traité l*Hilloir« au théàcre.-
et François accoutumés à mettre
du choix 8c du goât dam tout ce
qu'ils traitent , ont embelli l'hiftoire
dans leurs Drames hifloriques conu
me la nature dans leurs autres Trs'-
gédiest Les Anglois , toujours imi-
tateurs fcrupuieux , toujours Hifto-
iens exaâs , n'excluant rien de Icuu
«its ni de icuu ^cmwtes , ont lailS
jiout 178 !• 1577
\ FHiftoirc comme à la Nature ,
tout fon défordrc & tout fon chaos.
Ces di£Férens ufages ont leurs avan-
tages & leurs inconvéniens. Tour ce
que préfente la fcène françoife eft
ce'rcainement plus beau & plus di-
gne d*être retracé; mais on ne peut
prendre aucune confiance pour i'HiC
toire aux Tragédies françoifes ; faits
& càradèrcs, tout eft altéré, c'cft-
à-dire , orné. Nos Tragédies , com-
me nos Romans hiftoriques j indui*
rôient en erreur tous ceux qui ne
(çauroient pas aflcz THiftoire pour
teconnoîtrc les altérations que Tare
ou Poète ou du Romancier a juge
néceffaîres à TefFet qu'il vpuloic pror
duire. On peut apprendre THiftoirc
dans les Pièces angloifes , on peut
fe fier à Shakefpeare comme à un
Hiftorien exaâ dans les fujets érran*
gers , comme à un Hiftorien partial
& paflSonné dans les fujets natio^
naux, c'eft-à-dire, comme à prcJt *
que tous les Hiftoriens.
En lifant un Auteur tel que Sba«
^ Î578 Journal d*s Sçavans ,
kcfpcare, il fagc un peu k dêfict
des difpofitions qu^on apporte 8c
des imprelfions «]u'on éprouve. Oeft
une maniètç^» ce fonc des principes
6c des ufages fi difféiens des nôtres »
qu'il nous eft difScile de nous j
prêter ; les nations étrangères pa«
roiflcnt avoir décidé pour nous con-
tre l'Angleterre; mais il eft curieux
& important de confidérer par quels
lefTorts fi diâFérens des nôtres on par-
vient à émouvoir Se à tranfportet
de plaifir une grande nation qui ne
manque aJOTurcment ni de talçns m
de lumières. L'occafion d'un tçl pa-
rallèle cft toujours précicufc. C*çfc
dans ce point de vue général au'il
faut envifager la nouvelle traduc*
tion de Sbakefpeàre , pour fentir
combien elle doit être accueillie &
encouragée, quelques taches que
l'œil perçant ae la critique puifle y
appercevoir. Par la même raifon^
il faut favoir beaucoup de gré au
Tradudeur de nous avoir rapporté
tes obfervations & ks jugemens des
»
{çaVatls anglois, fur les Pièces de
ihakelpeare. Ces monumens d'une
idmiration câfrénée & prerqtic uni*
rerfèlle en Angleterre , font un fpec*
acle pour le Philofophe , 8c peu-
vent Icrvir de matériaux pour ThiA
oire de Telprit humain & du goûc
les nations* Peut-être nous fomme^
lous trop prelTcs de faire dçs Rbé-
loriques & des Poëtii^ues, d'après
m petit nombre d'exemples , de
>re(crire des règles de goût comme
Je taire des lydêmes de phyfique»
On ne peut nier que la Littérature
tançoife n'ait été modifiée tourà-
ouc par la Littérature cfpagnole 6C
>ar la Littérature angloife , quelle
l'ait admis des beauiés étrangères
ic hardies dont elle auroit pu erre
•f onnée ou même effrayée autrefois ,
k péut*ctre le goût général a t-il
rncore befoin d'être formé, d'être
ftendu par la comparaifon du goût
!cs diflfèrens peuples.
Le Tradudeur a rangé les difFé-»
entes Pièces bidorit^ucs de Sbake&
Ij8o Journal des S^avans i
pcaie, non lèlon l'époque de
compolîtion, mais dans l'ordre
torique & chionologiquc, de
nière qu'elles forment comme
cours d'biftoirc fous la forme
matique j la plus favorable , coi
Aous l'avons dir* à l'inftniâ
Tome 7- La Pièce qui a
Xittt: la Fie & U Mort Ja Roi j
offre un exemple de cette part
nationale qui corrompt la fie
de l'hiftûire. Ce vil Hoi Jean,
de tous fcs Princes dont TA
terre a le plus à rougir j mais
la tyrannie, les eieès Si les cri,
en pouflant à bout les Anglois,
pr^-curèrtnc le bienfait folidc
grande Charte , cft ennobli &
Belli dans cette Pièce , parce
fut l'ennemi des François. Au i
à travers toute la (îngularité qui
kefpcare a toujours dans les d
pour un leâeuT ftançois , fie d
ne faut plus parler , parce que
trop fe répéter, cette Pièce a 1
coup d'intérêt fie de ttès-gi
Août 178 t. 15S1
beautés. LMnnocence & la naïveté
du petit Prince Arthur, le charme
atcendrifTant de Tes qualités naifTan*
tes y Toppreffion dans laquelle le
tient fon tyran , fes malheurs 3 fa
mort défaftreufe infpirent le plus
grand intérêt. Sa (cène dans le châ-
teau de Northampton , avec .Hu«
bert 9 chargé de lui brCiler les yeux »
&it pleurer & (irémir. C'eft la pre*
xnière du 4^. aâe. La douleur de
Conftance ^ la mère , eft très - élo^
quente. Le Cardinal Pandolphe»
Légat du S. Siège , veut la conioler*
Conftance lui répond par ce mot ,
qui nous paîotc une expre^on fu«
blîme de la douleur d*une mçre : //
me parle ^ lui ^ui n^ a jamais eu de
fiU!
Fandolphb.
H Vous êtes aufli amoureufe de votrd
H douleur que de Votre fils.
Constance.
• Oui f nia douleut me tient Ue4
r
1582 Journal its Sçavans ^
I» de mon fils ^ elle remplit tous les
ff lieux où je voyois mon fils : elle me
» fuit comme lui & m'accompagne
» partout ; elle me le montre avec
» tous fes traits charmans ; elle me
f> fait entendre les foiis de fa voix ^
>» & me répète fcs paroles : elle rap-
» pelle à ma mémoire tout ce qu il
^ avoir de grâces &c de charmes • • • •
>^ Je crois le voir encore. J ai donc
f^raifon de chérir ma douleur...*
^ Si vous aviez fait la même perte
I» que moi > je vous confolerois mieux
itûue vous ne nie confolez « • • • •
i>Ù Dieu ! mon enfant , mon Ar-
1^ tbur , mon cher fils , ma vie , mai
M joie 9 mon foutien » mon univers ,
^Tâppui démon veuvage 9 la coo«
»folarion de tous mes maux ! h
Elle fort avec les fignes du dé->
fefporr.
Il y a certainement un grand pao
thétiqûe dans ce délire de la dou-
leur , dans cet abandonnement d'une
ame qui a tout perdu."
Tome 8. Richard II cR, tecooi*
mandable encore par la fidélité hiC*
torique , par la vérité des caradèrcs ^
par Tinterêc même que Richard
inipire.
1 omc 9. Henri IV , meurtrie/ &
fuccefleur de R ichard II ^ eft le fu*
jet de deux Drames où Tbidoire eft
encore affez fidèlement fuivie. Com«
xne laîaloufiedc ce Prince chcrchoit
à. éloigner des affaires Henri fon Ç^is ^
q^ui fut depuis le grand Roi Henri V»
jct\i héritier du trône , pour diflSper
les foupçons de fon père , peut-être
auflS pour fuivre des inclinations qui
étoient alors les fiennes^ & qu'il
vainquit dan$ la fuite à force de
Îrandeur, vivok dans lobfcuritéi
ans la débauche» dlam TavilifTe-
ment» datas le Crime. Arrêter les
paflans , les voler j jouir de leur ef«
£roi , de leurs regrets , étoit fon
am^fèmont le plus ordinaire. Ces
iàits connus ont autorifé Shakel^
peate.à composer la cour du jeune
Prince des plus vils fcélérats do
J^Afi^letecte i ce qui forme fous k
1 5 ^4 Journal des Sçavans l
pinceau anglois le tableau ie plus
dcgoûrant, le plus mêlé de bas -co-
mique & de tragique de Grève & de
Tiburo. Un des compagnons de dé»
bauche & de crime du Prince Henrï ^
ayant été ciré en juftice , le Prince
ofa raccompagner à l'audience & le
protéger ouvercemect. Le Juge ayant
condamné le coupable , le Prince
s'emporta jufqu'à infulter & même
frapper le Juge (br fon tribunal. Le
Juge ordonne de conduire le Prince
en prifon. Henri ^ comme s'il eût été
terrafle tout- à-coup par la majefté
des Loix , fe (bumit à la (cntencé ;
& le Roi & la Nation y qui avoient
prefque défcfpéré de lui , reconnu*
rent à ce refpeâ pour la juftice y i
ce prompt repentir de fes Êiates»
3ue Henri n'étoitpas un homme or«
inaire. Apres la morr de Henri IV ^
le Juge , qui avoir (i noblement dé*
fendu contre le Prince les droits de
fon tribunal y ofoir à peine paroître
devant ce même Prince, devenu le
Il Henri Y. o Ce leroit i moi t
itluî
Août 1781, 158c
9» lui dit le Roi » à redouter votre
«préfcnce : pour vous, vous avez
m acquis des droits éternels à mon
j» eftime : je vais travailler \ méricef
m la vôtre, »
Ce trait dont Shakefpeare a tiré
un grand parti » & qui forme la prin*
cipale beauté de la Pièce intitulée :
Seconde Par M dû Henri IV ^ fe
trouve tel à-peu-près que nous ve»
aons de le rapporter, dans M. Hume 9
qui cite des autorités. Nous apprc»
nons avec quelque regret , par une
note qui fe trouve dans te dixième
irolume , que ce trait n*eft pas exaâ,
au moins dans toutes fes parties ,
floe le Juge dont il s*agit mourut
ous le règne de Henri IV , fuivant
iavkins. Selon MiftriiT Griffitb , il
irvécur à Henri IV \ mais il fut fi
Frayé de fe voir par cette mort ex-
ift à la venecance de Henri Vy
'*il réfolut de mourir auffi. Cc«
idant, que pouvoit il lui arriver
pis par la colère de Henri V ?
illeurs ne ^oit-il pas au moins
iout. ^xx
I
<i<9
I
1586 Journal Jes içavans t
faire l'clTai des tJifpolîiions doM
Princcî Le moyen que prit ce Jagt
pour forcir de la vtc , ne fur paj
moins bizarre. Il donna ordre al
Garde de Ton Parc de tirer fiir qai-
conqiic paflcroJc dans ce Parc pen-
dant la nuit fans dire Ton nom. Li
nuir fiiivante , ce tut lui <^ui pafla
dans ce Parc fans dire Ton noni , 9C
qui fut rué , fclon fes ordres. Toui
■cela eft (î bizarre , qu'on peut ablo*
lumcnt fc difpenfct de le croire 8c
s'en tenir au récit de M. Hume^
conforme au Drame deSliakcrpcaic.
1.CS deux Parties du Kègnc de
Henri IV font fouillées par Icpcr»
fonnage de FalftafF, boufîun ignoble
& homme infâme , qui fait , dit-on ,
Jes délices des Spcdtatcurî angluit,
mais qu'il eft auHÏ impofHble i un
François de goiiter , foir dans la
Tragédie, foir dans la Comédie 1
que le rôle de Caliban dans ta Tem*
pHiy ou que celui du Fou du Roj
Lear fou lui-même. C'cft Cfpcndjwt
dilioH en Angleterre , qu« \
Août f-o_
i"''"î»ife dTr'/o- Cô-
Y - , .' ^''f CCC-
notie r^'P' lente cil
EU« on'' "", 'l'une, '
f,oia . 1- 'ta 1« •'*
''"fhlebwv.coup»"'
Joui i79i. 15^9
mefures pour le travcrfer ic le fur**
prendre ; ^ccs mefures échouent tou*
jours & Falftaff lui échappe. Ceft
rintrigue de tEcoU des Femmes. On
le douce bien que le comique fin ic
délicat de nos Pièces firançoifes eft
remplacé chez Sbakefpeare par un
comique d'une force groflière qui ne
peut jamais plaire à des François^
Cette Pièce, avec des notes & des
obfervations fur difFérens fujets re-
latifs aux Pièces de Sbakefpeare^
xemplit le dixième volume.
Le onzième contient deux Pièces:
\^. La Tragédie ou Thiftoire Dra*
snatique du Règne de Henri V. On
f voie la trifte & fameufe Révolu*
tion 9 qui ^ par l'efFet de nos dif>
cordes civiles , plaça pour quelque-
tems les Princes angiois lur le tronc
de la France.
x^. La première Partie du Règne
de Henri VI 3 Roi d'Angleterre 9 fils
de Henri V.
Le Traduâeur annonce deux nou*
veaux volumes qui s'impriment ac*
X X X ii)
>^*(^o- Journalies Sçavans i
tucllcrncht &' qui ftronrpubliésdàrff
le cours de cette année ; ils rernii-t
neronc Ja (uite des Pièces biftûrî<^
3ues > donc il ne rcrftc plus à nous
onner que la féconde & la troi/iè-
me Partie de Henri VI ^ Richard
m & Henri VIII.
Le Traduâciir croît pouvoir ré-
pondre que dans deux ans fa Tra«
duâion fera complerre. On foufcric
chez lui & ch.z Mérigor, fon Li-
braire y aux adieifes indiquées dans
le titre ; mais la foofcriprion fei»
fermée le jour ou paroîtronc les il*.
& 1 3 ^. volumes 3 & ceux qui n'au«
xont pas foufcrir alors payeront cha*
3ueWolume in-Z^. 5 liy. aa lieu
e4.
li fe fait en méflae-cems une £df«
tton /72 4^. dont chaque volamc cft
de 10 liv. broché.
On ne délivre plus des ptemiers
volumes qu'à ceux qui foufcrivcnc
pour l'Ouvrage entier.
[ Extrait de M. Gaillard. ]
Août 178t. I591
PHYSIQUE DU Monder
dédiée au Roi. Par M. le Baron
de Marivci[ & par M. Gouffîtr.
Tome r'. 143 P^g- ''^"4*^- A
Pans, chez Quillau, Impriincfuç
de S A: S M. le Prince de Conti »
rue du Fouare; & chez Lafollè^
i, Graveur , rue & place du Carrou-
/. feU 1780.
9r A Pbyfique du Monde, fuivanc
J -^ la définition de M. de Marivetz
i|& de M. Gouflier , e(l compofée da
(uz parties ^ prlle du Ciel & celle
la Terre \ mais la première n e(l
îftinée , dans leur Ouvrage > ()u*A
llairer la féconde y c'eft à-dire à dé«
Vtmitier les difierens états dans lef*
j4bc1« la terre a pafle oudanslefqucis
«k pafTera. Le premier volume ne
conriant que l'examen des fyftèmef
«ib Cofmogonie donnés par Burnct 9
Voodward , Wifthon , & par M. le
Comte Je B.ifFon. La féconde Partie
ftiira pour objet la furface delà France
X X X IV
I
T^yi JoBTftBÎêa Sçtvantt
Tonant du fein des caui , douze Car<
tcipTcIcntcromfocmcrfionsà douze
Coques difftrentcsi & la Topogra-
phie phvlïcjue de cette partie du
globe fera TcpTcfenccc dans qDarantc»
cinq feuilles , où l'on verra Ton état
«âuel A: lei vcfligc^ des ctiongcnims
par Icrquels clic a paiTé.
Lci grandes qucAions relatives i
la fubmcrfioD totale ou fucccflîvede
la terre , à rabaUTcnient des caij]
aux cauf» & aux cfleis de cett
minution , condiiifcnr l'Aute
parler dis obiervaiions qu'on
l'ur l'état de la icrre, & il commence
par cxpofcr les fyftêmes qui ont érÉ
fondés fur ces fortes d'oblcrvanonî ;
Cela l'oblige à parler du mouvcrncnt
de la terre. 11 truite aufTi de la dimi-
nution des eaux , dont une des cau-
fcs les plus énergiques lui paroît être
l'addition de la cbaleiir dans le globe
de la terre. Cette augmentation de;
chaleur doit produire plus de fg
vivifiante & oiganifaritc dans la \
ture. Il eu conclud que le noni
ciiive ae
:s eaiK-.
:ette^^|
Août 17S1. t593[
èit^ êtres organifès doit augmenter
fur la furface de la terre» Ce fyflême
étant diredemenc contraire à celui
de M. de Buffbn j M. de M. eft
obligé de le réfuter en détail.
Il commence fon EflTai (ur l'hif-
toire de la Cofmogonie , par remon-
ter \ l'époque, des connoiflànccs hu«
fnatnes (ur la Phy(ique céleftc ; il
expofe les erreurs des premiers hom*
mes 9 depuis ceux qui adoroient le
(oleil jufqa'i ceux donc le génie
s'cft porté à la recherche des loix
fircondaires. Il donne enfuite l'cxpo-
fitioD & ranalyfe du fyftème de Bur-
net , & il fait voir oue tous fes prin-
cipes font inadmiuibles , furtouc
celui de réqmlibre que dut perdre le
globe teneftre; ce qui n'auroit pu
rare que tranfpofer les climats.
Le ryitcme de Woodvard , qui
fiippole que Dieu ordonna \ l'abîme
des eaux de s'ouvrir pour inonder la
terre ; celui de Whifton » qui fe ferc
de la queue d'une comète 9 font aulB
réfutes dans Tefpace de quclc^pci^.
Xxxv
Kricrc : fa Aatu
»la gloÎTCcnvrronnc, que cd
»lela'jncr, s'flève an niili
M débris des ccJiâccs candtu
X fcs padccedcurs. ; noDC .i
>tnicEuTCT nos fuFcrs zicodu
Mvaincjucurs ou vaincus» iw
wpofcflons notre Ouvrage a
» de fa flfltne , comme un Wrr
Md'aiicaiir plus noble, qu'il
>»ctc ni avtiigle ni fervilc . . ,
6tM. avoue cnftiiie gaece I
itnpolant fe fotiircnt paxia B
par la liavfdn dcioursS'ret p
femblaSlc à ces grands roon
de l'AtchitcÈtuie , tlontWj
DiEnr ou même le rcqit^^H
j1(yà 1781. «595
II* commence en efFer par faire des
çb)e<5tions conrse yidee qu'une co-* '
mère air pu décacher les planères^dii
iohW^ parce que les denfités des
planètes ne (but pas les mêmes que
celles du foleil , parce que la comète
auroit eu trop peu de tems pour fe
fondre & fe mêler avec la matière
Jétachée , parce que les parties dé«^
tachées du fbleil nauroicnc pu dé*^
crire les cercles quMles parcotirtfnfi
Il réfute furtouc l'idée de Tatrraâion
agîdante par une efpèce de frotte-
Bienr pour prodiâie la chaleur, U
segarde la caufe primitive détermi*
nante de la chaleur comme étann
encore inconnue ^ & c*eft Gettecà^ife
première de touu chaleur qu'il efpèie
&ire connoîc(e;r
M. dé M. admet que la madè do
la terre ait été finoo ûuide » du moins
molle dai^ I» premièseipoque de I4
i^acute, pour pouvoii acquérir le
degré d'applattiâcEçept qu'on y ^b«
j^vev.mais il croie que le globe
ioroi^ de tou^Ciw» de ^terre & ^<,WL
Xxxv)
I
Ij3^ Journal Jes Sçavant t
& le deflccbcment d'une partie
furfacc, poiirroit être TubAicué
place de la vitrification,
Sur la fcconde époque dam
quelle la maticre delà terre, s'érafif
confolîdée , a formé la roche intc-
jicure du globe, ainfi que les grande»
niafles vitiefcibles qui (ont à fa fut-
face , l'Auteur établit une ditîïrcnce
cffemicile entre la qualité vitrefcîblc
& la véritable vitrification. Il fou-
lient que Xa montagnes compofét*
de roilien vitrefcibJes ne pcuvenP
Être des bourfouflures du globe
de fon refioidiflcmcnt, & qu'
n'ont jamais été vitrifiées. Il rn
<]ue les pôles n'aucoient pas dû
ictroidir les premiers, & même qut
cela fetil devoir détruite l'hypothefe
^u feu central.
Sur la rroifième époque, loi
les eaux ont couvert nos conrii
& fur la quatrième époque 00
eaux fe font retirées & ou les4|
cans ont commencé d'agir,
iuJMt pcnfa qut Vt& c&u-t n'ont (
I
JVCRf
i
Août 1781. 1597
du le précipiter fur la rerrr; en mafTe
& en torrent; qu'il n'a pas dû j
atoir de confuiîon des élcmens , de
vents ni de tempêtes ; le mouvement
^cs eaux du midi au nord , lui pa«
roîc n'être point alTez prouvé. Il fou-
tîent que la lune, en produifanc
rintumefcence des eaux 9 ne marche
Joint d'orient en occident, & ne
oit point efcarper les côtes orien-
tales. La raifon qu^il en donne eft
que le mouvement diurne n*eft qu'ap*
{tarent % que le mouvement reci de
a lune fe faifant vers l'orient » il
devroit produire un effet contraire ;
mais il nous paroit évident qu'au
moins fur cet article la critique eft
peu fondée 9 puifque certainement
le tranfport de la marée de chaque
jour fe fait du côté de l'occident ^
& que relativement à la terre c'eft la
même chofe que fi la lune avoir uti
Viéritable mouvement vers l'occident*
Sut la cinquième époque» lor{-
que les éléphans & les autres ani-
maux du midi ont habité les tcries'
159^ Journal dts Sçavans ^
du nord , l'Aureiir » fuppofànt qae
Halier & Bonet ont dormit toute
idée de génération iponraoét, éta-
blit que l'Auteur de la Nature avpic
dépoié Us germes qui dévoient
éclore; il établie que les'comrées
icptentrionales n'ont pa$ dû erre ba^
bitces ïts premières ; il prétend que
M« de Buffbn a prif une fouittaâion
pour une dividon, c'eS«à-dir£ quil
ne faut -pas divifer 15 ^ de chaleor
par 15 périodes > donc cbacuuten
ôte un degré pour avoir la chaleur
adiiclie égale à runîcé.Enâs ilcon*
clud que la terre ne fe refroidit poinr#
« I.a vie, ce ^cb.f-d'œuvre des mains
» du Très-Haut ^ cât objet éminenc s
M ce but fublime du plan de là puif-
» fance infinie , ne fera point uîi
» phénomène épbémère ; fa dur
M réc n'a point eu pour origine une
Mcaufe accidentelle & périflable ;
>» un froid mortel & général n'étcin^.
n dra point fur tout notre globe le
v^ principe de la vie; le (bleil éclai*
^rera tôuiours Tefpace \ÏL atùsiaa
^^ toujours la naïute»»
Août 1781. 1(99
Sot la fixième époque , celle de la
U^pararion des comincns > i'Auteuc
perfide à fourenir qa'il ne peut )a->
mais avoir exifté de mouvement
YÎoient des eaux , & que par conft*
auenc les caiifes indiquées par M. de
ÉiilFon ne peuvent expliquer les
grandes fcimires ^u globe. Mais
comme il le réferve d'expliquer dans
on autre volume quelles ont été ces
véritables caufes 9 nous ne (bmmes
poi>nt à portée de comparer la vrai*
iemblancQ de. foa hypotbèfe ayec
celle du vafte eofeipbledes Epoques
de la Nature* Or» voit feuicmcnc
aue M. de M. regarde rimbibitipa
mcceffive des eaux de la mer & iei^n
•bûtes dans les; grandes (ciilurcs
cooiffie les caufes de, ia diminution
des eaux ai l'océap ^ ,iL c.çs fciiTiires
comme un effet 4^ la ro:aiion de la
terre* >
• Ainfi ladifrupfion de, cette;Cîqtttt
de \ap terre a. été produiixç, fuivant
M. de M. j^ par Ja^totati(09.S<,.^ç la
focce centrifuge y.phM grande \ l'ér
quateuTp 6c ^ui y altéicil V^ £ot^«^
.600 /»"'-' ^"tC«>-nB
1,. oôlcs. '* f (aite dans le" »
i t»i>»>" ■«";,' comme VAot"«
i. f°"?^>;mî'=4«rrc-
Août 1781. 1601
ticUes de la force centrifuge ^
»lus les corps font folide^^ plus
rquièrenc de mouvemenr. Les
os qui occupoient les milieux
onrinens onc donc dû , par leur
de folidité » prendre plus de
centrifuge ; elles ont du s'éle*
u dcflus des régions qui s*ap*
loicnt davantage des parois ae%
les fciifures; & nous voyons
ti que c'cft vers les milieux de
>ntinens que font les plus grao*
auteurs » ou du moins qu'elles
ient dans l'origine (i elles ne %j
ent plus aujourd'hui. Les eaux ^
:ur mouvement général & con&
rongent & détruifent les cotes
lentales , tandis que les côtes
taies s'étendent: ces effets ^ dont
cliquera les caufes , concourent
procher des cotes occidentales
laînes àt^ hautes montagnes qui
it formées & élevées dans l'ori*
vers le milieu des contincns*
>mme l'Auteur n'explique point
théorie j qu*il n'en démontre.
Août 1781. 1^05
=<Slcr contre Tcxponrion phyfî^
des modifications prélencçs 6é
1res de la furtace de là France,
par cor)fcc]uent contre toutes
cpnciudons que nous en tire*
s relativement à la navâgacîon
'intérieur de ce Koyaumc. «•
nous femble que cette dernière
: fera en effet la plus utile de
Tage ; les connoiuances de M.
:on de Marivetz & de M. Gouf
relativement aux Canaux ^ ont
produit des projets utiles pour
nal ^c^ficrty, comme on 1^ d C
un grand Traité des Canaux
tvigaiionj publié en 1778 , &
attendrons avec impatience que
Principes généraux de Cofmo*
& de Phyfique les ayent con*
:nfin à une application impor«
au bien public.
Zxtralt de M. de la Lande. ]
"^
B604 Journal iis Sçavats >
XCHBRC HES chlml^uti fur /£-
tain , faites & publiées par ordre
du Gouverncmenr, ou Réponfe
à cette queftion : Peut-on , fans
aucun danger^ employer l'Eiaia
dans Cufa^e économique ? Par
ViW.Baytn^ Apoibicairc Majoi
des Camf s &.Armces du Roi , Si
Charlardf Aporhicaifc de S. A.
S. Monf;igneur le Duc d'Orléanj,
Prcvôc du Collège de Pharmacie.
A Paris , de l'iinpiimerie de Ph,
D. Pierres, Imptimcur oïdinai
6» Roi 5: de U Police. i/i-S"
185 pages, & les Prélimii
XCS 10.
1
ON s'eft fervi de tems imni£-
moiial de vailTciiux & d'uf-
lenciles d'étain ou de cuivr; levciil
d'écain pour l'uTuge de la cuiHne &
de la table ; av^nc que la layaocc
fût inventée & devenue cnmmuw
nos pères n'avoicnt prcfquc paï A*A
tre vaiHelIe ijue la vaillclle d'èciH
A^ût 1781. 1^05
& encore à ptéfent dans les provin-
ces, dans \z^ campagnes, dans la
plupart des Communautés & dans
f luiieurs pays étrangers; elle partage
au moins le fervice des tables avec
la fayance & les autres poteries, (ans
^u'il ait été conftaté , qu'il foit ja«
mais arrivé d^accidens cle Tufàge de
ce métal. Si donc Tcmplpi de Té-
tain eft diminué confidérablement &
a*abolit même de jour en jour j ce
n*eft point qu'on lui ait reconnu au«
cane qualité malfaiiànte ou contraire
\ la fanté \ (a grande moileife » foa
extrême futibimé» la mauvaife odeur
rrès-forte fc très-marquée , la faci-
lité avec laquelle il sUncrdfe & lalic
les mains & le linge ^ (ont, avec
Fînvention des poteries , exempte
de ces inconvéniens 9 les principa*
les caufes de refpèce dabancloa
général où il tombe de plus en plus»
Mais ï ces moti6 capables de faire
impreflion fur tout le monde « il
s'en étoit joint un nouveau depuis
quelques années» qui mériteroic en?
^
cai»^^
IiéoS Tourtaî ^es SçavanS
corc beaucoup jilui de fixci 1'
tton. Un Chimiftc de la rcpucafSI
la plus bnllanre & la mieux iiiéti-
ih^ rillullrc M. Margraff, de l'A-
cadémie de Berlin, avoir publié
des Mémoires remplis d'excellences
iccherchcs fur]'ètain;& dcplulîturs
dt'S cxpcriences rapportées dans ces
Mémoires il rêfulte que M. Mar-
graff n'a prcfquc poinc trouvé d'i-
■ tains dans lelquch il n'ait reconnu
la prétencc de l'arfcnîc. Ccrte cir-
conlUnce inquiétante , jointcà cellw
dort il vient d'être fait mention,
ctoit plus que fuiti/àn'e pour ache-
ver de faire profcrirc cnticrcmc'nc
rétain , furtout pour l'ufage de la
<ui(ïnc & de la cable.
Cependant ce métal eft d'une
nécefllté presque indirpcnfablc , &
1 ï'on fcroit dans le plus grand embai»
I las, s'il Falloir renoncer abfolument
I 5 s'en Tcrvir, C'eft dans desoccafioiis
[ comme celle-ci que le zèle des Ad-
l niin'iArateurs charges de i'impor-
Lyuite & hoDoiable fondion de vcj
vcU^J
Août 1781. • 1607
1er à la fureté publique, ne peut
manquer dctrc exciré \ auflî \^% Au-
teurs de rOuvragc donc nous ren-
dons compte nous apprennent-îls
dans rAverciflcment qu'ils ont mis
à la tête, ce que M. le Lieutenant*
•> Générai de Police n'a pas cru àç^
» voir fe difpenfer de prendre cet ob-
M jet en confidération , & que pour
Mèciaircir les fo^p^ons, ce cignç
M Magidrat a chargé le Collège de
•• Pharmacie de faire toutes les expé*
» ricnces nécefTaircs pour conftater fi
9> véritablement l'érain, étoit ou n'é-
» toit pas dsngereux > & s*il éroit ou
M D*étoie pas indifférent de l'employer
w dans les ufages économiques. Poui^
M répondre à la confiance dont M.
M le Noir rhonoroit» ajoutent les
s> Auteurs , le Collège de Pharma-
» cie a nommé trois de Tes Membres »
4»MeffieurS RomlU , Char lard &
•> Baycn , pour aire toutes les expé*:
Mriences hc recherches chimiques^
»> propres à remplir les vues d ua
*> Magiflirat dons toutes ks f^iJSbfiS^
t iéS Tournai Jis S^avmms ,
» donc coûtes les aâions fou jhi^
•• gccs vers le bim pablic. *
La mort ptcmaïutéc de M>
Rourllc , furvcmic ilês le coimnav-
ccaicnT du ctavûi cntrcfnti par cet
ChmiiAts, tic pouvoit manquer ii'a£-
tliger beaucoup les fiuvivans ;, ils
ont Tcnn toute la pcrrc qull* Ëtf>
foicm dans U pctionnc <f un &c%xA-
lent Coopcnicur ; mus ils a'cn ooc
point cte découragé» Se. L'on peut
jn^ par la manièic dont il» qbX
exécute leur cntTcpnlc que cenal^
benr n'a tait j^c rcdaubïcx Inns ^
foia poui s'acquitter dignenciK^
Il coromiinoii imponantB dooc Ul
titoienc chargct.
Va ont cummencé par (c procurer
filBin le plui pur qu'on puiâc troo-
«n dans le coinmerce \ ils ou re-
connu cette BUreté qu'ils cbercfaoîcnt
an ctaiox oes Indes , de Baitca flC
de Malaca, 6C à rctaîn doux cfAo-
. Ce dcmiei tft ocaornotm
e cboEe am doit paroître bien
itotmaote*
Août lySr. i6o^
tonnante, c cft qu'ayant répécc, avec
a plus grande exaÂitude & jufqu*à
luir fois fur chaque efpèce d ctam ,
a diiTolution de ces métaux dans
*eao régale » iadiqué<î par M. Mar-
rraff y pour y appercevoir & en ex-
raire Tarfenic ^ nos Chimiiles n*onc
»u y découvrir un feui atome de
:etce fubftance. On n*aura pas de
peine à croire qu'ils ont été cruU^
Icmeni iourmtniis , comme ils le di-
fenc j lorfqu^en fuivant un Chimifte
tel que M. MargrafF, ils ont été cer-
tains qu'ils ne parvenoient pas à obte*
DÎT les réfultats qu'il. avoit annoncés.
Dans cette circonftance épioeufe »
ils ont pris le parti qui par oit le plus
raifonnable » iàns affirmer & même
(ans prélUmer d'après leurs expérien-
ees 9 qu'il n'exiftoit point d arfenic
dans les étains qu'ils avoient exami*
nés ^ ils ont eu recours à des exp^»
cîences comparatives en prenant le
Dartt d*intra<tuire dans ces mêmes
etains , de l'arlenic à dvS dofes con-
nues & graduées .depuis un feiziéme
Aoât Y y 7
iSlO Journal des Sçavans i
jufi^u'i un douze centième & même
beaucoup moins.
Le réfultac de ces nouvelles cxpc-
litnces que nous invitons à lire oans
l'Ouvrage même , à caufe des détaib
intcTclTans qu'on y ttouvcrai a été
«]uc par la dilTolurion dans l'eau lé*
gale , ils font parvenus à reconnoî*
tre & à extraite jurqu'à un deux mille
quarante-huitième d'aifenic, qu'ili
avoienc allié duns cette proportion
avi:c ces mêmes écains , dont par le
incmc procédé > ni aUirun autre , ilî
n'avoicnt pas retiré un fcul atome
de cette îtibftancc minerais, lorl-
(Qu'ils n'en avoient point ajouré. La
fonclufion qu'il cft naturel de tirer
de ces faJts, c'efl que les étaîns des
jndes & d'Anglcrcrrc que ces Mefr
jlcurs ont examinés^ étoicnc en cf*
fct très-purs , & furtouc exempts de
lout alliage d'arlcnic. Les rcchctclicJ
dont nous venons de rendre compro
font l'objet de la première ftftion.
Cependant, comme ils le difenc
foit bien j ces étains fi purs a: peu*
J
Août 1781. 1611
vent erre d'aucune utilité dans nos
ménages ; leur trop grande inolleffc
y mtt un obRacle inlurmontable ; il
a.fallu ^^e 1 arc dppnât,, à ce métal
trop âexibliÇ^:Une certaine roideur,
un certain degré de foltdité qui le
rendît propre à confcrver les formes
3ue les circonflâincésL obligent à lui
onner ^ & c'efl: dc^^là qqe font ver
nus les étains alliés 4jli çonipierce &
employés habituellemçnt.par les p<>«
tiers, d'étain.
Uexamen chimique de ces diiFé-
rans étains alliés fiêgt le fujet de la
féconde feâion qui eft rempUe.d'ez*
péiiences auflibien faites & audî in«
tércfl^nties que U première ; \ts plus
efTcncicllbs. font çcîlc^ par lefquelleft
MM* B. & C- font parvenus, auL
moyen de la diiTolution dans de
Teau régule & de Tacide marin af-
foiblis,. à extraire enfin de plu/ieurr
étains alliésdu çonimerce & notam-
ment de rétain.; d'Angleterre j en
gros faumonsy en- baguettes & en
pjscit chapeau , de^Vf^^nic en pou*
• Yyyii
■fin Journal Sa Sçavtins t
drc notre & rcgulinc; mais en pc*
tire £]uan!i:é & à peine d'un grain
' par once.
■ La troificmc fcâino cft une con»
I tlnuation de la fccondc & connent
I les recherches (ur l'éiain allié mil
*• en oçuvrc & vendu louj toutes (br-
I les de formes pat les Maîtres Po-
I tiers d'étain. On y voit c|uc les (ubC-
I tances métalliques alliées ^ l'étais
lout lui donner les qualités qu'ôQ
âe(îte*ront le cuivre ,1c bifhiuth, le
xinc> le plomb .Icrcguie d'antimoi»
tjie ; MM, B. & C. y déterminent la
ifiroporrion de ces alliages daii5 Icsdif
i^tcns étains &: particulîèrtmenr dans
bs deux efpèces |e plus employées ;
fcavoir , Ceux que l'on nomme éta'm
4n & itain commun , & rendent
compte en même tcms des expérien-
ces qu'ils ont faites pour féparcr &£
départir d'avec l'ctain , non-feulc»
ment les méraux qu'on y mêle or-
dinairement à deHein , mais encore
IVg^nt cju'il n'arrive guère d'y mê»
" CT «pri?» nuii* f^ peut «V "Oj '
Aoàt 17S1. 1^1}
Ver uni accîdcnteUcmcnt; dépareil-
les recherches ne peuvent manquer
d'incérefTer \t% ChimiQes.
La quarriènfie & dernière feâion
^(ï la plus efTenticlie \ elle a pour
objet de répondre à la quciAioti pro-
pofce ; titain dans/on état de pureti
tjl'il un métal dangereux^ Vn étain
qui contient quelques atomes de ma»
tiérc arfenicaU peut-il ttre dangâ*
reux ?. Les métaux & demi-mér
iaux , qt^on ejl dans t habitude dal*^
lier à r étain pour lui donner de ta
duret^y peuvent' ils en rendre Vufagt
dangereux ? Tou l'Ouvrage n'a été
fait que pour donner à ces queftions
une réponfe fatistaifante ; nous avons
déjà faitreniarquer qu'un ufage de
la vaifTeile d'érain, qui fublifte de-
puis plus de trois mille ans, n'a
fait découvrir dans ce métal aucune
qualité malfaifante» ce qui e(l un
préjugé très-fort en (a faveur ; car il
n'el^ nullement probable, que s'il
eût . été nuifible. à la fanté*, une C\
longue expérience ne l'eût pas fait
î 5Î ^ Journal Jcs Sçovans ,
connoîrrc' C9mnic""rc] , de même
qu'elle a fair découvrir depuis bien
des fîècles lc5 pernicieux cffjrs du
éuïvre & duplomh'; c'eft au(fi nt
ces faits qne MM. B &: C. fe fon-
cFenr pour répondre négativement à
la première qiie(l;on , c'cftàdirc,
qtic I crain pur n'tft nultcmcnt dan-
gereux.
A rc;;arc! de la fecpnde , comme
il eft afTez ptobabls que l'étain d
on fe fcrvoic àncicnDcm^rnt i'
fct'aiicoup plus pur qut aux <
gleterte connus fous les n-m dVrdJ
fin Si. d'étain commun, dont pret-
qiic rou^ nos uflciiciies font mainte-
nant fahrii.]tiés , & dans Icfqucls on
a vu que MM. B. & C. ont décou-
vert des parcelle? d'arfenic; cette
quertion exigcoic beaucoup plus d'at-
tention de leur part; ils commen-
cent pat obfervcr ; i°. que l'arfenic
ne s'y trouve qu'en quantiré infini-
I xncnc p:titc, & qui ne va jamais à
un grain par once : i", qu; ces atô-
aes d'diUn'ic Coat coujouts fous fon_
l'étain , parc? ol''^: i-m^ra. *r rri'. ■
taux ncptavrn* s'illir* nu* jorr^i iii
iont dans Icnr ésar ixi?raliiaiK . lorn-
plct, & isi Cfarm:krî jcavrrr tju'. «
régule d'arfciic, aiioiciu* rr*: i-n-
liicieai , iVE pou-îan" î^rauiotti
moins eus !« chaui distiC'!-: t*'j tl-
le vrai poifoE comiL \m\x j*. T,ijn
d'arTtfix: 3*- out rrî tr..iii'ju>r; <k
rcgulciTarfrT'ir îonî mTir*ciitm':'Conr.«
bitices avec J*ctac £f izk- ^oitrrof
r^ Cbiniiftcfij ss rtnà UoJvLunàim
nulU la fmaiiU oiéutcrt ^u vwtu
muft.
Quoique ers morif'. ôt m w^
craindre l'ofa^e dt i>:'.a)f ni^n/^. ai-
lle JuDe pcri'e tiuanTirt ot r^^uK
d'aifcaic (oiem trcvcapabitrî ck -uik
impreifion , et Tmcéra. efr T 1 '.'K mu-
table ^ & la QurftiOL i iat^ud^ MM.
B. & C. avoient â xtpoooft <rïOK
d*ane (\ ^axKÏe conë^uenct ^ x^c'va
ont cru , avec laifon j «tvojî' ûi?'^uv«r
kiir fCTîTimenr fwr Tcxpérienct.
£n conittjoe&cc ils cm aUic.
U1CJMM0
'''"S"^''- Vît ftp'"" C
"''"" . â\.»c.°» •-'îts coït*"»:-
t«" ' , L ptas '=&"' font *
^F' Âoàt 17S1.
^nar nos Potjeis, ils font encore
B.^ié$, de cuivre, de régule d'arir
B-xnoinc, de zinc, de bifmuth ^ S&M
V plomb , mccaux iiifpcdts 5: malfai«ï
*■ fanî. MM. B. &.C. avoicnt a ded^J
dcT fi l'ufage de l'étain durci pai
marières métalliques étoit dangC»!
rcux : ils répondent à certe qucHiotii
en diftinguanr d'abord Tétain qui-jl
tJoir, à jufle citce , porter le nQvi.9
d'éuin fin, d'avec l'ctain communi*!
Cell de cet étain fin dont fe fet-J
voient nos pères dans le tems que !« A
vaiffcUe de ce métal étoir généraleJJ
ment en ufage, & étok mêm '
objet de luxe par fa quantité dari(
les mailons les plus opulentes , com*"
me l'tft à préfent la vaifTcUe d'ar- '
gent; il y avolt alors des rè^k-
nicns qui 5'ob(etvoient fur l'alliage
de Ictain i il n'étoit permis d'alliet
l'ttain fin qu*avec du cuivre rougC
& du bifmuth ou étain Je gUcc ,
(ans cependant que les propotnons
fulTem fixét:?. Mais MM. D. & C.
Ï: oblcivet ^u'on ne mcttàvt ^w,»
I
^B 's 6 1 s humai des Sçavaas ,
^M dcus livres ou detis livres SC Ji
^B au plus de cuivre, & une livre de
^B bifmuth fut quatre- vingt •dix-fept
^P livres d'étain , quaniitc fuffifante
■ pour lui donner la folidtié conve-
B nable, 6c que les Poùeis n'ont garde
d'augmenter, parce que le cuivre
rouge cft plus cher que l'ctain. Se
qu: d'ailleurs , s'ils outrepatToienc
ces proportions , ils ne pourroienC
plut Eravailkl leur ctain.
Il eft vrai que ces deux métawi
font JTialfaifans ; mais ce n'cft qu'au-
tant qu'ih peuvent fc diffbudre, &
dans ces proportions iU ne pruvciic
Être attaqués dans les ufagcsécono*
niiqueî à ca-ifc de la quantité infini-
ment prédominante de l'étain qui les
défend Tuffilammenc de l'adlion des
«limcn;& adàifonn^mensiaunidans
le tcms que cet ctain fin étoit en
ufage ne lui a-i'on jamais (aie aucun
reproche relativement à la lancé,
MM. B. & C. font obferver à cefj-
Ljet qu'on fe Utc aduellcment, avec
toute confiaace &LU'ï&'vci.<LCt^'iv.'(ù.<:atf
ÏÂoât 17SI. l^lfl
elavaifTelle d'argent a\i tîrre, quoï^
que cette dctnièie foit alliée d'une
quaniiié de cuivre double de celle
^ui étoit dans l'étain fin>
Il n'en eft pus de même de l'étain
nommé ètain commun; l'alliage do
minant de ce dernier eft le plomb ,
métal de bas prix , qui peut s'allier
en glandes proportions avec l'ciain
fans l'empêcher de fc travailler , &
qui peuc par conléquent favorifer in.
Dnîment la cupidité : aufll fe com*
mcl-it tous les jours des abus & de»
fraudes confidcrabks dans cet alliage
du plomb avec l'étain , malgré Its
épreuves ufitées «maisinfidèles , pour
les rcconnoîrre. MM. B. & C indi-
quent fur cet objet des moyens chi-
miques très-furs pour reconnoîtte la
quantité de plomb allié ^ l'étain j
éc ils invoquent , avec taifon ,
l'autorité publique pour réprimer les
abus dangcteuï de cet alliage du
plomb en grande proportion avec
rétain, furtout pour les vaifTciMH
nvani aux alimens.
H^ If 10 Journal des Sçavans ,
■ . MM. 6. & C. terminent la Xth»
bonne DiiTcttarion dont nous ve^
nons de tendre compie , par quel-
ques obrcrvaciojis clTetiticlIcs fur les
vailTcaiiit de cuivre te de fer ktvenk
qui font d'un très-grand uiagc , &
ceux de fer futtour d'un ufagc très*
fur ■, mais ce n'cd qu'autant que l'c-
rain employé à ces éiamages cA lui-
même très- pur. Ces Chimiftes re-
commandent , avec raifon ^ de n'cm-
ployer pour i'étamagc que l'étais
des Indes dans toute fa putttc , cet
écain écant le feul qui ne {bït pas
fufpcâ ; ir,ais probablement ilsau-
roicnc infifté encore plus (nr cet ob-
jet , s'ils avoient fu qu'aucun Chau-
dronnier n'ccame avec de l'étain put
&qu'il5 lont tous dans l'habitude de
fcfcrvird'érain allié de plomb & mê-
me en grande proportion; nor^, pro-
bablement par cupidité ou par écoti (>•
mic.parccquela couche de rétamage
kefl fi mince, queccEtc éconoinie fcré*
duiroit ptcfaue à rien , maïs parce
gu'iis ont obC»s4 c\a? l'alliage
larcc
i
Aoui 1781 1611
plomb rendoit leur écamagc beau-
coup plus JifTe 9 pl^fs. uni &C plut
brillant. Or,- un pareil avantage
n'étant d'aucune considération 9' en
compâraiFon de la fureté & de la fâ*
lilbrité s il paroît indirpenfable de
défendre abfolunnenc aux Chau«
dronniers Temploi du plomb àtni
leurs étamages.
[ Extraitde M. Macqutr, ] *
{
L
1 ^11 Journal iu Sçavans ,
L'jiPOLO G kTl<lV E 6- M I
Prefcripùoni dt JtriuUien. Nott-
vellc Edition revue & corrigft
d'après les Mantifcrits, les Eoi*
tions & diffcrcns Ouvrages dc
TcftuUieii , avec la Traduaion &
des Remarques. Par M, l'Abbi dt
GouTcy , Vicairc-Géiiéra! du Dio-
cèfc de Bordeaux, derAcadémic
Royale de Nancy. 1 780. A Paris,
chez Sorin , Libraire , me .''• Jac-
ques i l'i chez la Veuve Deiâictr
fuc du Foin, is-iz. pag. 41] .
fans la Préface qui en a x8. l liv<
10 r. broché Se } Itv. relié.
L'ApoLOGéTiQUE de Ter-
tullicn , e(l, au iugemem de
l'Abbé de Flcuiy, la plus ample Sc
la plus famcufe de toutes les Apol(>*
gies des Chrétiens , & le Livre de»
Frefcripiiofis efl un des plus utilts
de cet ancien Ecrivain. Ce dcrniet
ell un de ceux dont rAiTcmbléc du
CJo'gé , CEL i6%i 1 tccoDvnaado^
'ja
1
> I
:|
r; ■
P Août i^gi. i6ij I
^age; & M. l'Abbé de Gourcy ,
n publiant CCS deux Ouvrages, n"a
■it qu'exécuter une partie du grand
irojec forcement recommandé pat <
'AfTcmblée de 1770 [1].
Baliac , en difaiit que le %le de 4
fcTruLlien écoic de fer , avouoit auffi
|uc de ce fer il avoir fornc d'excel-
CDtcs armes. En lifant fcs Ouvrages ,
m regrette qu'il n'y air pas mis au-
■ant de corredion & de goût , que
le force & de chaleur. Quoique le
lylc foit un peu moins défcducui: I
lans l'Apologétique que dans les ]
mtres Traités de cet Auteur, on ne
aille pas d'y être fouvcnt embarradîÊ
>our découvrir le vrai fens. Génie \
rigouicux & libre, TcituIIlen j
Ht] Cen'eft cnfruequc fous lesaQfpices
HV'^^ l'iiivirtiion ds Clergé de France-,
ptt l'AuECur a cnireptis ce ciavai] , e»»
nîné & approuvé , avec d'auties manurcrits
le fa comporicion , dans une Afiêmblée g^-
kalc , comme le porte le procci-veiUt .
Ellc<le 177 ï-
& des conliruflions qu'on cht
roit imuilement dans les Ecr
de Rome ; & fouvcnt iorfqu"
ufage d'expreflioiisquilui fonr
munesavec eux, il IcuraCTtibi
Icns tout particuliers , qui ni
qu'à lui. La traduflion des
Auteurs cftnéceflairc à ccuxqu
tendent pas la langue original
utile à ceux qui l'étudient; ce.
Ttrtiillien cft prtfque aurti r
iairc à ceux qui entendent Jal:
latine qu'à ceux qui l'ignoreni
ne doit donc pas Sire étonné q
Ouvrages nous foicnt parvenu;
un état d'akcration qui en ren
Août 1781. 1615
J'Abbé de Gourcy ; & s'il a fait ufagci'
pour rApologérique de Teriullien 1
de rEdirioû donnée par Havcrcamp;
8c des manufcrits qui y ionr cirés »
Veft avec beaucoup de circonfpec-»
tien. Nous remarquons audi dans
fes noces qu'il a confulté un manuf*
cric de la Pibiiothèque du Roi »
cottéi6i6.
On voit par le texcc même de
l'Apoiogéciquc qucTcrrullien Técri-
voic fous le règne de Sévère, & du-
ranc la perfécucion , après que le
parti d'Albin & de Niger eut éré cn-
tiètcmenc abattu , & lorfqu'on fai-*
(bic la plus rigourcufe recherche de
tous leurs partifans. Niger avoit été
tué en 195 , & Albin le fut en 197,^
La perlécucion commença en zoo ,
en Afrique, où l'Auteur compofa
fon Apologie ; mais Sévère ne pu-
blia d'Edic contre les Chrétiens
3u'en zoi. Tertullicn fait Téloge de
cvère , tandis qu'il dépeint des plus
odicufes couleurs les Empereurs qui
avoicnc porté des loix contre les
I
i
lélS Journal da Sçâvans t
Chrétiens ; l'Edit dtf Sévère n'avoit
donc pas encore paru lorlqu'U écit<
TOK. il adrcffe fou Ooviagc sus Ma*
gijlrats de l'Empire Romain , qù
rendaient leurs jugemens dam U lUu
it plus iminini de la Ciré. U ciï*
tciul,rfloti l'iilemoni & Dupiti,lc)
MaiiJttraTS de Carihage fa patrie »
non ceux de Rome. AuJli parlç-t<i)
â des M3i>i(ïr3[i pf if^curctirs ; alots
la petlccixion nttoic pa« allumée S
Rome, tlle l'étoic à Carthagc. Il ft
lÊTt dts termes de Pra-fules & Pro^
confuhs , qui dcngnoient les Mft-*
giflrars ou Gouverneurs p(ovinciâut<
Juniais il n'emploie le mot urht )
conlacté à la ville de Rome, maiî
celui de civiias , en paclani da
lieu de Ion féJDur. Ailleurs on voit
qu'il parle de Rome comme n'y étan!
pas.
Ajoutons qu'il feroit difficile dtt
concevoir que TcttuUien eût adrclli
à des Romains une Apologie cctite
d'un ftyle qu'on auroit eu vraircm*
^iablemene bien de la peine à
J
Ml Catdiage t'an 200 > "& cjiB
rcrtiitt avoir tiré le i^laive en
^iie contre les Chréricni , con-
bit bien i'idiomc de i'.ApoIo*
,s'il éroit comprisdans le rorrr-
îes Magifliacs à c]ui l'Apoiogit
atliefrée.
uant BU Livrcdes Pnfcriptionsy
lige qu'il a été ccrrt avant le
té contre Marcion ; car c'eft
n'avoir pas bien faifi le fcn»
pafTage de ce Traité qirt l'Abbé
■y a penfé differeninienc. Il y a
c lieu de croire tju'il eO anré-
à louî les Ouvrages de Tcrtul-
rontrc l'erreur ; à cet égard du
s M, l'A. de G adnpre l'opî-
d«S Cïiticiucs (]ui ne pcuvmt fe
adcrque Terrullicn ait été en-
dans le fcbtfme & dans l'hcrô-
orfqu'il compofa cet Ouvrage,
3n n'appcrçoit aucune trace de
rrcurs, & mi il fe fair gloire
: dans la Comniitaîon de ioutc<
I
1618 Journal dit Sçavans , ^
les Eglifes apo[\oli(^ucs, & fUTtoUt
de l'Eglife de Rome , dont il fait un
pompeux étogc.
Nous aimerions mieux pouvoir
dire qu'il rcvinc de fes égaicnienti
^ qu'il compota enriiîtc ion Trai[J
des Prcfcriptions, que d'êcre foicél
d'avouer que les raifons qu'il y ex*
pofa , pour réfuter coures !« er-
reurs , n'eiircnr pas alT:z de force fut
fort elprit pour Je gmancir deijUït'
quESuncs.
Dans fon Apologétique Tetnil;
Jien monrrc avec force l'injufticedtt
Paj'ens ?f de leurs loix qui condam*
poienc les Ciiréricns fur leur ncni
feul; tirannic d'autant plus révol-
tante, que, tandis qu'on les fuppa-
foit coupables de crimes odieuX|OD
vouloic les forcer, par k violent*
destourmcns, à nier qu'ils tiilTsiK
Chtcdens , & ce défavcu fuffifoic
four les regarder comme inooccufc
I fait voir que ces crimes fuppof^t
font à-la-fois conrre la nature &
contre toute vraifcmblancc, qu'il
Août 1781. 1619
c donc en avoir une preuve
incance , avant de punir ceux
}n les împutoit |.& que, cette
s acquiic, ils n'en écoienr paf
erîmsneis & punifTables, en
Dt le nom de Chrérien ; que
yens eux mêmes éroient cou-
des horreurs dont on char-
tes'Difciples du Chrift ; que
Dieux avoient été ôriginaire-
des hommes » & des hommes
icieux ; que celui des Chré-
Créateur de funivers, s'eft
oniioitre par les Livres des
plus anciens que tons les Li«
& même oue les Dieux des
s ; oue. la noârine des Chr£«!
es oblige ï prier |e vrai Dieu
les Empereurs , pour TEmpire
in , .^ur leurs ennemis mê«
mais qu'elle leur déiend de dér
1 l'homme des honneurs ré(er«
la Divinité ; qu'elle en fait des
ïÂs plus utiles & de meilleure
e les Payens ; que dans leurs
>lées tout refpire TuDion ^ Tini
L
T^jo Journal dts Sçavansî
nocencc, la pieté, la fobticré|U
aiodcllie, U bicnfaifancc j que leur
vcrru cfl bien fupéiicare à celle dct
Philofophes ; que leurs dogmes font
néccflaiTC^ , puifqu'ils foicenc lit
hommes à devenir meilleurs, ècc. iic
Sur cous ces objets , & bien d'au-
tres , J'Autcui s'exprime avec tout le
£cu d'uQc imagination forte , ai-
denre, & pTotor^dément pénétiéCi
^uj quelt^ticiois franchit Us borttet
d'une railon' fage. On accufoit les
Chrétiens d'égorger dans leurs myt
téres un enfant , Se de Te repaître de
ù chair. Tertuilicn entreprend de
prouver que les Paycns eux-mèmet
Ibnc coupjbies d'une aâion aulS
déteQablc, 11 rappelle qu'en Afrique
on immoloit publiquement des en-
tans à Saturne jufqu'au ProconfuUc
de Tibère , &(. que depuis , ces abo-
minables facrifices le font encore W
fccreti que les Gaulois fa^crifioicDfJi
des hommes à Mercure ^ ic \ctht-
bitans de la Tauridc à DiinC'
Ënluîic il.s'écric : - Combien je voit
Août 1781» 1651
•>de gens alcércs de notre fang!
» Combien même de vos Magiftracs
•> les plus Jnrègres pour vous , \t%
«* plu^ rigoureux contre nous , je
•> pounois confondre par des repro-*
«3 ches trop fondés d'avoir eux-mâ*
«• mes oté la viç à leurs enfans auflî*
f»côc après leur naiflance ! Vous
« ajoutez encore à U cruauté par le
V genre de mort; vous les noyez ;
a» vous les faites mourir dt faim &
«vde froid ; vous les e^tpofcz aux
« chiens ; ce feroit une mort trop
«> douce de périr par le fer. Pour
^ nous I à qui tout homicide cft dé«
M fendu 9 il nous eft également dé**
v fendu de faire périr le fruit d'une
^ mère dans Ton fein , avant même
«» que rhomme (bit formé. C'eft un
» homicide prématuré d'empêcher la
i^naiflance^»
Il tourne enfuite fcs regards fur
les peuples qui , au rapport d'Héro^
dore y après s'être tiré du fang aux
bras , fe le préfentent à boire les uns
aux autres , comme pour fceller pas*
^itfji Journal des Sçavans l 1
U leurs traites. «Il s'cft palTé qu^ I
« que choie de femblabic dans U '
r> Conjuration de Catiiina. On dit
■: c^u'il y a des Scyihes qui maogent
■•leurs parens après leur mort. Mais
H pourquoi chercher des exemples fi
«loin? Ici même , pour érrc admis
» aux mynères de Bcllone, il Faut
K avoir bu du fang , qu'on rire de la
*> coiffe , & qu'on reçoit dans la
» main. £1 ceux qui font attaquéi
«d'épifepfie, ne les voit-onpas>
•■pour fc guérir, fucer avec avidirc
» le fang encore tout bouillant des
«criminels qui viennent d'cxpirci
w dans l'arène i ■•
U ell clair que tous ces exemples
ne frappent pas également au buti
mais il falloir du moins s'y arrêter;
Tertullien va plus loin , & alfoiblit
fon raifonncmeni par ce qui fuitJ
«Ceux, a;ouic-tiI, qui mangcnc
M des animaux tués dans le mêma
»lieu, (l'arène) ne fc noutrijTent-
»ih pas de la chair >Ie leurs letn-
m. biables ? cat ce rangliccs'cA abreuvé
V. wdu
^oÙÉ 178*1. 1^53
]u fang du malheureux qu'il a dé-
:hîré. Ce cerf 4i*a expire qu'après
('être baigné dans le fang d'un gia*
iiatciir. Etilans k venrte des ou»
on voit encore palpif^rr les mem»
brts des hommes qu'ils ont dé*
votés; Vous né pouvez le nier ;
vous ères des Ancropophages*
M. l'Abbé de C.f après avoit
i«rti que le rerme de Prejcription
nployji par nTertuliien , fignifie,
livant la notion ritée de la Jurif-
:iidence , une fin de non-recevoir ,
ne exception péremproire que le
^fendeur oppofe au demandeur ^ 8c
I vertu de. laquelle celui-ci eft dé»
laié non-recevable à intenter nno
ftion'9 fans qu'<m entre dans le fond
c iès cations ic de (es moyens , li
onné une anal^fe particulière de ce
'nrité , I ouoi n*aVoit penfé aucun
es TraduaeurSf Editeurs ou Comh
lentatettrs , à là téferve de Laccrda
ont l'Ouvrage cTefr tbâibé entré
9S mains que durant ie cours db
imoreflioo* - :
4a^ Zzi
1
, S!"'"
,s«"
Uî"
*' »« **'tc «^î'" "t»'»>' ," V*-
t'
Août 1781. 163^
trînc 9 preuve de fa vilrité : 5^. fuc-
cedjpn non interrompue de nos £vê-
ques <lepuis Jefus^Chrift : 6^. -con-
hKmué de la doârine de nos EgU*
(es avec la doârîne des Apôtres 9.
preuve quelles font apoftoliques:
7^. parmi les bétiènes régnantes , les
unes ont été condamnées par les
Apâtres , \t:^ autres font nouvelles »
^ convaincues de. (àufleté : 8^. la
yérité de notre doârine réfultc de
fa conformité avec celles des Eglifes
Apoftoliques, & furtc#t deTEglife
de Rome : 9^. les Hérériques ayant
C9rrompM TEcriture , où fe trouve U
vérité » ne peuvent être que dans
Terreur : lo^. la vérité ne pou voit (c
trouver au milieu de U licence &
du défordrc qui légnoient par»tout
dans les Eglifes à^% Hérétiques \ tan*
dis que la pureté des mœurs» la fage
4ç ^igoureufe difcipiii)ediQinguoient
ilËglile GarboliqMe.
, On doit favoir gré à M. l'Abbé-
^ G. d*une Tradu(f^ioo qui a dû lui-
coûter beapçpup de travail , & dont
Zzzi|
I^}< Joanud its Sf4Ê¥ans i
la clarté n*a pas trouvé de modèle
dans i*origioaL II ne s*eft permis
qa'un petit nombre de notes qui lui
ont pam indifpenfables. On ne feût
certainement plus blâmé ^ s'il les eût
un peu plus multipliées.
[^Extrais Je M. Dupmy^ ]
Codex AUxamJrinms manuf»
• cripius Ifavi Tejimmemi qui Lon»
Jwi in Mmfmo Briimnnico €§u*
vatuu IJn voL im folio.
MWoiDE fe propofc de ptt<*
• blicr ee précieux manatcrit
grec du Nouveu Teftament oue Ton
conferve dans le Mufeum de Lon«
drcs, & veut que fon édition foit
entièrement conforme au manufcrit
foit par la forme des lettre, foie
par le nombre des p^gçs 9 des lignes
& des caraâères quelles contien-
nent : il y confervera \çi abbrèvia*
rions ^ les points , & même jufqu'aa
ratures ; en forte que cette édition
fera unç copie exaâc du mmuicrie
Août i-;?»; 1637
& pourra en tenir lieu. Dans des
notes particulières il cxpôfera tout
ce que l'on a dit fur fon antiquité
& prouvera qu'il aétc écriten Egyptew
Il examinera les paflagcs qui ont kih
raturés , & corrigera les erreurs de
M. "Wecftein , qui a fait ufage de
es manufcrit pour fon édition duf
Nouveau Teftament.
". Ce manufcrit d'Alexandrie côn*
/ifte en cent trenre-une feuilles , Se
avec la préface & les notes de M»
Woide , il formera un in-folio que
Ton pourra joindre à l'édition que
Grabe a donnée du manufcrit d A-
Icxandrie de l'Ancien Teftament.
Cette entreprifc de M* Woidea
eu les plus grands applaudiffemens
en Angleterre. Le Roi 3 les Evêques
d'Angleterre & d^Irlande & les dif-
férentes Univeifités en défirent i'cxé»
cation , & il y a lieu de croire qu'elle
fera également accueillie par lesr.
Etrangers. On payera une guinée
en foufcrivant & une autre en recor
Yaut rOuvrage ; il y a déjà plus de
Zzz ti)
1^)8 Journal des SçMvans^
deux cens quaraDre (bufcriprions ,
& auflfîior que le nombre de rrofS
cens fera complet y on fera fondre
lef caractère pareils à ceux de l'ori*
ginal , ce ouï fera achevé dans le
cours de deux ou trois mois , après
cjuoi on com«iïcncera Timprcffion ,
& on efjrcre erre en état de Itvrct
rOuvrdge d*:ci à deux ans.
Les libraires de Lonctres ant-»
quels on peut s'aJrcffcr pour fouf-
crire font Oachmft , Pavnt , White,
Flîrîfly, Henri Payne, Taulder 8c
Nichots
Le même M. WoiJe va publier
atîx dépens de l'Univeifité d'Oxford,
un autre Ouvrage intitulé : Fràg:^
mcnta N. Tefiamtntijetunium inur*
prctaùonem diuU3ifuperioris Œpypti
qua Tchakidica feu SakiJica appela
latur , < manufcriptis Ox^nnnJibttS
dtfcripta , &c. Il y joindra une tra*
duâion latine & i^% notes.
Le Diale<fte fahidiquc cft celui
qiii étoit en uf^ge dans ta haute
Egypte ou le Saïd > différent de
I
JoAt vf%i. téj^
celui At' la balTe Egypte ou Je Cd»
-plite datiii < }é))Ml : il<>Uë aVbhs déj^
MâiTk vcriSori du Nouveau- TeftafAeik
-^bliée |i«rf lI^UkiQl> e# <of<^
*#A latïtr. k^^^ftag^chk-idoÎK'il é*a^
gir 5* h'ctnt jafdals ^ttilu 8e forment
environ un tiers du' N*Tt?flament'«
jk' difFèréHt de 4a verfion co{>hec
«dont nou^¥efi(ôn^de{>ôrfer ^fc » ae«
èorcfeiit avé^fd'Mtf^ ttleiPifîdm tWIs^
*Éncîf nfies. M.'Woidé béiid^lqtie ttt^
Veriion' , dÀiH -f^H fi^t^MtM ^ f(^
'^és feft«s,: étiftoîi d^ k fécond fi^
'de -de r£fe chrétienne j| on peut
'}ug(!r par-là -dé fon anttqutté& ^
^ftAiftipô^fânce; Mi de fa Ooa^-,
:«Uis fa ^èhfl^aiifce' i}c{fai««yg^
^oi^^ afltt^': ^ulls indicuenr fa
'>^raie;iè^ohd^'plufiears paffages du
Nouveau Tçftamtnt & qu*en ourre
ib peuvent càntribinfr'ft' nous faire
icdntitthrcf : l'anfetenne AmvgÈit ' égypU
Ifiennè^fl Veiit pàrlèip (tlto'dôùte^
4*HBinciei^M'fartguècôpbr6-oii fàfaid^
"èu^' dcèîHl les -Pcoiéniées ^ caf - <fl ,
* *9 • ■
Z 1 z IV
1 640 Journal dis Sçavans ,
nous paroit difficile de remonter l
ianci.nnc langue égyptienne avant
Alexandre. On fçaic que depuis ce
Conoucranc , les Egyptiens ont ad-
mis dans leur langue & Talphabet
grec & une quantité prodigieufe de
mots grecs; que par-là l'ancien
Egyptien s'eft trouvé très corrompu |
ce Gui a formé, en quelque façon ^
une nouvelle langue que nous appel-
Ions cophte* Il y a lieu de croire
cependant que le Dialeâe du Saïd
ou de la haute Egypte » aura été
moins altéré* Quoi qu*il en foit, ce
nouvel Ouvrage de M. Woidc for-
mera un volume & le vendra envi-
ron une guinée. On defireroit fcui*
Icinent que ceux qui (ont curieux
d'en avoir un exemplaire ^ (e filfent
infcrire afin que l'on put juger du
nombre que l'on doit tirer.
Il cft inutile danfifter fur Tinv-
porrance dk 'ces deux Ouvrages qui
occupent.M. Woidc. On (çair qu il
eft crès-veric. dans la connoiflfance
des langues Qficnraks Se particulière*
Août lySit 1641
nent dans celle de la langue co«
)hce dont il a déjà publié un Dic«^.
ionnaire. On peut juger par- là qu'il
;ft très-cQ état de donner ces édi-
ions & de \t,^ accompagner de tou«
es \t% notes dont elles ont befoin,
3e pareils travaux font honneur à
*t7oiverfité d'Oxford & il feroità
lefirer que cet exemple fut plus (iiivi
\c qu'on négligeât moins l'étude
les langues orientales qui nous pré-
entçnt de nouvelles connoifTances i
icquérir en tout genre. Il eft vrai
E*elles entraînent des travaux fie
5 peines que n'exige point une lit«
êrature agréable. M.TÂbbé Defail-^
lais , Garde de la Bibliothèque du
loi 3 a bien voulu fe charger , à
^atis 1 de recevoir les noms de ceux,
[pi defireront avoir des exemplaicet
le. ces dc;ux Ouvrages.
.J^EMraU de M. Je Guignes^ ]
o
Zzz^.
J 641 Journal dts Sçavans ,
EXEnCiTATIONS s in Ap»
pii Atexandrini Romanas hifio*
rias. Prajide Jûhannt Schwci-
* ghœufcr , Grctcarum & Ofitma*
liûm Lintrarum^Prof. PubL Ord.
inUnivtrJitaU Argtntorattnf. 4n.
lySi. Excudthai Joh. Htmicus
H it[ y Univerfitatis Trfographus*
Brochure in^j^^, de 90 pages.
MSCH VBI6H<EUSBR y
• PiofefItuT des langms grec-
aucs & orientales dans l'Univerfité
e Srrasbc urg , a entrepris de nous
donner» une nouvelle édition d*Ap^
pién d'Alexandrie. Charles Erienne»
en* 1551 , a fait imprimer à Paris ^
les livres qui nous retient de cet Au-
teur. Cette première édition in-fi^
lia n'a été faite que fur deux m«-
nufcrits , & elle très fautive. Henri
Etienne 5 en 1 592 , a fuivi cette pre-
xnicre édition ôc a laiflé le tcTLtc dans
l'état où jl éfoit> il y a feulemcsit
ajouté deuxUNic^^lbiTicuKi^jtfaiBf
#
tais manufcncToiiiuSrCi ii^T''^ rst
a donné une flMnsvdld i^iinon . t
Aniftcrdam , ca cieux *'Ou :.t- 4'^. .. t
a copié cell^ èe Besad £nenni^ ? i .^
quelle il a a{<Ktf é (ic aûux^cdiairattnsis ^
qiioi({iie dur k éea \L ai11in^#«air
corrigé ir Tczsr^ aintl nous ?s;«r
▼ons 9aeaac booHc èdruxOr ^Jus^
pîcn.
Vofins , dsf» faiiTaifé ^às SB^Xm
toricU fréuisi fabncttuf» 'Carii ii
Bibliofhèqiic flr yiiiniin ^airgeg tift'
IcDC bf «coop ée OHÎ die «s: î^sia»
TifB regardé coannt as ftaç^foc
Mais - 04.- Sc«€i^kMHfer ^ ma /a
compaft af ce les Wnàmtôem fwrr^ui*
8r qttî a confiatcé ptutourt tr:atuii«
crics 5 penfe ^eee k «s ^tt..)fliie
^OD a eue jcicji/a fmm pwr <:^.r
Autenr ne ^icm tne' oe ïtrjyc <k>
ploraUc de (m Tme dlt^^s: Im >!;? 'M
echrioiis ooc nèîM te mwfiiu Ik m
commence fon travaii par if -(«HHîtua
d'un excellent manuict t ot k &-
blfocbèquc de la TiUt «c'AittiE^W^
1^44 Joariffil li^ Sfià^ans ^
3ui lui a foucnî un ^and ^oi
c corrcâl$>(i&thcUreu|cs. Il di
joindre la coIkâ^OA des .maïuij
de Florence & de:.c(!.ux de Vei
oft reu trouve deuit 1 dans ccrcc
pièrovUlê» un )^ U Bibl^p^hèq^
C&fe9:Dpnrtni(;aip54 Mri^.Paroi
Ifdcicllft Jui[:.4 envoya ceUç de i
manufaics de la Bibliothèque .
pirialê à Vienne Mf Sdiveigiiq
eft occupe màisii^anc à:jcQlIfu:
ner lesdwaunfiioM^rifs dp.l)^ Bib
cbèqiiQ du Roî>r.Ai^£^îi,a Ufi^ <
pércr ijiftprès Çf^ vav^âil & la <
ièiâtcKçi* dç une d^ itianulcrtrs , }
aurons uae éditioti?d*Appîca b(
coup plus çorreâe que celles
ont ité •publiée^.
Pour donqei ;t)nc. idi^e de.,
travail y :Mi) S^b^eighoeufer . -.^
de publier U Di(r<ttt^tion. ^qn; ii
annoQçonsii roarpsi^t la ^egai
comme une escelleme: Préface ï J
dition d'Appien. Elle eft en foi
de Thèfe &c% hilic^v:v\ue dans i'
"Août 1781. 1^45
niverficé de Strasbourg. Elle efl> dil-
tribaée en fix fedions dans lefquel*
les ii traite de tout ce qui peut avoir
rapport \ Âppien , & donne une idée
de fies Ouvrages. Cet Ecrivain étoic
contemporain de Trajan 3 d'Adrien
ft d Antoine Pie. Il étoit d'Alexan-
fjrie & a écrit en grec une H i (toi te
Romaine oui s'étend depuis la fon«
dation de Rome jufqu'à fon rems«
Il l'a divifte par provinces , c*eft^à«
dire j que dans chaque livre il
donne 1 Hiftoire d*une Province £c
de tout ce que les Romains y ont
fait. U blâme la méthode de ceux »
qui 9 dans une femblable hiftoire ,
paflènt brufquement d'Afrique en
Efoagne » de-là en Sicile , &c.
L'Ouvrage d'Appicn contenoit
Vingt*deux livres , dont le premier
lentcrmoit l'Hiftoire des Romains
ibus les Rois i le fécond ^ en Ira-
liçî le ttoificmci chez les Samnites ;
\\ quatrième 9 dans la Gaule \ le
cinquième^ en Sicile , & ainfi des
^tfcs^ en ^tgne t avec Aimib%l >
1646 Journal des S^avans ,
(n Afrique , en Macédoine ', tû
Grèce, en Syrie, chfz Ici ParAcs,*
en lilyric , en Atabie ; de toits ces
livres , il n'en relie que onze. Dans
tinc fcj^ion particulière M. Schiret-
ghœu(er cire tous les témoignages
des différcns Aurenrs anciens en f^f
îreur d'Appien & de fon Onrrage^
Dans une autre îl s'atifache à fai^
Toir que le Livre de ta guerre deS
Panhes, que Ton trouve (bus le
nom d'Appien , foir dans les ma*
nùfcrits , foie dans \zs imprimés^
n'eft point de cet Eccivain , cl'eft'^
à-dire , qu'il nVft p^ fc même que
celui qu'Appien a e^rit ftir le wktot
fujer que c'cft une mativaHc compi-
lation faite d'après içs Vies <Ie Ct^r-*
fus & d'Antoine données par Piutar*
que. Il entre ici dans des dtfcâffions
critiques qui fonç impoTtantes K
qu'on lira avec plaiitir» Il indiqua
fous les différens i^iïteurs cités pa:^
Appien, & fait voir qtié cet Ecri»
f ain ne s'eft point fcrvi qe Phitaxqse.
On ne igetLt ofi^tTicaixcager Mt
Août 1781. 1^47
wcighowifcr à conrinuer un tra-
qui le mettra en état de nous
ncr une excellente Edition d'Ap-
»• Ses lumières & fcs connoi flan-
dans l'Antiquité nous aflureoc
fuccès de cette entreprifc \\\
:] M. ScWeijghœa&r a <!îc cUos cette '
mation que l'Edition (fes Eûcnne n*a-
lii faite que cTaprès an feul manufcrir*.
eu dépuis occaiion de fe convaincre du
raire> & nous a prié de Tannoacer*
\ Extrait d^M. Jk Guignes. J
.1 ..• 9
:i
*¥*
•
1648 Journal des Sçavans ^
RÈFLEXi a^JiS furie Projet
Jtunt Hifioirc géniraU de France ,
adrtffies à MeJJîcurs Us Auteurs
du Journal des Sçavans , par M»
CAbbi Carlier.
ON lit à la page 17} du Mtrcart
de France du ii Avril, l'Ex-
trait 6u compte rendu , d'une Hif-
toire générale de la Lorraine. Cet
Extrait nous a fait naître les ré-
6cxions fuivantes«
Il feroit intéreiTant pour notre
Nation > d'avoir une Hiitoire topo-
fraphfque & détaillée de routes les
rovinces du Royaume. Non-feule*
Aem cet Ouvrage manque à notre
Lméiaturej on^n'a pas même un
Diâiotmairc comblett une Nomeo-
clatnsc exaâe , de toutes \qs villes»
bourgs & villages de la France» Il
çft çeftaîn qu'une hiftoire de chacune
de nos P^oviQc^s 9 traitée comme
^e de la Lorraine , rempliroit , en
j;r«nde parôt ^ Vt xara tunt de fois
!>rmé pour une Hiftoire générale du
Loyaame. Mais je penfe queTexécu-
ion de ce pJan doit rencontrer des
ifficulrés ; ôc qu'après avoir atreinc
: but où M. Durival eft parvenu ,
n travail aufli immenfe laifTeroic
Dujours quelque cbofe à deHren
Il n'eft guère poflible à un feul
lommede Lettres de connoitre pat
c détail & de faire le dépouillement
le roue ce qui a rapport à l'Hiftoire
Icciéûadique y Civile, Naturelle Sc
^olitiquc de chaque arrondiiTement,
our peu qu'il (oit étendu. La dé*
ancc ferme l'entrée du plus grand
ombre des dépots & des arcliives :
lufieur^ années d'une réfidence ha«
itueUe fuffiroient à peine pour pro-
uret'à un Auteur les connoilT^ncef *
.e tous les objets eiTentiels à la'def-
ription d'une feule Province , rcla?
iveaient aux traits hiftoriques confi**
tfés dans les. titres, aux produo*'
locis naturelles , à la population ^
u commerce ,. 8cc, Rien de plu*'
arlable que les arrondiffemens i(
r
1650 Journal des Sçaraws ^
les bornes des Provinces , par rap^
porr à la circonfcription des Moa«
▼ances & des JurifdiftioDS. Desrai-
fbns politiques y des arrangcmensdô
fucceflSons , des parcages de familles ^
des procès même 3 enfantent drt
changemcns de limites des difi*
fions & des réunions imprévues. .
1^ feul plan à Tabri de ces chan*
gcmens 6c des difficultés que peut
tv'ncontrer Texécurion d utie Hiftoiit
générale topographiqae du Royau-
me, feroir celui aune divifion de là
France par Diocèfe , & de chaque
Diocèfe en Paroiflè. Ha été. exécuté
pour Je Diocèfe de Paris , par M.
lAbbé Lebœof, de rAcadémic
Boyale des Infcriptions 6c Belles*
Lettres , en qiiins^e volumes i^-li* '
Ce grand Ouvrage peut fcrvir de
modèle , pour la diflnbution. L'Au-
teur rafTeinble fur chaque ParoilTe
tout ce qui a pa venir à fà connoiP
fance, tant par le dépoutUemeoi
des titres qut par rinfp'eâion des
iieux 9 rclarivemcnc i rHiftoirc Ec^
IF
jottt 17S1. i6yi
ftiquc. Civile & Féodale ; à
oire- Naturelle , à la dcfcriprioa
apbicjiîe de chaque tcrriroifc
les dépendances.
travail initruAif, eftimable,.
êmc précieux, auroit acquii
de perfeékion , fi l'Aureur eue
icrtrela dernière main; mais les
lires des fix dernières années de
, pendant lefqucUes il fie im-
r ce grand Ouvrage , ne lui
renr pas de lui donner toute
:}ue & tour le fini , dont plu-
parties de cette Hiftoire au-
pu être fufcepiblcs. Telle
e cft , elle peut guider les Gens
ttres ou les Sociérés qui au*.
ie courage de former une pa-
enticprifc pour chaque Dio-
te dîvifion <Ju Royaume eft {«1
jui foît à Fabri des change-
Elle fubfîftc depuis le règne,
-nperçur Honorius : la divifion
rand Diocèfc en deux ou trois
> ne chainge tien à 1 ancienne
1651 Journal des Sfavans »
circonfcriprion. On ne prétend pai
avancer que les mutations de limite!
foienr fan*; e!:emple , mais on pcui
aflurer qu'elles font très-rares.
L'exécution de . ce plan . feroit
facile.
La fciile influence de TEvcqucft
des principaux Membres de foil
Clergé , & furtour des Qircs qui lui
font fubordonncs ; les lumières &
Thonnêreté, les loifirs même de cet
état , font des moyens faciles de
farvciiir au terme. Les Seigneurs Jcs
aroiflcs, inrércflés à la conferva*
tîon de leurs droits & au bien-être
de leurs ValTaux , peuvent venir ail
fccours de MM. les Curés* Un od
f>luneurs EccléHaftiques , connus pal
'Evêque pour être initiés datis Ici
connoiflances néceflaires au travail j
pourroienc le charger de la rédaô
tion ou de la réviflon de Thiftoire è
chaque ParoifTe , par utl fejour fil
. les lieux , fufïifant pour conduit
chaque defcription à fa perfeâior
Un feul des quinze volumes i
Août lySx. 1651
>ire du Diocèfe de Paris , Icuc
a différens modèles , propres à
er leur travailt
exécution de ce projet procure-
à notre Littérature, en fait
oire 9 le même avantage que no«
içograpble retire des cartes dé«
es de rObfervatoire fur les noais,
portion des lieux»
:s deux grandes entreptifes fe
roient des fecours mutuels pour
rfeâion de Tua & l'autre oojet.
ais, dira-t-on, comment trou*
ans chaque Diocèfe un Sçavant
éuniiTe , comihe M. TÂbbé Le-
f , les qualités rcquifes pour un
:avail } Combien de dimcultés à
cre 5 celle furtout deia défiance^
met les perfonoes les mieux inÇ>
es de la campagne en garde
:ie toutes les queftions qu'on
: leur faire & Tes lecours qu'on
; leur demander ? Quelle cqd6i«
dans les archives tant publquei
particulières » combien d'obfttt
à vaincre paur y parvenir l
^at aâuci uw —
lit difGciic de trou? ^a
s Sjavans qui rcunilTeiil t(»w-
■qualités dont feu M- l'Abb/
|[ !i fair pleuve dant fonbî^
lu DiocèledePaiis. Maisiltu
T pas impoQIble d'en forniff
Jchaquc UioctCc, en icndut
■que Uniarche qu'il a tcnueft
pthode qu'il a fuivie pour arrint
h but.
kcic méthode, d'après lepliB
' nous avioiii forme enfanWi
c éiè contenue dans un volume
1 X. On y auroit traité de la.nu*
: de pcocédei dans les réctiCT',
, des diffî^rcnies naturel de ma*
Lmens , des moyens de vaincre Id
lifficulic:i , de dépouiller & d'anf
Jtfcr ies litres, oe connoître râgS
H» bâcimcns, &c. bien emenoii
i cct'inarières n*auroieiiC
■pas été difcutécs av^c toute l'étendiR
■ Aéc-Hàirc, pour faire un Sçavantdc
F chaque i^maceui : on U fcioit coD*
Joât 1781.. 16 j 5
; renvoyer les perfonnes ab«
it neuves aux Traités com*
i pnr paru fur chaque partie»
; la Diplomatique de Dom
la Science des Médailles ^
: Coutuinier , les Fiefs ^ TA*
te, la Topographie, &ç#
ni de tous ces objets fur le«
n n'aitpas écrit , eft l'art de
ce l'âge des bâlimens à Tinf»
de rArcbkeâure. Feu M.
'sëtant appliqué à me don*
notions juQes fur cet objet »
ois offert t il y a environ
\B ^ à comporer fur cette par*
e(j>èçe d^nftruâion. Mes oi«
t éxk accueillies avec tout
dément poflible. Mais corn»
écutiondcnlandoit des firait
uré , de voyage &: de corre&
ce I je n'ai rien fait paroître
iijet» L'expérience que j'ai aç^^
ic; metea état 'de tracer dêb
; iuffifantei:« jpour dirigée;;
le de bon (ens^d^ns ce genre -
eiiclie* Cec.Qumge élémcQp ^
I
^
1656 Journal ài$ Sf encans ^
taire , fans former un Sçavanc apiNNh
fondi d iDS tous les genres ^ qu une
Uiftoire générale doit embôflèrj
auroit au moins rayantagt <l€ mettre
chaque Auteur ï portée de confdtct
les perfonnes les plut verftes dans
chaque matière.
lES Ellipses di ta lêngm
Uiîm^ fHcUia Jtunt îumntêMm
. hffê du diffinms mtots appêlik
■ PariiiS dOraifou. Ouvrage dcfr*
, tiné aux jeunes Humanifte^. Ftf
M. Furgault , Pioièflèur Emerics
de lUniverfité de Paris. A Paxîi|
' chez Nyon le jeune, LibraiiiBi
: Place des Quatre Nations. ly!».'
• Avec Approbation & Privilège <h-
Roi. Petit i/2-8^« 249 pages. Prix |
relié 9 I liv» 16C
To u T B Langue a fes Ellipfes 9
puifqu'il y: tn » dans le tran*
cois» celle de touttr les laifgues qoi
le pique le plus de régtilarité tcék
clarté. Saoâius a raifoh de dire que
plof
Jo&t 1781. rffj7 ■
plus on laiiTc de ciiofes à entendre
en parlant , fans t]ue la claiié en
foilUre , plus on parle avec grâce &t
avec élégance. Tout expliquer eft
un moyen fur d'ennuyer. La raifoti
de touK Ëtlipfe eft dans ce v£is d'Ho^'
nce: .
JnptdUt virhii tajfat ontrantibus aurtsi
Le larincn eft rempli, commî route
langue qui a éré à l'ufagc d'un peu-
ple intelligent. Tantôt c'tll le nom
fubftaiitif qin e/l fous-entendu , com-
(nc dans cette pbrafe d'Horace :
Vtnium cfJi ad Vijlx
popr veneum erac ad adem Vifl* ; Sc 'M
dans ces autres phrafes : ptr apatum
fugicnui i fous-cntcndez, campum. __
Milli-' frumtnti tua triverh arci ctitta/ih
Ho X A Cl.
Ibus-entendez mcdiûirt.
Scis , Protm.fcU Ipfe, nequt efi te fit- ]
^K fi>ut-i
fsâU^ ^ ksoÉl fa«i r—.uiki JttI
le pf.TÉer via combc tlniH cm
«ptiioé dia* le fairiM î es n'tl
I^Mfoan le inénK.
Tant&c c'en le nom mify
\t panicipe ^ cft feg»
Q»*OIKfi/;/ï.lJ9*/«((TlT» LlTl.)
fôot'Cncradcz, ttfùs
liHfitaiiaum ftrdaadtt rttpablie* fof
(Salldit»,)
foiu-cDtcodez , idoruam.
Mutalor in hurjt,
fout-CDtcndcz , ^nguUs,
.Août 1781. 1^59!
Tantôt rEUipfe porte fur le verbr. [
Mime adjum quiftci.
» Mente occiDiTC,aJfum quifiein '
Mené incipto defi^trt viSam }
fbus-entendez dectt^ ou quelque au- 1
trc verbe (emblable.
Caïuandg m iUum ?
Pan equos afetnderei.
B-cctendcz , capit,
t/eque arma , neque vinut tegtn
I entendez , poterat,
Sllipfes d'adveibcs.
t ftmptr boaa ifl mulîtr quam /h A
(Plaut..)
C*cft-a-dîrc, magis bona.
7ibîanon, utnunc, Orie/uilcc vinlla,Mf^
haque
r
't66o Jaurnat ittSçavans'i
fupple, olim.
Elltpfcs de piépofitions.
ScloB l'Auteur y dans cette phrafc :
j4ttlmuiji U non difie'u aquiu, '
on fbus>cntuid , apud,
& dani
FUt itofttm ,
on fous-entcnd ,/'/'.
Elliprcs de conjon^ons.
Ateliiu.ptjus, projîj , objis, aih'itvUtU
nifi qaod luiii. ( Ti k eiice<)
c'eft-à-dirc,
Mtlius AN pejui , pro/s K£ an ot/ltiSt,
Hec fum adib infirmh , nuptr mt îm lit-
tore vïdim
c'cft-à-dîre, JfJM naper.
Nmium ne crtie eolori,
'MhaliguJlraC'idunt,*actiaU aigre îtgtu
il faut encore , félon l'Auteur , (busi
entendre dans cette phrafc : nam ou
I[ Mût 1781. i66ï,J
Canlamus yaeui , Jîve quiJurimti
r'cft-à-dirc, JîVe raeui , fivt ijiùd *
trimur,
^Muhit ilU bonis fltbilit ocddit ,
ffulli fithilior quam libi, fi.-gUÎ.
■ cA fous-^niendu au fécond vert ^
H peut-ôtcc qu'tdtm au premier.
L'efprit eli icllemcnt accoutumé
uxElltpfes, que, qudtjuciois les
hrafes elliptiques font ptus ai(è;s
cnrendrc que Celles où tour eft
xprimé. Par exemple , Varro dotiior
ffyUij/nCicero.Ccriainemeiicl'efpnt
,e defire tien & ne voit rien d'omj*
[ans cette phrafe ; mais ne feroîc-îl
45 airêië un inllanr par cette autre
hiafc qui , félon M. Furgault , en
ft le développement? yarro doSior
fi prie ta ratione ad quam tationtm
'■oSas efi Cicero, Cette explication
le rappelle-t-eUc pas un peu ce vcri
ilailant de M. de Voltaire.
Jue l'on expliqae cncor peut ie t'eatendtet |
Ec Traité des£Hipfc!cfl piÉcfdi .
Aaa«iij
l66i Journal Jet SçOVMaâi
d*uii Ttiité fçavant fur la nantie 6C
l'ufagc des HifFèrcns mots qui en-,
trcnr dan< la langue Uiine. Les îJén
des Gumnaitiens y font qyclqilfr-
fois combaccues & picCjue loujaun
avi c lucc s.
En Parlant des pronoms , l'Au-
teur s'fXjsrimc aînG , nIlU, feti i
■' «exprimer la louange ; ijïe , le mé*
I t* pns ou le Mâmc ; comme Magaut
! fi!i£ ^ttxanJtr; Ferres y?<; ce*
p*pendan[ Huiacc a dit : »
Gratas Altx^ndro rtgi magno fuit iU*
Cftxrilm,
n
Si
non pas i/lt.
ctffyiJtChtfL
baille.
&
Vitgi
z aa contraire a dît :
£.p».
i^tfui:
aniari itii^tts ,
»»■
/a
mpride
n Siimcon
laudavit eût m
mJK»
|^l>rép<
L'Aufcnr ne compre que quatre
prépodcions qui tégiireat indidtac-
idM
^V Jo&i 1.7S1. lg<jj
^^BfnentracculatiF& l'ablatif; Tçavoit
^*" , Juh, fubtcr & fuper, & il mec
la prépofition pojk au nombre de
celles qui ne régillcnt cjuc l'accufa-
rif feiiiemeni * elle régit l'accufalif
fans doute. V
Aiiilas.
1 rtgtid videnj, i
mais Virgile dit dans la même phrafc:
En unqtum fatrioi long© port lempora jî-
& il dit dam la même Eglogue i
Utfpexit tamia fi* longo pofl temporc v«n£
& l'Aareur, à qui les bons Hcrivainjl
(je L'Anliquité font lî familiers, n»
rignorc pas. Il a cni fans doiire f
pcut-êcre avec raifon que dar
derniers «cmples , pofi eft adverbdi
& non pas prépotition, & que pour
&ire la conllTUtfïiun , il faut cl)re:
lango temport pajî ^ 6c non pas pofi
iongo lemport. Son Ouvrage an-
nonce la plus parfaite connoifTance
de la langue latine , Si peut encore
A aa aiv
I
i^B
,1664 Journal dis Sfavunt ,
(tîc utile à ceux qui la fçav<
mieux , bien loin que Ton uiilit!
borne aux jeunes Humanifles à qilï
l'Auteur l'a modcflcment dcllini.
[ Extrait dt M. GaUtard. ]
Extrait des Obftrvaùons Miuo*
Tolog'tqucs faiics à Moatmorvicyt
par ordre du Roi , pendant U inçis
dtA/a:iy?i, parie R. P. Coittt
Correfpondant dt CAtad, Royeit
des Sciences,
NOUS avons encore éprouvé
comme en Mars & en Avril
des chaleurs rtès-fortcs qui fe fonc
Ifoutenues jufqu'à l'ciioquc de U
nouvelle lune, alors l'uir s'cft lubi-
tcrasn: refroidi ; le vent itoit vîf &
picquanc : ce froid , qui n'a duré
^uc quelques jours , a été fui/i jur*
qu'à la fin du mois de chaleurs eO-
cor: plus forces que les préccdcDtef.
La féclicrefle a continué auHÎ , mail
les pluies d'orage qui font furvenucs
de tcnis en cems ont fait sfaflA-J
t lut venues
Août \y%i,
kn aux prodtiâions de la terrpj
4, les orges épioîent, les fil-
iaux fleuriiToicnr. Le lo , les in-
^cs & l'égiancisr entroicnt en fleuri
Le 13 , les tofes blanches & rouges
flcurifToient. Le 15 , on fervoit le»
^fraifcs. Le 18 , la vii^nc ctittoic etî
^kur. Le 21, les bleds épioient
^R fleurifToiem. Le %-}, on fctyoïc,
^Êk guignes. Le 29 , les tilleuls cn*:J
^■ôîcncen Seur îlesgcofeiUeiécoient
■ugc.. >'
^H Timpératares eorrefpondanus au»
^mffirtns points lunaires. Le piemiei,
^P*. Q. ) beau & doux. Le 4 , ( 4'.
^Mtri avant la P. L. iquin. dejcend,
^K/'<''^^'t) chaud, tonnerre , goutr
^K de plivie , froid' le lendemain*
^fc'S , ( B. L )' beau , doux. Le 1 1 ',
^Bbni/Z, aufi. ) couvert, vent doux-,
^Blic, tonnerre. Le i: , (_^^^.jour
^Êpis la P. L.') beau, brouillard,
^Bs-chauH. Le 15, (^'O.Q.) nua-
^R 1 nès-chaud , pluie, tonnerre,
^p-iS , ( apogée & iquin. afcend. )
^bv.e]:t;i chaud, pluie, tontieciEk
1
:s
les
»ic,^|
m
r
I
1668 Journal des Sçavans f
Du t o aa 1 1 » monté de 6 1 1 lîg>
Du 11 au ij , haijfé àe x , i lig.
Du 1} an 16, monté ie i , Il ])g.
Du ifi au 19, {•ai£è èc 1,1 lig.
Du 19 au 24 , monté de j , 4 lig.
Du 14 au 1{ , haijjé âz 1 , iplig*
Du 15 au ili , monté de i ^ 4 lig.
Du l8 au 50, baijfe de l . 8 lig.
Du 30 au 3 1 , monté de i , 4 lig. ,
Le 31 » à 9 j h.yo/r, 17 po. ii>
8 lig. Le mercure en général a peu
varié-, il s'eft beaucoup élevé les s
& II, & fon abaifTcmcntaété af-
fc2 c,-nfidc(ablc 1-s 4 & 8.
Plus grande éUvation de l'hygro*
mhrt , 4ï , 7 ■* , le 3 1 , à 9 ^ b.
foir-, le vent fiid oucft très-chaud &
le ciel ferein. Moindre élévation ,
S , 8 ■■ le 20 , à 4 |- h. matin , te
Tcnt oueft Se le ciel couverr avec
pluie. Diférence-i 36 , 9 ''. EUv*-
tion moyenne, Jo , 1 degrés.
Plut grande déclinaijon de faf
guilU aimantée ^ ij** 5S'. MoinJri
déclinai/on t 19'' 50 les 3 & 4,
Di^értrict , S '. Déclinaijon moyi^^
I
^P Août 1781. 161
I au matin , 13 " 57 16 "; à m/i/('
I9 " 57' 46 ''. ; au yôiV, 19 *
^■j'if>".Dujour, I9'*j7'î9".
Elle a prctque toujours été ftation.
naitcà 19 ** j8'. Le tonnerrt s'cft
fait entendre Hx fois de près , les
4, II , 13 , i^ , 18 & 19, & 1
fois de loin les 14 & ix. Les ora-
ges du 19 & du 11 onc été ttès-con-
fidcrablcs; l'éU^ticitc ratiirellc i
été foiic pendant ces orages. Le
mercure du baromètre avec lequel
j'avois fait communiquer le grand
conduâeur , étoît dans une agita-
tion continuelle; il en lortoit fré-
quemment des aigrettes accompa-
gnées de fcémifTcmens ; il a monré
fubitcmentdcj lignss.
^^ Il cft tombé de la pluie les 10,
^bi, 13, 15, 18 & 19. Elle a
^Riurni l€, I lig. d'eau dont 14,
HJE lig- font tombées en trois jours,
les 13 , IJ & lîi. Vivaporation a
été de 70 lignes.
Un pied de rhubarbe , rtumpaïm
matkuïïif que j'avois femé le 1^
^^pôyo Journal Jcs SçayanS f "
^BMars 1777, a Hcun pendant ce
^V mois , les dcurs Tonr blanches à êta-
^p mines. La tige qui les porte a 17
^K pouces de hauteur, ks f^uîiles, qui
^K font toit bellts & profondément
^B- découplées , onr 11 ponces de lon-
^B ^ucur & 16 de laigcur. Le pédi-
H^ culc a lîz pouces, la plante cH en
pleine ferre depuis 1778
Nous n'avons point eu de mala*
' dies pendant ce mois,
1^^
hOWELLES LITTÊRMR^U^
ANGLETERR ^H
SE LONDRK '-^^l
HHhe Naatical Âlmanae ^||
A. ajlionomtcal Epktmens for liit
ytar 1786. 178 i- i«-8^ ^
Cette excellente EphéincrjJe qaf ||
■L Ton fait calculer à grand firaUjIM
^1 Angleteiie pour l'ufagc des ^^^|
^■^uciuS} depuis 17^7 « fc tl^^l
Août 1781. 1^71
tUellcment en avance tfe qtiiitrBj
j , ce que l'on dcfiroit depuis long}^]
BIS pour les voyages dclong coiirsaj
» Maskelync, Aftronomc Royal
^ dirige ce travail, n'a iJcn ou*
ié pour en accélérer la publtca^
in. On imprime aâucUemcnt
1 tables de la lime avec des cor^
Stîons , & les tables auxiliaires ^lû \
facilitent le calcul.
•^ Scxagefimat table , l'y MUkatl 1
ylor, i»-4*. j 60 pages. Prix ; I
"Voici cncote un Ouvrage aci
E l'on doit à la magnîBcencë (
luvernemenr & au zèle du bureau
i longitudes d'Angleterre. On y
ave le réfulrat d'une proportion
pt Içs termes n'excèdent pas 60
nutcï pour toutes ie; minutes
fécondes, des tables d'éi^uatiop
pont les kcondcï djfiïrenccs , une
table niilltlîmale dc.<i parties prc^^ j
^J>r:cionneUeï,| adaptéeraux propâF-J
tJti/ninmcs Se det fecondç^J
1
I
l , ,, ,. . J
i6yi Journal des S çavans t
par laquelle on trouve le réfultat
d'une proportion dont le prcmie»
terme cft 60 minutes , le fccond term-
ine un nombre cjuelconcjiie de mi*
nutes au-deffous de 60 , & le troî-
lïèmc terme un nombr; cjuelconcjue
au-dclTous de looo. Enfin , une ta-
ble poui convertit lesmonnoycs»
Jtoids & mefiirc^ en feïagefîinaleï
de la plus grande, & récipioquo»
mène
\
■ Tables requzjîtetoie. ufed Wtth tht
Hautical Epkemeris. 1781. 173 pi-
ges in-8". S: 6^ d'explication.
Lorfi^uc le Nautical Almanach
■parut pour la première toîs pour
I767, on y ajouta des Tables aifiî*
liaires pour les calculs de la lon-
gitude en mer. L'édition ctanr épui-
'léc on en a fait une nouvelle confi-
'dcrablement augmentée & qui tend
•plus- facile le-travail des Navigatcua
'qui ont l'émulation de vouloir ob-
■fcrvet en met IcJ longitudes. La
^ méthode ât M. Lyont & <Â;ik delf
ÏJoùt 1781.
nnthom y font renJucs plus £
les. On y en a aiouté deui aunes.
On y trouve 1» ubics qoi ^rvent^ I
à avoir la Uticude par deux liaU*. '
teurs. If s tables des cbsngcraciu de
tlcclinailon dfS (întu naturels ; du
logarithmes de! Hnus , [argentés &
fccantes ; des tables de loganib-
ma proporrionch où le logamb*
msdc 3 heures, cil nul^ &c AvtC
des explications déraillcei.
M. Arnold vient de iïnîr quaxre
montres matines pour les longiiu*
des, pat des moyens plus fîmplei ^
il y a une méthode pour les lefTorts
dont il a obtenu le piivîicge eiciulîf*
feimotre phyjtque &. mûUcioat^
rani des rapporti évident tnirt
xènomlnei de la BaguftU divi'
natoire , du Magnai fme & de fiiec
iriciU ; avec des èdaircijftmens fur
^autres objets non moins impnnani
^ui y font relatifs. Pat M. T'*'.
D. M. M. à Londtes» fc fc trouve
yPafis» chez Didoc le jcuncf ^uai^
I
mru
1^74 JoUirtal Jts Sçawaas ,
■ des Au;;Ullini. 1781. Vol. ia-i"*
de J04 pag.s.
En artcndaot <)ue nous fa({îonJ
connoîtrc par un exfTait cet Ouvrage
qui mctirc 'oute l'attention des Phy-
iici:['S & d:'$ Médecint^nou! croyons
dcvoii vappelicr à nos IcAcurs plu-
teUTi autrt-î MÉmoires du mênic
Aucinr , (M.Touvcnci) cionc^ueU
SiR-î-ims nous ont échappé > Si que
oivcLK lire tous ceuï qni pienncot
un grand iniéiêt au progrès de h
Phyfiquc Se de la Médecine. Ce*
Wcinoircs lont , 1®. Iiir le Mécha-
I cfine Se ic produit de la fartguificjl*
I lion à Pctcrsbourg, 1777.
x°. Sur lis fubliancc; médicamcn-
tcofes ou réputées telles du règne
animal. A'bordeau», 1778.
j". Sur la nature, I« ufagcî fiC
IcsefFets de l'air & des airs, dïS alî-
mens ?; des médicamens , relative-
ment à l'économie animale. A Toiï*
Iloufc, 1780.
Ces trois Mémoires académiques ,
iclattfsàla Chimie Médicinale^
»!
Icmicjues ,
J
EAoât 17S1. >^7m
précctlésd'un auneà Mompcllier»!
1770, (</e Corpote Mucofo y frcj
donr il fc trouve encore ici cjiieltjues
exemplaires. Ils feront bientôt fuj-
y\% 6.C la publication de irois aunes
Mémoires , également couronnés
par des Académies de France ou dc^
Pavs ciraiiger; , & que nous avonj|
déjà annoncés. .'
Le Mémoire analiriquc fur Iei|
Eaux minérales de ConirexeviUe et»!
Lorraine, publié à Paris en i77î j
aura aullî incefTammcnt une fuue^
conrcnant le tableau hiftoricjiic fl£
taifonné des maladies chroniques,
traitées depuis cette époque par ces
nouvelles Eaux , qui n eroicnr alors
qu'impaifaîremcnt connues. Leur iap>
prochemenr d'aurrcs Eaux minérales
célèbres Si très- recomniandab les ,
telles que font celles de PlomhUrei'y
BoufbanniS , Luxeuil , Bains Ôc
Bujfang, toutes diflFcrentes les unes
des autres, la facilité d'en réunir
ou d'en faire fucecdct l'ufage , tar>c
~ uéiicutemcnc qu'excétieutemem
\
I
detisoyeni
mèibo&^Ks Se cam-
•ppfiafalcs dûs bien Aa
et maUJks lottes fie coO*
dormit EiR (ai U Loi*
l'une des plut nchcs Pco«in-
RoTaoïDc en foorccs rainè-
falcs, rattcniion de toai ceui ^là
«'occupent à: l'art de guénr. Atifi
ce but (Tucilitcpubliquc a ;-îl en-
gagé le GouTcrncmenc î ptestlre
en confiJétation les projets ne cotn-
& d es établi iTcmenl
pTopics i Icfecondcf.
Toits rcs différcns Mémmtcî de
M. Touvcoellc , d»nt 1« fujcts font
Ion impotrans» comme on peut en
jagcr par leurs rides y fc trouvent ou
'Je tiouveront chez Didot le jeune,
.j^uai des AuguAins. _
DANEMARC K.fl
COPEKHAGUS.
Kyt Sam/ing of dtr Kongtlif^
tltinske yidenskubtrs Sehlabs Ski
J
Août 1781. 167^
ttr. Ou Nouveaux Mémoires de 17
cadcmîe Royale de Daiinemarcfcil
Tome l"*^. A Copenhague. lySl^l
640 pages /n-4°.
Aptes les douze volumes de l'an^ J
cicnne coiktîlion des Mémoires de 1
l'Académie de Copenhague, donçl
le dernier a paru en 1779 , on com>J
mcncc une nouvelle fuuc; nous r
pouvons qu'indiquer les i'ujets d^l
Mémoires contenus dans ce premier''
volume , on jugera du moins par-li
de raâivité de cette Académie, 8c
de l'ucilité qu'il y auroit de le pro-
curer une iraduâion de ces Mé-
moires.
I, M. Femlcr , Mémoire fur X'xxvA
vencion des canons 5c de la potjdtf.
X. M. MuUcr, fuT le txma\ \\
prouve que ces vers ne peuvent en»
trcr dans le corps humain y mais
iju'ib V naiflcnt.
3. M. Strom , DefcriptioD des vtt^
fcâes de la Norvège.
4, M. Kraizenltein , fur U StruQi
achromatique de l'ceii*
l
tiy^ JoumalJet Sçavaht i
'■ j. M. Lous , Dfcermînation dé
ia polîiion des Obfervatoîrcs de Co*
■penhaguc , d'Uranîbourg , & Je
Lund en Scanie, cirée des Obferv^
tionî de Picard , de M. Schcnmatck
8c de M. Bugg: ; voici les latitude»
& les différences de longitude.
Tour ifttonomîque
de Copenhague.. {]* 40' 44'
Siaiion de PicatJ i
Urauîboutg ïî î4 t?
Dame He Lund. ■■•tf 41 6
€. M. Cardcns, fui l'oiigine 8C
les variations des armes des Norvé-
giem , fur leï fccaux & les monnoyet
qui y ctoienc en uiage,
7. M. Siibolt , fur la manière de
traiter les mines de fer pour la fonte
des canons , 6c fui la manière de lef
jfondrc.
8. M.Krarzcnrtcin, (urladifpofi'
tion des tables d'Obfcrvations Mé>
téorolcigiciucs.
9. M. Spcngler , defcription d'une
Madrépore, en vis.
10. M. RQttbcdl< fig les I
-ii^Hi
RJ*ât 1781. l6\
, uméraires & les futures du crii
liiiniatn.
II. M. AMldgaard , nouvelles
Expériences taîiet avec le quartz 3C
l'acide vitriolitjuc.
iz. M. Holm, fui les pUnres de
la Criptogamic , qui prennent naif-
iancc fur les matières végéralcs &
animales, & fpécialement lur celles
qu'on appelle c!ayaiia militaris &
Ta m Mria fa ri/iefa .
13. M, Stibolt, fur la nature de
la poudre & la Duâure des monicrsà
14. M. Spengler, fur quelques
coquillage^ très-petits , trouvés dans
je fable, du geuic des irochus,
turbo; murex , nautîlus, &c.
15. M. Brunnich , Defcripiion
d'une nouvelle efpèce de tiilobite ,
coquille folllle.
16. M. Bugge, qui a été chargé
Àc la direâion des Carrcf du royau-
me , qu'on a levées & gravées i.
l'imitation des grandes Cartes de
France , donne la dcfcription d'un
enoniQnpoitacifpout tracer des n '
I*8» Journal JeS s f avais l
xidicnncs, & (^c la oianicrc U plttf ,
commode de Faiic Us boudbles a*Aï>
penccur.
17, M. MulIcT dècrir deux noo- '
vcllcs cfpèces de monoculcs, pctio
infeâes curieux qui habrccnt fous lu
membranes tranfparenres de la plants
"appellée uCricularia vulgaris.
lït. M. Siihm , donne l'Hiftoite
des habrans de la Chazarie ou I^o- 1
zahc, peuple voifin du Volga, qui
était puiirant avant le 10^. fiècUi
{<. qui efl: cependant peu cr>n:iu.
19. M. Bugge donne des Obfer-
Tations des fatellices de Jupîrei ^-
tes à Copenhague par lui-même , i
Chridiania , pat M- Ricks & à Fri-
dénk>^haid , par M. Vibes , pour
déterminer la longitude de ces deux
villes de Norvège. La ptcmiète cft
à 6' -jS" de rems de Copenhague,
& la féconde 4' 4} ", Copenhague
à 11 ' j7" dcSiOckholm. Ces deux
Lieutenant ont déjà levi en Norvège
1 50 miU? carrés & pendant l'hiver ilt
63nt des Obfeivacions dans les viHdJ
Joue ly il. i4tw
tfai doivent fecvic de termes de
Comparai(ba«
20« M. Arenns tîmc de i'ufage &
de la détermination des (ignés -f. 8c
•-p^ dans quelques cas douteux de Tal*
gèbre & dis calcul diff^rentieL
zfé M« MorvtUe^ de la folutioti
âcs équations exponentielles.
21. M. Fabricîus ^ des vers & des
snfeâes que mangent les baleinet
dans la iner de Groenland
- 23. M« Bugge rapporte les Obfer*
varions qu'il a faites pour Toppoti-
tion de Jupiter arrivée le 1 1 Avril
î 1 h. 19' i$". T. vrai, & plu-
£eurs^f utres éclipCcs* dc^ (atellites de
JupiMr.
%j[: M; G^uir exanTme le moyen
de fe procurer le plus grand effet de
Feau par le mouvement drs roues«
PRU'SSE*
'1
D B B È k t I »•
'Ferriere Naehrichi , &e. Profpcc*
Mût, fibbb
X 6S 4 Journal dc^ Sçavans ^
Nous rendrons compte de cet
Ouvra^ç bieq fait , bien écrit &
^ui nous paroît mériter d'être cit4
comme une preuve & un exemple
des progrçs remarquables que U
Ch'i^ic moderne a f^\X faire à U
Fby(îque depuis que ces deqx Scieni
ces (ont confpnapçs ^ o'ep foQl
plus qii'uqç.
FRANCE,
P* A V I G N P Kf
Traité (P Arithmétique. Par M. le
Comte de Fortia. A Avignon 9 chez
J. Aubert , Imprimeur - I^ibrairCf
lylBi. Avec Approbatipn Sç Per«
piidion des Supérieurs^ //i-S^« M
9 E P A R ï f .
Collision aeàfiémiqUif 9 eomfojeê
des Mémoires ^ AScs ou Journaux
d€s plus centrai Académia 6* Sé
'Joui 1781; 16S5
f lùtirairts dt C Europe ; coticer*
l'Hiftoire nâtutelle , la Boraiii-
la Phyfique 9 la Chymie > là
Moe^ l^Anàtomie» la Mécha*
:> iCc. ha fis acctndunt lumina
• Toiiie (txiènle ^ de la partie
ôile, Contenant la fuite de l'hK-
6c des Mémoires de TAcidé*
Royale des Sciences de Paris ,
es & publiés par M. Robinet^
eut Royal. A Paris , chez fE-
ty rue de la Harpe ^ ï l'ancien
^ge de fiayeux* A Liège ^ che2
ompteux , Imprimeur de Mel*
eurs les Etats* 1781. j^tf pa-
i colleâiort des Mémoires de
;démie des Sciences étant (t vo«
neufe & Ct difficile à acquérir,
obinei rend un fervicc aux Phy*
is » en continuant la publication
t abrégé 9 qui forme la collée* '
académique.
: tome fixièmc, qui comprend
années, dbpuis 1716 jufqu'à
» inclufivement , n'eft ni moins
Bbbbiij
i688 Journal its Sçét^ans ^
cbe depuis long-tenu à partager t9H
les HoUandois k commerce dfî
^icciKs f ordonnra cç Voyage poiu
découvrir de nauveUes i(tes oii il 7
tût de ces produâioni. Le Capitaisç
Fomft 9 qu'on chargea de cette eipé^
ilition , s en acquitta avec autant df
^eèle que d'intelligence ; aprè» avoir
£ris fon point de départ oe Balani-
anean 9 établifTement anglois att
Dord de Bomeo, il parcourut te ta»
mina les Moluqucs 9 la nouvelk
Guinée y où il refta aflez long-temii
Il en tranfplanta des milliers d'a^
brcs qui portent les clous Ac gérode
^ la canclle ^ enfin 9 il prépara di«
vfrrs établiffemens qu'il étoit impor^
tant de faire connoitre & qui ne
pourroient être connus par ta leâuiç
d'aucun des Ouvrages publiés jufr
2u a ptéfcnt. Le Voyage de M. de
agès 9 autour du monde 9 dont oA
efpère bientôt la publication 9 coo«
tient à la vérité beaucoup de détails
fur cette partie . des mers de Tlnde}
mais il eft encore manufctit 9 & nom
Août 178 !• 1689
il*en paierons ici que pour faire ob*
ferver que les Anglois ne font pas
les feub qui donnent des preuves
d'émulation » de curiofité » d'ardeur
pouf entreprendre & de courage
pour «xéoi ter. ML de Pages s'cft at«
IMché fanoot i connoître les Natu-
tels du Pays 9 \ étudier les hommes
Auis rétat de fimple nature ; '& te
livre de Forreft contient ï cet égard
fks détails curieux ^ avec beaucoup
de Planches qui mettent fous les
yeux du Ledeur les ofages, les ba^
billemcns 8c la nangption de ces
peuples encore prefqiie (auvages.
Ce Voyage d aiUeun perfeA ionne
là Xjéograpnie de cettt partie ^e
rinde 5 & ôfire des découvertes im-
forrantes pour les Navigafttirs. Dans
'efpacc de ^OO lieues qult y a de-
puis Batavia jufqu'à Manille , on ne
pou voit pas fe flatter de cotmoitre
parfaitement un feul point.
Les Hollsndois ont jufqu*ici in«
duic volontairement les autres peu<v
plc$ en erreur y relativement à Is
BbbbT
l6oo Journal des Sçavans ,
pofition des Moluques , aux bancs
de fable & autres difficulrés de la
navigation de ces parages ; ils onl
fait de propos délibéré de fauffes
Cartes; le Capitaine Forreft tcâifie
toutes ces Cartes & dévoile \t% ma-
nœuvres que le monopole & Tavi-
dite du (loramerce avoient portées
jufques dans les dépôts de la fciencç
du Navigateur.
D'un autre côté , il eft eflentiei
aujourd'hui pour la France d'être
' inftruitc en détail de tout ce que les
Anglois entreprennent pour s'appro-
prier le Commerce de tou:es les
nations ^ établir des .comptoirs, &
fonder des colonies dans tous les
pays du: ^mondc ;/c'eft ce qui a dé-
terminé M» Panckoucke à nous pro-
curer cet Ouvrage y qui ne faifoic
que paroirre en Angleterre » & qui
eft le feul où l!on puifTe acquérir ces
•connoilTances. Nous .n'avons rien
' encore qui puific y fuppléer ; cet 0\>
vrage eft un- nouveau fecours pro-
curé à \a Gto^i^^^Lve c^ui a fait de-
Âoûi I78i« 1691
puis quelques années des- pro^
grêsiingulierr; celui du Capitaine
Ck)ok , qu'on prépare en Angleterre
rft'aulG bien digne de l'impacience
Bvec laquelle on l'attend 9 & Nf.
Panckoucke ne tardera pas à nous le
proicurer. On n*a encore publié en
Angleterre quVn petit Journal fait
fans doute par quelqu'un de Téqui^
Jrtige. '
•Littnfur U Salpitrt^ Uritten tyyS
dt Lima au Pérou ^ par M. Domr
* biy , Botanijlcm
•
' Sur les cotés de la mer pacifique^^
près db Lima ,. on rencontre uni^^
^ande quantité de falpetre que ToÈi
pourroit ramaiTcr avec la pelle Sç
'dont on ne fait' aucun ufage. Ctik
principalement fur les tenes qui fèrr
Vent de pâturages & qui ne produif-
lent que de» graminées ^ que ToQi
trou^^e' le plus abon4aaniien t de .c^
&\. Oirên poutroit faire un comr
imerce uâle pour l'Efpgne , commf
B b b b v|
s69i Journal dts S çmf MHS i
on en fidc du ftlpctre des Indefb
Les plantes grailèt que Ton n*
cueille dans cet lieux ibnc toutes &•
lées ; c eft un fel marin qaVUcs cod«
tiennent i fur les montagnes éloî*
gnées de quelques lieues de la meti ces.,
mêmes plantes graflfes telles que ks
Tttragonia .& bs Pcriulaca^ lba|
également ialées.
On feroit tenté de aoire que ce
ialpêtre , dans les endroits où il eft
abondant» y a été dépoié par les
eaux qui s'en font cbargées par la
dilTolution. J'ohferverai qud ne
plciit jamais à Lima : les brouillards
40fA cachent le fôleil aux babitMt de
^Juma 9 pendant (îxmois de Tannée ^
fuffifent à la végétation des plantes
particulières au pays.
Les c6tes de la mer pacifique
ont été nouvellement abandonnées
par les eaux de la mer ^ ainfi que
Tinfpeâion me paroît le démontrer;
car les montagnes n'y font point en-
core dégradées ni les volcans éteino»
SP côtes doivent être néceflaircmcnt
rgées de Tel marin; il ne feroic
aéraifonoabk de croire que par
fuite du cems » le fel marin peuc
onvcrttt en fiUpitre , auoi que let
dtives-^on a faites a cet égard
it hk infruâneufef • Mais la Na«
: opère-t-elk ce changement en
de tems ? ou lui faut ilbeaucoup
méeSy c^eft ce que rexpéricneé
rendra* ^
^our parvenir à la connoiflance
ce fait )'ai fait pulvérifer du fel
:in ; je 1 ai mélangé avec des ter^
alkalines & Tifqneufesy & i'ai
ofé le tout \ rair libre; danf
Ique mois je ferai la leflfive du
lange pour m'aflurer (i quelque
tion de fel marin fe fera convef
en (àlpêcre» il feroit peut-être
I avantageux d arrofer les -terres
c de Feau de la mer. Avant die
ilier mes conjeâures » j*aurois du
e des expériences & m'afTurer de
érité ; mais ouifque mes travaux
ofcnt journellement mes jours Ac
ibUgent à changer fouvenjc de
F
1694 Journal des Sçavans ,
plimat , je me fuis bâté d*cn. faire
part au Sçavans de l'Europe afin
3u ils tciite'nt la ïnêmc expérience ;
ans lin rems futtour où le Gouver-
nement François vient de donner ié
plus grands encouragemens pour
augmenter une lubftance devenue
trop néceflàire.
N. B. en annonçant les envois
faits par M. Dombey 9 nous avons
parlé du qûinoa» grdioe que ici
Montagnards apportent ^"cn abon-
dance ail marché de Lima, & qui
peut le difputerau ris par fa bonté^
la qualité nourriflante & mucilagi-
neufe ; M. Dombcy y avoir joint
un Mémoire fur la culture & Tulagc
du quinoa, mais le Mjémoire s*e(l
perdu en Efpagne y àinii qu*un autre
Mémoire fur le feu quoa obferve
dans l'eau de la mer,
Rifitxîor^s ImpaniaUsfur le progth
réelj ou apparent , que les Scien^
ces & les Arts ont fait dans le
l8^, Jièc& en Europe j & qtfùn
Août 1781 1695
ixammc principalement dans Us,
Ecrits des François y à tuf âge de
V Italie , Çf dans ceux des Italiens^
^ à Tuf âge de la France i^ précédées
, d^un Éjjaifur t explication hifio^
tique que Platon a donnée de fa
République &defon Atlantide ^
& quon ri a pas conjidérée jufqiCà
prtfent ; pour fervir dilnttodu^ion
aux mêmes Réflexions : CQmepjre*
niier. Par M. Bartoliy Antiquaire
de S. M. le Roi de Sardaigne^
de rAcadémie Royale des Inf-
^ cripcions & Belles-Lettres , &c«
A Paris. 1780. in:%^. de 438 pa^
', ges 9 fans rAvertiflement de 16
; pages. ' ' /
VrofpeSus de la continuation de cet
. Ouvrage.
Le premier volume de cet Ou-
Trage eft connu ; nous en avons rendtf"
compte dans notre Journal; aînfi,
BOUS nous difpenfons de rapporter
ici ce que TAuteur en die dans ce
i6^6 Journat its Sçavans ^
Profpeclus. Voici les objets qu'il
doit traiter dans le fécond vo*
lu me. Nous citons fes proprçs pt'
coles.
Nous nous propofons y dit-il > de
fiublict au commencement do tome
I de ces Réflexions^ le Livri II
de cet Effai. L'on y donnera le texte
le plus épuré du Critias^ tel qu*on
le trouve dans un très-ancien Mi-
nufcrit de la Bibliothèque du Roi »
te tel qu'il n'a point encore para* Ce
Manufcrit excelle par fes variantes
elTennelles. M. Bcjoi eut la boùti
de le communiquer avec ane pdi-
teflTe qni répond parfaitement aux
i itcntions & à là majefté d'un Roi
Froteâ:cur des Lettres , atnfi qu'au
caraâère de la Nation la plus grande
ic la plus éclairée*
C'eft dans le Critîas que Platon
parle ex profejjo de Yljle Aelamidu
On donnera une traduâion françoife
de ce Dialogue ^ avec toute la fidé-
lité poflible. i^près la difcuflion ipi-
neufc des queftions compliquées
Août i7Si« 1O7
cl'Hiftoire » de Mythologie , de Cbro*
nologie^ de Géographie 9 de Mon-
iale & de Politique , qu'il a fallu
préalablement traiter dans le Livr^ t
oe YEjfai ^ on tâchera de faire «econ^
noitre avec la plus graïuje clart^
dans le Livre II j une relTembUnce
lirappatite entre TAtlantide & l'AttU
que. Le Public impartial fera mieux
en état de juger (1 Vljlc Atlantique
éc Platon eft une image poétique de
la ville d'Athènes , de fa puiifancc
âiaritime. , de fes prétentions fut
fEmpire des mers, de fes fautes^
^ de fa décadence* Ceft ainfi que
r Auteur de cet £^i tâche de fubfti*
tuer au progrès apparent un progrès
fécl.
Cette explication peut intérefTer ,
i, pludeurs égards 9 même le Philo*
ibphe qui confidère avec fagacité
quelques évènemens moins anciens»
Il eft flatteur pour celui qui mit
au jour en 1780 9 à Paris 9 lé Livre I
de cet Ejfai ,, dy avoir développé
Tobjct politique Se moral de i'^i«
1698 Journal des Sçavans ,
lantidt de Platon y de la nicme ma-
nière & en même rems qu'à Berlin l'il-
liuftre Auteur de la Littérature allt*
tnande DTojpofoit 9 lorfqu^il donnais
plan d un Cours d'HiftoFre. On y]
marquera , dir-il (p. 73 , Êdir. de
Neufch. ) «les bornes qui diftin*
9^ guenc une noble ambition d'avec
M celles d'une ambition démcfurét t
» I on y fera réfléchir fur tant de
99 paflions funeftes qui ont encrainf
I» les malheurs des plus vaftes Etats j|
99 & Ton y prouvera que les Bonne^
5> mœurs ont été les vraies gardien-
99 ncs des Empires , ainfî que leur
Mcorrnprion, rinfrodi:élion du luxC
99 Se l'amour démeJuré desrichcffes,
>>ont été de tout tcms les précur-
99 fcurs de leur chiite.»
Le Réflexion 11^. que nous publie-
rons dans le tome IF. , après le Li-
wrc ir. de VEffai , fc;ra la continua-
tion de la Réflexion I^. On y parlera
de ïHiJloirc Littéraire de l^JUema-
gne , lelon les obfcrvations du mê^
me Auteur de la Littérature alU-
Août 1781. 1699
mande y combinées avec les rcchcr-
chcs de M. i^JHe JirufaUm , & de
ceux que l'on a indiqués, p. 371
du tome P. Dans la fuite de ces
'Réflixions ^ l'on fera Texamen de
rOuvragc qui a pour titre : Monde
primitif analyfi & comparé avec U
Mande moderne; & Ton y examinera
quel progrès la Poéfie Lyrique ,
Epique > Dramatique a fait dans ce
JGèclc en France 5c en Iralie. Ce n'cft
pas (ans raifon que l'on a fuivi cetrç
méthode. Il faut parler en premier
lieu des cbofes premières^ tel que
le Monde primitif. Les premier!
édrits furent ceux des Poëtcs.
Si Ton croit que la continuation
de ce EJfai & de ces Rifllexionsimm
partiaUSy accompagnées quelque-
fois de Gravures , puifle être utile;
fi Ton eft difpofé à favôrifer TimpicC»
fion du rcftc de cet Ouvrage ; noui
avertiflbns qu'il fuffit d'acheter le
tome l*^ broché qui a paru l'année
dernière » en payant 4 livres au (îeut
Jotry , Imprimeur Libraire à Paris ;
17^0 Journat aes yfm
xuc de la Huchctte , f
Châceler ; & de s*engaj
de pKnJre an mcitie pr
fiiivuit, afin que l'on
tien d'exemplaires on i
Ihçr.
Plus ttt achat & ceti
lêront promptes , plus j
ic tome II', paroîtra,
Prias ie VHifioUt J
mandts & par reponfi
ie la jeuneHc , avec i
attificielle pour fixer
moire les principatix f
HiftoÎTC par l'Auteur d
lànce de la Myibolog
chez Nyon , Libraire
'dincc , quartier S. An
1781. Avec Approbal
Uge du Roi. Un vol. .
fages. Prix, i liv> 16
Itinéraire portatif, <
torique & g^graphîq
geui dans les cnvirooi
Août xySi. 1701
auarantâ lieues la ronde. Ouvrage
amufanc & inftrudlif pour les per«
Tonnes qui veulent avoir une con-
DoifTance exaâe des villes 6c villa*
|es par op elles pafleiic ^ des grau»
les rpures & chemins de rravcrfè
5ui y conduifenc, dp la diftance
'un lieu \ un autre, enrichi d'un
P^an de Paris ^ de Cartes géogra-
phiques levées d'après les obrerva*
tions de MMi» de l'Académie des
Çpiences. Prix , 3 liy* 1 1 C relié.
A ..Paris 9 chez le mçme* lySi, Un
voj. «i-S^.de $14 pages.
. JSiJloire dû la République des L$im
$ns çr Ans tn Jfram^^ Année 1780»
IndoSi difiant^ & amtni mtminiffe perl^
A Amfterdam; fc fis trouve à Patisi
chez Quillim Taîné, rue Cbtiftine ;
la veuve Diiçbcfne » rue S. Jacques i
éc Erprit, au Palais Royal. I78l*
iVi*. 117 pages.
Jocajli^ Tragédie en cin^ afteSiL
1 701 Journal des Sçavans ^
A Paris y chez G. Debure l'améi
Libraire 3 quai desÂuguftins. lySit
Prix, 1 liv. 8 r. brochée.
Difcours philofophiques fur Us
trois Principes , animal ^ végétal &
minéral. Ou la Clef du Sanâuaiire
philofophique. Par Sabine Stuart di
Chevalier.
Cette Clef introduit celui qui la
poflède dans le Sapâqaire de la Na*
cure; elle en découvre les iTiyftèrés;
6lie fcrt en méme-rems à dévoiler ks
écrits du célèbre Bafilc Valcntint.
& à le défroQuef de TOrdre tcf-
pcûabje des Benédiâins , jcn don-
nant la véritable explication des
douze Cieft de ce Philofophc ingé-
nieux. Â Parisy chez Quillau, Li«
braire , rue Chriftine > au Magafin
Littéraire par abonnement. I78l«
i vqI. in- il. Le premier, de 20^
pages & les Prélin^inâircs 28; le
fécond; de 216.
Tout ce que nous pouvons dire
de ce Livre y ctù, que c*eft un Ou*
Août 178 ï. 170J
'rage purement alchimique auquel
l nous cft imppffible de rien en*
ençlrc, .
Précis hiJlori<iut & expérimentât
tes Phénomènes éleSriques , depuis
Torigînç de cette tîéçouvertc jufqa'à
^ jour. Pat M; Sigaud de la Fond^
PrbfHfcur tïe Pîiyfîjqué exnérimen*
rafW; Membre àc f Académie de
Pfctcrsbôurg , de hi Soctétc Royale
des Sciences de Mantpetlier , des
Académies d'Angers, de Bavière |
de V^iladolid, de. Florence , &c.
A Paris, rue 8r hôtel Serpente. 1781.
741' pagcsr z>2-8*^.'àvefc 9 platichcs
çn caille- douce.
DiSionnaire des. Merveilles de U
fiature* Par M* A. /• S^ D. A ]?a«
sis » rue & hôtel Serpente. 178 1. %
yol. i/3-8^* Tun de 493 pages, rauî>
«re de 476, Prix., 7 i. iq f. brodré;
.' iSious rendrons compte en détail
^ ces .deux Ouvrages intércHans*
ffïfioire unmrfèlU depuis /r ewn^.
tjOJ^ Journal des Sçdvansl
mcnccmcm du mondé jûfqi^à fri*
Jtnt ; compolie en anglois par une
Société de Gens de Letcxt ; nouvel*
lemenr traduite en firançois par une
Société de Gens de Lettres , enrichie
de figures 8c de cartes. Tom. ^XVII
& XXVIII. A Paris, chez Moutard»
Libraire de la Reine « de Madame
& de Madame la Comteife d'Ar-
tois, rue des Mathurins, hôtel de
Quny. i78i« Avec Approbatioo
& Privilège du Roi. x vol. 1/9*8 ^
La Michaniquê OfptiquU aux
^Ans. Par M. Bcrthclçi ^ rue Xaiib
tonge 9 au Marais.
Kous avons déjà annoncé la fouf-
cription de M. Berrbelor, pour un
recueil de- machines intéreiTantci
Le premier volume eft prêt, & le
iecbnd paroîtra 9 à la fin de Tannée (
mais comme cet Ouvrage à été pea :
annoncé , l'Auteur a cru devoir pro-
roger fufqu'au mois d'^Aout, la b^ •
culte de (oufcrire , fiirtout ayant été
lux-même en retard par une mala*
diçi
'Août 178 1.1 170Ç
Zé Le Roi cft au nombre 3ef Souf-
ipteurs de M. Benhclot, & c'eft
ic récompcnfc naturelle de fes ta-
ns & de fes tratauz dans la mé-
aniquci
Mémoires concernant direrfes
méfiions JtAfironomie & dt PhyfL-
1^ 9 lus à TAcadémie des Sciences «
ir M. le Monnier^ de la même
cadémie^ à Paris, de llmprime*
e Royale , 66 pages in 4^, avec
Fures.
Llntroduâion de ce Livre con-
cDt dÎTerfes confiîlérations pour
rablir que Tobliquité de réclipti*
ue n a pas diminué bien fenfible-
icnt depuis 1^72, & qu'on ne
onnok pas aflez la réfraâion en
iver pour s'alTurcr de cette dimi*
tltîOB.
Le prenner Mémoire a pour ob«^
»C la metiire des hauteurs par le
noyen du baromètre, >& la pente
le la Seine, qui eft d'environ 14
oifes de Paris à Rouen , quoi Qh*nu j
jioût^ C c c c ^
l
r! rav>îo«^::t eaço»'
5^t ç«j^^ ^^
fcc «*■
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A
^pr.>*fi*
Août 178 1. 1707
dît 1c Gros y & de Louis VII , iur-
nomcné le Jeune, depuis Tan 1060
jofqu'en 1180. Par des Religieux,
Bénédiâins de la Congrégation de
& Maur. A Paris, chez la veuve
Detaintj Libraire, rue du Foin &c.
1781. Avec Approbation & Privi-
lège du Roi.
. Nous rendrons compte de ceC
Ouvrage.
J^/ofpt3us des Mémoires chronologie*
éjuis , pour fervir à PHiJioirc , du
Ftxin & du Pinftraisn
La Situation des deux Vexins , &
de La partie du Diocèf^ de Chartres ,
uppellée Pinferais, en ret>d THiG
^aire ncceflairemetit intcteflante.
"Ces Provinces ont for nié , pendant
^lulkufs fiècles vUi^petit Etat difiinâ:/
«le la France & de ia Normand:ie ^
«i^i a c\ï les Somteifain^pareicuHir s;
klés par un 6mple honF^mage , pat
Kc Gmg on par des f|?airés , tantôt
M|vcclcs Rois de France, tantôt avec
/ ^C c c c i|
lv\C^'
.>^q;sc-.*
■«u
(W*^
<,wH>
.«?!',
l'", ol"' .*'"' 4i>"°V".\i<i«i'": ,
WO»'
Août 1781.' 1709
tes & traités enrreies Rois de France j
de Navarre & d'Angleterre. Le règne
de Henri IV, & la guerre des Prin-
ces fous Louis XIV , y offrent auflS
des faits dignes d'sivoir place dans
les annales de la Monarchie*
La plupart de ces cvcnemens i
ignorés ou enfevelis dans Toubli ,
éroient épàrs & comme perdus dans
une multitude de volumes. Perfonnc ,
juf€|u'à préfent , n'avoit entrepris
de les rapprocher fous un feul point
de vue; d'en démêler rcnchaînc-
znent , les caufes & les refTorts ; de
leur donner, en un mot, la liaifoh
qu^ils ont naturellement avec THif-
toire générale. C'cft ce pian qui ft
trouve exécuté aujourd'hui dans les
Mémoires chronologiques qu'on fei
propofe de donner.
. L'Ouvrasse forme deux vplumes
i«-4^. Le premier , A^Hifloire ; le
fccond , de Preuves.
L'Hiftoire eft diftribuéc en trois
X^ivres: le premier embrafle les rems
les plus reculés 1 julqu'en 1204. L^e.
C c c c iij
17 to Journal des Sçavans ^
lecond» depuis 1204, jufquà pré«'
fcnt ; le troifième cft réfcrvc pour
des daails parricujiers» t}ui n'ont
pas pu trouver place dans les deux
premiers.
Chaque Livre cft divifé en Cha-
pitres. Le premier Chapitre du Li-
vre premier, en forme d'Introduc-
tion , contient le Plan de TOuvragc,
les limites du territoire qu'il embraflCf
& tour ce qu'on a pu découvrir foc
le Vexin & ic Pinferaissi fofqti'è
Charle magne. Dans les ChapitfCf
fuivans, on voit lucceflivement ce .
qui^s'cft paifc depuis Charlcmagnc
jufqu'à Charles le Simple , fous le-
quel les Comres de Mcullcnt & dtt
Vexin ont commencé d*êrrc hirU'y
tains : St depuis ce teins , ju'qu'i
rextin(5lion de ces Comtes & de
leur^ dcfcendans mâles. On rapporte
les diverfcs opinions fur leur ori*
gine. On établit leur fuccejffzon chr<h
nologiqucy leur généalogie , leurs al-
lianccs ; Tctat de leurs liomaines tC
Seigneuries ; de raccroUTenrenc , des
Août t7>î. 1711
/ifions & réunions ftfcceflivcs
*clles ont éprouvées ^ jufqu'a leur
rfaice réunion à la Couronne*
B rend compte de leurs établiflcS
rus religieux & politiques; des
tdations de MonafihtSj ChapU
s^ Egli/is , Hôpitaux : on donns
lifte des Officiers cipiis , mUital*
i doatefiiftus , par eux établis ; tels
te , Aumôniers , ChahtêlierÈ » Càà»
faites^ Màrkhauit , ChamUUans ^
maillirs , Echunfans , VMturs^
^rtfiitfS ^ Queux 9 Eittyirs ^ Mari*
asè» Jes» Logis ^ Pages ^ Sèeréiai»
j Triforiê^Sj Baillis f P rêvât f,^
ayeurs , &c. Barons , Chevaliers ,
pj7âtt;r , &6, On y parle des Tri^
naux qiLJls ont créés : des Guei^
dans Icrquelles ils ont part), àh
leur chcF, ou comme alliés : dra
V1///5 auxquels ils ont eu part* A
tête de chaque Chapitré j font
ivées les Armoiries des Comtes &
leurs femmes ; & dans lé cours
l'Hiftoire , leurs Tombeaux , tés
eaux qu'ils appofoient au- bas de
C c c c iv
1 7 1 X Journal des Sçavans ^
leurs Chartes, rcmprcintc d'une it
leurs Monnoits , & A*utï Sceau très-
bien confervé, reprcfentant d*ua
côte les doui^ Pairs de Uur Comti^ ,
& fur le revers la figure du Chtfit J
ce TribunaL On a placé aufli des J
4Êrbres généalogiques à chaque race,
& aux branches particulières qui
fembloient le demander. On donne
. cnfùi;c Térat & fucceflion chronqr
logique des Vicomtes qu'ils ont eus
dans les différentes Villes de leut
dépendance , comme à Chaumoni,
Mante ^ &c. ; & en particulier IV
rigine , généalogie , Alliance , Ar-
moiries & Sceaux des yicomtes, &
des Sénéchaux héréditaires de lAtuU
lent ; la feule Ville de Vcxin qui cft
^it eu de cette efpèce. En un mot|
on ne néglige rien de ce qui peut
avoir rapport à la vie & au gou-
vernement de ces Princes.
Le deuxième Livre, contient pa*
leillcmcnt \dL fuccejjion chronologie
que i jufqu'à nos jours , des Reines,
Princes & Princejjes^ du Sanj
(
Août 1781. 1713
Kby^!^ & autres Seigneurs qui oit
poilédé ces Comtés en douaire > oTi
9ppanage ,^par don , engagement
ou échange : & le lécic des évinc"
mens remarquables qui sy font paf-
fés pendant qu ils en ont joui : leurs
Armoiries • Sceaux , &c.
Le troifîème Livre contient un
Chapitre particulier pour chacune
des Villest.dc Mcullcnt, Pontoifc,
Beaumontfur-Oife » Chaumont ^
Magny , Mante, Montfort - l'A-
maury, PoifTy, &c. » dans lequel
on réunit ce qui peut avoir trait
aux Origines ^ Eglifes j Abbayes ,
Châteaux , Tribunaux , Familles ,
Sec. ^ autant qu'il a été podible , le
Catalogue des Abbés , Prieurs , C/z-
r/j^ des Grands Baillis y leurs Zi^/it-
lenans Généraux , Avocats & PrO"
cureurs du Roi , Gouverneurs , C^-
pitaineSy JjiaireSy Prévôts , &c. Scc.
Une diflcrtatipnparticulière fur i'^r-
zhidiaconé du Vexin François ^ 6t
Grmnd'Ficariat de Pontoifc y où
l'on trouve un fyftême tout nouveau
C ccct
tyi4 Jour/iai Jes Sçavans ,
fur l'origine de ccrrc Prclatarc fin-
gui ièrc en (on cfpèc^. Un DiSion^
nains concenanr //i Nomtnclatutt^xîv
verfcile des lieux anciens & modei*
nés 9 même jurqu'aux plus petits
Hapicaux des deux Vexins , du Pin*
ferais & des environs : avec des no*
tes fur quelques-uns , & renvoi aux
endroits où il en cft parlé.
Ces Mémohrey ne font pas telk*
ment circonfcrics dans ces bornes
qu*il ne s*y trouve , quantité de faits
qui appartiennent aux Provinces
voifines, Beauvoffts, Vcnnandois,
Valoir? & a litres cantons dcPicarcfic;
aux ViJHtfs de Hbcrdan , Dteax ,
Maintenon , Epernon , CharncSt
le Mans ,. &c, . . . Les Comtes du
Vexin ayant poffédè quelques-unes
de CCS villes , ou des terres confidc*
rablcsaux environs ^& entretenu des
liaifont-étroites avec ccu» qui ta
gouvernoient. La Normandie plo*
que tout autre , où iis poflèdoicnt
des domaines titrés & immenfes»/
Accuçe UT\t i^Uce confidéraUe. Les
Ifîlies de Gizors , Vcrnon , Andcly,
Pady, Ponieaudcmcr, Bcaumonc-
Icr-Roger , Briofnc , Monrforr-lbr»
Riflc, &c. y trouvcronr la fource de
leur biftoire ancienne. Il n'efl: pas
inrqu'au Berry , au Poitou , à la
Flandre y à Y Angleterre & à la Terre»
Sainte qui ne foumiffcnt des Anec-
dotes enennelltmettc liées au plan
àc ces Mémoires.
Le Clergé , la Noblcfle & les Of*
ficiers de Jufticc de la Province y
trotiveront (& fuircout dans le Re-
cueil des Preuves au nombre de
loœ environ) des monumens qui
leur appartiennent : Dixmes , Fon"
dations ♦ Patronages , Fiefs , Mou*
ifances, Généalogies , Armoiries ^ Sc
Sceaux des anciens Barons & Che^
valiers , gravés *, oa décrits j Loix ,
Coutumes y Tîtres^y &c. On s'eft irrr*
pofé k loi de n'avancer aucuii
fait fans en fournir la preuve. Lcl
autorités font cirées en marge. Les»
fource» dans lefquelles on a piiîté iioni
dc5 Otigin0uxoQ cxtiaifs aurheficK
C c c € V|
1716 Journal de$ Sçavans ,
qucs de Chartes , Cartulaires y Re^
giftrcs dt la Chambre Jcs^ Comtes,
du Tréjor des Chartes , de diverfes
Abbayes , Monafiires , Bibliothk'
ques , Dépôts publics ^ Cabinets par»
ticuUers , Hijioires Latines , Fratt*
çoifes j Romances , Angloifes , ma*
nujcrites ou imprimées.
Outre la TabU^Sctmmaire dei
Chapitres , on a fait une Table Al-
phabétique des noms de lieux & de
perfonnes , au nombre de plus de
I zooa y avec le renvoi à la Charte
où il en efc parle. Elle eft H décaiflée
que y foie que l'on cherche par le
nom ou l'urnom Ats perfonnes ^ ou
ptir celui de leurs Seigneuries ^ on
rafTemble en un moment tout ce
qui a rapport au même obîet.
Cet Ouvrage eft le fruit des loi-
firs d'un Magiftrat qui occupe , de-
puis plus de quarante ans , la ptc*
mière place dans l'un des Tribunaux
du Vexin-François, Des Membres
diftingués d'un Ordre Religieux &
fçavant ïota \vi^é utile & même eft
Août 1781. lyry
fentiel pour THiftoire de France &
de Normandie. C'eft d'après leuis
fuffrages , & avec ragrémenc de M*
le Garde des Sceaux, qui a bien
voulu agréer que l'Ouvrage parût
fous fes aufpices , qu'on fe décer«
mine à mettre au jour ce qui n'avoic
été entrepris que comme un délaffe-
menc & dans' la vue de ratis|;aire un
goût particulier pour l'étude de
l'Hiftoire.
Les débourfes font le feul objet
de la foumiflien que l'on propofe*
Ils feront afTcz confidérables relati-
vement aux gravures, aux. notes ^
aux citatiotis marginales , à la paC'*
rie typographique qui fera foignée,
& à l'étendue des volumes qui for-
ment environ 1100 pages; aufli-tot
que le nombre des Sounii (lions fera
ia&ùnXf on commencerai impri-
mer , & Ton ne tirera qu'un fort
petit nombre d'exemplaires au-deU.
On ne demande , quant à préfcnt,
Su^unc fimple foumiffion de pren--
le les Exemplaires lorfqu'ils paroi;
1718 Journal des Sçavan$ ,
front 9 à raifon de' 24 Hv. chacun f
le prix ne devant erre payé que lof*
de la livraifon des deux volumes.
Les pcrfonnes qui defireronr de
foufcrire^ enverront leur foumîflioâ
à Belin, Libraire, rue S. Jacqoes,
à Paris , franc de porc, ou la re«
mettront entre les mains des perfon*
lies qui cp feront chargées dans
chaque Ireti.
Lors de la livraifon , on en don*
nera avis »ux Soumiffionnaires^ dont
la Lifte fera imprimée à ia têre de
rOuvrage, lefquels voudront bien
feire paflcr le prix de la Soufcrip*
tion , ftanc de porr, à la per*
lonne qui leur aura été indiquée:
& indiquer eu:>mênics là vofc paf
laquelle on leur fera parvci^ir Ici
Exemplaires de la manière la plul
commode & la moins comeufc pout
eux.
^ Ltttîts de M. de Voltaire a M,
F Abbé MoujUinat fon Trcfofur y
frites dcçïii» 17 j 6 jofqu e» 174* y
Août i7Rr, iTif
penchant fa retraite à Cirey » chez
Madame la Marquifc d.i Châfclcr>
& dans lefquel es on voit quelques
détails de (a fortune ^ de fcs bien-
faits; quelles furent alors fes études^
fes querelles avec Desfontaines, &C»
Publiées par M. l'Abbé D * * *. A
îa Haye \ 8c fc trouvent à Paris, chez
Moutard , Imprimeur- Libraire de là
Reine , de Madame & de Madame
la Comtefle d'Artois , rue dct Ma-
thurins , hôtel de CJuny. lySi^»»
in-S^. 244 pages > & les Prélitni-
flaires 20.
Quoiqu'il ne s*asiflc goèrcs daits
CCS Lettres que de détails , de côm-
miffions & d'afFaires domeftiques >
tout ce qui fort de la main <te M. de
Voltaire cft toujours précieux , noa^
feulement comme reftes d'un grand
homme y mais encore par ce talent
enchanteur qu'il avoir de tout diJrfc
avec un feti , uhe grâce , un piquane
(qu-i n étoicnc qu'à lui , & qui dorf-
nenr du prix ;Hix chofes ks plus iil^
difPércntes» Oo apprend daiUcite
1710 Journal des Sçavans ,
dans ces Lettres plufieurs anecdotes
ci»ieuies.
Mélanges tirés d^une grande Bir
tliothique,LctzrtS Cinquième Suite .
delà cinquième Paicie de la Lec->
ture des Livres françois. Romans du
icizième ficelé , Se<aions 1 1®. i& iz*.
Chez le même Moutard. Avec Ap-
probation & Privilège du Roi.
Le mérite & rutiJité de cet Ou-
yrage font connus,
Obftrvanons importantes far /*tf-
ménagtmtnt des bois du Roi ^ & de
ccUjf des Gens de main morte & des
ParticulieiSn Ouvraj^e qui peut être
utile aux Officiers d'Eaux^ ,5c Forêts,
& à tous propr-iétaires de bois. Par
un Officier d'Eaux & Forêts. A Ve^
dun , chez François-Louis Chrifto-
phe , Imprimeur- Libraire ; . &' fp
trouve à Paris , chez Delalain k
jeune ,~ Libraire , rue S. Jacques.
1781. Avec Approbatipn & PcrmiÇ-
/ion. Petit i/3-^°. 88 pages. Prix,
-«»*<
Août \j%i. I711
Thiâtft de Société ; par TAureut
du Thédifê'^ Cufagc des Jeunes Fer»
formes. A Paris , chwZ M. Lambjrc
& F. G. Baudoin, Imprim.- Li-
braires , rue de la Harpe , près S.
Corne. 1781. Avec Approbation &
Privilège du Roi. 1 voL/V8^. Le
premier de 540 pages , le iccond de
480.
Il fuffît de ce titre pour rccora-
xnandcr l'Ouvrage. On doit tout at*
tendre de t Auteur du Théâtre à L'tu
fage des Jeunes Perfonnes , furtouc
dans le même genre. Nous rendrons
compte le plutôt qu'il nous fera pol^
fible de cette nouvelle produâion*
Voyage pittorefque de la Grlce*
J)ixicme Cahier. Chez Tilliard ,
Graveur 9 quai des Augudms ; &
Barbou > Imprimeur , rue des Matbu-
xins. Prix 9 ix liv.
Sermons de M. tJbbé Poulie ;
Prédicateur du Roi , Abbé Commen-^
dataire de Notre-Dame de Nogeni^
17^1 Journal dis Sçavafis j
Seconde Edition. A Parîp^chcz Mé^
rigoc le jeune, Librairlf^-'^uai des
Auguftins , au coin de la rae Pavée#
1781. Avec Approbation & Privi-
lège du Roi. X vol, in-ix. L'un de
3616 pages 9 & les Préliminaires 3^}
l'autre de 3 35. Prix , relié , 5 liv.
Quinti'Curci , de la P'it (FAlcxdrt^
Jre ; avec les SuppUmens de Jean
Freinshcmius ^ en latin & enfran^
çois. Par M. Mignoi , Abbé de Scd*
lières , Confeiiler au Grand-Confeilr
A Paris, de l'Imprimerie de Mon-
sieur. 1781. Se trouve à Paris,
chez I.cclctc & Legras , Libcaires,
quai des Auguftins. Avec Approba-
tion 2: Privilège du Roi. 1 vol
i/2 8**. I/un de 621 pages, & IcsPW
liminaires i^*, l'autre de 547.
Traité complet , théorique & pi
tique de C Education des AbcilL
avec la manière de les élever , de
multiplier , & d^en tirer un p\
corjjidérable ; précédé du Po
Août 1781. 1723
italien de Jean Ruccllaï , imité de
Virgile , fur ces mêmes InfcfteJ^
traduit en François, avec des Nor«^*
Par M. Pingeron. A Amftcrdam ; ic
le trouve à Paris , che7 Lamj , Li-
braire » quai des Auguftîns« 178 F.
in II. }6o pages & les Préliminaires
23. Prix , 1 liv. lof* broché.
Eloge hifioriqui de Suger , Abbé
de S. Denis , Régent du Royaumt
fous le Régne de Louis VII , dit It
Jeune ^ Roi oç Fratice. Par G. M.
D. C.
Si quA vldfbtinvr cafu non dt&a tatini »
Jn quâfcriMai barbât a terra fuiu
À Amflcrdam, 1779; & fe trouve
à Paris , (bez Mcrigot le jeune , an
coin de la rac Pavée, in 8^« 3 x pag*
Prix 9 1 liv. 4 L
Nouvelle comité obfervieà Paris. •
M« Mc^hain , Aftronome du D6»
1
1714 Journal des Sçavarti j
pot de la Marine , a découvert le
a8 Juin au foir une nouvelle comète
dans la confliellation de la grande
Ourfe \ elle reiTembloit à une né-
buleufe y ayant une armofpbère
de deux ou crois mitiuces de largeur,
un noyau peu diftinâ, mais quieft
devenu un peu plus brillant au bout
d'une quinzaine de jours. M. Mé*'
chain a calculé les élérhen^ de cette
comète fur fes huit premiers jourt
d'obfervations , ndDud afcendant 1
deux fignes ii degrés j8'« Incli*
naifon , 81 ** 48 . Pcrîhdie , 7
fignes 28® 5^', diftancc périhélie
O3 7758; elle a paffé par fon pcri«
heJie , le 7 Juillet , à z h. 23 ', tems
moyen; fon mouvement eft direA»
Cette orbite ne reiTcmble à aucune
des 66 que Ton a calculées jufqu ici»
Elle n'a point été vifible à la vue
/impie. Les Aftronojnes l'ont obfer»
vée depuis que M. Mechain leur en
a donné avis,
La comète découverte par M.
Herfchel , à Bath , le 1 3 Mars K
^oât 1781. 1715
^^pnt nous avons parlé .à la fia de.
notre premjei volume de Juin , a
jifparu Je ili.Mai,'dan3 les javons
du folcil; 00 attend foo retour au
matin pour pouvoir continuer les
D)}fpivatibns & détcrminet Us élé-
niens 4c Ton orbîtCr
A F I S.
On trouve chez la veuve Du>
chefne. Libraire, me S. Jacques,
iParis, la Synopfis y du quatrième
iFolume des AHa SanSorum , du
îiois d'Oâobrc ( ie cinquantième
]e la coilcAion)- publié par MM.
ïuvskens, de Byc, de Bue, Ghe^
juierc & Hubens; ilemy le catalo-
me des Médailles de S. A- R. le Duc'
chartes de Lorraine , qui feront
rendues à BruiceUcs au mois de Sep* ^
:en)bre ptocbaio.
t7%6
JLmm-^mm
TABLE
DES ARTICLES CONTENUS
dans le Journal du mois
d*Aoik 1781.
T/'o YAG s ianf Us mers de
V rinde. Par M. U Gemil. 15^9
Leur es édifiâmes: & curieufes écrites
des Miffions étrangères ^ ^ 5^<>
Shakefpeare , traduit de Car%yl<Às.
Far M» U Tourneur. I jyi
Pkyfique du Mondt^ dédiée au
Rqi. Far M. le Buron dk Mi^f'.vet[
&par M. Gouffitr. • 59'
ReciHuhcs chimiques fur CE ta' n.
Pur MM. Payen & Chalard. 1 604
C Apolffoitiqi^ & lis Prefcrp-
ilansde TtrtuUienn Par M* Cjtbbé
de Gourcy. I g^i
Codex Alexandrinus manufcrip*
tus Novi Tejlammti ^ ^c. 16x6
17^7
Excrcltationcs in Appii AUxan^
drini Romanas hiporias, 1 641
Réflexions fur U Projet ctutiâ
Uijloirc générale de France* * 164S
Les EUipfes de la Langue latine;
Pi^ Af. Furgaule. 1656
Extrait des Ohfervations Météo'*
rclogiques. 1 66 \
Nouvelles Littéraires. 16 fo
Fin de la Tabl«»
L E
JOURNAL
DES
SÇAVANS,
POUR
ê
VANNÉE M. DCC. LXXXU
SEPTEMBRE.
A P A R l Si
Au Bureau du Journal de Paris, rue de Grenelle
S. Honoré, prés celle du Pélican.
M. DCC. LXXXI.
AVSC PRirilSGB DU HOU
N
AVIS.
C/jv s^abonnt pour U JouRNAl
DES SçAVANS au Bureau du Jour^
nul dt Paris , rue Jt G'rtnêlU S.
Honoré ; &- c^cjl à taàrtjft du Dl*
rcSeur de ce Journal ^qt^il faut en*
. voyer les objets relatifs à ceh^ des
Sçavans. Le prix de la Soufcription
dt tarmie f^^ tS JUv»^ p^t» Paris ^
& de 20 liVf 4f pour la Province f
foit in-ïi Ofi iÔ-4®. Lç JoURKAl
DES SçÀVAKS eficompofé de quot
êor^e Cahiers ; U en parole un cha*
que mois ^ & deux en Juin &en J)(^
membre.
LE
JOURNAL
DES
■SÇ A V ANS.
SEPTEMB. M. DCC LXXXL
S àP MOC L IS Tragedla fepum
" jCÛm inurprttatiotit làtini^ &fcha^
• liisvetmiuis acnwis. Editionem
euravit Jpan. Cafrperonnier , Rt^
gMS B'Miot. Cufios , Rtgld^ Infm
cripu Acadtmi^ Socius , Régi iS
LeSor , fi* Graca Lingua Prc^
fefor. Eo defanSo , edidit , Noias p
Prafaticfum J^ iniictm adjtcît
Joan. Francifc. Vauvillicrs , Rci-
pus LeSofy & Grœcce Lingux
Profijlor. Paris. Apud Jacob. Na^
tal. PiiToc, yiduam Pcfgtnc,
Stpumbn. 'Ddddi)
A VI s.
vJ N s^abount pour U Joui
DES SçAVANS au Bureau du
nal de Paris , rue dt G'renê^
Honoré ; &- c^cjl à tadrcffc d.
rcSeur de ût Journal j^iCil fa
voycr Us objets relatifs a cel
Sçavans^ Le prix de la Soufcr
de tannh ^fi4c iSJiv» p^u^ i
& de 20 liVf 4/1 pour la Prm
foit in-ii ou iff-4®. Le Joui
DES SçÀVAKS eficompofé c
ior^e Colliers ; il enparoît «.
que mois , & iUux en Juin &e
timbre.
V..
I
LE
JOURNAL
DES
JSÇ A V ANS.
SEPTEMB. M, DCC LXXXI.
S àP H oc LIS Tfagedia ftpnm^
' tum interpretatiofii tàtin^ &fcho^
* liis veterïius ac^navh. Éditioncrn
curavit Jpan. Ctpperonnier , Rt^
çut Bibliot. Cujlas , Rcgi(g Infm
çrîpt. Acadtmi^ Socius , Rigi ^s
''' LeSor , & Graca Lingua Prc^
ftffbr. Eo dtfunHo ^ cdidu , Notus,
Prmfdtiùfum JSt miictm adjtcît
Joan. Francîfc. Vauvillicrs , Rct
glus LeShfy '& Gmcct Lingi/a
Fro/effor. Paris. Apud Jacob. Na^
taU PiiTot, Viduam pcfainti,
Stpumbn. 'I>dâc{fj
itlcl»-.
Septembre 1781. 1735
C'cft du moins le jugement qu'en
porte M. Vauvilliers qui a vu cette
Edition.
Pendant que M. Capperonniet
s^occupoit de fon projet , on vit pa«
roître en diÀFérens endroits des Ou-
vrages , où de fçavans Critiques
produiHrenr ou de nouvelles leçons
fournies par des manufcrits , ou de
nouvelles explications de plufieurs
paiTages , tant de Sophocle que d'au-
tres rogres tragiques. Alors TAca-
déraicien*, perfuadé que l'Edition
projettée ne réporidroir pas à l'attente
du Public, crut devoirjy joindre des
Notes fur les Textes les plus diffi-
ciles de Sophocle. Ce nouveau tra«
vaii fut fouvent interrompu par d'au*
très occupations littéraires , & pat.
des infirmités ; deforte qu'il n'ctoii .
pas fort avancé 9 lorsqu'une mort!
prématurée enleva M. Capperonniet'
a la République des Lettres [ij.
[1] Dans TEIoge de M. Capperonnîer,
(Tom. 40 desMémoires Je TAcadéoiré des'
Ddddiij »
1734 Journal des S çavans f
Sollicité i plufîeurs rcprires par
les Libraires intérefTés ^ M.' Vauvil»
• ■
Belles Lettres, p. i^*) M* Dopoy , tpè$
avoir dit que le texte du Sof hdcle , avec h
vcrfiou latine & les (choliesgrecqaesj écofC
imprimé , & qu'il n*y manquoic que la der«
niére feuille qui s'écoic perdue , ajoute qu'oa
avoic trouvé quelques noces dans les paj^'eil'
derEdiceur^ & funouc un Lexique ,oyLiûic[
des mocs & de» ezpre(Gous dont le Pohe à"
iàit ufage » qui a*efi pas achevé. Ces dcf^
niers mots exigeât uneexplîcatioo. Tous kl
termes de chaque lettre fooc écrits trèf-aeH
tement fur des quarr-és de papier mis en IbKflèq
li ne s'agit que de les roetcre au net , travii
dont an pourroit Ct difpenicr, qoeiqnell»
Capperonnier l'ait entrepris lui- même 1 1-'
pouITé jufqu'au mot iXec(poç^ en 235 pgi'
in-4^. , parce qu'il (bngeoit ((frieufèmeBti
publier fon Sophocle lorfque la morireiK
leva. Quant aux Noces , H avoitdéjaes*'
trait de quelques Auteurs celles dom il vol*
loit faire u(àge en y joignant Ùl Criiiqf*
Ceft i ratiut fia à ca travail que fe tMr
ÊA,
liets n'a pas pu fe fefurer à leui*
prières. Afin de rajeunir en (]uelque'
forte cette Edition , il s'éioît aa-
bord propoft Biiiqueni''nt de re-
cueillir les ebièrvations que les piu4
fçavans Critiques ont faites , pour
corriger le texte d'âpre leurs cpnr
feâureS} on avec le fccours des ma-
nufcritSj n'y ajoutant de fa main
3u'une briéve explication des en-
roits les plus difnciles , avec l'indR
cation des variantes ^ue peuvent
fournir les manutcrlts du Roi; En*
fuite il a poné fes vues plus loin j
avant remarqué que ces S^avans
cbanceluieni quelquefois dans leura
Cuirelpto ie Jette qae Ton fils s'éioii chargi
J'acqiûtter. CuliivanE avec foin les betireu-
icc Jifpolîtioiu ^u'il tcnoit de la Nature , il
CooTaltoii fur Ton objet les Sfavans de Paris ,
àc ceux des pays ^traagars , avec qui it ^[«it
en corrcrpondance i lorl^u'un ^vèneinenc
tiiae&c mit &aàCa jouis 6c i do* cTp^'
173^ Journal des S ÇAvans i
opinions , ou même en aboient it
ttès-differentes fur plufieurs objets
ielati& ï la langue grecque 9 les ver-
bes y les rems > les mœujs ^ les pani-
cuies^ les dîaleâes, la profodie,
les verbes , de verborum m divtrfis
vocibus potefiatt ^ de umporumr^
tione^ demodorum diferimint^ àî
particularum uju^ de variis oratk*
nisformis &Jiguns 9 de diaUSomm
finibus ) devTofodm ac meirorum b*
gibus. 11 a donc pris le parti de foa*
mettre ces opinions à un nouvel exa«
inen , même les fiennes qu'il avoit]
auparavant jugé très - certaines , de
lire^ dans ce defTcin, non-feuiemeor ';
Sophocle» mais d'autres Ecrivaiitf'
grecs , furtout les Poètes , & de K"
cueillir les pafTages propres à jettef
une vive lumière fur les objets dif-
eûtes. L'Edition de V Œdipe Roi^
donnée par M. Brnnck , lui a mon-
tré plufieurs leçons qu'il avoit pro-
pofées dans fes notes , & que rÉdi«
leur a tirées des manufcrits du Roit
Il loue le travail de cet habile Edi-
Septemhn 1781, 1757
tetir ; mais il voudroît pouroÏT \t
louer davancagc. Les failtcs qu'il a'
fem'aïqucçs , & doncqurlques-unc*
ô'nc déjà été corrigées dans les autres
Vûlunles publiés par M. Brunck , né
Hoivcnt' pbtnt nuire à la lépuration
du (çavaut Editeur; il ne faut, à
(on avis , les attribuer qu'à la préci->
pttaiion , V^i'^'''"''" inbtto , qud, <
Jhpius qaam Vtlim , offindit v'ir 6*
ingenitijagaeiffînias , o* omni irudU
tionis copia inAra^i^amsi
M. Vaiivillicis-,' en relevant^-dn
fautes échappéçs \ Valckenaer ^
Toup, Mufgrave, & à d'autres qu'il
regkrde corpme les maîtres, fe com*
tiare mddcfteniént au roitelet , qui
fur 1^'dos d'tinaigle peut- porter fes
Regards' plus loin ; & déclsrrtf qu'il
fè verra > fans furprife, fans' bonté
Qc lâns douleur, conigé lui même
par tin homme plus inl&uit , tmtn-
'idafi tnt a doStore non mirabor mt\
tortjcius i ntc finuMiam mutart Jo-i
imr trit aut pudor.
~ Tels feront toujours les fcnrimeni
A» Vol»' \\c»
,s\»
oit'"-
CIO s»
qot h
.b.««°'
Sepumirt fjêu if jj
Comme c'eût été une etitrrprift
àe longuB haleine de réformer par-
Toutla verlîon latine, M. Vauvillicf)
s'efl: bomi à en foire une nouvelle
dans les endroits où l'eireur lui k
paru grave ; il a même ajouté des
cxpttnîoDS françotfes , quand il A
cru que le latin pouvoir laincrqticK
que iquivoque. Il s'cft peu arrêté à
ce qui concerne l'Antiquité j l'étant
beaucoup occupé de la langue gtec^
que & de tout ce qni pouvoir ferf le
a l'intelligence oa i la correâtô&
d'une infinité de paflâges. Il lur k
fallu donner de l'éiendnei certaint^
notes 1 peur expliquer des difficulté^
qui fe préfentoienr , afin que I; lec-
teur ne tùz pai obligé de t^coatir 1
di^Tcns endroits ; & même urie ttf*
ble dei Editions donc il s'efl fervi ',
fera utile iceùi qui voudront véi>
fer les citations-. Il n'a pas cm dcvûit
tàppeller ce que Dacicr, Boivin',
SMet , Dupny , ont écrit fur Sq^
phocle, parce que leurs obfervàtîorn
1740 Journal des SçavanSf
A'xZ'ïl 9 peut les confulcer : non quoi
ex eorum obfcrvationibus non fini
multa cgregia petcnda , fed quia gal^
lico ftrmoncfcripta , facile ommbus
confulcnda patent. L'Auteur veut-il
donner à entendre par - là , qu'en
écrivant fes notes en Jatin , u n a
écrit que pour ï^% François ?
Pour donner une idée du travail
de M. Vauvîlliers ^ nous allons par-
courir les diiférens objets dont nous
venons de dire qu'il s'cft principale-
ment occupé ; èc nous commence-
xons par fes remarques (ur remploi
des tems dans les verbes.
En quoi confifte , chez les Grecs»
la diflFerence des aorifies au parfidt
ic au plufque parfait? C'eft une
qucftion fur laquelle les Grammai»
riens fe font partagés. M. Vauvîl-
liers entreprend de prouver , contre
M. Valckenaer, que la différence
eft la même , dans la langue grec-
q^ue, que datis Ja nôcre^ encre y W
ait & jt fis ; deux tems qui pcu-
vcDC quelquefois s'employer l'un
i
\
Septembre 1781. X741
pour Tautre , mais toujours fuivanr
une loi confiante. Âinfi , chez tes
Grecs, \t paffe- parfait emporte tou-
jours un rapport au tems préfent ^
c'eft à-dire au tems dont on parle ,
de manière que Taâion ou le fait
qu*il exprime fubfifte jufques à ce
tems-là.* Par confôqucnc on ne le
trouvera pas employé pour désigner
la naiflance d'un homme mort. Pin-
dare, pour ifaire entendre qu*un en-
fant de cinq jours , lamus , vivoic
encore au tems dont il parle , ne le
fert pas de l'aorifte , mais du parfait ;
^parce que Taoriflie , par fa nature »
défigne feulement le paffé , fans rap-
port à un autre tems C'eft par ce
Êrincipe que^ fuivant M. Vauvil-
ets 9 fe trouve décidée une ques-
tion chronologique qu'un paifage
de Thucydide > au commencement
de ion 5^ Livre , a fait naître entre
Scaligcr , Pctau j Dodvell & Cor-
(ini. Ainfi Tcxpreffion de THiftorien
fixe répoque de la célébration^es
^eux Pyrhiques à la uoifième wbée
174^ Joutnal des Sçavans ^
A% chaque Olympiade , & non
à la féconde , comme Tavoic ctu
Dodvell.
M. Vauviliîers va plus loto^ &
prétend que les aoriftes par eux-inc-
mes délîgnent moins le rems de lac*
tion , que fon paflage , ipjtus trafh
fitum^ lans rapport ni au préfenrni
au futur , à moins que ce rapport ne
foit tiré d'ailleurs ; j'ofe aum direi
9:oute-t*il » qu'ils n*ont pas même
un rapport déterminé au prlUrit :
ce qui fait que Thucyd de & Ho-
mère les employoient quelquefois
dans le fens du (iirur. Enfuire il at-
taque Topinion de ceux qui fourieft*
nenr que les aoriftes grecs défîgtienf
Vhatieude (taglr^ & produit deS
paflages d*Homcre, où , loin de voif
cette habitude ou coutume , il y ap«
perçoit le contraire : hanc collegi^
runt doSrinam confuéiudinem
ntmpt agendi aorifiis grach txprimu
Quod ut omnino aboUatur ^ &c.
S'il nous eft permis de nous ex«
^liqîfet àuffi fur ce pôlns^ ûouscjrid'
V
Stpumhn 178 1. 1745
gnons qu'il n'y ait ici quelque mal«*
entendu. Quand on dit que \tt
aoriftès grecs défignent l'habitude ^
Tufage 9 ou même les vertus , la piro^
priété d'une chofe , foutient-on pa«
reillement que jamais ils ne s'eno-
ployent dans le fens àvLpTctirit? On
at^ra tort : pui(qu11 y a une infinité
d'exemples , & M. Vauvilliers en 9
remarqué plufieûrs , où les aoriftes
indiquent aes rems pafles. Mais veué-
pn conclure de ces exemples que ja*
mais {z% aorifles ne défîgnent lliabi^
tude, ni les qualités , les propriété^
â'unechofe? Nous ne croyons pas
cetre conféquence jufte , parce qu'elle
eft démentie par une niulritade
d'exemples que d'autres ont dëjà ob-,
fervés. Bornons nous à quelques uns
tirés des hiftoires diverles d'^iClienJ»
Xiv. I. Quand cet Hidorien park
des chiens d'Egypte , qui ont cotf»
cume de fe déudtérèr dans le Nil ,
en courant , parce, qu'ils craignent
d'être dévorés pa/ics crocodiles^ Ji
^
1744 Journal des S çavans f
pcreunt , &Jîtim nihilominus rejlin^
guunt. Ces trois pttftns (ont expri-
més par des aoriftes. II dit ailleurs
Gue le renard marin ne redoute point
1 hameçon y parce qu'il s'élance K
coupe le fil , avant que le pêcheuf
retire fa ligne , illa profila , &fiini'
culum ûbradit ; ce font encore deux
aoriftes. II raconte enfuite que lei
tortues de mer laiiTent leurs oeu6
enfouis dans la terre pendant qua-
rante jours : après qUoi elles re^ien*
nent, crcuf'ent la terre ôà elles crou«
vent leurs petits formés & prêtsâlef
fuivrc , tfodiunt urram; ç*eft encore
un aorifte. La piquure de Taraigoée
apfdléc phalange j ne fait point Je
mal, fi on mange du lierre, morfis
nihil affert detrimenti ; iEIiéû'fc
fcrt encore ici de Taoriftc. Les chè-
vres fauvages , étant bleflees , man-
gent auffi-tôt du diûame , & le trait
tombe , conftfiim com'idunV hithm
àiSamum ; ce préjent cft éxptirtic
par un^aorifté. Souvcnrles cyg^ucsft
Datcent 9 & Te donnent là 'înort'fid*
Septembre 1781. 1745.
smcnr, alttr alurum pcrimunt
; voilà encore wn prèfcnt défi-
,r un aorifte.
cbap. 54 du Livre V des Ani-
> il décric la manière dont la
e du léopard a coutume de
e les (înges en Mauritanie*
! couche (ur le dos fous un ar«
s*enfle le ventre , ferme les
retient fon haleine , en un mot
morte. Les (înges qui , monrés
:s arbres , Tapper^oivent , fc
cnt à fe rejouir de la mort de.
inenii ; mais auparavant ils de-
nt le plus hardi d'cntr'eux pour
cr du fait. Celui-ci , d'abord
; , vient doucement 9 tourne à
je diftance , va & revient à
rntes reprifcs ; enfin , devenant
:onfîant 9 il s'approche affez
pouvoir obferver fî les yeux'
)uvçrts, & n Tanimal refpirc.
[u'il paroit fans crainte & fans
r 9 \z^ fînges. defcondent à
, entourent l'animai ; fàutenc
i 9 font mille fîngeries ^ miUe
Septembre 1781. 1747
^uitur fape ea futuri prateriti ^ non
^lunquam prafentis , faepijjime plup^
^uam ptrfecli vim foriiri. Car cette
3îorion du priftnt , & même du fu*
^ur y ne vient que de la torce qu'a
Souvent TaoTiflie d'indiquer la qua^
-lité, foit acquifc, foit naturelle 5
^ une chofe^ ou Teffet dont cUî cft
ordinairement fuivic ou accompa-
gnée. Ain(î au vers 167 d'Ajax, le
*iot v7roJ'liO'Av%ç n*cft bifcn rendu par
î^«i tlmuerant perjirtpunt , qu'autant
SM'à la notion à\x plufque parfait fa
J^int celle du caradèrc de timidité
lï^ropre aux oifcaux qui redoutent
5î^turcllcmcnt le vautour , même ab-
nt. Ceft pourquoi > dans \t pre-
ier pafTage d*i£lien 9 on traduiroit
al , fi 9 au lieu àtfanamur , pe^^
^unt , rejlirtguunt , on meaoityi-
"^^^ti funt , periêrunt » rejlinxerunt ;
l^^rcc que ces /^r^r/riis ne dcfignent
l^^ par eux-mêmes l'ufage que THif-
F'Orien veut exprimer. On peut dire
J^^anmoins que les Latins ont en
^^^clque forte imité les Grecs , puif-
'!,■«""
H"
Vil"'"-'
it?»'
i^'<."'*
.«.«""^_
jorte gr^^
. 'CToit in» 7
^««Picsparci!/ *?* '""Hi/er J
loiif.- ) ^ '"^^guonrcncon"'**
'°^^«Wn5 A"*" vers
f vers de JM„.- "'«^'"c qu'au
''/'^--i>c^}?/:;,';'<>'><fûtr.,
.t|uc Lciic CIL lift lurcc
cule fi«, qu'elle fup
du verbe i^iCutd'At , ou
autre fcmbUble» C'eft
près ridée que femblc
5chohafte , nt quîd €Vi
mais M. V. obfcrve de |
particule , de même que
^a l'indicatif 9 lui donne
fubjonâif , ce qu'il pto
paflages de Platon. Il i
contre Topinion de Ml
Brunck , que les parti
auffi bien avec le pre
^fubjonâif qu'avec le fu
tl difrtire oareillrm^nr
'Stpttmhn \')%\t 1751
|u*on peut voir dam U note fur le
'crs 57 de rEltôre. On verra encore
lU vêts 1 3 3 ^Trachin , comment
.1 prend , contre M, 6tunck> la d6*
'enfe du Sçho iafte , ^ai remartjue
jue les Anciem appliquoicnt quel*
3uefoisau même mot deux antcles,
run/v^o^z/irautrert/ari/^ Comme -
M. Brunck avoir prononcé qu'il faU
[(Mt ne pas voir en plein ^our , pour
adopter une idée pareille 0 qui ell «
à ion ayis , de la plus grande ineptîe«
\ntptiJlima ^ il a fallu aufld lui prou«
ver, par une multitude d'csemples»
gu'elle eft très-fufb. M. V, rend donc
1 penlée d& Sophocle par ces mots,
quam ^tùdtm ijlam fouuntt vicij^-
fudinem u femptr animo fpiranti
rtiintn vtlim. C'eft au^ le fens que
le Ttaduâcui François des Traçai-
niennts avoir prélènté. n Âus dou*
trieurs .de la privation fuccèdent les
»»plaillrs de la jouiflance. Tel éft
t* l'efpoir que vous devez nourrit
t* dans verre cœur. » ' , •
M. LcDB^ , dans un Ecrit publié
7 5 2 Journal des Sçavans ]
ar M. de Villoifon dans fes NcM
iir Longus y a coi^atcu rexifteoi
de Vaoripe fécond chez les Grec
doârine nouvelle contre laquel
s*élève M. Vauvilliers^ pour foureu
celle qu'avec Euftathe ont adopri
tou^ les Grammairiens. S'il eft vrai
dit-il , que ce qu'on appelle aori^
fécond n'eft qu'une efpece du ceni
imparfait j par quel prodige eft-i
arrivé que les Ecrivains de cous le
(lècles , & en quelque dialeâequec
foie , ne l'ont jamais employé dansl
notion du véritable imparfait ^ ma
dans celle de ïaorUle ? Qu'on cor
xncnce une phrafe par ces tno
toutes lesjois qu'il regardoit /Ai
nécefTaircment ajouter un impa
ilvoyoit^ jamais un prétérit il
ou il a vu. Tel eff certaine
l'ufage chez les Grecs , çomm'
nous. Or, cet imparfait n''
mais, chez les premiers, c(
nomme ^on^t fécond.
Voyons une autre forme
un exemple eft tiré de J
Septembre 178 1. 1753
Pélops que Neptune aima , apris que
Clothon teût retire de la chaudihre.
Cet exemple renferme la comparai-
fon de deux aâions palTées , donc
Tune 9 précédé Tautrc : or , la pre-
mière , dans aucune langue , ne peut
£rre exprimée par un imparfait ^ ex-
cepté certaine cas où il s'agir d'indi-
quer la proximité des rems & des ac«
tions , comme quand on dit 9 comme
y entrais ilfortoit. Partout ailleurs ,
les Grefcs n'emploient qu'un mot qui
répond à notre prétérit, pourdé(î-
gncr la première des ad^ns 9 & ce
xnot cft fouvent ce qu'on appelle un
aoriite fécond , qui par conféquenc
n'cft pas un imparfait. Ces obferva-
tions nous paroilTent très-juftes.
Mais il n'en faut pas conclure ^
comme le remarque encore M. Vau*
villiers y qu'il n'y ait aucun cas où
Y imparfait ne puiffe occuper la place
d'un aorifte. Car, comme on die
fort bien en françois ; notre armU
cccupoit la droite de la rivière ^ les
ennemis fe rangeaient en bataille futf^
Septembre. £ e e e
5 4 Journal des Sçavans ,
gauche y on trouve auHi une inl
rc d'exemples pareils dans les Eci
ains Grecs. D*où il conclut que \
>runck n auroit pas dû mettre u
lorifte au vers 377 de TOrcfte, a
lieu d'un imparfait. Celui-ci , pou
foatenirfon opinion, prétend qu'ai
trement on feroit un folécifmc parci
à celui d'un François qui diroir
c^itoit encore un enfant que C/ytcfn
nejlre portait dans fes bras , lorfqu
je quittois le palais , &c. Mais on lu
fait obferver qu'il n'y a point de fo
lécifme daot cette phrafe, ni en frai
çois , ni en latin j ni en grec. La Fo
taine a dit :
La jetine Iris a peine achevoic cette hift
Que Tes loears avouoienc qu*ua cheaii
gloire,
Ceft l'Amour.
Plante dit dans TAmphitryon
illi pugnabant maxime , ego i
gicbam maxime. Les Grec*
nilTent une multitude de:
femblablc^.
Scpumbrt 1781. 17Ç5
On trouvera encore beaucoup de
bonnes obfcrvarions fur la quantité
des fyllabes & fur la mcfure des vers ;
& il eft d'autant plus néceilaire d'y
avoir égard , que Ja profodie des
Anciens ne nous eft pas bien connue»
Comme nous ne fâilons que balbu-
tier, pour airàfi dire, en prononçant
le grec, nous devons ctrc très-rcfcr-
vés dans nos jugemens fur la prolb-
die des Grecs- C'eft la remarque de
M Btunck : nos y ^uigraci vix bal»
butimus y cautos cffc decct judicium
de profodiafcrentes. (Orcft. 1010. )
11 eft vrai que TAuceur fait cette
obfervation fUr le verbe Ijvvcè , dont
il prétend que la féconde fyllabe fe
trouve brève dans le vers d'Euripide ,
tandis que M. Vauvilliers foutienc
que les deux premières fyllabes de ce
mot font longues. M. Brunck avoit
jugé que , dans<»âep«4t>;^;i , la pénul-
tième'brève étoit contre l'analogie ;
& M« Vauvilliers montre , au con-
traire , que rien n'cft plus conforme
aux \o\i^ mêmçs de l'analogie » puiG»
£ e e c t j
175^ Journal des Sçavans %
que la règle générale cft qu'une pc-
nuicicme longue au préienc d'un
verbe, devient brève à Taorifte fé-
cond , & par conféquenc dans tous
les mots dérivés de ce tems-làt
Martial envioit aux Poètes Greci
la liberté que leur laifToit leur pro^
fodie : auUi trouvc-c-on fréquem-
ment des fyllabes longues chez les
uns , & brèves chez les autres. Ainfi
la première dans ^paTpo^ eft longue
chez Homère , & brève- chez les At«r
tiques , qui par conféquent écrivent
^cep?^. Il en eft de même de la pre^
mière de aViet , & de ««tXoV qu'rlo*
mère fait longue, & que les Poëtei
Attiques font brève. Une fyllabe
brève •demeure brève devant une
confonne , & même une double con*
fonne : aind on trouve la première
brève dans cV^fV , eV' & même la
pénultième dans «xopf ç-or au vers i ix
de TEleâre de Sophocle , où M.
Brunck a eu tort, félon M. V. , de
mettre aKo^iïov ^moi inconnu ^ voccm
\ulHus graçi fcriptoris auSoritaié.
• Septembre 1781. 17*^7
jlrmaïam. Ces obfervations gramma-
ticales ne paroîcionc pas minutieu-
fes, quand on envifagera les confé-
qucnccs qui doivent en réfulter, &
la rcfervc qu'elles ne peuvent man*
- qucr d'infpircr aux Grammairiens
. qui manient les anciens textes.
Une aune qucftion , peut - être
^ntoins imposante en elle-même , par*
tage les aeux fçavans Ediieurs. Le»
Foëces Attiques ) forces par la diffi-
culté de la verfifîcation , fupprt'
ment-ilï quelquefois Vaugment au
frétérit ï M. Brunck, qui (outîent
affirmative , allègue des raifons SC
des exemples, in utroque, ut miki
vide'ur , parumfilix ,■ dit à ce fujet
M. Vauvilliers, qui eft pour la né-
~ gative. Celui-ci infirme fans beau-
coup de peine les raifons produites
far Ton advetfaiie , & cet adverfaJre
ui fournit une excellente méthode
pour fc débartaflcr de quelques cxcm'
pies qui l'incommodent. C'cftdc dire
que ces partages font altérés & qu'il
faut les corriger. Voilà un argument
E e e eiii
fl 75 s Journal des Sçavans ^
ou du moins une rcponfc ad homU
Tjcm. Il faut bien que M. Brunck
sVn contente ; car, comme on ne
manque pas de i'obfervec^ héfite-
Toit-il lui nicme de faire u(age de
cette reflburce, s*il en avokbefoin
pour foutenir une opinion qui lui
paroît certaine ? hlum ipfc hafiia* •
TU CL Brunck j fi , iis qua certa
trcdit tantillum ob fiant ? C'eft un
point fur lequel on fait qu'il n'cft
point (crupuleux.
Mais fi la queftion » dont il s^agit,
n'cft pas d'une bien grande impor*
tance en elle-même , on voit alTez
qu'elle peut le devenir dans le cas
préfent , relativement à des Editeurs,
qui , imbus des principes de M*
Brunck , fe permettront d'inftret
dans les textes qu'ils publieront
des leçons aflforties à leurs idées «
fans y être autorifés par de bons
iranufcrits. Chacun de Ton coté en
retranchera ce qui ne s'accordera pas
avec fes opinions , & Ton verra réa-
Jifc lapoJogue du Chauve à qui une
Septembre 1781. i7î9
femme avoit arraché les cheveux
blancs , une autre les cheveux noirs ,
canos putlla , nigros anus evellerat.
( Phœd. II. 2. )
A ce fujet nous préfenterons une
réflexion qu'on pourra trouver aiTez
jufte ) n l'on conddère jufqu'où
s'cft déjà portée la licence de quel-
ques Critiques. C'eft qVun tems
viendra , s*il n*eft déjà arrivé , où
les bons Editeurs des anciens Ecri-
vains feront réduits à examiner foi^
gneufemenc toutes les éditions pré»
cédentes, pour les débarraflcr ab-
folument de toutes les leçons con-
jeâurales, & pour n'admettre dan$
les leurs précifément que les leçons
qui fc trouvent autorifécs par quel-
que manufcrit digne de foi. Cen'eft
3ue par un travail de cette nature, qui
evicnr de jour en jour plus pénible &
plus rebutant , qu*on peut déformais
avoir toute la certitude poffible de
pofl^der les écrits des Anciens , tels
qu'ils font fortis de leurs mains. Il
s*y trouvera fans doute des paffages
E e c e iv
Sçavans* ^^
'""iir ^^'T^'
0
cn^e^^^
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^
Ï^'^°n..i°^U tct^^^ - ^.'on
vtna
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ÊVv^'^^^.^^l'G^at"^'
*îr
. Sepumhre 1781. ij6x
Histoire du Bas-Empire , tn com*
mtnçant à Confiant irt'^U'Grandm
Par M. le Beau , Profeflcur Emc-
tirc en l'Univcrfité de Paris , Pro*
feflcur d'Eloquence au Collège
Royal, Secrétaire ordinaire de
M^ le Duc d'Orléans & ancica
Secrétaire Perpétuel de TAcadé-
• mie Royale des Infcriptions &
Belles-Lettres. Tom.XXI & XXIL
Continuée par M. Ameilkon, de
la même Académie, Bibliothé-
caire & Hiftoriographe de la ville
de Paris y &c, A Paris , chez la
Veuve Defaint , rue du Foin S.
Jacques j Nyon Taîné , Libraire ,
rue du Jaidînet^ quartier S. An<«
dré-des-Arcs , près Tlmprimcuc
du Parlement. 1781. Avec Ap-
probation & Privilège du Roi.
^ vol. m-ii. Le premier de 496
pag, le fécond de 53^*
LA mort de M. le Beau , arrivée
avant qu'il ait pu achever cet
Ouvrage, en a fufpendu l'inipicf^
Ëeacv
i
tj6i Journal des S favans ^
£on. Il a fallu recueillir ce qu*il]
voit avoir rafTemblé pour la C(
siuation » & l'on n'a trouvé en.o
que le premier & les deux tier
environ des deux volumes que )
annonçons. M. le Beau n'a îaifl!
cuns Mémoires pour la fuite ;
M. l'Abbé Ameilhon s'eft cbarc
publier ce qui refte de M. le G
& de continuer TOuvrage jufqi
fin , tel quM avoit été projetré;
ce qu*ii exécute aujourd'hui. 1
du fécond volume , depuis la
3 90 9 eft entièrement de lui.
lent aifément toutes les diffic
qu'il a dû éprouver dans la c
nuation de cet Ouvrage. M. le
avoit lu toute la Byzantine > &
fervoit dans (a mémoire tous les
qu'il devoir employer & les d
qu'il devoir y joindre^ ce qi
caufe qu'il n'a rien laiffé qui |
diriger fon Continuateur ; il
revoir tous ces Hiftoricns du
Empire, qui fonr remplis de (
& de loties difcours ennuyeux ^
Èepremhrc I7§t. I^Sj
biner & concilier leurs contradic-
tions , & les voir comme M* le
Beau \ts avoir vus> pour donner à
cette continuation le même ton fic
y joindre la même critique & les
nicme.s recherches que nous trou*^
vons dans Ton Ouvrage. M. TAbbé
.Amcilhon a fenti toutes ces diflicul*
tis ; il fe propoie de les applanir ic
de Te conformer en tout à Ton ma*
dèle. Si le Continuateur, dit -il »
n'ofe pas fe flatter d'atteindre à la
force & rélégance du ftyle de foti
illuftre prédéceifeur, dumoins peut il
promettre qu'il mettra dans les ré*
cits de Texaâitude 5: de la clarté ^
qui font les deux principales qua-
lités de THiftoire. Ceft un engage-
ment qu'il ne craint point de prcn*
dre avec fcs Ledeurs.
Le premier des deux volumes que
nous annonçons, & qui eft tout en-
tier de M. le Beau , commence à l'an
1 104 , aux règnes de Baudoin & de
Théodore Lafcaris, Les François ve-
'noicnt de fç rendre maîtres de Con^!
£ e e e v j
^'^z:^^^Zi^
4'"»=' «ÏÊ»?'
Cvicc"
;«■«'
''ù^:'^
4e "'
»*?'.„, te c<o*°,;,e*
. Sepumhrt 1781. 176J
qui l'avoienc fait pTtfonnier,« Il étoiE
MafFablc, libéral * julc^ lîmple,
»* vrai y fans déâance , aimant mieux
>*ctre trompé que d'ulcr lui-même
» de tromperie , cbaftc jufqu'à fe
» rendre viâime de la chaitetCi mo-
» dcdc & fouâxant fans peine la con-
» tradition .... Il traitoit le peuple
M avec humanûé & les Grands avec
>rhonneuc Invincible dans Ta
»»difgrace , il fut aullî grand dans la
Hprifon que fui le tiône Sa
»morc prematuiéc fut un malhcut
-M irréparable pour l'Empire de Con,r-
tttantinople Sx. un pronoAic de.lk
*» courte durée , parce que Baudoin
» n'eut pas le tems de l'affermir fui
M de folidcs fondemens. m
Henri Ton frère avoit été procla-
mé-Empereur pendant fa piifon ;
i^iioii un Prince aâif & férieus qui
s'occupoit des affaires du Gouverne-
ment. Tandis qu'il faifoic la guerre
aux' Bulgares qui avoient fait pri-
fonnier Baudoin , Théodore Laf<
caris, qui jufqu'alois s'étoic con-
StpUmb'e 1781, 1767
Cooftantinoplc. Henri mourut, en
1 116 1 cmpoifonné fuiv^iii: 1.-5 uns
par fa femme , fi: {ntvant d'aune*
par 1« Grecs.
L'Empire François ne lubfldoii
que depuis douze ans > & la mort
de Hcnii fui le commcnccmenr de
fa décadence. Ce Prince ne laifTunt
point de pofténté , les Binons s'aï-
icmblèrcnt & élurent Pierre de
Courienay, Comte d'Auierre, ^uî
avoir cpoulè en fécondes nûces Yo-
laod, fœur de Baudoin. 11 écoir Ris
de Pierre de Fiance & petit-(ïls de
Louis le-Gros. Il paici: de Fiance
avec fa tcmmc & fes entans , alla i
Rome & delà à Brindc^ , d'où une
flotte vénîticanc le tranfporta devant
I>uras , dont Théodore d'Epire vc-
noir de s'emparer. Pierre aCHégca
cette place ; mais ayant abandonné
le fïégc , 6c coDciniiant fa route à
rraveis l:s niontagnes d'Albanie , il
fut fait prilonnier par Théodore;
ce <^ui excita une nouvelle croifade^
dcviDii Yoland , fa
étoit partie avant lui
à Conflaniinoplc & y
chéc d'un fîls nommé !
gouvetna t'Empiie &
après lailTanr onze c
Icfauels il y avoît qii
Robert , fils de Picrr
en marche pour ferem
tinoble , où il arriva
ionn£ en il2l. C'éc
fans Riérite, qui, par
Ton efprit & par fon pi
perdit tous les fruits à
fcs deux prMécefTeuri
Baudoin fon trete , <
Septembre 1781. - 1769
<]es Bulgares i dans refpérance cjue
le père delà Princcflc fcroit le Pto-
tciàcDr de l'Empire ; mais tous les
Suffrages fc réunirent en faveur dé
Jean de Biiennc , Comte de la
Matche , c]ue l'on appella de Rome
pour gouverner l'Empire, à condi-
^tion qu'après fa "régence on lui don-
ncioit le Royaume de Nicéc. Ar-
livé à Conftantinoplc , il tut regardé
comme Empereur ■■, mais pendant
"fou règne , cette ville fut fur le point
d'être prife, & le jeune Batidoîn
repalTa en France. -Jean de Brierme
mourut peu de tems après , & Bau-
doin revint à ConAantinoplc & prit
'oflcffion de l'Empire.
Ce fut pendant (on règne que les
logols devinrent (îpuiflans en A fie,
que leurs armées pénétrèrent juf-
l'en Europe. M. le Beau , pour taire
nnoître Genghiskan leur Prince
fes fucceffeurs , a confulté les Ou-
ges les plus exaâs que nous ayons
ce lujcc , comme il a fait dans
c ce (jul concerne les Piinccs
877^ Journal des S
Orientaux donc il a
i parler
" Ce même Baudoi
P
•
I
« ■
perdit enfin Conftant
François avoien: oc
J 7 ans trois mois, rr
• ' ' •• M. le Beau , avoicni
\. » drc cette furperbc v
j I* t'fon de leurs mœur
5 «• de leurs maîtres les
[ !• méprifables. Mais f
^. » rent perdue , corrij
f » Crc & gouvernés {
;" •• capables de créer i
«> reprirent l'avantage
» qucurs ....»> Cinc
çois, car il ne faut ps
de Brienne , occuper
Conftantinople, Bai
[ conquête & n'eut pas
furer. Son frère Hem
fage & vaillant, qu
gner. Pierre de Coui
mais à Conflantinop
chemin & mourut er
fils Robert ^ qui ne i
1
ïS" i """«"Bon L '*""• P»«i
'»""trdel,° ''2."'"'°'.'=
'=•."»» établi. A? ^"""'«i-
• t
f
■ I
liront : les Turcs
leurs montagnes ;
Europe & s'cmparci
tinoplc & de tout
ncment juftifia la pr
M. le Beau , con
dit, a continué Th;
loguc jufqu'en 127
M. rAbbé Amcilho
concerne ce règne
que Michel mouru
par quelques divifio
entre \ts Grecs & le
ci , à la faveur d
Michel avoit taite i
même la prife de
Septemhre 178 r« ^77 5
ui habitoienr fur fes bords; ils
t les plus habiles marins & les
ches Négocians qu'on connût
:n-Europc. Ils s'élcvçrcnt bien-
non- feulement au-deffus de$
icns leurs anciens rivaux , mais
e au • deffus des Grecs leurs
tireurs i & ils en croient venus
tel degré d'infolencc , qu'ils
fèrept audacieufemerir le Bof-
de Tbraçc & entrèrent dans
nr Euxin fans daigner rendre à
»ereur les honneurs accourûmes,
crcèrent long-tems la piraterie
être mer , & menaçoienc do
te de nouveau Çonftantinoplc ;
:omme on fc difpofoitde paffcr
de répce tous ceux qui éroicnt
cette ville , ils implorèrent la
:nce de Michel qui leur fit gta-
k les condamna à lui payer ^
forme d'^ipende, une grofle
ne d'argent* Les querelles de
rien excitèrent également des
>lcs. M. l'Abbé Ameilhon a dé-
>pé tout ce qui fc fit pour par-?
\éo^«S"^ o' ce ît«
V. Fn ï*°* ' i™*. A
Son Bs An .^,
• .« Monalwtc
^°"na ?Abbè An^^
^°rc t acbatnc.
?^-con-cc^E
ton "èB^s . »
icin û^ ^a ^^
//7l
Stpltmhre 1781, 1775
fa^Tciftion des hommes ; qu'il fc diP
(ingua dans fa jcuncfle par une con-
duite & par des aâions qui le rea-
doient digne èa diadê'nc ; mais
Qu'il ae fut pas plurôt moncé î\u le
H'ône ,que toures les vcrrusfjiiifëm*
bloicnt r^ avoir appelle commencé'
rent à s'éloigner de lui, & ne tardi*
■cnc pas à être rcmplacé<.-s par c^
padions violentes qu enfante l'imbi-
fion armée d'un grand pouvoir, &
en mème-rems parrouï les vices des
petites amcs, la rufe, laperfidJe, la
fuperftition, llientôt ce Prince > qui
-itoir né pour faire Je bonheur & Ici
.délices qe la nation , devint le bout*
-fcau de fon pupille, leperftcutcur
^^Iç fes parens & le tiran de fcs fujetl,
■X^i&. akifique M. l'Abbé Amcilhon
"ZalTemble à la fin de ce rigne tout
les principaux traits qui peuvent
fctvir à nous faire jug:r du caraâère
.de Michel PaléoJoguc, comme M.
le Beau a fait à l'égard de tous les
Princes dont il a donné l'hiftoire.
Cette «dditioti, peu confidénble )
ï77^ Journal des S çavans;
la vcritc 9 tait efpérer que la fuite
répondra à l'Ouvrage dbnc elle eft il
continuation.
[ Extrait de M. de Guignes. ]
Lettres édifiâmes d- curieufis
écrites des MiJJions étranginu
Nouvelle Edition. Tomes X,XI
& XIL A Paris , chez Mérigoc
le jeune 9 Libraires quai des Au-
guftinsj au coin de la rue Pavée^
178 1. Avec Approbation & Pri-
vilège du Roi. 3 vol. i;z-i3k.Ie
premier de 404 » le fvccnd de
420 9 & le troifième de 448 pag* -
L£S MiflSons de l'Inde offrent
un vafte champ à notre curio-
(ité. Ce pays autrefois ii connu par
fcs richeflcs & même , à ce que l'on
prétend , par Tes lumières, neTécoic
des Europérns que de nom. On ne '
pouvoit s'y rendre que par la Met
Rouge , & alors il falloit que les |
maîtres de l'Egypte le permiflent;
on pouvoit aum y aller par terre 1
mais
Stptemhrc 1781. 1777
mais c^% voyages étoicnc rares & peu
d'Européens y pénétreront avant les
quinze & feizième fiècles de TEre
chrétienne , que les Portugais dou«
blèrenc le Cap de Bonne Efpérance.
Cette découverte importante ouvrit
les Indes à tous les Empereurs ^ & fie
tomber le commerce de la Mer
Rouge. Les Portugais firent de gran-
des conquêtes dans les Indes 9 & y
iormèrent divers établilTemens. Mais
ces nouveaux Colons , prefque tous
aventuriers qui n'avoient d'eftimable
que leur bravoure ^ ne refprdèrent
point afTez les ufages & les préjugés
pationaux ; ils attentèrent plus d'une
fois à la liberté y à Thonneur & à la
vie des Indiens : aufli ces peuples
çonçurent-ils dès-lors une haine, un
mépris 9 une horreur qui s'eft con-
fervée & qui dure encore contre les
Européens qu'ils confondent tous
indiftinâement avec les Portugais ,
d'autant plus que ceux-ci ne font pas
les feuls dont ces Indiens ayent à (e
plaindre.
Stpitmbn^ lllt
jaii iiFcnc puicT en c
ciirs premières ezpédit
xètem bientôt rémulatii
ptiJirc des autres natio
lopc \ mais l'intéiêt &
empêchèrent [a Pomiga
Us journaux de leurs V'
tintai on effaya de Imt
commerce C lucratif. H ;
1 6*- Ciècie plufieurs aflbc
aller à la découverte ,
PuifTatices paivinicnt i i
établi iTemeot > foie au3
Portugais , foit aux dipt
CCS qui régnoicnc daps <
l^es François s*y rendiien
Se y 6rent l'acquifitloi
chery & de quelque! a
dans le Bengale K fur
Coromandel.
Louis XIV s'occupa
ctiYo^ei des MiQionnai
S^ttmhte 1781. i77>
d'entretenii diez 1» François qui
itoteat dans l'Inde l'amour de la
Religion 8c de la vertu , & depoitet
chez Icf Indiens les lumières d<
l'Evangile. Des MiŒonnaires , ani-
més du dcfîr du faluc des âmes 8C
habiles dans les fciences de l'Europe,
f attirent en afTcz grand nombre*
iufieurs , après avoir lempli leurs
- fonâioQS apoftoliques , s'inftruifî-
zem dans la langue & les ufagcs des
Indiens , & fc mirent au faii de leurs
fciences & de leurs mœurs. Ils corn-
polcrcnc des Mémoires , dans leA
quels, rendant compte de leurs mit
fions 8c de leurs travaus apoftoli-
ques , ils nous iollruifcnc en même-
tenu des mœurs , des ufagcs & de la
religion des Indiens. Mais il le faut
avouer , éclairés comme plusieurs
d'entre eux l'étoienC, îlspouvoient
août donner des connoillances plus
'atisfaifantes fui l'hiftoire de ces
lays y qui nous cft abfolument tn>
onnue; nous n'avons pas encore
le fîmple table chronologique des
'. »
; *
Tcillc lifte de Princes ^
idée des pays où ils <
avec les époques exaâc
de la durée de leurs règn
troirr.t à porrçe dç jug<
table antiquité que nou
tnbuer aux Indiens , &
blirions plus dç fyftçr
qucs fur ce iujct. Le i
nous faifonsaux Miflion
également fur pluficurs
pécns qui ont voyagé d^
& qui ont négligé ççttc
qu'il en fpit , nous n*ayo
aobligarions aux Midii
nous ont procuré fur
L
Septemhre 1781. 1781
on les continuera dans les volumes
Tuivans. On a placé à la fin tout ce
qui concetne les ifles de l'Inde »
telles que Manille , les Philippines »
&c. afin de ne point interrompre les
Mémoires qui ont rapport à Tlnde
proprement dite. Comme on n*a in-
féré dans ces trois volumes aucune
rtouvdfe pièce , nous croyons pou-
voir ne nous pas arrêter plii< long-
tems fur ces Mémoires qui font con«
Âus par la première édition.
[ Extrait de M. de Guignes. ]
Éloges funèbres de
L^ 1m pà RAT RI CE Reine.
NotJs allons réunir dans cet
Extrait tes divers Éloges de
f Impératrice- Reine, qui nous fonc
parvenus.
Oraison FuNkÈRE de Tris^
Haute , Tris-Puifante & Très^
• Excellente Prinçiffe i Marie-Thi^
rife , Arcfuduchwt d^ Autriche ,
Ffffiij
.venus ont» ^^^^^
'"'^'nn à« ^.'^' dfe ou ^ *°^
tuotvon " < ^itfc o . .
. Stpttmhrt 1781. i9?j
commandent ï l'Eloquence , qui ne
pcrfuadent peifonna & qui ne mon-
tient que l'abus de la louange «
ytiin jHppUmtnt é* la doultur fUi-.
tliqut , dit encore M. de Bloii. '
V. Mais loifque^-feloQ le laiiga^
» du Prophète , les Anges de la Paix
» vcrtênt dis larmes amèrcs ; que Ici
» Pauvres 8c ks Orphelins deman-
Mdeiic des conlolsteurs , &c que le
» Peuple entier réclame la Merc de
via Patiie, n'efl-elle pas mieux louée
»dans les cabanes & les places pii^
tt biques, que rians les palais 8c dant
» nos temples } ... L'Impèiattice n'a
wbelQJn ni des Orateuts , ut du fe-
1» couis du maibrc ou de l'airain ;
»eile lepofe dans les cceurs de let
«fujets, comme dans un afylc plus
»i l'abii des injures ^u tems. Un
M tombeau de gazoa, les larmes des
w femmes & le fouvenir des bom-
» mes : voU^ comme les ancier s
wGetmains bonoroienc les mânes
» les plus illuftres, Ct n'eft' plus ni
M à TAutridie ni i l'Empire , c'cft
Ftffiv
17S4 Journal des Sçavahs^
» au Monde qu'elle appartient ; clk
»cft devenue notre héritage com-
» mun .... L'Hifloite feule pourrait
>»vous la montrer tome entière «
» parce que THiftoire fait s'affranchit
>»de notre fauflè dignité & de nos
» froides délicateflcs , pour sarrc-
*»rer à des dérails (impies & fami«
»liers. » En effet, ceux quimcii-
tcnt une Oraifon Funèbre, feiont
encore mieux loués par rhiftoirCf
& ceux à qui Thiftotre ne fera point
favorable , ne méritent point d'Oral-
raifon Funèbre.
Malgré la beauté du morceau
qu'on vient de voir, ce font moins
encore de grands morceaux , de ma-
gnifiques tirades qui rendent ce Dif-
cours recommandable , qu'un cer-
tain nombre de traits ingénieux » de
mots heureux & d'un grand fcns'i
tels que ceux qu'on va voir.
En parlant des Hongrois «il efti
^n dit rOrateur , une Nation qui n'a
H pour hidoire que des révolutions.
)# Ces peuples écoieoc rarement tran«
StptemTfre 17^1. 178 c
•> quilles & fournis, parce qu'ils
>»étoicnt fouvent allarmés pour des
i^^rivilégcs que leins Souverains
>^cencoienc toujours ou d'anéantir
> ou de reftrcindre. La Reine con-
ît firme ces privilèges; elle foup-
» çonne, dit M. TEvéque de Blois»'
1^ qu'il y a plus (ouvent des opprî«
>» niés que des rebelles , & elle eft
H fûre que la fidélité eft dans le cœut
y> de fes fujets ^ parce que la juftice
)»& la bienfailance font dans le
H ficn. » Voilà des traits d'une 'élo«*
quence qu'on peut appeller utile &
qui doit être mife dans un rang di&
tlneué. En voici encore de fem«
blables.
L'Empereur Charles VI , père de
Mar ie-T hérèfe , avoir fait entprifon*
ner quelques-uns de fes Générau)c ,
auxquels on rcprochoit des fautes
que la défiance ou Terivie avoienc
taxées d'infidélités \ Marie -Tfaérèfe
règne) ils font libres. « Elle aime
» mieux, dit rOratour^- croire au
n malheur qu'au crime ^ & en mon*;
Ffffv
17' ^ Journal dts Sçavans ,
n tant fur le trône , il lui cft doux
>> d'annoncer qu'elle croit navoii
»que des fujets fidèlçs. Elle n'en
I» aura jamais d'autres*»
En effet, ces mêmes Honeroify
fi fuipcâf à fcs ancêtres , ^eviiirenc
ta plus lûre refTourçe dans ce mo-
ment de crife, où 9 aban4onnée par
fes amis , pourfuivie par les cnnemii
& fes parens , dépouillée de rAuni-
cbé 9 forcée de s'enfuir de fa capi-
tale , tenant fon fils dans fes bras 1
elle fe mit avec cet augufte eu&nc
entre les mains dccette Nation gi*
nérèufe j qui , dans un traniport de
aèle & de reconnoiilànce 9 .fe dé«
voua fur le champ pour elle. « La
I» Heine» dit à ce fujet rOratcnr»
M vient d apprendre à tous fesfuc«
» ceiTeurs qu il y a plus de reflburCes
i»dans la fierté d'un peuple libre |
p que dans la ctaiuce de» efclaves ;
9t qu'on avoir plus Ictivent occupé
f^ les ancêtres de icd^r sutorité que de
I» l'amour de leurs fujets » parce que
M ceux qui les entoUrcDt onc quel-
Stptemhre 1781. 1787
» que fois plus d'intérêt à \zs faire
>» obéir qu'à les faire aimer. >»
Aimons & encourageons les Ora-
teurs Chrétiens qui , dans la chaire
de vérité > difent de ces vérités-U»
Sachons gré encore à M. TEvêque
de Blois aavoir averti tous les Rois
que Taverfion même q^u^Hs peuvent
témoigner pour la «flatterie, n*eft
» qu'un moyen de la rendre plus dé*
»» licate , & qu*en des mains habile!
9#le menfonge (ait imiter jufqu'à U
» francbife & l'ingénuité. >»
Mais tout Chrétien ^ tout Cin
royen , tout homme , doit une re?
connoiflance étenielle à M. TEvêque
de Blois , pour avoir (î bien ei^pxu
mé au milieu de la guerre le vceu de
paix , le dernier vœu de Marie<n
Thérèfe, le vœu de Thumanité.
a Que les Médiateurs qui arrêtent
i^ la fureur des combats » s'emprelTenc'
1^ encore plus de les prévenir • • , • •
» Puiflc la poftérité ne point corn-
» prendre que les armées ayent été
w les arbitres des Rois 1 & puifTc l'unie
Ffftfvi
178S Journal des Sfavans i
» vers leur donner des juges comme
» ils en donnent eux-mêmes à leurs
» fujets ! . . • • Les Conquérans frap*
Mpenr la terre de ftérilité ; les PacH
» fîques la couvrent de verdure. Que
»de villes à refrufciter de leurs cca«
n dres > dc^déferts à convertir en piaf*
w nés fertiles , & de colonies qui vont
I» ailleurs chercher un nouveau ciel
j» & une nouvelle patrie • • • • • Ré-
» jouiffez - vous , ô trop heureulè
M mère ! votre fils eft digne 3e vous;
» vous lui avez appris .... à n'cfti-
» mer que les lauriers qu'on peut dé-
»porer fur nos autels .... Il voudra
M tous les jours 3 utile Conquérant ,
M remporter , à votre exemple , de
» bienfaifantes viâoires fur la bar-
>»barie & la ftérilké.>t
Oraison Funèbre de Trh"
Haute j Trh-Puiffanu & Tris»
ExcclUnu Prinufft Marie-^Thl'
rift y Archiduehejfê d^ Autriche ,
Impératrice Douairière , Reine iU
Hongrie & de Bohême^ Pi^ononcée
Stptemhrt 178 1. 1785I
dans la Chapelle du Louvre le
Tcncrcdi l*'. Juin 1781 ,enpré-
fence de MeHIeurs de l'Académie
, Françoife , par M. l'Abbé dt
Boijmonti Ptédicatcut ordinaire-
du Roi» Abbé CommcndatBiie'
de Grétain , & l'un des Quarante'
de l'Académie. A Paris , che£
Demonvillc * Impiimctir.LibraÏTe
de l'Académie Françoife , rue
Ghriftinc. 1781. Avec Privilège
du Roi. in-4°, 64 pag.
TexK : Aceiditt genut & audit* ; Sf p»j
puli Mttndiu. Aui'iM fin»
{fpUnitudo ejus,
Ifàicc. }4. T. I.
Divîfton: MaTie-Th^iéfe offerte j l'Eu-
rope K i foo Peuple.
A l'Europe , dont elle fut l'ad-
miraiioD. A foa Peuple ^
«loDi elle a été Ildole.
La gloire de Marie-Tbérife,
juÂifi^e AMK yeux des Sa-*
ges , par le grand caraâji«S
^u'cIleluia^Cfceodrc. -
2
^^^^^Pri. 1 ADUC UC
1 templir deux grai
qui nailToicdc f
que faifoit naître
ionnellc. I-es ta
porté à rAcadèra
firmes , accrus p
tcîicurs encore p
mément par les '
de M. le Dauphit
' Louis XV, l'av
' lonn tcms au ran
illuftresqucréloq
indépendamment
ilevoit à i'Epifco
i oùronaiiiioi[& ■
foit les talcns. C
attente que M. l\
vient dercpondr
qUE nous De poi
que par d: long'
i^^ citations.
Stptanhrt ij%'.. 1791
Il falloir d'abord annoncer le ru-
jet pai le trait <]ui le dirtingué de
tous les autres. L'Auteur va luî-tnS-
me expliquer ce que oous ne faifoni
ici que défigner. /
H La cendre des Rois, qaelsqti'ili
f» foienc , eft toujours rerpeâéc : vi'
n vans , on les trompe ; morts , OQ
I» les loue ; c'ed la dernière des Sat:
t> terics auxquelles le trône les a.conr
t* damnés : tant le nom de Rai pÂ
M fatal à la vérité ! .... Ici ce n éfl
» ni l'ufage , ni ta bicnfîtance , ni le
Hicfpetfl national , qui cômmandç
M^ina penfce; c'eft votre admira*
«tion qui m'appelle au tombeau de
KMatie-Théièlci c'c(ï ii l'enthou-
H tiafme public que j'obéis. Un peu?
^ pie étranger i Marie-Théièfe , ud
M peuple qui n'a point vécu fous fcs
hIoIx^ que dis-je ? un peuple qui
M l'a combattue ; . . . . c'eA ce même
H peuple, rruni aujourd'hui autour
» de l'on cercueil > qui reclame foi^
>» éloge , éloge digne d'elle fans
n doute , paice que ce peuplcne lui
179* Journal des Sçavans ^
» {loir que la vérité. Les RoyanmeS
y^ étrangers font la po(l£rité pour M
MRois.>»
La premiète Partie commence pir
ine parafe donc le fonds cft tres«
philofophique.
f< La gloire > cette grande erreur
^dc tous les fîèdes; cepreftigequi
bétonne, trouble & domine la rai-
n fon \ ce fantôme chargé de pal*
>>mes & de deiiil » tour-à tour objet
H d'idolâtrie & d'exécration , d'en-
H thoufiafme & d'horreur ; cet être,
» en un mot , dont tout le monde
>> parle , que peu de Sages ontconnUi
>> les Rois, les peuples vont le con*
» noître : Marie-Thérèfc % en prenant
» fa place dans l'opinion des hommes,
itva fixer enfin l'idée de la gloire.»
Nous eflimons trop & l'Auteur 8c
rOuvrage pour nous^borncr à les
louer ; nous ne favons fi la critique
trouvera une logique allez exaâe
dans les termes de cette phrafe; dans
les termes , car le fens en eft très».
e U ttès-beau j mais enfin rêcre
Septembre 1781. 1793
que les Rois & les Peuples vont con-
noîcre , la gloire véritable donc
Marie-Thérèle va fixer l'idée , n'eft
point une erreur de tous les fiècles »
un preftige ni un fantôme ; une mê-
me cbofe ne peut être littéralement
un fantôme 6c un être réel ; cette
petite contradiâion dans les termes
vient de ce que l'Orateur a trop at-
tendu à s'expliquer , comme il le
fait le moment d'après , par cel
mots : « les hommes célèbres ne fonc
» pas les grands hommes , la celé-
j^^brité n'eft pas la gloire.» Peut-
être falloir - il commencer par dire
nettement : « la gloire , cette grande
M erreur de tous les fièclcs, ce pref-
Mtige , &c. Ce fantôme , &c. n'eft
>» pas la gloire. Cet être dont tout le
I» monde parle , &c« les Rois , les
» Peuples vont le connoître , &cc^i¥
Le refte de ce morceau nous paroîc
il'une grande précifion.
a J'appelle une grande ame , celle
M qui , fur le trône , fe montre tou-
» jours ce qu'elle doit être » fe mo«
179*4 J^^^^^^ ^^^ SçayanSf
nài&e (ans efForc» fe plie fatisvio*
tilence» cherche le bien plus cpt,
HTéclat; (impie tout eniemble &
$f magnanime » fenfible & jufte , élc*
fi^vée & populaire; celle enfin, qui i
» toujours préfenre à tous fes (l^
H voirs 9 diftingue d'une vue ferme
M& fûre la vertu de chaque mo*
^ ment , le mérite propre à chaque
H (îcuation , & s*y porte d'un mou*
Hvement libre èc uniforme» fans
n rien affbiblir & fans rien exagérer»
H Telle fur Tamc de Maric-Thcrèfc^
M& vous la verrez plus grande en-
Mcofc par tout ce qui n*étonnc pas,
»que par tout ce qui femblc avoir
» le droir de furprcndrc & d*éblouir.)f
Ce qui nous nappe le plus dans ce.
tableau > c'eA remploi toujours heu»
teux des traits caraâériAiques; tout
eft propre à Marie-Thcrcle , & tout
le monde dit : cejiellt. Point de ces
éloges qui s'appliquent à tout & ne
peignent rien ; pas un traii vague , pas
un mot fans flgniâcation preciie , il
ce n*eft peutrcirc (car nous cher-
m
Septembre 175 1. 1795
chons à être fcvèrcs) cette demi-
ligne : fe modifie fans effort , fc plie
Jans violence.
Hatons-nous de voir Marîe-Thé-
xèfe fous la main du malheur SL
d'entendre un grand Orateur parler
dignement d'un Dieu redoutable^
mais bon , qui éprouve les Juftes
quand il paroîtles accabler. La po*
litique vulgaire vient, félon Tufage y
d'amener la guerre fur les pas de
rinfidélité ; la Pragmatique-fanÛion
quiairuroit à Marie- Thérèfe la fuc*
ce(C(3n de la Maifon d'Autriche ^
cfl: à peine fignée qu'elle eft violée :
« Quoi ! ces padics , ces fcrmens y
M cette foi jurée • • • . Politiqqes fan-
» guinaires , je ne vous juge pas , le
M Ciel a prononcé : laiflons ce re«
)» doutable arrêt dans les profondeurs
» de TEternité. La Religion peut gé,-
H mir dans fes ian<5iuaires ; mais elle
M doit au fecrec des Roi^ l'hommage
M du (ilence : ce qui lui appartient ^
»c'eft le droit d'obferver jufquei
>»daQs i'égaremeuc des confeils hu-^
179^ Journal des Sçavafis ,
» mains , la trace de cette mair
>» veraine qui domine tour.
» La voilà.ctcndue cette in^
»ble main fur la tête de Marie*
» rèfe • . • • Elcve2-vous , Rcii
>» fortunée 3 )ufqu'à la haurei
» cette grande , mais terrible lc(
» Fuyez ces murs où la prof]
» pouvoir vous amollir ; fuyez j
» montrez vous fans fuite, fai
^mêe, dans le (îlence auguil
» malheur Au milieu <
M pompe des Cours , Dieu pa
» tous les Rois par ce pouvoir
yf il cft la fource , par cet éclat ,
w grandeur mcnie qu'il réflcch
»rux. yox Domini in virtuu
» Domini in magnificennâ.
» trop fouvent méconnue ! Le
»de la gloire & de la magnifi
»ne fait que des ingrats. Ici 3
» de trône , plus d'hommages ,
>» d'honneurs : c^eft le Dieu jal
»> feul grand , feul immuable ,
» reftc feul ; c'eft lui qui cnvir
M Marie • Thérèfe de deuil &
Stpttmhn i-jZi. 1797
» firoi ..... qui l'inflruit par des
«coups de ronncrrc! Deus Majtf-
» tâùs ïnionuit. >*
Arrêtons- nous ici à coiifidéret
combien cette application heureufe
3c l'Ecriture Sainte ajoute àl'Elo--
quence , combien elle la rend impo-
fante , comme lui elle imptime un ca«
ra(5lère d'infpiratidn, comme elle la
niarijuc pour ainfî dircdu fceau de It
Divinité. Obfcrvons cjuc M. l'Abbé
de Boifmont femble avoir , d'une
manière particulière, ce génie de
l'application &de l'allégorie. On (e
Souvient encore de l'emploi heureux ,
^droîc & en quelque forte prophc-
tique, qu'il nt dans l'Oraifon Fu-
nèbre de Louis XV , d'un paflage
_ d'Ezechiel qui fembloit annoncer
des révolutions alors defirccs dii Pu-
blic :' Infusa, fuper îrturftcioiUlos
ut TCvlvifcant , &• accejferunt oj/a ad
àffa unumquoJque ad junauram
fuam. Suivons le morceau de l'Orai-
fon Funèbre dé Marie-Théièfe que
1 79^ Journal du S$av£nî i
nous examinions ^ nous y trouve
rons encore de beaux exemples d*al
Icgorie.
iiDieu épuifera les prodiges poui
»la confoler. Cette voix route*puif
» fance , qui ébranle les fphères, va
M retentir en la faveur fur les borcis
H de la Drave & jufqu^aux déferts de
>» rEfclavonie : f^ox Dominl cêfh
M cutUntis dcfertum. Elle va rafTem*
>»bler ces efcadrons agiles, donc le
M choc eft aufli imprévu qu'impé-
M tueux : Fox Domini prapanmii
n ccrvos^ »
De CCS deux traits d*allégorie , le
premier eft impofant & fublime
comme tous Izs précédens; le fé-
cond eft un petit rapport qui ne fe
préfentoit pas & qu'on a cherché \
c'eft de l'clprit. Mais voici une dct*
nière application qui reprend le ca»
raâère majeftueux de toutes les
autres :
« De cts contrées barbares partira
s» la foudre qui doit écrafer la Poli^
Sepumhrt 17S1. 1799
tîquc , le Génie & le Talent : Vox
Domini concutientis dcfcrtum j
commovthit dcfcrtum codes.
C'cft amener âvec.la plus grande
loquence» & annoncjcr, pourainfi
lire , par la voix des Prophètes , ce
^eau moment dû Marîe-Thérèfe fe
émet avec fon fils entre les mains
les Hongrois.
«Mânes de Ferdinand ^ de Léo«
► pold & de Charles VI , ranimez^
rvous ! Suivez votre augude fille à
» travers ces campagnes fumantes en«
core des feux de la révolte ^ que
l'abus de l'autorité avoit allumés %
fuivez-là au milieu de ces Diètes
que ropprefiion avoit rendues fi
'ormidaDles : tout a changé \ fe$
)ienfaits ont devancé fes larmes 9
c fes larmes ^ plus puiflantcs que
3S nombreufes armées » vont don»
et des appuis & des vengeurs à ce
ême fceptre infulté dans vos
ains. Ah ! vous avez ignoré que
teconnoiifance nationale eft le
00 Journal des Sçavan^ ^
plus généreux de tous les fcnti-
mens.
H Peignez -vous, Mcflieurs» !a
♦ Majeflé fans appareil , le Malheur
^fans découragement, la Fermeté
»fans orgueil , les Grâces fans foi-
» bleiTe \ un augufte enfant penché
^«> fur le fein d'une mère attendrie |
nfouriant à fcs farouches admira-
Mteurs: hélas! il ne connoiffoitpas
»lc prix de ce terrible momenttnc-
» préfenrcz-vous une foule de Gucr»
»riers, Tœii enflammé, le cœur
» palpitant d'audace &: de pitié...*
>> L'émotion paflc dç rang en rang;
»un refpcd religieux femble en-
» chaîner tous les efprits. »
Ici l'Orateur rapporte le difcours
de Marie -Thérèfe aux Hongrois»
difcours dont nous avons aonoé
plus haut la fubflance.
>9 A ces mots tous les cœurs fc
»» brifent \ on ne délibère pas , onfc
^i padionne : ce n'eft pas la fidélité»
••c'eft l'enthoufiafmc qui cntraînct
» L'amout
j
Scpumhrt 1781. 1801
M l 'amour , l'admiration , rivrcflè
«> va Ëaiirc le (crmcnc du dcmir i
M cous, la main étendue lur leurs
•• armes , ne forment plus , aux pieds
•«dç Marie • Théi èfe » qu*uoe feule
»>>iâlme dérouée •••• • Mouroor^
•» ^'écrient ils , pour notre Roi Ma«
■• ric-Thérèfe ! Mùriamur pro Rcgc
mnojlro Maria Thtrcfid. Mon*
>roDs ! •• • • cri fublime i « • • • Ils né
M difenc pas : marclions, allons conW
i^baccre« Ces gradations lentes d'un
t» zèle méthodique » leur ame em^
i>brafée ne les connoic pas; elle
^firancbirtous les interralies ; ils ne
f»^ voient que lambrt ; kar dernier
•• imipir eft leur offirande. Mourons.»
. Portrait du: Roi. de Ptuâc*
. •■ Confidércs le lion du Nord
• qui s*éveille; Ces.regtfds ardeos
«^iemblent dévorer la proie que la
?> Fortune lui. maiocnie : Génie tinp*»
m tient de s'offirir i la Renommer ^
>> vate » .pénétrant y esjdfé par 1^
^maUieur^ &par ci$ ftcttcguianm
•m (ecrets mii déroocnc imfhi^dm
S€pi$m(r€. GgSS
iSùx JouMoldisSçénNÊmSf
» mtnt à Itf gloire certains ètret pri«
? viJé^s qu elle « choifis r fc ^ ^^i'
9 fie précipiter iur ce tbfiacre fan-
f» glane avec une puifiànce m&rie
4*pat de f ooguef combkiatfbiis 9 de
m des tabns. aggrand» par la r^
»ftexiofi & la prévoyance ; Soldat
m & Général , Cooquéraiil & Polf-
«> tiqoe , Miniftre Se Roi ^ ne ccm*
anoiflant cf autre &fte que cekit
••d'une milice tMMobreufej Urule
9» magnificence digne dxku trooe
•• fondé par les armes;» Je le ?ois ,
^auffi rapide qtte ipefuni dans fcs
•9aioavemens, un» la force delà
V difçtpUne à la force ide f exemplei
•• communiquée à tout ce qui Fap*
fs proche , cette vigueur ^ cecce Sam«
w me inconnue katcikedes.faomflKS9
^ue la Nainre ^voit cachée datni
fcs»; marcher à d^ucileitrnmi*
^pbcs ^ diriger lui-m^mc $fwcc ait
ait tous les cbupa qu^ pp<*^ i «<^
j» qucf cetsôoe çhaocciaorifiiir teqad
:^. Marie - Xbérèfe èft ^ppnjh , ea
^ déiacbot bsufqoeaîcMvr naia»
Que
ton
Stptembn 1781. i8o}
i> les plus féconds ; & > s'élevant
Mbicnrôt au-deflus de l'art mêrn^
H par la fctmecé de ce coup-d'œil
9»:qâe tien ne trouble » montrer
«t déji te feaer de ces reffources qut
»» doivent étonner la Viâoire mé-
at me, & tromper la Fortune lorf-
m qu'elle lui fera contraire. «•
^ Parallèle de ce Prince & de Marie-
Thérife.
•• Avec quel regipet Màrie-Thé-
tt lèfe Voit le cours tranquille de Ç%
^ fagcâe iui^ebdu par le tumulte &
»i Tcniporteflient de )at guerre ! It
trvit j ce Hér<E>s que Târt de vaincre «(
•^iretidif fi f edoHtable^ Kr que le feûE
t^art de régner» qu'il h^tpbs^'niornir
«y- connu , pouvoir rendre fi célèbre.
M Je vois parfont fes lauriers m^kt
•»attx palmes de Mfarie^Théréfe..',.'
X L'ineyicable Frédéric ^eft parrout»
** préMètff toUi i ^ fépire.twit , trouve^
•^le tTîtfikii;faè^bS'(bsGén(rans n'U^
»*pirto»venr qoe HiqmîBatîon' & Ip '
»><dékfpoft ; c^cft la fd^ drc qui' 'filU*'
>»l^è'f8ir'à*iiDpdlrl l*«utre 9c
CggSH
l8o4 Journal dês' S f avaiu ^
i» porte en tous lieux le ravage &
i» reffiroi. Macie-Thérèfe » immobilo
m au tond de Ton palais , préviear »
m déconcer.te , arrête tous \c% mou«
m vemens d'un ennemi qui fêmble fo
^ mulûplier & fe reproduire : c*cft
«f une colonne majeftueufe qui.fba-
«•tient feule un édifice immenle*
n dune quelques ii)orj[:eaux détachés
M par la violence des fccouflès^ n'c?
^-Dranienc point la' (olidicé* Le
n malheur & U gloire font partagést
( Obfervons en padant quç voill en
^eux mots rtiiltQirf 4ç tQUte$ les
guerres; quelque gloire pour quel*
qpes per£pînn9gcs ; bes^ucoup de mal-
ibeur pour tous ; m^is ^ifTqns parlet
l^Oratçur facré, ) o{{éli|S! au mcH
V! ment pu je parle , cette af&cufe
4> gloire agite encore les Nations.
•^Pourquoi les derniers ePprits do
f?> NI.^rif-Tbi^èferPe. fç répandent-ils
9> pas^ fur les deui; h^tfph^ri^s } Ils
•• çalmeroient les mers^ tous les pprts
«i's'piivriroient à . i'indûftriç & i la
^Ûbercé, Mlûs non/; foiilcyes^ftlii-
r\
«• ccan d: viï-rrt puiflanr: niair:. qu j.
S3 dcriznnt unt Darri«ic iniurniaui^-
i» blc à DOS efforts , & frpartrz putt?
«• jamais deux Mondes qui n? (l r^p-
nprocbent que par ia turcurfrliâ Lié*
••pidité.»
Mais le morceau je pius èiuqutrnt
& le plus phiioropmqut O'. et L#u-
cours , uti morceau pouT it^uei jcs
talens du fiècîe paOc nauroieD: pas
fuffi prut'Cttc uns les iumieres ou
(iccle préfcnt ^ c'cft celui ou l'Otë^
teur repiéfcDtt Maric-Toértsic ic ic-
fufant à coures i« Douveautei urù->
lanres , mais dangeieufes , reior-
manr fa Nation lans airéier tn iicr
le caraâèrc liatioual 9 iiouvanr uau»
les déveioppemens mémt:^ ut ce w»-
laâèrc babiiement dirige , ivui iws
snovens de corriger îes auu' » cl amc-
licrer toutes ks partjci oc .' Aoiiu^
niftratioD , de xeodre cnfu ics ^cu»
pies beuTcua: 9 utiique i/ut oc touc
D3D Gouvcmemeni.
M Qu'on cxaiie cei Souvecaiù^ i^ui
■I
•l -}
II
*
% 806 Journal des SçawàMM i
Hcntrrprennrnt de commander a h
•Narure & au climat , qui décom
» pofent une Nation pour l'élever
nqui portent au milieu d'elle dei
j» arts étonnés de ne trouver que de
j» reflorts 8c des habitudes qui leu:
n rcCftent \ moi , je louerai . raatie-
nThérèfe d'avoir fcnti qu'il y a un(
j» tnduftrte » un mouvement , on<
» raifon de chaque pays , qui f ornu
» l'empreinte originale des Nations^
I» & entretient dans les efprits am
I» forte d'unité morale , pciacipe à
n toute prorpérité dians un Gonver
» nement. Je la verrai avec tranf
Hport dominiint un (iécle qui do*
^minoit rour, fe reftifet à fon bril
»lant délire, repouiTer fa fauili
>» opulence, & » planant comme l'a*'
itgle au dcHus de racmofphère pau
n (iblc de^la Germanie » y verfer un
>» chaleur féconde , qui développ
pf ôc met en aâiviré fes forces natu
» relies. Elle ne fe diflimule pasqu
»les éclairs de cette lumière me
H derne qui étincelle de toute part
;r'
H ptuvcnt éblouir . des yeux <]ue la
^ NacufC « faits plus ftgcs que pccr
>»çans» plus arrêta que curicQXj
#> que les pfemiers fondcmens de la
n raifon humaine » pofés & atfei mît
n par la maîa du Tempi dans det
I» têtes froides & tfaoquûles , nepett«
m veiît être ébranlés fans péril \ que
p tout alliage eft dangereux ; , qae
» ces précendiiet découvertes ». donc
f»les autres climats s'enorgueillit
m fent » peuvent ^ en anélant aux pro»
u duâions nationales des Tues étra»»
u gers 9 altérer le fol même. & le
>» corrompre : elle (ait enfin que la
I» marche de refprit germanique eft
>» d'autant plus ferme qu'elle eft
• moins précipitée ; qu'il n'adopee
^ rien par légèreté I qu'il ne quitte
n rien par inconftance , & que le
i»mal pourroit devenit invincible
» s'il i'établiflbit par des progref-
H (ions lentes & fourdes» •« • • Ah4
n que le luxe , que l'efprit nouveau^
» dont k poifen circule comme i'aic
ff dans toutes les parties de TEuropt.»
G g g g iv
1 8o8 Journal des SçavàM ,
H trouve un mur d'airain qui s*o{f*
#» pofe à CCS funeftes conquîtes ; que
I» routes CCS (utiles & laboricufes
n manies , reproduites ic perpétuées
M par notre infatigable frivolité >
H (oient profcritcs par d'inflexibles
n loix ; qu*aucune nouveauté ftérile
#»ne côntrafte avec l'habitude ; q e
# rien ne trouble , rien n'étonné f
M rien n'éblouifTe : utilité > fimpli-
n cité , voilà toute l'étude de la vie
I» de Marie-Th<*èfe , & tout Tcm*
n ploi de fes forces. Peuple refpec^
I» table , ah ! ne nous enviez pas let
9» inquiétudes, les élans , les fongeSf
hIcs fourmens de notre foible 6C
^^ambirieufe raifon-, laifTez-nousnoS
» paradoxes, nos fyflêmes, nos v^^
#*nités9 nos erreurs, nos efforts f
» nos fuccès même , & gardez vol
>f pailibles vertus. >»
Qu'on ne s'y méprenne pas $
c*cft à force d'cfprit philorophiqiie
qu'on parvient à dire de (î belles
chofes contre l'efprir philofGphique ;
mais il n'eft pas encore certain que
^
Septtmbre lySl. 1S09
la Philofophic & le Luxe ayenc un
même iniÎTêt & que Icuis caulc»
fbi:n[ pareilles. Beaucoup de Pbiio-
fophcs déccAcQtlc luxe comme une
fource de vices & de fcrvitudc , 8c
ce fom ceux-là que les eraicmis de
la Philofophie cftiment & hatlfenc
le plus.
\t plaific de citei de beaux mor-
ceaux nous cQtraïue.; nous ne let
avons encore pris que dans la pre*
mière Partie ; & la . fcconde , qui
fieint l'AdminiUratioD & qui déve*
oppe le caraâèie de Marie-Thciâfe »
eft la plus intérefTante •■, il ell vrai
Qu'elle forme un toile dont il eft plus^
ifficile de détacher des parties fana
leur faire tore, & par cette railba
plus encore que par la néccflîté de.
donner des bornes à cet Extrait»
nous en citerons peu de chofcs. Nous.
pouvons du motos prélcntcr ce mor-r.
ccau qui eft comme le précis & le.
zKultat du grand tableau , Se où.
l'Orateur femble voler fur la furfacc
des olùets au'il vienr d'aoDtofondu:.
1 8 1 o Journal dis Sçapaàs ;
M Ingrats , qui ccniurez fi légère-
n ment les Rois » favez vous ce qu'il
s» en coûte pour vous rendre heu*
n rcux ? tandis que dans Tabondance
H & dans la paix vous jouiilcz do
H votre tranquille inutilité? tandif
H qui vos jours , vos polIeflSonSy vo^
» héritages font protégés ; tandis
)9qué pour vous un fommeil que
là tout Uvorife^ fuccède à des plai-
)9 (îrs que rien tkt trouble i les bons
I» Rois veillent. Chaque jour Marie*
n Thérèfe devance raorore par le
M travail; tout eft calme dans foo
9f Empire : elle feulo eft agitée : elle
n fibule craint , prévoit, doute j s'm«
Inquiète; ennemis , voifins, alliés 9
nfùjets > confcdiraiions , traités ,1a
» paix du dehors > la fûttté du de-
j» dans 9 elle einbrafle 9 elle fou-
n tient , elle afFermit tour : nulle dif
» traâion , liulle trêve , peu de coc
i^folations , encore nioins de pis
nfus...» Répondez : qui de vou
ni, ce prix 9 voudroit être Roi? '
•bienl ce prix qui éloiiM ym /
SipUmift Xjtï. iStl
>bles amcs^ n'eft que la jufte nie^
»»(ure des devoirs de la Souvcrar-
•» ncté. Tombez donc aux pieds de
» Marie-Tbérè(e , te pardonnez aux
•ffoiblcflès des Rois» h-
Nous poutons encore parmi tomes
Ici qualités qui diftinguent Marier
riifièie 9 en obferver en panicuiîcc
anc ^ qui donnoic du prix \ coates
les autres.
I» Connoiflez Macîe-Tbérèft tcaite
» entière . • • • Religion faitite i e(^
^.ce à rafpeâ dcvos autels que |*o-
» ferai louée Tare de plaire ) Oui^
t vou» n'en rougiiez point. Cette
»» fingularité % Marie*TbérèIe la C0fi*>
•^facre : tant il étoic de fa deftifiéc
w d 'attachai à tout le cafaâèrc cte k
# grandeur & de la vertu 1 Cet art fi
n.Trivole fooveiit dans, les leiTortS)
Il il méprifable duis .fcs . motifs , à
» criminel dans fbp objet , Mafie»
m Tbérèfe en 'avoir fait l'>rt^ de k
w Vérité qui fe communique ,• fan
n de la Majefté qui fe cache f l'ait
màc ia SewyeiaiMté qui encbaise A*
Ggggvj
âSil Journal des Sçavans ^
»f qui veut qu^on l'oublie. Peignn<
« vous ce (aciie épanchcment aun<
f» ame franche & noble 9 qui vico
» le placer auprès de la votre ; Cet»
m grâce qui pare la raifbn , adoucii
M le refus , embellie ta faveur } cetc<
M fenfibilicé , qui femble èttz d'i»
W telligence avec votre amour-propn
»» pour cboifir laccent qui le flatte
f> le plus ; cet intérêt tendre qui
^ ftggrandit à vos yeux vos propres
H avantages » & vous rend plus àkek
"iiiou vos plaidrs ou vos fuccès«^,«i
5» Vous n'aurez encore qu'une fbibk
» idée ( permettez-moi cette ezprcf
»»fîon ) de la magie de Marie-Tb/
i» rèfe .... Tous iz% Etrangers d
>f vtnoient (es fujets » tous (es fuv
>^ étoient Tes amis , & dans ces d
» niers la fidélité étoit une adorât
>»& un culte. Diiu du moin
y^ Marie Thirife , s'écrioit un de
» Officiers percé de coups , diu
^> que Je meurs fans regree^ pu
»/V meurs pour elle. »
Le craie de llnfcriptûm de
témiS, monurrïrr- '*w ...-"..'. <■ ..
▼J:ioirc du îMa^tr-iii Lac . l ..
rccoanD'.ilanc: c?t-^i. :>ji: -ler.!-- . t
legs lai: par iVi^nt- littrisii ^ : n;-
méc 9 vicimrst i-ervcr • r iiii/it:rii >. L:
legs prépait £. i* mur; o-. rAim«r£^
thcc, qu: anivt oan^ Lt Oiiiou-. «*.
moment i^ piu piui.*?. r icauu^t?'
le régie: dt ! avoi: priaut.
Si j ^cnr abrège: , uyii? 2iou^«:>itt
DOns de tfanlcr.':: j: i-. ;<t£/<c«j. ui
Conieil de Tiexoit ^. i: ;.«iiii.«'^<i u\
Mahe-Tbérelt «vec *«. K-iii*. L.i*.-
berL nous m oevou: p«. '^m lii^ii'.
oublier d'i&ôiQiier te f:;^.;..4ui-
comme deux iie: \.-^\xi i^^u. ^i : ^^^0
Tnse*
*eai qu; ont emenci. A.. : Aus^c
Je Bci&ncmt piuDoutc: tt I>;t'..utfi: ^
peuvent dire & ceux iju r. ei. m/:*-
noifiem les btautéi <\i»', y^' ^ #w
tore , ce qu Eictinti oilur 4 vcicr
qui admirtiienr ^ x^iaxij^w. ^c t/i^
mofthene comxt au ^»e JêtPé^-àé
donc fi VQUl ttt^àt^ Uéê^igO^ àèL^
s8t4 JoumalMiis SçÊVaàs i
Boifmonc (nous regrettons de n'a^
voir point- d autre terme) |i*eft pat
moins éloquent que fa compofirioa;
Toujous varié -avec intelligence #
toujours heurcufcment adapté aus
dx>(ès f il iait reiTortir icir beautés 8i
difparoitre les défauts. La ieâure j
nous ne devons pas le diflimnler ^ a
&it appercevoit des taches 9l des
ombres que rOratcur avoir fa dé*
guifer. NousA^cn rapporterons poiot
ici d'exemples ; nous aîraéns mieu^c
cffrir des oeaucés qui ii*appaiticn*
ncnt qu'à M. TAbbé de BoifoioAt f
que des fautes toujours trop ailées h
trouver partout Mw non f
nous nous trompons , les défauts
Blême de M« l'Abbé dé iBcéfmonC
font d'un genre à part » de peu, dé
gens en font capables ; ils tiennent
a un excès de nneilc & de déltca-^
tefTe '» c'eft ce que les fots appellcnc
irop dPefprit&c Ce que les gens d*un
goût févère appellent manière , tour-
nure, recherche; mais il y auioit
beaucoup peutrlire à ilt^M fi»
Stpttmhn 1 78 1 1 8 1 ç
tout cela 9 & , par exemple , ce trait
que quelques Cenfeurs ont critiqués
KCtf ncji pas mourit tn effet ^ ccfifê
ff cacher dans fa gloire >» » eu le plus
grand eâFcr au débit & paroît encore
'-Êiblime à beaucoup de bon» jugeSr>
*>
MSS jii itun £lflge hiftorique de
Marie -> Therije , Archiduchejfê
^ Autriche , Impératrice »» Douai'^
riire > Reiru jipafl<Uiqiu de Hûiê^
grie &de Bohême ^ Prince£e fote^
verairu des Pays-Sas^ £af 14
.. OD4deèrtèiy$KQ^ i
•
A BrMxdUcs^^cbez J. Vaa4en Bei^
gben ^ Imprimeur 4^ feue Soii
Aitcflè Royale > 1^ de U Magde^v
laine. 1781. Avec Privilège de
SaMajefté. Et fe trouve à Paris ^
chez Mérigot le jeune. Prix^ 1 JU
4f.i>2-4^36pag.
Ce Difcouts ^ comparé fuitout M
I s I ^ Journal des Sçàvahs ^
•précédent , ne mcrite cfFcftivcmcn'
que ce titre modefte à^Effai ; il pa
roit même être d'un Auteur à qui
l'art d'écrire, du moins en François .
n'eft pas familier \ mais il cootieni
des traies oui tonr eftimercet Aureui
6c aimer Marie-Thérèff > En voie
un, par exemple y qui méritoit d*êm
(Eonfervé.
«lElle eft morte cette Soufc-
if tàine • • • • qui alloit dans la cabane
If d'une infortunée, que les inBrmi-
iPtés de Tcxtrême'vieilleflre avoicnt
I» empêchée de venir au pied de foi
H trône recevoir un gage annuel d<
If fa piéré & de fa bienfaifance
$9 vous av€[gémid€ ne m^aveirpoini
p vue y lui difoit cette grande Reine
H & je viens vous voir. ^
[ Extrait de M. Gai/lard. ]
. Stptemhri 1781. ' iSi^
^KJ T X qv E dts.OficiaUtis ,\oM
Traita de U JuTÎffliâion de toutes
Icf Coûts EcclcfîaftiQues » . Gia-
tieurtt 8c Contcntieufes , fiiivaoc
les nouvelles i-cix du Royaume»
où l'on traite : _ . .
1°. Des Perlonnes qui ont diott
4'excrcei cette Jun(diâion par
elles-inêmes ou par leuis Ofiiciqri ;
de rinflitution & des Quali'és '
des OlTîciaus, Vice Gérens , Pro*
moteurs, & de Icui deHiturion}
comme auHÎ de rËTablifTcment te
Fotmatioa des Chambres Ëccl^
fiaftiques > Diocifaines & Souve*
raines.
1**. Dç la Compfience & du
Pouvoir des Juges o'Eglife futlcS
Perfonncs laïques. ou ccc'iTafli-
ques^ & fur les chofcs Ipiiiiuellcs
ouccclélîaftiques, fifclesadicns
pcrrotinclies des Clercs eu matière
civilj, & cnfuite de la Compé-
: tence des Chambres Ecclélîaft>
tlil Jmamatdis ■SpmfUg ,
x\ Des B^la prdaim fit
El <fEglife,poàt rinÉniAiMft
•ok CdÉiiièailiiMMi%4iBrSi(^
4*; Dte lU^cs «c lia -FomiKt
«ète* ft tes PkôcttlàM^^iii fiât
Mppns 8c ptttfCuiièRt wk'Ofi*
dkJmt fie aux àatià^TdlHnlia
Eccléfitfti^iies : ,^ '
Où^Foo rapporte, « qiifV
MTcics, les formules c?e* aâesJei
Procédures fur ces diftîrcuces ioKt
tières » fuiyaoc if Utdooânpce de
Par &u NL rAbbi A^f^i
Doâear de Sprboime ^ ^ iM
; par de fçavan Jarificobfiilres't^
d'iiabilei Prâ^itient V -ttéiîcffitel
ceux qfii jeseimiç dtf kmSMlti
^ daiu les Ofictsijcfe OU (ii«fi#
Chambrés EcdéftW^w» »";if
«île Wjuget ftcuÛm , 8r «iKicii
CaoeiUo LéUiknt/mi^ 4**^> ^*- <%
i»iï. ,
Q<Utte vQbiniei £«4% lie plus dfe'
509 pa^csclucun. Prix, 10 tW.
brochés Oc ^'4 liv. reliét ^n 4eu^
Toliiisei. A- Patîi ~». xbn- tiMXf %
près la râeGIt-leGlNr, à l'Ea
pinncci Lapone, libraire.,-fiff
des Nojreis, Vis-ivis S^.Yvcs^ ft
Prévôt, Tuc de la Harpe , près iê
Pfaice S. Micbeli.aE à-Dijon ^1
chez Bidaut « Libnûe, Place
Royals, .
P R E U 1 1 R E X T. R A K T> '
L'iTEVot/Eique ron«doni-
née au frontîrpice oa titre it
Ouvrage dont nous allou donliet
ne idéc.>.&i£roit ^li}ue poiK <à
tSxo Journal des Sçavahf^
faire connoitre Tobjcr , ou. au h
tous les difFérens points dont il t
Mais c^Traité qui contient q
alTez gros volumes in-j^^. &. ^
le firuit de quinze années detra
mérite dctre connu plus pai
lièremenr. Ce n'eft point ^ air
rcur avec raifon y comme on ]
roit l'imaginer à la première in
tion du titre , un de ces Ecrit
lémiques ou de conrrov:r(e de
à faire revivre ces célèbres cou
tions qui ont divifé en diff
tems, en France 9 le Sacerdo
l'Empire > les Pontifes & les M
trats y au fujct des limites des
PuifTanccs ; il a été compofé
un dedein bien oppofé ; on a i
vue, au contraire., de coupe
d*airacher , sM étoit poflible ,
cine qui a produit des fruits (i ai
& d*écarçer à jamais les caufes
4>cca(ions de ces divifîons toi
affligeantes pour des cœurs
tiens , & trop fpuvent funefti
bien de la Religion & de Téta
Stpumbn 178 1. 18 II
ur remplir cet objet & aiTuref
toujours^, àuranr qu'il cft pbf*
p la concorde du Sacerdoce &
l'Empire » (i defirable dans uoi
unie tcès-chrécien, en écartant
trepriies réciproques de Jartf-
m » TAuteur a formé le def-
cn fuivant les vues de TAf-
bêc générale du Clergé de
» de rédiger Un ftyle &: une
liiè méthodique pour les Offi*
es , conforme aux Loix & à lé
prudence des Cours fupéifieures*
ne s'eft pas attaché à faire fut
Lie queftion» conime il parotc
en étoit très* capable » des di&
ions profondes -, Ion intention
de joindre rexpofirion détaillée
îgles d'une pratique ihftruâive
héorie des principes fut là muU
le queftions qui lonc recueillies
litées dans ion Ouvrage; ili
» en conféquenéb , fe borner nh^
irement à expoifèr fomaiâiiriri
!» fur chaque queition partlcu-
9 les difpoficiotis des toit^ kt
&8ii Journal dîs'Spt^anSf
difficultés qui fe font piéfcntècs ixA
leur exécution , les dècifioni fa
Cours fupérieures intetvenues \ ce
l^ict 9 & les maximes ou les prétça-
tions du Clergé à cet égard»
Ce t) eft donc pas ici un Ouvrage
purement dogmatique , .maïs QÔ
Ouvrage d'inftruâion » de pradqoc
& de détail des formes , deftiisé
principalement à înftruire les X\^
icns Officiers des Cours d'Eglife
dans les diverfes Provrncesdu Roya»
ipe« UAuteur die , avec mifimt <{»
leur éloigbement des feeoiks aboB-
daus de la capitale , fc f a difecte ià
bons livres fur cette mottèsr, Ici
Ddettent , nuilgré eux , daos k étale
^éceilkc decomfnettrefcéqcicmideDt
des fautes daos l'exeiace de Icucf
fondions » & de donner fieu \ ^
appels comme d'abus fur leCqueblcf
ÇvSîques fent iattmés,. & dofnrrdfet
trop ordinaire. eâd'akéret ïmàxm fi
préciçuiè des £véquè& avec les pn*
miers> Magiftr«u, & qriri leor dft fi
^tÇpiCllt.^. Û((attV«nt tCGDSWBBI^
À pat les Cipîndùmrtl» nos R ti» »
t. ChaïkmagBc, de Louis-le-D^
>nnairc, &c & Atnt, lu OrdoD*
nicet poftéiiaun.
Ce tnvati , comme on pevt h
ùtf itok toinà-la fiiis-fic nès-im-
Ktanc & tiis-niceâsire. -
Ai'^wddc fon imporTance^eUc
1 bien (erébk. Qàoi de plus im«
nrw», en effet j que de fournit
',■ de &ctUiet MX OfiicicTS de la
LiiHdtâio» Eccléfiafti^ue , daM
}Ute i'6teBdue du' Royaonief lit
KTfen d'exercer learcfenâiont d'ii»«
ianiète oHlfbiine aux Loîi &il«
DàfpiadcnDC dasr Court fopénctnea^
.Ncâ*ilpas «ifli'tvès-^iniponaiie
our ces Juges , atnfi qae poar la
suiqoiUtté publique , <v éwref dans
Mt procéme & Jeun jugemcns la
éfau» , les vices St tes :-T-^gulan^
ai finrwcat ttop fôovent de matUn
niaspsk. connne tfabus^ appels
ai :, le tfOuvatu bien fondés , «n*
ttoMStm foo-antoàti-* AtMd»»
tSi4 Jout n'ai des Sçavaris^
vent » par une fuite natUixlle ^
cîpline Eccléfiaflique » ' au
préjudice de la Religion ?
Enfin , n*cft-il pas encore n
portant pour le bien de cetre
Keligion & pour celui de 1
Îme les Juges iecuiiers , conn*
ur chaque objec & fur chaque
don relative ai la pratique de
rifdiâion Ecclcfiaftique o
ticufe 9 rérendue de cette Ju
tion &: les bornes qui leur fon
crites à eux-mêmes fur cette mi
puiflent éviter avec foin toute
prife fur les Juges d*£giife , S
gner aux Evêques ^ à qui le dé
eft confié , tout fujet de plai
àt réclamation ? .
D'après ces réflexions don
venons de donner une idéeabi
TAuteur parle des OfficiaUti
femonte à leur origine ; au i
de quoi il établit que fi. par ïi
langueur Sc.prfifque d*inaâi
rlles font depuis; bien du tcm
cft conté 4c : ici : .croitf inudli
t^.^trf /.-•
o*.: îciicr U'*- A*
'?
i-ruii'i**"' ••*
C 1^ r
♦^ »•• ••- »
Ajn*: iBr¥ii«f -»»*!» ""»«
V «• ^« • '
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» •> .« ir
r
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?
tSi4 Journal dts Sçavoiis y
vent , par une fuite nacu.xUe , \xMî'
cipline Eccléfiaflique » - au grand
préjudice de la Religion ?
Enfin , n*cft-il pas encore très-im*
portant pour le bien de cette fkinte
Religion te pour celui de l'Etat»
lue les Juges iecuiiers » connoiilànt
ur chaque objet & fur chaque quef*
tioo relative k la pratique de la Jo^
irifdiâion Ecclcfiaftique conteu^^
tieufe 9 l'étendue de cette Jurifdic»
tion & les bornes qui leur font prel^
crites à eux-mêmes fur cette matière^
puiflent éviter avec foin toute entre*
prife fur les Juges d'Egiilè , & épàv^
gner aux Evêques ^ à qui le dépôt en
cft confié , tout fujet de plainte &
îde réclamation ?..
} D'après ces réflexions dont nous
venons de donner une idée abrégée^
rAutéur parle des OfficiaUtés» &
femonre à leur origine ; au moyen
de quoi il établit que (l par Tétat de
langueur Scprefque d'inaâion o&
^Ues font depuis ihien da tcms ^ cà
^vsark dc.Vti tt^sûsÀVssaûlei^ on
j^«ù^^
Septembre lySi, iSij
doit penfer bien aurrcment en fé
rcporranc^à lecablifTemenc de ces
Tribunaux £cclé(ia(liques ^ & en
téfléchiiTant aux i^rands avantages
2u*on en a retiré dans les différens
ècles de l'Eglifè pour la Religion ^
Tun des principaux appuis des Em*
pires.
- Après avoir établi » d'une manière
très'lçavarte , rutiiité de fon Ou-
vrage , il en démontre la néceffité ;
te pouf y parveiïir, il fe fait une
objeâfon que voici : «« On s'imagi-
^nera prutetre, dit-il, que quel*
<• qu'avantage que l'Eglife & TËtat
«•.puflenc recueillir du rétablifTement
••'des Officiàlités dans leur état pri«'
•• mitif 9 il n*en eft pas moins vraF
•» que notre : travail eft fuperflu 8c
•• iurabondant» & qu'un nouvel Ou«
•> vrage lur ces matiàrès étoit peu
^ néc^flàire^ On s aùtorifera même
n peuC'Stre du gtandîiombre de li-
ft vres que tioùs avons fur les ma*'
••tièires eccléfiaftiiques , donc plu-
m fieurs ont traité alTez au loni^ <ki
lSi6 Journal dêS Sçsvdns ,
m règles & de la pratique de la JtH
m riipnidence Ecdëfiaftique conceih-
m cieulc.
•* Pour détruire ce préjugé » qui ^
«dit il, pourra être aflfez commua
a» de la part de ceux qui n'ont qu'une
»> connoiiTance luperficielle de ces
a» ferres de matières , & pour con*
« vaincre nos Ledeilrs qu'il 'n*exi(«
wtoie îufqu'aujourd'hui mcun Ou^
n vrage qui pût pleioemeot Catis(aii9
M nos beioins à cet égard , il eft né->
m cellkif e d'entrei dans quelque dé»
M rail U-defllii s & <lc parcourir fonu
« mairemcnt les différens Ouvrages
m connue (îir ces matièrea « Se pu*
«fhliés en France depuis fC)rdon«
Mnance de i^éj. On peut les ré-
« duire en deux clafiçs ; Jei uns ont
»* eqibrafC toutes les maôèfes cano«
«iniques, ic ont traité avec ^Skt
Zà^iKnà,^ celles d« la Jurifdîâioa
#> Eçdéiîaftiaue çoatcmieufe; les.
«• autres Te loiu bocnés i cet objet
m uni<}uç qu'ils oqt Cf^iié iSki mx
«flqngaeçftd^^; mtfsaikstta»
Scpttmbn 1781. 18171
»>m les autres ne peuvent fatisfaire.
» izs defirs 2c les befoins du Clergé»
M & du Public à cet égard. >•
Les principaux Ouvrages de la^
première claflfe que notre Auteur
examine & juge y. (ont : le Jus Ec*
dtJUfiicum de Van-Eipen , les Loix,
EccuJîaJliquiS de d néricourt , les
Mémoires dur Clergé ^ la Jurifpru--
dence Canonique de RoulTeau delà.
Combe 9 le Traité de F Abus de Fe-.
vrec 9 les Infiitudons Eccléjiajiiques
de Gibert^ le Traité des Bénéfices ou
du Droit Ca/^oniqùe de Goard , nou*
vclle Edition en 7 vol. i/i*4^.. la
Théorie & Pratique du Droit Cano*
niqui I par. le Père .CabafTur , d9
l'Oratoire î les D^nitions Canoai-i
fueSf arec les Notes de Pcrard
Caftel ( le Journal des Auditnces y
Bc le DiSionnaire des Arrêts de
Briiloil* . .
Ceux de .la féconde clafle » en
moindit nombre , . fe réduifcnr ,.
pour les modernes , à ceux-ci : le^
" d$s Procédures civiles .& dts^
Hhhhij
i8i3 lounud Jes Sçawams 9
Proccdufts crimintlUs Jts OffiâaË»
tés y par Deicombcs , Grcmcr \ li
Pratique (U la Jurij^diSioa Ecdifâf"
siqtu voiaatain Sr comentûmfi y pot
Docailê , Officiai de Coodocn ; le
Parfaii Procureur des Ojpcialiiis mis
xia Sn du Nataif ApofioUqmt de
Brtzncr j tome x , in-^^. ; le Parfaii
Procurturdss Offiôaiieés & le Traiii
éas Campmncu Ecdàfiafifuts da
tieur Horry » Notaire Apolloliqae ,
X rai. iit-4^. -, & enfin , la yêriiaJUê
Pratiqua dvila & criwmntUi diS
Cours EccUfidMquas ^ imr^. Paris «
168 ) , par Auoouz.
Nous avons cm , d'aptes FAiH
teur I devoir rapporter les titres de
tous ces Ouvrages y & rendre par- là
un (èrvice à tous les jeunes Avocats
qui (è deftinenc plm particulière*
ment dans cette nohleprofcffion , i
rétude des matières Elcdéfiaftiques
& du Droit Canonique » en leu (ai-
lant connoître de nom les Auteurs
qui ont traite de ces matières , &
que foo?ent ils ne coniiilteroientpts
f\
7 Septembrt lySx. 1S19
fkiite de favoir leur exiflence. Nous
ne rapporterons point le jugement
fommaire que notre Auteur porte
de chacun de ces Ouvrages; c*cft
dans fon Livre qu'il faut le voir;
ipsiis comme M. d'Héricourr eft un
Aàteor très -'connu j trè$-eftimé&
sflèz moderne ^ nous croyons devoir
f ranfcrire les propres paroles de l'Au-
teur à ce fujcr.
4< Les Loix EccIéfiaRiques d'H^
MÎricourr, dit-il 9 Q Ouvrage très*
^ èftimable eo lui-même ) peuvçnc
9f être un peu plus utiles aux OflS*
9>ciaux que rOuvragc de VanEC»
»pen; mais, elles ne fauroicnt leur
» luffire pour la pratique ni même
>» pour la théorie , parce qu'elles ne
>» renferment que quatre ou cinq cha»
» pitres relatifs aux procédures Se à
9>Ia pratique des Omcialités^ qui ,
I» quoiqu'excellens en eux-mêmes,
9>he peuvent être qu'une relTource
M tnfuffifante pour les OfEciaux dans
»»le détail des a£^ires qu ils font
Hhhhiij
«1830 Journal dts s fOVMMS ^
» obliges cl*inftiuixc & de ji^er jottf-
»ncUtfiKor»if
On voie par ce pafiagr de nom
Auccur , qo*il rend )uftîce, à ceoi
doDf il juge les Uttviagcs ^ & duc ce
B*cft ni la jaloufic ni Telprir de cri«i
tique qui loi diâc fes jugcratas. U
-difcuce tous les aurrct Ouviaj^
.«VL'c la même imparrialité ; & noai
rihortons ceux de nos Leâeurs t^ui
ibnc dans le cas , ou par le niiaii-
têre dont ils tout chargés 9 ou par ti
profeifion d* Avocat dansJcs fon^
tions f clacives à cette partie 9 de lira
avec attention cet Ouvrage^ très*
ififtruâîf pour le fond (k funguc
très utile aux Officiaux par tes îbi^
mules qu'il contient ; ce que Ton ne
trouve pas d'une manière « à beau<*
coup près , (i didaâ<que dans les
autres Ouvrages que nous avons ci*
tés y non pas que pluûcurs d'entre
eux n'ayent très-bien approfondi les
mariètesEccIéfiaftique^ & n'enayent
parlé très•fçavammem^ mais parce
Stfimhri 178t.' tSji
qu^iis ont écrit , pour la pluparr,
avant les Ordonnances de 1667 ic
1670 } que depuis que leurs Ou*
•vrages on^ j>aru , il a été rendu un
•noaibre ini|ni d'Arrêts qu'ils n'ont
^as pu par coniéqoent rapporter ,
ic qu*cnnn aucun d'eutn'a donné la
formule des diffêrens aâcs de pro-
cédures & de iugemefls appuyés des
jaifoos ic de la dilcuflSon des prin-
cipes & des droits de la Juftice Ec-
clefiaftique ; ce que Ion trouvera
parfaitement dédùlC 'dtai rcWvrage
que nous annonçons aujourd'hui.
Nous rendrons compte inccfTam^
snent du plan de TAureur pour le
fonds de fon Ouvrage & de la ma**
nière donc il Ta traité , autant que
les bornes de nos Extraits pourront
le permettre. -
[ Exlraii d$ M. CdqUtUy dt
Chaujftpitrn. ]
#
H h h h iv
C
J)J s SERT JETIONS fur U
fhioni des Conùtts , qui ont con^
€Quru au Prix propofi fur VAtOM
' dimit RoyaU dts. Sdtnct^. & Bti^
Us^Ltttres dt Prujfc peur tannh
1777 , 6* adjugé en iJjS. Pnbliécs
avec la pertniffion A: rAcadénrtc.
A Ucrecbe ^ chtz Barrhclerny
Wild. 1780. 239 pag. i/2-4
avec figures.
•
L' A C A l>i M I E de Berlin pro-
pofa pour le prix qu'elle dévoie
.décerner le 3 1 Mai 1 774 i la qucf-
.tion énoncée en ces termes: Ptrfec^
iionncr les jnéthodts qu*on employé
pour calcuUr Us oibïtes dis Comités
d^apris les . oh/eryations ; donner ^
Jurtout ^ des formules générales &
rigoureufes qui. renferment lafolutiom
• du problème ou il s^ agit de déterminer
Jf orbite parabolique Jtune Comité par
ie moyen de troi^\obfervationSj &
en faire voir Pufage y pour réfoudre
ce problème de la manihe la plus
^^mple 6» la jplus ixaUe.
Scpumhn ijiim 183)
L'Académie fur obligée de rcmct-
re le Prix à 1778. Enfin, dans Ton
ifTemblée du 4 Juin 1778 , elle par*
agea ce Prix » qui étoir devenu aou-
ile, encre deux pièces, & accorda
*Acceffit à deux autres. On \^$ a
»ubliécs dans Tordre oii elles avoienc
;fé proclamées»
. La première eft de M. \r Mar«
Îuis de Condorccr. Une folurion
ireâe du problème paroiflTanc im*-
>raricable , il en a cherche une
iutre } ^ il a obfervé que , s'il fup-
>oroit une quatrième obfervatioti
ïxaâei très-peu près , & qu*il cher-'
:bât à &ixe pauèr Torbite par ccf
)uatre obfcrvacions » il auroic toutes
.es inconnues par des équations U«
léaires. Le travail de l'élimination
rtant encore très*long f il a confi-
1ère Torbitc comme reâiligne ; alors
A méthode analytique eft praticable
5c donne à-peu-prâ la poficion dut»
3lan de Torbite cherchée.
M. le Marquis de Condorcet s'eil
9ropo(è dans ce Mémoire de n'cfs-s-
Hhhhv
]f34 Journal des Sf avons ^
ployer , pour trouver une prcmiSve
orbite approchée , qu'une nouvelle
obfcrvacion qu'on (uppofe <lifi¥rtx
très-peu de ce que l'orbite détermi-
née par les autres obfervarions don-
neroit pour le mène inftaArou le
même lieu. Cette tuppofif ion , qu*on
-peut faire toutes les lois qu'on a plu5
d'obfervations que d'indéterminées p
eftplus commoat pour la pratique
qu'aucune autre méthoiie.
: Mais TAureui crai£(nanc que cette
méthode ne fût pem^être trop Ion*
goe pour être adoptée , il en expofe
une antre par laquelle , ayant trouvé
l'orbite reâilignt à^peu^prèsparcinq
obfervattons , Se regardant cette
l^ne comme une rangent e de Tor-
bire parabolique, il trouve pour
cette orbite une première approxi-
mation de laquelle on^ petit en dé-
duire une autre aiiffi approchée
qu'on voêidra. On pourra fe con-
tenter de trois obfervations rigoiH
leufes. Il fufira d'avoir lc$ autres
à ^ peu - près* Si IW croît pouToit
Septtmhn 1781. lS)5
(e pafler de cette précaution , il fau-
dra quatre obfervarions esades;
mais il vaudra mieux dans la praci-
que & pour des raifons tirées tant de
la faculté d'obrervcr que de la fureté
de la méthode 9 faire enforte de n'a»
voir befoin que de trois obfervattons
tx^ftes. On aura donc par cette
méthode une valeur des élémens de
l'orbite parabolique ; ils ne difïére»
font de la vérité que d'une iqQaotfié
inappréciable pat les obfervarions ;
c'eft tout ce qo^on peut defiret,
puifque l'orbite paranolique n'eft
pas elle-ificme une orbite rigoureufc.
M, le Marquis de Condorcct cfae^
cfae enfuite un moyen de connoîrre
fellipte la moins allongée qui puiâê
cadrer avec les obfervations 9 & la
période ht' plus courte que puitie
avoir la Comète. Toutes ces me*
tbodes font analytiques y ce qui les
tend auils fûits que peuvent 1 erre
des méthodes approchées v on pcit
même les regarder comme luresab«
foiiimem 9 puifqu'il.y a , brfqu oa
Hhhhvj
c
1836 Journal dis Sçavans ,
cherche ces approximations fucccf»
fives f des moyens de coonoîcrc Ter*
rcur iorfcfu'il y en a 9 & de la cor-
riger.
Il a cru devoir joindre à cet elTaî
Uû travail fur les perturbations des
Comètes, quoique l'Académie n'eue
rien demandé fur cet ofa^et ; il l'a
traité avec le plos de généralité qu'il
a pu 9 & les méthodes qu'il ezpofe
font telles » que ^ pourvu que les
forces qui aglflènt fur une comète.&
les diftances des forces qui exercent
CCS forces , ne Ibient pas tn.même^
tems comparables. cntr.elljes^ on aurc^
le mouvement de la Coipètè. Une de
ces méthodes, eflvtiouv.ellef l'autre a
été déjà publiée ( par l'Auteur) dans
les Mémoires de l'Académie des
Sciences de Paris pour 1769; il a
ajouté fur l'une & l'autre méthodes »
pluHeurs réflexions qui tendent à tn
prouver la légitimité & Tufàge. On
voit dans la. première , que l'on
peut y dans tous les cas 9 réduire à
(quinze le nombre des éqiiwons al«
' • >
Septembre 1781. 1837
tronomiqucs que les perrurbarionf
exigent , & que les autres équations
qui ont lieu pour Ats approxima-
tions plus exaâes font dépendances
deceiles-ia.
- Dans cette Partie, l'Auteur n*a
cherché que des réfultats généraux ,
&-méme dans la première qui éroir
le principal objet de Ton Mémoire \
6c pour ce:qui regarde la détermina-
tion de l'orbite, il a cru devoirs'ar-
fêter au point où il ne refte plus
qu'à opérer (ur des fondions nimié*
YÏques ou à faire des éliminations
linéaires.
Dans la féconde Pièce couronnée ,
M. Tempelboff^ Officier d'Artil-
lerie, donne une méthode aifez (îm-.
£le pour nrouvcr la pofition de l'or*
ite par des obfervattons peu éloi-
gnées entr elles , & il en donne Tap-
Slication à la Comète de 177 1. Son-
iémoire renferme à-la- fois le mé-! '
rite de la Géométrie & celui de;
l'AftroiiQftiiG j qui fait une fcience
^838 Journal dt$ Sçavâns^
i part, dont les régies, le^ difi«
cultes , les befoins , ne peuvent être
bien connues de ceux qui s*ôccu*
pent uniquement de la Gfométtie.
M. Hcnnen 9 dans la première
dés deux Pièces qui ont tmVAcctf^
JU , établit une mérbode indireftc
fondée cependant finr des fonuolef
algébriques , pour rroorer upe orbite
par trois obiervarions ; il pro{A>(ê
d^abord'drs moyens pdurtiouver le'
lieu de la Comète , o» les diftaficef
du foleil à la' terre & à la Comètr
fent prefque égales ; bu , s^il n'y aF
point d*obrervarions faites «mi en^
^rons de ce lieu , il donne une autre
méthode poiir trouver à«'peu^prj^
une diftance géocentriqoe.
Moyennant une diftanee de la*'
Comète à la terre & au foleil » M.*
Henncrt cherche une autre diflance'
par le fecours c^iine formule peu.
compliquée pour un intervalle de
huit bu douze jours/ »
- Avec les deux diftaaces hélioceii-^
Sipttmhn lySi. 1^)9.
triques & rtnglecom^>ri$ , îl cherche.
\t tcms dans leauel le fcAcur para*
boliquc a été décrit*
Comme le ternis calculé ditfière
prefque toujours du tems obfcryé^^
il recomipence lé calcul de la fc*
conde & de la rroi/îème opération ^
en augmentant ou diminuant la pre«^
mière diftance 9 fçlon les circonf*
tances.
Il choifit la plus exaâ? dc^ hypo-
thèfes moyennes , par laquelle il
détermine le lieu du nœud & Tin*,
dînai fon.
Il établit enfuire trois hyporhèfesi .
Tune, où PincUfiaifon & iejîeu dit
ntEud font tels qu*ils ont ^cé trouvés
par Topérarion précédente *, dans la
lèconde , îl change la valeur du lieu »
du noeud ^ félon certaines règles
conlervantVinclinaifon; enfin, dans
la troifième hypôthèfe il fait varier
rinclitiaifbn confervant le lieu du
noeud. Par ces trois hyporhèfes il ,
calcule le lieu du périhélie , le pa-
ramètre 8c le lieu du palTage aopé*
1
tt40 JoMrnat des Sçavans ^
fihélic Ayant aind difftrcns rcfiil-.
nrs du nœud de rinclinairon » il en
cire les correâions qu'il faut appli-'
quer aux cinq élémcns de rorbite
parabolique. M. Hcnnert fait Tap-.
plicacioD de fa méthode ï la Comète
de 1779 ; enfin il examine ce quil
&ut faite pour réduire l'orbite para-
bolique à une orbite elliptique.
Mais c'eft dans la féconde Pièce .
que M. Hennert traite fpécialcmcnt
cette queftion. Il examine d^abord .
les méthodes données par Ic^ Géo*
mètres , Sffpécialpmenr celle de M* .
du Séjour ; il propofe des équa*
rions plus Amples, & il explique
deux méthodes d'approximation,
pour trouver les rapports de trois
diftances d'une comète; après quoi il
donne des méthodes propres à cor-
riger les élémens de l'orbite qu'on
connoît à peu près , en fe fervanc
de la vraie hypothèfe elliptique.
Newton , dans la quatrième Pro-
fofition du troiHème Livre de fes
rlncspes > avoit ébauché une mé< ^
f\
Septembre 1781. iZj^i
kÎc pour corriger Torbitc parabo-
ue \ & cette méthode a été per*
lion née par M. Euler ^ qui en a
c ulage pour torriger rorbite pa-*
)oliquc dans (on Ouvrage intitulé 9
\eoriaPlanetarum & Cornet arum ^
pour corriger l'orbite elliptique
ns les Recherches fur la Comité dé
6^. L*cfprir de cette méthode rc-
rnt à ceci. On prendra trois ob«'
vat ions différentes de celles fur le&
elles la théorie de la Comète ap«
>chéc a été établie.' L*on fêta trois
'pothèfcs fur h longitude du nœud
l'inclinaifon de Torbite ; on dé^
'minera les diftahces de la Co«
ète au'foleil > les anomalies vraies 9
uires des feâeurs relativement aut
>is ob fer varions 9 pour en déduire
i tems dans lefquels ces aires font'
crires. Si ces rems ne difFéroienc*
s des tems obfervés , l'orbite feroic
aâej mais comme cela ne peut'
lères arriver 9 il faudra former-
MX autres hypothèfes , & en dé-'
lire 9 delà même manière que danr
r
& Ih C«^. as <
Septembre 1781. 184)
"ne font pas afTcz exaâes ; il vau<
mieux déduire dircâemenr de d^ux
ilémens corrigés les trois ou quatre
antres élémcns félon la méthode
même 9 fur laauelle toute cette re-
cherche eft fonaée*.
Lestnécbodes de M. Hennert font
appliquées li* des exemples. & l'on
Toir qu'elles font géometriaues ^
iîmples & commodes ; il choiiit les
procédés indirefts lorfqu'ils font
plus fimples , & il nous lèmble qu'il
a raifon. Enfin y le Recueil dey Pièce^
que nous annonçons » contient de
tous les genres de méthodes \ celles
de M.' de- Condojrcct font une ana-
lyfe plus traofcendante)- celles de
M. Tempclhoff font une analyfc
plus applicabk; celle de M. Hen«
nert tiennent encore à l'analyfe^
inais elles fe rapprochent davantage
des méthodes employées par les As-
tronomes \ l'Académie de Berlin ne
Eouvoit faire mieux que de les pub-
lier toutes pour le progrès de la
fcicnce des Comètes.
Comète
Kâ^m^,
; Herfchel, le 13 Mars^ t^ ^
i continue d'obferver avec (oin à F
ii*ait pas paru avant les travaux <
. nous venons de rendre compte 1
1 préfcnte en cfFct un cas très G
] i lier 6c qui ne s*étoit pas encoi
!4 [ fert dans les calculs des Corn
'^i \ fon mouvement a été très- petit
j il'y avoit quatre cordes & q
i mrcs de paraboles diffërcnres >
r \ deux aUez proches du iolcil &:
I 'i trèséloignés. Chacune des quati
j\ '. rabolcs fuffifoit pourrepr6fcntc3
l\ [ tervale.des trois oblcrvations
Ci'. TAbbé Bofcovich a compofô
fujet un Mémoire qui fera fans <
Septembre I^Sl. 184;
mécbode s'appliquera à Act obfcr-
irations éloignées de pluHcurs mois 9
par la (ÎoidIc rérolurion de crois
triangles , lorfque la Comète aura
ité plus obfervéc à Toccidenc du fo«
Icil. M. de la Place a auffi fait un
Mémoire fur le même fujet ; «u
jtfte , cette Comète ne pouvant man-
ûuer d'être vifible pendant plufîeurs
années , on aura tout le tenis d'ap*
profondîr la fingularité qu^elle pré-
fente. En attendant, M. Méchain
en a découvert une autre le 18 Juin
dans la grande Ourfe , dont le mou*
Vement eft plus rapide , & dont Tor*
bite a été plutôt déterminée ; elle
iera la 66^. des Comètes connues
jufqu'à piréfcnt. Le 28 Juin au foir »
elle étoit à 145 ^ d'afcenfion droite
& à ^3^ de déclinaifon boréale 9
i-peu^près le 3 Juillet» à i S ) ^ d*af«
cenfîon droite , & à 5 3 ^ de décU*:
li^ilon ', M. Méchain cft occupé à
calculer les élémens de fon otbicc^
Î^Extrait de M. di la Land$.'\
^•^ «. • • k
' ifttfK. 1781. tot^i^ **^8% ' ".
CB n'eft point id un Je tét^lU^^"
Sf rcs d'Artthmédqtie ordftiattra^
lift; l'on lépère des t%lel triradteè.
ihnpriœécs déjà fous cent fermes &S^
flh«ntes : rAiiteuriTélèf e à dcif tfaiéo«'
fies neuve» & chcfcbc à le- fifigr^^
tié nouvelles routes : « rAiitli»^.
méti^itte ordinaire « dit<*S ^ viCwKÀi.
toujours paru une (ciencé/incomf.
plète : oolîgé de m'arrèibr «prêt;
avoir appris rAddition, I» Multt->
plication 9 t^ leurs opérations invet»
ftsy fétois étonné que IkpuîffiinéiéiF
iîon me préfeotat tantdedmcultés^
& auçuii Mathématicien ne m*ei
expliquoit la raifo9. L'AIeèbre tsCpl
fioit un ^rand nombre cn^pératidf
3ui n'étoieot en aucune manière
évcloppemeot de celles ^ue'|*iivr
ifei dSÉhs rAtuBméâque. J
Sepamln 17X1. 114^
tables de Logarithmes m'eflFrayoicnC
par leu^ loogueur Se la difficulté de
leur compoiîtion.ellesm'humilioienc
eace que l'étois fâché de ti'avoir pas
la faculté de faire faos elles les opén >•
tions d'an degré plus élevé que la
Mttlriplicafion. La Géométrie & le
Calcul tnfinicéfimal m^offroient des
diâîcultés(àns nombre& des rapports
dont l'Artchmétique n*avoit donné
aucune idée. Je me fuis replié fur mes
principes 8c j'ai cherché à les géné«
ralifer, mes recherches ont eu un
fiiccè&qui a été au-delà de mes e(«
pérances 9 & j'ofe croire qu'elles pour*
fontcttc utiles aux Mathématiciens»*»
, Par exemple ». TAureur voulant
fcndrç la Multiplication auffî aifée
à^taire querAdditioo,a imaginé une
numération dans laquelle ks chiffre»
qui compo&nt f exoreffion d'un nomii
bte repréfèncent des parties de ce
liomhie qui doivent être multipliée!'
ies une par les autres ; alors en éai-«
mat fttcceffivcment chacun des pro«'
allies paiticb à coté les uns âetbi^
(oc- 1
• -1 -a
te
t aeiot j§tK ^ Quùxiut iuz éi, eu.
w a&ima^ Qmmc !'Ouviagc r a
pair èîé t»pi|jÎ!p & qitc ^édition
o^^t^ épiiîiBtj M. MagcUafi a
Oj la pobc flc iûit un Abrégé ^ic
:s Pri&dpes & ic cette ThaaMÉji^Bi
Stftcmtiu ttii ' .
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<^ti JoHTftU , qui M p
. iL^^il .ic Mémoires 8c
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»ir; il cta:^. . c;;.- .
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ais cornnït I^ti r..w:.. ■.
i&abftra ' - law... w
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tiaofFcc i :c • lî
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3*^ dti tcicii^i^u.- '. -'
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hciciif».*//^»' -—-»*' • .
^
Aoi
à ^^'^tU^o *<i\1*1 AT^*
ttO
oVk
\ei
StpUmhre î^Si; làjj
chaux d'étain contient onze fois
moins de feu que Teau , Tair arnio&
phérique dix-'huic fois plus^ & l'air
^phlogiftiqué quatrc-ving^içpcfbk
plus que l'eaUé
M. MagcUan obfetve que la di&
fêrencr ttixtt la chaleur fpécifique
dSin corps âuide ic celle du même
;torps dans un érar folide ^ eft très«
^nfidéirable. De l'eau à 5701 decba»
. leur étant mêlée avec de la glacé
piiée y l parties égales , le mélange
cft auffi*tôt i la congélation. Les
Difciples du Doâeur Black appel*
lent chaleur launtt ou cachée, cette
Crtic de feu mie Teau a de plus que
glace. Le Dodeur Irwine , Pro-
fefleur de Philofophie à* Glafco'T^
pcnfe que l'eau , dans un état de va*
I peur j poflede encore plus de cette
chaleur latente, M. Black dit que
la chaleur fpécifique de la vapeur eft
àt 3 50 degrés. Il 7 a des Phyiiciens
iqui prétendent qu'elle en a 400 de-
grés de plus que foùS la forme d'eau (
c'cft le fentiriMsac du Dodeur Le(Ue»
1» • • • • •
^S^^s.^^:^^
ti^V»?^^^ ^
f \
rcfpire, ÇcjTffi ^9<ljcinc: Jjaroîc ( M.
qu'une pfppQiidgD'd'ËMçlMc^
recevoir le phlogiftique \ m%f\^ft
cni'il k dégagç (1^$ «rps îfîfl«mmâ-
dIcs.
^ilprd M^h^n 'fof Im prîpâpcs de
l'iÊleariçîté,. .^.
4». JU dcfpîf tLpn ^ff fhfSno-
inètfe$ Ici plu^ prpj^rcs 4 çpi cicpé-
jriencfj.
Doâeur Black d'Edimbqufgf., avoic
fait, dès 1757 9 la découverte dé la
gnagede M. ^nn; maUs'oçcupilpc
à la pfriçjflipnncr tji filepi;^,^ \W
été deyaoçé par la f^g^cif^ U If s
xecbercb^^ disiMp ^Ucl^ t-of* % ij^à
vu bkn (iqtf^ Joig dap^ rhi^QÎrc*4!?s
Sciences les . Anglp^ wvcqdiqwf fe»
4écpijycKe«, des' ^^sgtp^jmmK i - û
1 1 1 i |1V
Scpumhre 1781. 1857
tout il retrouve la plus grande ana-
logie. Les animaux , les végétaux ,
• font formés de folides dans, lefqucls
' circalcnt dhffercns fluides. Ces flui*
" des nourrîiTent les folides & leur
donnent de raccroiflement : & ce*
pendant les mêmes iolides ceilent
d'êtres folubles à l'eau. Cette info*
lubilité leur étoit nécéflajtey.puîP*
qiie ce font eux qui donnent oc la
'confiftance à ce» belles' machines.
Elle vient de la limphe glurineufe
2ui ne fe diflbut point dans ce fluide*
)ette limpbe fe dépofe par lames ^
^ar petites couches y Se forme le riiTu
cellulaire, qui compofp toute la par*
ffe*fiftlide des corps organifés. Entre
•ces lames eft dépolée une autre efpèdt
'de limphes qu'on appelle gelarineufd»'
Celle-ci n*aahère point au tiflti cei«
Ibiairé, & peut en être^iépatée par^
}t méytn «de iVau^, fans ajrércr pour
• àitifi mre le cbmpofé* La Nature en
'scéfoYb^ elle-même une pari;iéty «bec
*les anîmàiik cnaflades : cp qui ed ki
nâi» de U inaigreur'qui «çcoropé;
1 1 X 1 y
•giie on ^« fintlcf gniTcs ScloiimHS
4BaUici» Od tfoave 4ioë miîâeaie
iUifianoc daof let«»« Ccft kor ten^»
-aiil petit égtkioQDr erre- 4cfrfpcîc
'4dam k ois^ de ntUdié. Cette ten e
«eft od'^ompoft.^ <cnf calcaire &
rdlKide pb<»fpfaMk|iic :» qui y^eil
«èsafaoMam» Ofe f timve i^.
4ca|KaM> dmfnfix$i \%H'fV^ £cr< «
4bimniii^A«0mr.^ k tkii ifc k pHo-
tné AmOàÙM ^ cars itiftKttiHa
/ L'Ancrar fiffis ^wkm «to difiî-
ki^ jfloar il «amîbe k 9Mu^ 4^
«liiit lo joialfk» ^'0i;<>nt f^irik^
CbiÉiilk» . modonM*. |t ;f*«uaci\e
wiliftércsi . pu,. Qh / Xiqu^fiifr foqt
compoficii d*<Mi» «ik W^ 9 ii*âir &
nile ^ t^-NamrQt» fcép^ré qpus
•«s pnQf:t|>ei j l'çWi A Ik . «wa fivit
':ce n'cft'ptsrfciikqfifW ^fif' cpmmmi
.4c rai!nioiph)èrrV«i# 4mi»'k«4}|^
Sipttmhre .17S1.' tSf9
, tant d'aboncUnce dans Ton fçin> La
. marche, de k Nat^te eâ-bien a4-
_ iniiiblc ï cet cgar^nlA picfcocc des
apiniWJij U5cxiUUirons.pu[Tid9Sj8c
Siipér^u pÛogiftiauent Cngulièce-
m^oc l'ail* ic lenaent impur; Ut
. vi^f ^tux abforbcDC ccraiT,s'appto«
.prient çc phlogiftiquc pour en tor-
..lïtçr, des Icls & des huiles : & bien-
^ rôfle r^fldfnt déphlo^iftiqut U Jt «
iloDC excès de phlogiÂique chez les
aninutux, dont ils fc d^^arf^iTcnt
iàoscçHe, & lei végétaux au contraire
, en ^^^orbent cpatinue^lcmcuç., Ce
.feu qui ^ coipbiije, [vm: le ^VÎde
. élcâsitjjWf fie pfvl'Éli^pidç :ia
iBmi&fi^
M' P> * HRC Qpipipp p9^if)il{âre .
. fiiricsi^^jçsâqiiruijZj «ijnepai^îc
■ MfVf pit*n, qu'jon pil(Ic,-fie |\as
. ft Adawue Àtf^iixi, fmipuws. Le
„ « cil ^oçftïuit pofiHiv t^tis \^ ,9'Bft*
, P> nps -qui piépiiçqi upe lH)")f M/Ç /<^'
I i U vj
' Ade h >îè /'fli^ riibàyenwnt (fe Al
' ^foitt' iséàdSoPlm^ htft'vM «afiJe.
* •>:«« feia rii-fo»u-tâ i|aoDB.ét CRHI
• •âontellefutléVk&^iiepsat.êtte
< » rëii"^ là*1mikièfe ; lè^Ktt^MkttW»
. ^ ■fckiiÉ'^1 failli! Am, * '■''■ " — >•-»:> >i ^;
.^'piniiiiinniw oc icots «icHwjuHftnfc
' •• lék ; l%{fitr > l^ntda-vtn ^mâft
- animale de Dippel. •> Il txfaiir ^bê
' n' 'nature âe ces' éfptitr appfbcKè
' beaocoop de celle de fe^t -lig-
nai avec lequel'. iCcltti'd- a la; ptfas
erandéttâiilofrie. iCei^eut' dprits !b>
iiiieoc tei^âiMât fur It ctfqftiià-
• r .*
icfit leiiir aflaf^£ la force & de la
Septembre 1781. 18^1
tUé eft mou &'lâche ; fa fibre s'em«
pâte; les qualités intelleâuellcifouf-
irenc également* « Les Eunaques
' À (ont les plus vils des hommes. 1»
M. D. penfe que la reproduâion
des drres vivam eft une crpèceMe
criftallifation. La même force (}oi
ïapprocbe les partiss delà matière
' incmmée ! pour former les belles
criftallifations minérales , les deti-
~ drites j les artères de Diane , réunit
également les élémcns de la mi«
tiere vivante des liqueurs proliô*
qnes. De cette réunion eft formé le
TOtiis. i<LeS vers > les ceu& ^ ne font,
nfuivant Jui, qu'éloigner la diffi-
n culte : ou il faut des germes em«
H boites les uns dans les autres de-
i^ puis le premier individu, ou ces
»» germes font produits parles forces
Mvitale^. L*abfurdo de la première
Wopiniôn eft Vifible. D'ailleun on
I» tîe peut rendre raifbn de la reflète-
^ blànce confiante quM y a entire tés
9>parens & les enfans. Ceft un ftlis
' ^^u'on ne doit pas perdre de Ytkt
c
i%6i Journal JesSfava
p Chaque peuple , cbaqi
itfoD génie pïtciculier &
itble ploi ou inoins. R
m dite que les gcrnus l
M duit dei forco vitalei
ndatioiu fpontanécs .a
viiouidliui beaucoup d
du premiei oidre « oç li
pouvoir s'expliquer que
. Callifarion.
PalTant cnfuiie «ut,
trices qui animent Içs c
ici, l'Auteur crqit çp
. troii principales -qui xi
le mouvement dans ,çe^
. chines; l'aâion-^ réi^
lides , .la dilatation Sf.
.de iair intérieur qu'flJ
ncnt , & enBn l'aâiOD
capillaires. Il fait voir t
grands animaux l'a^titMi:
a la plut gtande éof rgi
. ventent du ctsui &:de
,çp ne peut paf plus {
Qu'on en ju^ pai la n
«K i uouvoUf fie U)
r\_
Septembrt 1781. 186}
immenfesqui (^ préfenrent de routes
parts* Ce mouvement eft une luire
de rirritabiiité , donc l'Aufeur ad *
mec l'cxiftence dans toutes 1 es p^tvrs
du corps. Uair intérieur que la vi-
ciffitude continuelle de chaleur fie
du poids de Tatmorphèrc cendenfc
<& dilate alternativement , vicn^ fou-
Jager la force du corur; enÇn 9 dins If s
extrémités des vaitFeaux la force <m\
Élit monter hs liqueurs dans :Vs
tuyaux capillaires doit beaucoup sui-
der. Chez Tinfeâe ^ Tair paroît joufer
un beaucoup plus grand rôle, i^a
tiaturélui.a donné des vaifTeaux p^r-
.ticuliers noipmés trachiiS , pour Ja
circulation de ce fluide ^ ils accona-
pagncnt tou^ jes autres vaiiTeau^ ,
& , pat leur mouvement continuel»
. folltcitet^ la circulation desliqueurs
3ui y font .contenues , & que jH^ps
cure les forces motrices des iali4cs
ne pourroient feules ofki^u £Â@n
dans les végétaux lén découv re»:lc
même appareil des tracjbees , i^Ài
-i^^i^ Tau eft ca jeu» JU p^iocit
t
iiéA Jot^nàt des SçÉ^ams ,
'pale poiflbtice monice. VihCeût le
' fipproche 4oiic bc«uc6up dir vé^
tm '*fêt (èà àrganiâiciofi : auffi cto
*ir0foiii noiif qudqt» çfpècer, ooin-
- Hie ft poifpe 9 fc ireprodtlie de la
'tnêne manière que les V£g£ratizw
Vil gitad anunal qu'on codpercAt
* ifeô demftMt mort iSc chaqne pâi^
' 1$e dô voUpe f^rend'vte, cdmaïc an
-Ifégfral dont on vdit faire des boâ-
fores. M. 'D. prend occafioir de cts
idées pour aâf oàner Técheltç de la
' narure. U tklie de fuivrc toutes les
' nuances qu'elle obferve en partant
' du prraiier ordre des ahimaux juC-
3u au dernier végétal ^ 6t il finir en
ifant : Kles poH^es dVaa douce
' »f ont une orgahrlàtiôti tbùre di£Fé«
>» rente de celle des autres* i(ttiniaux«
4
# & fe rapprochent beaucoup plus di
i^v^étal. N*y auroir-il pas des W
' #gé'tdux organifîs dhflR^èmmcnt di
^' n autres , & adprocbarit frhis du no
i^'niral} ce Kroit coim>rme à
' ' irmarchc dé la nature, i»*
*'• iToutàf <£r %écttlatio&s i i?
t
s
Septembrt 1781. 'tti^
quelles plulîeurs aufrcé.Phyficficnè
& Naturaliftes ftiodcHits fc foht li-
vrés avec complaifance « ainfi .oue
M; dcPk • Mcthefi c , T06 1 aiÇû^cm^t
fort BellbsV niais qûcttoiï ijyrea*
^oàcèllds » tatit quVUes ht feroAt
as appuyées fur le gramJ' nombre
lobferyarioDS exaâes, fie et iaiii
tiTeutiels:^ néceflaires pour couvain*
tré & fiibjugu&r tièsbèns cfprits , ic
^ùïît nos cohnôiuahces font iuCoit
fièlpignéèi? ' ;
HtMOtR S PhyJùiM$ .& MidU
jcinal, moniri^nr dés rapports M*
dcifis i/ifri les phénomènes dt Aç
Baguette divinatoire , du Magnl'-
fne &de PEUSficiti ; avec dh
laircijfemens fur Vautres oi^
^ jets non moins, imponans qui y
font telatifi, Par M. T * * * , Dofc»
teiir en Médecine de MontpèU
fier» &d' A Lotf dres ; & fe rrbuf e
^:4 Pa^is, cflici: Did^ le |c^.
i> '
■'rir«o^tf«''"r?i ton"
Stpumhn 1781.^ i8$7
certains individus de refpèce hy*
maine 9 qui (bnc or^^anifés de m^«
nière qu'ils (entent Timpredion df s
oaux fouterraines , furcouc latjT-
j^u elics font courantes 9 non-lèulf-
ment par les naouvemens que fs^ic
une baguette de coudrier qu ils ricn«
ncnt dans leurs mains ou fur leurs
mains 9 mais encore 'qvri« comme
un certain BUton , qui a donné lieu ï
rOuvrage de M. Thouvcnel, n oot
]>as b^foin de baguetre pour ièn^it
rimprcflion des courans d*eau fou^*
terrains. L'Autcur.explique cette Im»
Sreflion 9 vraiment iurprenante par
es écoulemens du genre éleârique
ui ont dans le corps dc^ fourcUrS
es aboutifTans principaux & dérer*
minés y des émçnâoircs particuliers ;
il y rapporre la .Médecine prccendae
magique 8c empirique des attouche»
mens , exercée de tous les terna^ daçt
r^rt vétérinaire > & aufli fur le9
hpn^mes par quelques adeptes j| hs
maux Se pouvoirs raufTcment^répu tés
prcfligieux où hors^e nature. En Ufi
F
l
taiot 1 upafott que M. Thouvcni
' m Ueu de nier 1é réalicl de ces (ïi
' ëemme pftfqae tous les Phitofop!
'Phyâctem » tr*eft ^ éloigné tt
' «dmetire , 8c crotc c|û'oti pelK
* explÎQùdr pa!r Fiftion' dès tnatîj
'* éieânques ; tnarghérit]ues , & d'i
"très fluide^ peut-être encore p
'fiibtit)les'& inconnus^ pirte i
'lèun effets iic font potilt fenfit
'dans le cours ordinaire descbo((
'- & ne le deviennent goe fti on c
cours dé certaines chconfiaoces »
ne fe rcncohrent que J^êxi!%' àçÈ
rares & extraordinatrei.' Le jphè
mène dcs/ouniérs^ que lAui
regarde « d'après fes propres obi
varions & expériences» coaime
tiéremcnt cçYrain & avéré » cÛ
cet ordre 9 & peut répandre , i
▼ant lui 9 de nouvetlès itimières d
les fciencesnârurelles.
Dans là féconde feftion ,
Tbouvehrl expofe en détail toi
kJl'^obferVarions Se çzpériences q
a faites luimêmefur le nond
Stpttmhft 1781. 18^9
Bjfton I & par [«(quelles il a acquis
la convid^ion . la plus inrimc de la
realiçé dé l'avion des eaux fourer*
faines fiir ct% homme extraordmairc
&i,run des plus étontis^ns fourciers.
3')l*oh aie encore vu. UAuteur ne
ôpne dasis cerce feâion aucuoi
é^IaircifTçmenc Tur la pçrfonne de
cç fingulicr individu; comme oq ,
doit pourtant être curieux de le
cophpirrç çn lliapt lc5 fait9 furprç*
Dans qui le. cpncernent, voici ce
39e nous avons trouvé à Ton fujec
ans la troifième fcâion » qui con«
tiçnt les rapports 9^ certificats , &c.
dés autfcs Oblçryatcurs de ^Ician^ ,
'#Ceft un pauvre, pfiy fan qu'on
«iliiTe n^être ni impoitcur ni cbarla*
tap 9 & 4^^ ^*^ çertainen^ent fl^$
refprit d*êt.rç ni Tun ni l'autre. Il t
été élevé par chiite . dans une dc$
Çhartreules du D^upbiné ^ 2^ vbiçi
comment ce taiept, (î ç*en eftun p
dit TÂuteur de la tcUclpn) lui a
t^cpnnu. . ' . .
0 A lagé de fept ans ^ portant le ^
i
iff 70 ' JomMl ià SfWMÉ p
dfcer i âk^ DbvriéW; il féRt
pfcrre o&' Ik fifirte lé prit : les oû^
Wiets r«yftttt ^c mettre à "'
d^ • là fiévirt c^ ; iJ YçtoL.^ ..^.
pfufieun teprilb fut li ^etre 9 tcm?; ;
jéms'h ûi^tt^^On facôtitii ctm^^
hUttAtt m t^rieur èe ladite ÇIicp* '
tntiQfj qui VÀdloc bàrlm-iofèmen^
▼6Hf mpétifctité. com^îtiiétt mût k ^
^f ,H1 fit etèon» l^itt ift ménëi,
irsy tïoim iifiè ibtarce' doi V i '^^l
-qix*t>fi^ àflUrè i l'fttifete ée h tcla- '
tiôti, faîr moâdfé*«DJb(iYdKtbititt'
inèqiih. \ '
€[&«);; Ibhf Ic$ rqftôrts qti] foi. dod* '
niéfit (« propriété ide eo*nôîrreiqi!àh4
y-aft ftfr rcau:çoatt[t!te . . . . f wr il "^
fatlt flagelle ftfît cbaraWé)' Untf feT
ir^ tie bâgt^te qoe bout fads&he
1<$ .fpéaâraiirrsri qijdqoi'cfeèeé de
bAîsMvrtr'cfcTôît r vèrd ôii fëè • cda
Tl)ouvci\e\ 9L (u\t Us obièrvïâi>ns 6: '
rlpétlétitki <^ùVt«u^^àiL:.^
Sepumbrc 1781. 1871
\t lefqucll^^ nous rcirvoyoïis à
i'Gtivragc mém^ 'Noiu lious Icrvî-
^^11 'i^ultfMicbr , ^ôlif ^n donner une
idet^'.de iVgpiWitt qui cft a larêtc
dé tr^feâioti 9 coAme nous avons
fiiit en grande [partie pour la prc«
^niiéfe. , î
' M. TbôUvcnçi a- obfcrvé que ce
fMr dt^ fyniptiiDes nerveux , fpaC* *
lAoÂiAtieis 8t corivulfifs' qui s'excU'
reht latii tti individu tôrpiîU ^ com- -
itie n le nonnme , par la préfence de
l'eau j tfiais non de toutt eau fbii»
têrraitte, non par l'eau (iiperficielle;^
aue *lés mouvtfmem. de la baguette t
d^ïi b6is qùblconqité 9 fe fônt fut ,
fa 'doigta éi {\xt ctctt àt^ siiitrts
pit Ibni feul\iteoudbemenf';\<^aè la'
râtltiôn direâe , c'eft-4-dirê â*ar^
rièrc en avant, dé cerre baguette fur
fOh axe, itidiquêle fo^^er & le trajet'^
db fbtitëél ;' qp(t la ^dtation 'rétto«
gradh /dans l^ldignetiièV^ ,dç . :cef •
1 Jj^es ,' fui\^aiic tàné ligner queîcon;^
qm , iildfmrànt Ie)ir profbndéaV, <lft '
le'phènbmène te' plus i^tL^x; ^'
. _ .Mf -'■•. ~ *.■»'-
1871 Jotttnal dis S'çaVam , '
«ne merveille phyfique. M. ThoU*
▼cncl pcnfc qu'cUc [lent l l'cleari-
ciic tcrrtfttc , (poficivc & négative)
dont les iraînces d'c%|i lotit les coD'
doreurs , comme dans L'acmofphêre,
fif qui, fe com^uniquanr, mercn
jeu l'élcdriciré animale. Il a fait dcï
ifolemcns physiques. & lies iUSns
chimiques, quio;itliJfpcnduIcs moi>
?ejneiis du corps & ceux de Ja ba*
, guette ; il îpdiquc les expérience*
qyi rcftenc à faire pour mieux cont.
later ia çaciuc des émanations avec
le méchanilmedc leur opêraTiun lui
ic's fourciers & fur leur baguette.
'.Dans It'croifièmc Ic^ipn, ^,
Thouvcnel araflcmblé tous kspfOf ,
cès-vçfbaux , rapports , certificats Sç
autres pièces jultifîcativ'és qm lui ont '
a|^i&'nij^ia;v'i)Uitjï adre^ dans.
• Septembre 1781. i?7j
rime qu'il a acquifc lui-même par
fes propres obfcrvations. On trouve
ftuffi dans cette fcâion des faits ana*
togucs obfervés fur d autres indivi-
dus tourneurs de baguette » qui , die
TAutcur» font Se feront plus com«
snuos qu'on ne pente ; mais la plu»
Strt fubaltemcs & loin de yaloir
ieton : il réiuke de pluficurs de ces
Kiftoires » que les talens de ces tour*
Beurs s'exercent » comme on Ta dir^
depuis loogtems, fur les mines &
fiir les métaux ainfi que fur les eaux.
L*Aureur tire des conftquences &
fait des appUcatiotis du talent de
tes hommes; ii l'appelle un vrat
don f te indique fes connexirés qu'il
regarde comme toujours plus évi-
dentes & plus Dombreulès « avec lea
phénomènes éleâriques & magné«
tiques.
Les Hiftoires , Atteftations 8C
Certificats qui le trouvent dans cette
tioifième Seâion , font en trop grand
nombre pour que nous puifljons en
&ire mention ici| voici (eulemeoi
Si/amkfH Kkkk
iSt4 /
s*ax axSos. Je ammi , 4» M» C «
tous ceux qoi rawiimicac ^ ag6
dTarriroB loimuc<ipq ans, fim-
pic de xnQOBS, pJdB de eaBdeur
& tKS-înftxiRt. Je fâgpis d^ignoier
& traité & je lai padaî de jSn»,
coomie d'an impoAeur de 1 «&2ce
Septembre i7%u 1875
•> Vous vous trompei; 1 Monfieur,
nie dit- il , ]e le connois beaucoup i
c^c un honnçic homine aue fefti«
me, & )*ai les mênies lenracionf
que lui. Sortez de Terreur où vous
êtes : la haxlté de connoîrre leÉ
(burces êft un. don particulier , que
nous tenons Bleion , & moi , de la
Providence ; Jacques Aymar Se Pa*
rangue^ Tont eu comme noui^
niais ils en ont abufé d'une manière
bdieufe. Confidcrez , Monfîeur , que^
le rôle d*un bas impofteur ne con-
vient poitit à mon état » ni à mon
cïiraâere. Ne doutez donc point jp
je vons prie » die ce que )e vais vous
dire. Nous avons ipùvent opcré,
ÈUton^ Se moi» dans les mêmes
lieux» 6c il e(l à naître que nous ne
nous foyons pas rencontré dans les
ponts lous lelquels paflent des eaux
courantes ; nous ne pouvons nous
tromper à cet égard. [
•* Quant aux profondeurs ^ une
infinité de circonftances peuvent
Dous induire en erreur*, & ]e con*
Kkkkij
s
1876 Journal des Sçavans i
viens que fur ce point ^ BUion t.
plus d'expérience que moi. Vous re«
MxixjL 9 Monfieur 9 le mouvement
le U baguette , comme un tour de
gibecière ; détrompez vous ^ elle
tourne réellemenr. Je vous proreftc
que quand je fuis fur une fource 8c
que je tiens une branche d'oHer^
snef poignets font forts ; fai beau.lt
ftrter ,^ elle force U réfiftançe que
je lui oppofe« Blceon fe trompera
quclquctois , quand il affignera les
profondeurs^, parce que les fenfa-»
rions que pôus éproqvons ^ varient |
félon la grolfeur du courant, &
j'ajoute , fclcii fa rapidité. Mais , i^
coup lûr , il ne fe trompçra jamais
fur rexiftcpce de l'eau. Je p'cntre-
prendr^i point, Monfîeur, de vous
expliquer pour quoi je fens Témana-
tipn des eaux fouterraines , ^ pour
quoi vous ne la fentes point ; peut
quoi les eaux ftagnantes m'affeâent
beaucoup moins ; pour quoi uqe
;riviete çtoduic des fenfàtions fnoins
i
. Squtmhr* 1781. 1877
les 4^ la terre; pour quoi une fource
ÇO Montant, rïic donne un mal-aile
3aé je ne puii fbutenii , tandis qu'ea
cfccodatic * je la fuis fans me fati-
Suer, je fixais que dans la chaîne
es caufcs Sx. des cfTets , il eft des
points marqués par l'Être fuprëme ,
OÙ la Pbilofopbie & l'igoorance fe
confondent. Le fait exifte , je ptotK
vcrai à quiconque en doutera ; mais
j'abandonne les laifonnemcns à des
gens plus fçavans que moi. Ccthoa-
nêtcrncur, ajoute M- C, n'ayant
befoin de rien , rend fes fervices
gratis f & il en rend beaucoup ; il a
eu le défagrcmcnt d'être cité de-
vant fon Evcque, comme forcier,
par dps Prêtres montagnards, qUÎ
croyorent aux forciicg».. . JVus la
'(àtisfaâion 1 dit encore M. C. , de
le voir travailler & laifonncr avec
BUton^ en qui il paroît avoir une
grande confiance > & qu'il regarde
comme plus habile que lui.
"Autre fait-Uncdemoiftllr de la
même paroiire. appelles Ciuirt^
M. C. tcuTc B. Te trouvant » il y •
fDviron vingc ans, iffiic dans Ion
jardin , tomba en défaillanœ. Quel-
que tems après » il lui arrita la mê«
me chofe « ainfi chaque fois mfcUc
fc mcttoir au même endroit. On lui
a dit à la 6n ou*elle avait le don de
découvrir les (ources , elle prit pour
lors une baguette qui tournoit pat-
alitement bien. Elle s'en jeft isxsi
afTcz avantagi ufemc nt pour elle flC
afTcz long rems ; mais un certain
Mifiionnairc l apparemment peu ivS'
truir , lui fît promtrtre de ne point
s*cn fervir , ce c^uMlc a obfervi te-
ligicufcmcnr. Elle n*tn éprouve pas
moins les mêmes fenfations lorf-
qu'clie eft fur les fources. Voici (on
certificat. Je foufli^iée cerriiîe > que
sn*érant trouvée caiuellement fur une
fource, j'éprouvai des fenrations,
des révolutions étonnantes , lufqu'i
évanouir : ce qui fit préfumer que
î'étois fur quelque iburce , & ayant
pris une petite verge , elle tourna
atre mes mains » avec là même fàr
^ciKté ^oV^ttc MKoir pu faire oante
^les a'un Sourder \ 8c ayant con-
timié dan» la fuîte de faire des re-
cherches » j'éprouvois toujours les
snimes fenfartons » ic opérois avec
fiiccès. J'attcfte de plus , que depliis
vingt ans » quoi que je ne taffe plus
ufàge de ce don Q y ayant renoncé
dans une MifflSon) féptouve toujours
les mêmes fenfarions loifque }e nie
•frouTc for quelque fource. En fei
de quoi ai ligné le préfent j a Sm
JtaKûn H^y^i , le lo Avril 1781.
Cl.WLCh***-
Nous nvonschoifi ces deux Hif*
toires entre beaucoup dautres parce
2ue ceux qui en font le fujet ^ ne
>nr point le métier de fourcier , de
tourneur de baguette pour en tiret
aucun bénéfice, & quen cela elles
Jbmblent ^mériter plus de confiance
^ue les autres.
On a dû s'appercevoir que dans
ces Hiftoires TAutcur n*a mis aux
noms propres que des lettres iniria-
ks} il en a ufé de même pour toa*
Kkkkiv
' t
I'
1 1
i'
|8S# JoufMt Jês Sça^ans f
CCS les autres ainfi que poof les ce
tificats Se atteftations ^ oitVoTï trou
parrout des lettres initiales, av
des points 8c des étoiles. M* Tha
venel dit à ce fujec, «que quoi q
le nom des perfonnes fe trouve
toutes lettres dans le Mémoire
M. C. & dans fa correfpondanc
cependant dans la crainte d*cn c
Iboligcr quelques-unes 9 il a cru
t devoir les citer que par des inic
. les , mais en laiflam fubfifter en <
fier le nom des lieux où fç lont (
tes les épreuves ••• d'autant qu
I matière de Phy/ique i les npm&
. I font rien aux faits»
, \ Nous oblerverons à ce fujet , c
311 and il s'agit de faits , qu'ils foy^
e Phy()que ou de toute autre efpè
; f .les noms de ceux qui les atrcft<
: I comme témoins, (ont toujours n
\ I eircnticls à connoître , parce qu
^ . influent beaucoup fur les motifs
. croyance » & que , furtout dans i
. affaire comme celle-ci ^ dans
.quelle on ne peut guère ^voir
^
Stpumtn 17S1. 1S81
xaifôn de ne le potDt nommer en
aiteftant ta véiité ou ce qu'on croit
£trcU vérité, M. TbouvEncl turoic
obtenue bellement la permiQîoa
d'impiimer ou toutes lettres les ooms
de prcfque toutes les perfonnei qui
lui ont communiqué & certifié Ici
£itis qn'il rapporte > & celaauroic
&it un bien nicilleui effet que Icf
lettres initiales , les points 8c les
étoiles qu'on rencontre à routes les
Pages de fa troifî^me Sci^ion. Nous
exhortons donc à. réparer cet incon-
vénient dans une féconde édition ,
la^aclle probablement ne fe fera pas
beaucoup attendre i caufe de la nn-
cularité de la matière 6c de l'incS»
ict qu'il a fçu y répandre.
A l'égard du fond delà chofe,'
DODS croyons que le mieux dans des
t^jets comme celui-ci ; c'eft de ic
tenir égjlement éloigné de la crédu-
lité aveugle de la plupart des igno*
rans » & de l'incrédulicé quelquefois
trop préfomptuGulc de ceicains Sça-
■ ' ■ KkkJtv
1 îii Jùurhal des Sçavams ,
vans, &c'eft k parri au(]uel nous
nous en tenons.
[ Extrait de M* Maquer. ]
EXTRAIT des Obfervations Mi*
téàroiogiqucs faites à Montmo^
tency^ par ordre du Roi^pendant
U mois dé Jvin lySi , par le K.
P. Cotte , Correfpondant de tAca*
dimiè Royale des Sciences.
NOUS avons al pendant ce mois
quelques jours <{é grandes cba;
leurs f mais en général elle a été rno*
dércc. Il y a eu même dc;s jour$
froids 9 qui ont encore concouru
avec répbque du quatrième jour
après la nouvelle Lusr. Les pluies
cnt été abondantes; elles ont fait
changer la campagne de face ; elle
eft charmante & promet la plus
Jurande abondancti. Oi? a commencé
e 1 1 à couper hs foins ; les feiglcs
Ibnt prefque murs ; lç% fromens jau*
Âilfcixt \ le vct\ai^ tft uès-^ros y tout
, r-
S^umhe 1781* 1883
cft avanci.dc pf^ d'un mois. Le 3 ,
les avoines épîofcnc i laz de terre 9
mais les ploies les ont fait poulTer ;
on lèrvoic les fihres de marais & ït%
cèdres iiâriTer. Le 10 ^ les châcei*
gners écoienc en fleur. Le 1 2 , on
n*emendoic pl«s le r.^flîgTioJ. Le 11 9
on voyoic ou raifin de MégdtUint
mûr. Le 17 , on femMC les groletlics
\ gnippe 9 & les abricots le 30.
itmphaturti comjpondanu$ ûux
Mffinns pinni$ luméùres. Le pre-
mier » ^iqidnoxi dtjundûnt fy pl^
figit^ ocan, très chaud. Le 1 »
( 4^. jour arami la P. L.") Idtm ,
tonnerre au loin» Le 69 (P. £. )
-^ nuages 9 firoid , thangijfunt marfué.
Le 8 > ( lumfi€C atfflrai ) couvert »
pluie. Le 10 y .(^4^. jour après la P.
Z. ) converti Le 1 ) ^ ( /?. Q. ) cou-
• ¥err , pluie y .frais. Le 14 , (^apogée )
' couvert , petke pluie» Le 1 f , ( é^juia.
afcendant) couvert 9 chaud. Le 1 7 »
(4** Jour avant la N. JL.) nuages.
Le II, (^. -t.) couvert, pluie,
tDonerie , lems à U \>lu\t > cKat^;5r.
I SS4 Journal des Sçavans,
mtni marqué. Le 22, Ç^luniJl.borJ)
couvert» pluie. Le 25» ^. jowt
aprïs la a. L. nuages , pluie , froid 9
changement marqué. Le 18 , Î^P. QO
Ç^équinoxe defundant & périgée)
beau 9 chaud 9 grande élévation du-
baromètre » changement marqué. Le
}0 ^foleil apogée ) beau ^ chaud*
Température de ce mois Sans les an'
nées oà les lunes tomboient Us
mimes jours qu^en lySi. Quantité Ji
pluie. En Î694, 15 ^lig. £0*170)1
15711. En 17249 19 -£• Et) 174 S»
1 1 ^ lig. En 1 7^2 j température ttàr
. lèche , jours .très-firais. Plus grâné^
chaleur f 13 \ le 15; Moindre à^
Uur^ 10 \ le 21. Chaleur moyennh
269 o"^. Plus grande élévation M
haromitre > 17 po. ^ > ^ lig. Moiadtê
élévation 27 po. 5 , 6. lig. le 9. EU'
dation moyenne y 17 pb«- 7 » 7 ligi
/(9iifrj de pluie ^ 7. De vrzr/^ 2. De tmir
nerre , 4.
En 1781. Vents dominons , {uàr
•uefty nord & fud. Ce dernier fut
/ortie IX. Pùtsgrandf chaîner^ 2jj
i-
Stpumhn X7Si. i^tf
Me 2 I ^h. foir» le vent fud-oueft
le ciel en partie fercln , avec ton^
rre au loin. Moindre chaleur » 8 ^
''le 26 a 4 ^ h. matin , le venc
ird & le ciel ferein, Diffirtnc^\
1,9^. ChaUuf moyenne du mois «
I ^
Plus grande élévation 4u mercure,
po. 3 9 7 lig. le 29 5 i 1 ^h. f oÎF^
vent nord & le ciel en partie fe-
n. Moindre élévation , 17 po. 6 »
i. les 6 » 7 & 8 , le vent fud-oueft 9
nd & le ciel couvert , avec pluie
tonnerre. Différence^ 9 9 o lig«
!dvae. moyenne ^ au matin , 17 po.
> 6 lig. -, à midi, 27 Po. 9 , 7 lig. ;
foir, 27 po. 9^ 8 lig. Marche du
romitre. Le premier , à 4 h. mai.
\ po. O 9 O U. Du premieer au 89
igi de 6> o lig. jDu 8 au 13,
jmé àt 4 9 o lig. Du 13 au 14 >
i^ de 1 , 8 lig. Du 14 au 18*
mté de 2 , 8 lig. Du 18 au 22 ^
ijje dc^j 7 lig. Du 22 au 23 »
9nté de I > 7 lig. Du 23 au 24^
iffédtl, 5 lig. Du 24 au 29 ^
•8S6 Jourfud des SçavMns ^
monté de 8 , o Itg. Da 29 au 3O9
baijli de 1, 5 Hg.'Le 50 9 à 9 h.
foir 9 18 po. i yX lig. Il D*a eu de
grandes variations çn defandant^
que les 5 & 30 ; & en maniant y qub
le it. Celle-ci a i(( confidérable &
a concouru avec trois points* lunaire
oui avoienf lieu ce même jour. ( P*
V* P^^^S^ ^ cquinoxê dtfctndant. )
Plus ffondt Ulvation du fhyginh
mitre y 42 , 9 *■ le i*', à 9^h./oir^ le
Vênr oued très- chaud èc le'cie|fc-
rein. Moindre iUvation^ 89 oh* le
^1 1 à '4 \ h. matin , le vent nord*
oueft Ôc le ciel couvert avec brouil-
lard Différence ,34, o **. Eléfai.
moyenne , 14 , 4 deg^ ' . '
Fitis grande dictindîfon de taî»
guille aimantée ^ lo^ 10' les I3 Ac
30. Moindre déclinaifon ^ l^^^^.
Différence , \x\ Déclinai fon moy.
au mat. 10 ^ o 7^; )t midi , 20 •
o' 42'S ^y^ foir y 20^ o' II. Du
jour\ 20 ^o' I j'^ Elk a prefqufc
toujours été (lationnaire à ledcg.»
tjcepté ks 13 > 289 29 & 30. i«^
Sêfttmirt tySi. 1S87
là vadatïob eflliya qtid<]ucs penur*
bâtions, M. fan Suvtrdtd me mande
de Franker, par fa Iccttc du 6 Juin,
que Ici aiguilles varient ppu H ^iK
ieut maiche kxoxi régulière ; il ajoute
S' fue la tichercfTc eft exceflllve àm» .
on pays comme elle l'a éîÉ ici.
Le tonttrn s'cft ^t entendre dé
Î'rèsJeS}, 7,9, II & 14; &dil
oin , les 1 , 1 1 & l). 'lS;s carilloi.s
élcâtiques fe font fait eVitendre les
7, 9 > II , 11 & l4,ru[toutlei4^
pendant plus d'une beute ; il tom-
boit alors une petite pluie d'orage I.e
16 ï 10 h. matin & a 6 h. foîr. J'ai
obfcrvé un Âii/o.autoar du'fpleiU
Il cA tombé de la pluie les 3 , 4i
ï.7.8,9,ii. I3.ï4»iï.ii»
%4 0c 15. Elle a fourni 31, 9 lignes
^ead. VivaporatioB a été de 71 1
O lignei.
" Nous n'avons eu aucune maladip
pendant ce mois.
Rifulmts dts trois mois du Prin*
temps, Vtnts dominanSt noid flc
HQid-eft, Plus grandi chaîna, 15 i,
foir, 17 po. 10,0 iig.
17 po. 9 > 1 1 Iig.
Plus grande élévation
mitre y 4; , 7 deg. Moim
Moyenne, 17, «'./*/«
tliaaijoà'ie CaiguilU aim
10'. Moindre , i j ** j o '.
au matin f 19" 58' 20'
Tiajour, 19* j8'57". (
f /bw , 4 po. 8 f ) lîg. £1
i£ po. y , o Iig. Di^crt^
o « 7 Iig. Nomhre des joi
34, Couverts t 19> Dex
De vM/ 1 1 j . De /)/uic , :
wr/ï, 18. TyéleSriciti
Scpumln wjZu 1889
rxcepté les foins ^ & très-avancées.
Maladies. Aucune. Quelques coque-
luches fur les enfans ^ en Avril ; au*
çiin n'eu eu mort. ,
KOUrÊLLES LITTÉRAIRES.
P ft-U S S E.
DE Berlin.
/OHANN Bgrnoulii V Sar^m
lungy &c. ColU3ion de Noi4r
velus, littéraires ^ année iySi. 417
pages 9 avec figures.
Nous avons annoncé dans notre
Journal de Janvier cette CoUeâion
de M. . Bernoulli 3 . dont il y a déjà •
deux volumes \ elle contient des dé*
rails iptéreifans pour les Sciences ||
la Littérature y la Géographie ^ la
Politique. On trouve dans ce fécond *
volume la figure du Maufolée élevé
à l'honneur du célèbre Aftronome
Hévélius mort en 1687; une No*
tice de quelques-unes des Ifles Ai\;*
SS90 Journal dê$ Sçavans »
tilles; des Mémoires pofthames &
LambeR & Solzer, Académicien
de Betltn ; une Girte de la Route ^
Berlin à Svedc , & auaes ol^eci i»
léreflànt.
ESPAGNE.
D s Madrid.
La Mufiea , Paima p9r &• Tkô»
ênas de Yriaru. En Madrid conjw
perîor Pirmifo; in la imprtma tyfj^
t66 pag. II9--6*. avec figures»
Ce Pocfiie didaâique , eftimé en
Efpaghe» eft encore remarquable
par la beauté de TEdition & des
Gravures ; TEdition fuperbc de Sal-
lufte avoir déjà fait connoirre le dé-
gré de pêrfeâion auquel Tlmprimerie
• été portée en Efpagne ; l'Ouvrage
que nous annonçons en cft une
preuve frappante , ainfi qae TOu-
trage furvant.
• ■ ■ >
El ingeniofo Dan QjuixôU dt la
Mancha , èompue|lo f ot Miff/al dt
tj»
■'■. 1
Septanhe 1781 1991
Ctrvanus SaaveJra ; nuova EJilioà^
€omgUa por la Rtal Aéadtmia Efi-
panola. En Madrid por- Don 3 oa"
quin Ibarta , Impnfordi'Camara dt
S. M.y deia Rtal Academia.i-jSo,
aTot ia 4". avec beaucoup àt
gares.
Cette belle Edition de Don Qui-
cliotte cft un modèle de Typogfj^
Ïihtci on ne peut fe laHct d'agmir.i^
a beauté des caradères , dti papUi
it de l'encre > qui , même dans lôs
belles Editions de BaskdVtlle , d'«[^
pioche pas de celle ci.
ITALIE.
*Ç B P A R H B.
Opett di Ànu RaffatUo Herigi^,
l9.PutortdtlUMatjIadi CailoUU
Jt* di Spagna. , &c. Pubtieatt da D,
Guifippe Da[ara. In Parma dtUa
Stampuia Realt. ij8o. 1 vol. in<«t*.
Cana Max. Editio nîttdïjjîma &
i
\
ov-
t^
îAt>
1
a*
{A^^
itfni^
iti
^çHS-
V^^Y
o-v^^'
SS5*
hi
iepttmhrt 17^1. 189J
Journal de Septembre 1780 , le
Programme des Prix propofés pat
la Société HoUandoife des Sciences,
établie ï Hàrlenu Dans fon Aûem* .
blé^ du II Mai 178 1 , elle a adjugé
le Prix fur cette Queftion : CHip^..
ioirefournit^clU des preuves confia^
tiés & authentiques du tems précis de
f origine des anfes de Mer au Textlè
Qùtlsfont UsprincipàùxChangemens
qiiilsontfuUs^ Et quelles en ont
Jti lei confiauenus par rapport ail
Zuider-Zee & â ffe , ainji quâ tim
gard des côtes & des digues le long
dcecs eaux ? Le Mémoire qui a mé^î
itté le Prix , étoit celui qui àvoit
ppur Deyife ; In ipfa quoque tnaris
$hconJlantia cert(e leges motus de*,
prehenduntur. A l'ouverture du billet
on a trouvé le nom de M. A^ Ypey ^
célèbre Profcffeur de VUniverfité de
F)raneken
' La Société n'a reçu aucune Ré-Ï
jjonfc 'fiitisfaifante \ la Queftion oro-
po(ee un 1779 » pour être rcloluç
uvantrannéc iji 1 1 QucUcs font Us
t S94 Jounud des Sçavanf ^
êûùfis pour UfqutUts on a ahéih
donné U Comm€rc€ dirtS de Hùli*
iàniû L*on propofc de nouveau cette
Queftion pour 1785 » avec un Prix
cEbuble :
Jufquà quel point peut "on di*
terminer CHiJIoirtmnaturtUë de tAt^
rhofphire de notre Patrie , en corn*
parant Us Obfervations Métébro*
logîquts , faitts à Zwarunbwrgf
é^ic celles des autres endroits ? Le
but de cette Queftion eftjparticuliè-
Tènaent de fayoir : i^« Quels font
lès changcmens de tems plus ou
ifloins conftans & uniformes ^ quo *
Ton obferve en di£ferens lieux Cl en
cfifferentes faifons y quand la .pefan*
tèur de rAtmofphère augmente ou
diminue ^ c'cft-à-dlre que le baro-
mètre monte ou dcfcend \ de même
cfu'après les changcmens du degré
de froid ou de chaleur j ainfi que de
la force & de la direâion dès Vents*
1^. Si les changemens du rems &
«Tes Vents ont quelquefois un cours
régulier dans ce Pays? 3^. Quelle
. S^uioht 1781. îSçf
cft-rinfluetioc des' SShieatet pon-
dons de ' l%7ljlae- 'i en égard ? 4".
Quel cil le rapport entre lei difl%-
ccdtei dédiiMi[(K» de l'aiguille û.
inantéç & U$ cliangemem du temsè
f <*. Quellec font les Règles état»
■«lei qu'oo peut déduire de ca Ob-
lervatioM-f A: (êlon Icft^uellci Otf
Eoutcoir prévoir 1 avec<}uelque vnii4
imblaiice^ dam certains cas, aa-
changemeot prochain du teins ? -La
Sodeié deûre > qu'on ajoute ' H ce
detniei «tticle les wnres Signés Se
^Koomènes, s'il 7 tn a, qui pré4
tièdeni 8c dénotent le plui-comma*
qéroeK, dans notre Patrie , les di-i
Tccs changemens détenu ; Se artcnd-
Wiéponfeav^lafinde 1784.
Les Mémoires leront reçus jufqn'à
U 6n de 17S} j pour li Queftioo
f jivaâte :
• Qtte Joit-on ptajir de la Gt*ià^
tion , ^mpliifitun Philttfopktt^ tant
atciens qttt modérais , ont admif^
CfMw Us Etns tuturtls ; & yti/f u'i
quel foint pouvons-nous pa^uùt Je
1896 Journal dès Sçavans i
nous affunr iU la réalité Je (M \
Çradationj & de f Ordre que U '
Nature y obftrve ?
Suivant la fondation de M» M*
tolas^Cuillaume Kops ^ un 4es Di^
scâeurs de cette . Société » on pror
pofe la Qufftion fuivute pour y
scpondre avant Tannée 1783 :
- Peut-on dcurmintr par quelque
f^le de théorie , confirmée par tex*
périehce^ la vitejji des Eaux cou*
rantes à toute profondeur^ & par
eonfiquent la viuffe moyenne dans
ehaque profil; ou fitut^il avoir uni*
cément recours à des expériences
pratiques? Et quelferoit, en ce cas ^
là machine la moins fujette à des in^
convéniens » Jtaprïs des expériences
Jiifisfaifantes ^ qui pourroit fervir
en toutes occafions à découvrir les
divers degrés de vélocité.
» Pour la Société des Sciences &
Arts de Batavia» on propofe la
Queftion fui vante » dont on attend
la ftéponfc avant la fin de Tannée
1786:
Quels
Septemhrc 178 !• 1897
Quels /croient Us Moyens les plus
prompts & les plus efficaces , d'in^
iroduire & de rendre CUJagc de la
Langue Hollandoife parmi Us Mar-
iais , Us Javanois, les Cingalois 6^
i^ Malatars ?
Les difFérens Courans du Texet^
fiurcout au MarsdUp , approchent de
plus en plus des digues & des autret
ouvrages , 6c les aiFoiblif&nc à me<-
(ure que les profondetirs augmen^
'cent :
' Yauroit'il moyen & qtulsftrount
'Us plus efficaces , He détourner 'des
côtes Us Courans cideffiis mention^
mes , ou de préçaueionner Us digues
contre le danger de leur effet , ainfi
^ue contre les fuites redoutables de
V augmentation des Profondeurs ?
La Société a droit de préfunner
oue ceux qui répondront à une Quefi
tîon de (\ grande importance > don«
lieront une delcription claire & dé«
-taillée dris Ouvrages qu-ils croiront
jséceiTaires au but indiqué ^ aini^
gej^itn^ié. LUI ^
lS9t Jmarmâl iu Sça^MM p
^*iiQe éf alutîon des fitais que Texti
pKion esigeroic
En s'adreflàot quelque tems S^
iptnce aa Secrétaire de cçcte Société t
iXs recevront tons les c coièîgtieiiieni
ê( <<nis Içs lecoori oéceflktres à la
Recherche de cet objet, de m^mo
que les ËiGUitisnéceiEafcsipoar faiie
tfes ezpéfieoççs pratiques fi^c les
lieux.
Les Mémoires (èront reçus jufi»
qu'au l^^ la^vier lj%%. 11 y «une
Médaille d or pour Prix d*honneur ^
te une gratification de fept cent fio-
fins En cas qu'un fccpnd Mémoire
fût jugé digne de VAcctffii^ 6n pro-
met a fon Autçuf une M^aille
d'argent & cent duc^tqn^ ^ faifant
crois Gçnc quin7e florins. Qn ctfre
en outre à ceux dont les Mémoirçs
.auront mérité la MédaUte d qr &
d'fîgent , de les indemnifer dct firais
Wiis prpuiicront ^voir â^ts ppqr
|pndc( les Profondeurs omiK^iir Êûrq
des rcç|»Qr^es & des ^péf^ç«.
Septembre 1781. 1899
Les Quertions propofccs dans les
Programmes prccéacns , fur les
Plantes des Colonies, far ranalo*
Sic; (Ur l*Education , & fur les Eau^e
e Batavia 3 fiir les Satellites de Ju^
{^iter^^fùr les difivrentes efpèces
d^Air, fur les Brouillards 9 otir ét^
Indignées dans notre Journal de Sep-
tembre 1780. LadreflR; eft à iC^
Vander*Aa , Secrétaire delà Société j,
ï Harlem*
SUISSE
x> £ G s M à V s.
\
t
' Du Déptactmeni des Mers. Q\\ti
Duvillard fils & NoufFèr , Impri-
inrur«-Ubraires«, i jj^ 8 8 pag. iii't\
avec fi^utes. >
Nous iivoiis ài]ï eu ôccafion de
yuUn {tes €ahien que M. du CarJ«
publia dcjpuis deux ans (ur la G>(t
teogonieritsf (c. trouvent à Paris •;
chez Quiliau « Libraire , rue Chri^
Llllii
1909 Journal des Sçavans ^
tinc, au Magafin Lirtcrftirç établi
{pur les Lci^ures par abonnement»
.e prix eft de 30 f, pour chacun.
Le premier eft intitulé , 4u Di-
vlaumcnt des Mers, M. du CàrU y
explique cinq c^ufes principales qui
lui paroiflTcnc pouuer leptemene
toutes les mers vers le pôle aviftrai«
X-esautrçs Cahiers^ favoir : le 2%
traite c(es Çom^tçs^ *p6us favonî
annoncé dans notre Journal: le 3%
de la Lumière Zodiacale : le '4*. du
Soleil : le 5*. (Ju Syil^ipe Plancrairc;
le 6*. de là Géographie Phyfiquc i
le 7*. des Météores locaux : é/i le 8*,
des Armofphères, Il en paroîcra )uf*
qu'au nombre.de feize , qui fer-pnc
î^nnoqcés fuccefliveipenc
^MirHoms de ia Société établie q
Genève pour t encouragement des
jirts & de r Agriculture^ féconde
Partie. Gençvc , de l'impirimerie dç
Ponnapt. i^^So. 170 pages m- 4^. Eç
fe trouve à Paris, cncç. J[onibçrC 1
fils C44ct ^ rue P^upjiiii^, '
\'
'Sipte/iitre tyfi.' t^Qt
Or trouve flans ce volume un
Précis hiiVori<)ùe fur les nouvelles.
Opjfatiorts de la nouvelle Société^
depuis quatre i cibq ans. qu'elle e({
établie , fur lel: fccoitTS qu'elle a
donnés aux Ané , fur les belles ac*
rions qu'elle a lécotnpenlees , fut
les établllTemEns qu'elle a corfiracn-
cés. Les Ménioircs que ce volume
renferme, font (ur les Echappemcnst
Its Engrenages, la féparacion de
ï'or éi des fcoties ; fUr les Prés , fut
Icï Morts & Mariages, & des Ob-
fervarioMî Météorologiques faites
rp 1778 > par M. Marc-Auguftt
Pjàet.
F R A N C E.
DE P A R 1 C.
Traité des Evictions &de Id Gam
rintie fotmtlle , dans leqHCLfont rra-
duires & difcutécs les Loix rorîiai-
nts du Digcftc & du Code fur cetrc
tnatiêie : avec U ccnFérence ' âes
L U 1 iij
içoi Jdum^ Jks Sçavam i
CouniineSy des Ordonnances» ^ci
Arrêts notables de France ^ & let'
Syftêmcs loutcniis, à cefujet » par les
plus fameux interprètes. des Droits,
romain , & françofs. Dédié à Mon-
feigneur Hue de Miroménil» Garde
4es Sceaux de France. Par M. Ber^
thclot , Avocat au Parlement , &
Doâeur aggrégé de la Faculté de
Droit de Paris, i vol. in^i'i. A Pa-
ris , chez Lotcin le jeune , Libraire ^
XK€ S. Jacques » vjs à-vh la rue de
la Parcbcminerie. 1781. avec Ap*
probation & Privilège du Eoi»
Ohfcrvations fur Us Loîx irîmU
mile s dt France. Par M. Boucher
d^ Argis , -CoufeiJler au Cbârclcté
A Amfterdam*) & le trouve à Par-
tis , chez le Bouaber,. Libraire ^
quai de Gèvres 9 au coin de la tra-
ycrfc ,• près le Pont Notre- Dame#
1781. Vol. /«•xi. Prix, i liv« 4«.
f. broché > 1 liv. . 16 f. relié»
. Confinnct di^ l^Mdit diS Priji-
StpumBte lySt. 190}
Maux du mois iAoût lyyy 9 rcgil^
tré en Parlement 9 le II Aoûc^ Sc
de la Déclaration du 19 Août 1 77 8«
re^iftrét le premier Septembre lui*
vant , avec les Ordonnances , Editt
& Réglemens ftit cette matières
Par M. Z>. n. R. A. L. P. du B.
de Ch* en Th«
C^fiJUtmlones yrimîpum fut iptomH
^Uimquam me dijffSmuiarèptêrkbniétu.
L. T 1. Cod. de Jar. le fiiâ. igôo»
Se trouve l Paris 9 cbex Lam^f » Li«
braire, quai des Auguftins ^ lySo*
Un vol« i/2«24.
f^ue its ÊnPirofiS di JHoriâgm
dûTis le Perche , d après un tableau
de M. Leprince , Pl?intre du Roi dt
Confeiller en ion Académie Royale,
Gravée fous la direâion dt M. Ma&
buelief ^ Graveur , me dèi Ftâncs-
Bourgeois) ptès la Placé S. Mièhel»
Dédiée à M. Marchai , fils , Ecti^
Bome général du Clergé dé France*
tflliv
f 904 J^vnat Jès SçavéMSi
Cette Eftampe prifente Une c^
banne f un marais^- un pont, un
berger , des troupeaux , d^ canards ^
on cbitn , un payfage très cham-
pêtre ; un peu noir , mais qui pro^
duit un effet pittorefque & qui con«
trafle avec un ciel nès-bien rendn^
On fait que dans le même canton
•ft la célèbre Abbaye de la Trape »
coniiuc par Tauftériré de la vie qu'oi^
y mène & par le ûte iauvage 01!
die eft fituéc.
•
Effal fur ta Minéralogie Jei
Èionts Pyrénées ; fuivi tTun Catà^
loguc des Plantes obfcnées dans cent
fhaint de montagnes : Ouvrage cn«
xichi de beaucoup de Flanches &Ç
de Cartes. A Paris, chez Didor \z
jeune, Libraire, quai des Auguf-
tins ; Alexis Jombert le jeune , Li-
braire , rue Dauphine; & Eiprir^
Libraire^ au Palais Royal. 17S1.
in 4^, de 34^pag.
Nous rendrons compte de cet
Ouvrage important qui a du occa«
Stptîmlré 1781. 190 j
fiônner de grands travaux & de
grandes dépenfes, & que TAcadé--
mie des Sciences, fur le rapport de
MM; d'Arçi , Lavo'fier & Dcfma-'
ibers , a jugé digne de parole rr: fous
fon privilège.
Defcription & ufages des Bar§^
mitres \ Thermomètres , & autres 'Inf^
trumens météorologiques. Par M«
Goubert^ Ingénieur- & Conftruc-
teur dlnftrumcns de Phyfique , &c«
1781. A Paris, cfiez i'Aureur , tue
Dauphine , yi.« à vis la rue Contref*
carjpe \ 6c •Tomber f le jeune , Li**
braire, rue Dauphine. Brochure
in-S^. de 48 pag?s Prix , I liv. 4 f.
Ce petit Ouvrage , quoique très*
abrégé, aura runlité de donner une
idée fort claire de la conftruâioti SC
des uiages des Inftrumens' înétcoro^
-logiques , même à ceux qui ne foivc
2ue très peu- itiftriïits en Phylique.
*omme l'Auteur eft non-feulemenc
un fort bon Praticien , mais qu'il a
auifi des .coonoillanci^s théoriques |
1 fat Journal du S f avons ,
il (c propofc de publier dans pen i
un Traîré complet & fort éccadu ic
fart de conftruire ces (brtes d'Inf*
vuincos , & on oe peut qiiç Texhor*
m à exécuter ce projet }.e pliii
promptement qu*il lui.fcia poffibk»
En attendant > on apprend dans
la Brochure que nous annonçons 2
bien cboifîf les Inftruaiens météo*
fologiques^ & k^ m^oictrede sco
fervir pour faire de bonnes obiet*
«▼adons.
Comme on eft généralement con-
vaincii préfemeroenc de Ti mportaJice
de ces tortes d*ob(ervarioRS , &(}a'^
rft utile qu'elles (c mul» plient àt
plus en plus^ TAuteui annonce qu'oQ
trouvera chez lui tous les inftrumeos
dont on a befoin pour les faire , ^^
la conftruâioo Ja plus exaâe & ^^
plus commode ^ & enfin à un p^^^
notablement inférieur à celui qu^^^
x>nt eu jufqu a préltnt.
On trouve auffi chez le (îcur
jbert f des feuilles tcnites tracé ^.
|ty.ec des blancs ^ poui, jin|ci,iiç *
- Septembre 1781. 1907
ob(ervàtiom météorologiques Je
chaqae mois > du prix de 1 11 v. 4 f.
pour Tantiéeé Elles font commodes
en et qu'elles épargnent du^em^^
tmc partie de la peine d'écrire , te
qu'àvec très-peu de foin elles fot^
iment des tablesatrès*|ptopres 0c en
bon ordre*
DiSionnain uniytrfd dis Scîth^
€€i , Morale , EcBnàmiqut , Potlii*
que & Diplùmatiàut , on Bibliôtbè*
que de l'homme dT!tar te du citoyebt
mis en ordre & publié par M. R^i*
mt 9 Cenfcnr Ro^al. Tùme XIX. A
Paris , rue de la Harpe » ï Tancien
Collège de Bayent. 1711. 739 pt-
gcs i«-4*.
Ce dii neuvième vôltinle t para
avec le dix-huitième au mois de
luillet ', Its articles le^ plus étmdus
font ceux de Ferme , Frtme* géné-
rales, Fief, Financent Fonds de
terres , & (urroat France ; ccr arti-
cle , qui a plus de 100 pages, traite
4es îmèièts politique^, du rote«,
Llllvi
1 908 Journal des Sigavans ,
tnercc, & des revenus de TEcati
qu on évalue ici à 63 1 millions y
compris les parties qui font aliénées
i>our toujours. Cette importante Col* i
eâion doit avoir 30 volumes; & 1
comme les matériaux en font déjà
raflemblés , les derniers fc fuccéde*
ront rapidement : depuis deux ans
. on en a publié douze ; & il y a pea
de volumes in-j^^. auffi fourms de
matières que ceux de cet Ouviage;
i'i fuppofant les pages pleines , elles
cooricnnenr 1580 lettres ; ce qui fait
environ 18 cent mille lettres parvo-
. lume, au lieu de. 13 ou 14 ceiit
mille que contiennent ordinairement
les volumes in 4^. en caraâère S«
Auguflin y d'une bonne grofTeur.
'Hijloire des Droits anciens & des
Prérogatives & Fianthijes de la vilU
de S. Quentin j capitale du Verman^
. dois en Picardie ; contenant l'hif*
toire abrégée de cette villes de ion
. état ancien , progrcflif & aâuel \ de
fon iliuftriùop dans tous les tcais
r\
\ •*■.
Septemhn 1781. 1909
& dans tous lesgenr.cs ^ de fcs ComrqB
héréditaires; de fa Charte de Com-
mune ; du Siège qu'elle a foutenu
contre les Eipagnols , & par lequel
ftUeaf^uvé la France-, des Sçavans
qui lui ont fait honneur y &c. avec
lanalyfe du Procès fur le Franc-
Àleu , jugé à fon profit par TArr^c
de 1775» Ouvrage compolc & prc-
fcnté à Meffieurs les Officiers Mu)-
nicjpaux , par M. Louis Hordnt ^
Geur dt FUchin , Avocat au Parle*
lement & Honoraire aux Çonfeits
in Roi. A Paris, chez Defaintju-
nior , I jbraire , qudi des Au^uftins;
k à S. Quentin ^ chez F. T. Hautoy ^
[mprimeur Libraire du Roi. Avec
Approbation & Privilège du Roi*
I vol in 8^. de 508 ^ages*
S. Quentin jouit de l'exemption
ibfolue de tous cens , lods Se ventes
Bc redevances féodales pour les mai»
Tons & héritages fitués dans la ville >
Fauxbourgs bc échevinage. Ces pri»
iriléges ont été attaqués au Conieil;
il a fuilu faiic des tccbctchçs fux Icut
1910 Journal d€S s çavûnt f
origine-, c'eft ce qui aconctuitrAo*
tcur a rmflcmbler en un corps dlût
toirc tout ce qu'il a pu trouver fn
ce fa}ct , & en former l'hiftoire q«
Bons annonçons. Outre ce quek
cirrc indique 9 on 7 trouve une def-
criprion géographique de la Picstf^
Jie , rancienneté de hi ville de S.
Quentin ^ (es divers noms ^ la fbo-
dation de fes Eglifes y des difiétcfls
Ordres Rcligieui , la part que its
habirans ont eue aux difiereotes
guerres du Royaume , le CommctcC)
la Légiflation , & tout ce qui />cûr
concerner lliîftolre. On y a joint la
Charte du Roi Philippe Augufte Ai
Tan 1 195 f coûfirmative de laCoiti*
tnune de la ville de S. Qucntit*
Cette Pièce, qui eft en latin , eft ac-
compagnée d'une Traduâion ftaft*
f oilc avec des Notes.
Otfiryation £ un Arbre Jtnpi^u
Il y a au chSteau du village de
StaiD^picsS.Deiiis^ unPêc^xtB
JSiifUmhn* 178 t. w 1911
âtfpalier/^ i|tt*on teg^tde comni? uni*
S^*' Cet:tTl9^rç a qtiafante pieds de
#ûM^ fifT i}iiin«i meds de bauc » fans
jif^ifef aàcmi vi^i ce qui fait&t
HCenr pîc;4* carrés defutface. Il rap-
ine jatipic commune » douze cent
diea; U cndofiocfoic même dap
f rage 4 mais ou le dégarnit pàuc
;.W trait' en ibîtplûs t>eaiL Cic
liqrkftn^a aucune maladie ; il eft des
Jgluia vigoureux. Le. Jatdinier a fu
^fUj^buer la (èye unîfbr mémcut paf*
^feOHt; il a garni le lîonc & ks
'ipèrei jbranches avec des bourlers de
jlK^k ^ de. crainte que la chaleur du
^WSa'en dilatSr^rrop la lève &dc
'£tt des efpSces d^éruprions.Çet arbte
' 9wM Vf oit quarante ans i- peu- près \
,iléft expoft au ludrud-at. Le iôl
4fe ScaiQ eft argiUeux ^ tirant un pm
fiir la glaife. Ce Fol Cjft profond;
les aibrts à noyaux & à pépins y
Yieonent admicaulemcpe bien.
Cette obfervation efl tirée de
i'Ottvrage de M. Buc*hoz intitulé:.
t
1911 Journal des ^çavaris^
uns ajptcb , ou Journal des trois
Règnes de la Nature , vofume du }6
Avril 1781. La partie de 1768 à
1779 , s'imprime aâuellcmenr \ on
publie les deux premiers volumes.
Ccr Ouvrage qui conricnr 5} vo*
lûmes, & qui a commencé en 176S9
ta une efpèce de Répertoire pour les
Sciences , & un Livre de Bibliothè-
que plutôt qu'un Journal ; on cti
peut juger par i*crudition & par le
grand nombre d'Ouvrages de M.
uc'hoz, pour lefquels en foufcrit
chez l'Auteur, rue de la Harpe i
vis à-vis la Sorbonne. Maisfparfe
Numéro 14, du I5 Juillet 1781 ,
il paroîf que ce Journal va ceffer,
ou plutôt qu'il fera rçuni à Vkijioire
générale & économique des trois
Règnes y qui paroît par Cahiers , &C
dont les quatre premiers font déjà
publiés. Soit in-jblio yïoM in-H^.,
cous les deux mois M. Buc'hoz don-
' liera 20 feuilles , Se tous les fix
' mois il y aura une feuille détachée
iA fujec des principaux Ouvrages
3
' Septemhrc 1781. 19IJ
ui ont paru. On aura les 1 20 feuilles
e l'année pour 24 liv«
■
•Difcours prononcés dans tAca^
âimit Françoifc^ le Jeudi 1^ Juilleê
tySi ^ à la Réception de M. dt
ChamfoTty Secrétaire des Comman*
démens de S. A. S» Monfeigneur là
Prince de Condé. A Paris , chez De-
monville « Imprimeur- Libraire de
TAcadémie Françoife, rue Chrit
tine, aux armes de Dombes.' /;2-4^«
43 pag«-
f Carte générale du Cour des Pleu^
ves y des Rivières & des principaux
Ruijeaux ce la France; avec les
canaux a3uelUment con^ruits à
tufage de la Navigation intéreure dU
Royaume^ dédiée à MM. les Inren-
dans du Commerce , par M. Du*
pain-Trid , père , Géographe du
Roi, de Monsieur ,6c du Dé*^
partemenrdcs Mmes. A Paris, Cloî-
tre Notre-pame, tue de la Maf«
l^ij^ JountdtJesSçapMnSf.
ttikm 1 feuilles ^ papier grand Aigle*
prix, j livres.
Poar itencfrë davatirage rmitité
€le cette Carte ^ on a marqué la
Villes & les Bourgs riverains « les
Chemins de communitaàotl , iM
Ponts principaux , 8c même îesP6nls
où quelques Rivières comAientent i
Çtre navigables. En 1641 Samfoli
publia une Carte à<^peû-près feffî-
Diable , mais moins étetidue , moitis
parfaite & par conféquenc moini
utile*
Hijloirt unîvêrfelU depuis U cêtn^
mtnumtnt du Monde jufqu^àptlfviii
compofèe en angiois par une Société
4c Gens de Lettres ; nouvellement
traduite en François par une Société
de Gens de Lettres ;'cnrichie de Fi*
gures & de Cartes. Tom.XXX*, Con-
tenant l'hiftoire des IndicnSy des Cbt«
nois , des Efpagnols j des Gaulois 5 &
^ux Difrertations fur la manière
4ont l'Amérique a été peuplée , U
Sepumhre 17S1. 191 j
(br l'Indépendance des Arabes. A
Paris y chczMouurd, Imprimcut-
Libraire de la Reine , &c. rde d(;t
Matburins, hôtel de Cluny. «781.
Avec Approbation & Privilège du
Roi. Un gros vol.//a-8^. de j 8 ï pag.
& les j^rëliminaires 18.
Les Soufcripreuifs qui n'ont point
encore renouvelle leur ioufcriprion
pour les Tomes ^XXI & fuivans ^
Ibnt priés de la renouvcller inctl*
faxnmenc , afin de recevoir le XXXI?«
M commencement du mois pror»
cbaiiL
1
Élogtdc ChûHts itSaimt^Mauu^
JDuc di Mantaufier , Pair dt France ^
JSoitvermur du Dauphin , fils de
homs XÎV. Difcotirs oui a rem-
porté le Prix de TAcademie Fran«
(oife ,' en r78 1 ; par M • Garau
Jimtil Tair de la Cour ft r<»n ToufBe infeAi
yrUtéra dé fon corar l'aimable pureté.
Voit. H<nr*
 Paris, chez D^monville ^ ImgrU
1 9 1 o Journal des S gavant 9 .
near- Libraire de TAcadémie t^raû'
çoife , Tue Chriftîne » aux armes à%
Dombcs. 1781.^-8^. 5ipag.
On trouve chez le même Dcmoa-
villc le Difcours qui a obtenu VAî^
ctjfit y & donc la Dcvife eft :
J*iraj i la Coar^ & f y dirai la vétitit
Montaujitf lui-même»
X'Autcur eft M. la Crcutlc , Avocaf
au Parlement. Le Difcours eft ^%
^iicme format & du même noisbrç
de pages que le précédent. ,
féivres' acquis dU Fàndf di MM; leS
Frères Etienne , Librains , quiji
trouvent chei Nyon l'aîné j ru€
du Jardinet.
Penfées reçue! l/ies Je ÛHiftoiréAn^
tienne^ & du Traité des Etudes*
Par M. Rollin 9 i vol. i/i- ii. 3 livf
Enfans élevés félon tordre de la
Nature. Par M. Fourcroy. in-iii %
îiv. J f. '
Stpttmht^ 1781, 1917
Ouvrages deM. Dupuy yfçavoir:
Trjjîrttclions d* un pire à fonfils. |
vol. tn-ii, 1 liv. <o f. •
InfirûZion^ dun pin ,à fa fille.
te-ji. % liv. ip f.
Dialogues fur Us Plaifirs. in' 1 1»
^ livres.
Reflétions fur ramifié» h'tz^
2 iivrest
^ Maximes de la Chaire^ & Dlfi
foùrs académiques. Par te P. Gai^
rtics. 1/2- IX. X liv. f f.
Dialogue^ des Mor$$\ avec um
Ricuei^des Fables & morceaux d^Hif;
$oî>e ; fait pourCiducmiori. Par Mb
de FénéloD. m-ix x liv. 10 (•
Dictionnaire portarif des beaux
Arts y & de tout ce qui y a rapports
Par M. Lacombe. in*%^m 5 liv.
Lettres choijies de M Fléchier. %
vol. //2-ix, 5 liv.
Théorie desSonges.V^xlA* l'Abbbi '
Richard, i/^-ii. iliv. 10 f.
Huetiana , ou Penfées diverfes de
M- Huer, Evêque 4'Avraoches. in-\ %^
% liv. 10 ft
19 î^ Jourà. dtsSçav. Stpim I7ti«
MJuCaiiûif ^un, JMtn^^ Sùgnm9
in 11. 1 liv. 10 C
m
N, B. L'Edition de Sophœle,
4Qnt on voirU premier Extrait dans
ce Joitroat, & qui fè trouve c(ie«
pcAiiiçt y rue duf oin ; Dcburei^quai
des Auguftins ^ Nyon Taînét nie du
Jardimt 9 fe vend \% liv.. en feuilles,
ic 48 Hv. les deux volumes reliés
avec fîlet^'or.^ Edition, d'une hciiè
exécution typograpliique y & daii*
tant plus pricteule quMte n*^ f li
poduit plus de 50a aeo^iw^ ^
\
■* — •
•9>»
TABLE
DES ARTICLES CONTENUS
dans le Journsl du mois
de Septembre 1781.
O ^ 17J1
Hifioln du Bat - Emptrt , tik
tommtngaat à Con^arUio'U-GranJ^
Par M. le Btau. 17^1
Lturt$ édifiantes & euritu/es écrius
du Mijîons Jtrangires. 1 77C
Eioges /unions de l'Impiratriu*
Rtine. 1781
■' Pratîqiu des OffeuUUis. 5-c. 1 8 1 7
Dijftrtaùons fur la Tkiorit iâS
Comhts, iSjx
Traite £ ArUkmitîqtt*. Par M. i»
Comte dt Fonia. 1846
EJaifurla aouveilt Thtorit d»
Feu iUmtiUMtt & df Ut CkaUw dis
19^0
Corps. Par M. H. Magellan, i (4^
yucs phihfophiquts Jur fOrguid*
fation animait & végétale. Par M.
de la Maherie. 1856
Mémoire Phyfique & Médicinal,
1865
Extrait des Obftrvations Météo^
fologiques, l88l
Nouvelles Littéraires. 1S89
Fiu de la Tablt*
^
/